GUÉRISON SOUDAINE
de la réalité des phénomènes qui venaieni ae se produire devant eux \]
1. A ce moment, la faiblesse du membre inférieur, sur lequel aucune application électrique n*avait été faite, existait encore, elle persista pendant 2 jours, puis disparut spontanément et, dès lors, la sensibilité et la motilitè furent absolument normales.
De Tatrophie musculaire dans les paralysies hystériques ^ .
(Voir la Leçon XXV).
Parmi les divers caractères de Thystérie, de cette névrose si fertile en manifestations de toute sorte, il en est un, de nature négative, qui semble avoir été considéré jusqu'à présent comme absolu. Il consiste en Tabsence de troubles trophiques. Ce caractère négatif a été élevé à la hauteur d'une loi et un médecin paraît être fondé à rejeter du cadre de l'hystérie tout syndrome auquel se rattache quelque trouble Irophîque.
Des faits récemment observés dans le service de mon maître, M. le professeur Charcol, l'ont amené à établir que ce caractère n'est pas constant, et que par conséquent il ne constitue pas une loi, mais tout au plus une règle.
Quatre malades du service de M. Charcol, atteints de paralysie hystérique, présentent en cfTet dans les membres paralysés une amyotrophie qui ne peut être attribuée à une autre cause que l'hystérie. Tous ces malades ont été présentés par M. Charcot à ses leçons cliniques. Un travail ultérieur comprendra l'exposé complet de ces diverses observations ; mais nous croyons qu'il ne sera pas sans intérêt, vu la nouveauté
1. D'après les leçons de M. Charcot, par M. Dabinski. Voir Progrès mfJi' calj 188G, no 6 et Archives de Seuroloijie, no» 34 et 35, 1886.
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de ces faits, d'en présenter, dès maintenant, une courte analyse, et d'esquisser à grands traits la physionomie de ces atrophies. Nous devons, du reste, bien faire remarquer que nous ne considérons pas les caractères que nous allons indiquer comme absolus; le nombre des cas observés jusqu'à ce jour sont, en effet, trop peu nombreux pour permettre une pareille généralisation.
Les observations sont, comme nous venons de le dire, au nombre de quatre. Dans deux de ces cas, il s'agit d'une monojjlégie brachiale ; dans les deux autres, d'une hémiplégie avec intégrité de la face ; dans l'une de ces deux dernières observations, il y a prédominance de la paralysie et de l'atrophie dans le membre supérieur; dans l'autre, prédominance dans le membre inférieur.
L'atrophie musculaire hystérique se présente sous l'aspect suivant : l"" elle est plus ou moins considérable, mais il faut savoir qu'elle peut atteindre d'assez fortes proportions ; chez deux malades il y avait comme différence entre le plus grand périmètre du bras malade et celui du bras sain, 3 centimètres, et chez un autre malade, il y avait entre les deux cuisses une différence de 5 centimètres ; 2° il n'y a pas de secousses fibrillaires ; 3° l'excitabilité idio-musculaire paraît normale ; 4° la contractilité électrique est diminuée en proportion du degré de l'atrophie musculaire, mais il n'y a pas de réaction de dégénérescence ; 5° cette atrophie peut se développer avec une grande rapidité. Chez un malade, elle était déjà appréciable tout au plus 15 jours après le début de la paralysie, et un mois et demi après, elle était très accentuée : on notait 3 centimètres de différence enlre les deux bras ; chez les autres malades, le développement de l'amyotrophie a été aussi très rapide ; 6** la rétrocession de l'atrophie semble pouvoir être rapide, comme son développement. Dans une observation de monoplégîe brachiale, 10 jours après la disparition de la paralysie.
qui avait été brusque, la circonférence du bras avait déjà augmenté de 1 centimèlre.
Quelle est la nature de cette alropliie musculaire? Nous avons déjà dit plus haut qu'à l'examen électrique, il n'y avait pas de réaction de dégénérescence. Il s'agit donc d'une afrophie simple^ c*esi'h-d\re d'une atrophie indépendante de toute lésion matérielle de la substance grise de la moelle et des nerfs périphériques. Ces! là une première donnée très importante, mais il faut aller plus loin et chercher à expliquer le mécanisme de cette lésion.
Il semblerait, au premier abord, assez naturel de ratlribuer à l'impotence fonctionnelle; mais, pour peu qu'on y réfléchisse, on voit qu'une pareille interprétation serait erronée. On sait, en effet, que l'amaigrissement des masses musculaires qui résulte de la suppression simple de la fonction des muscles est lente à se produire, qu'elle n'est jamais très accentuée et qu'elle peut manquer complètement, même quand une paralysie dure depuis longtemps déjà ; c'est ainsi que chez un malade, le nommé Porcen... atteint de monoplégie hystérotraumalique (il s'agit d'un des deux malades sur lesqu..*!s M. Charcot s'est fondé pour établir cette variété de paralysie, et dont les observations ont été publiées dans le Progrès médical de 1883) *, les muscles du membre supérieur, quoique leurs fonctions aient été suspendues pendant une année entière, n'avaient pas subi la moindre atrophie. Or, chez les malades dont il est ici question, Talrophie s'est développée très rapidement et a pris en peu de temps des proportions très accentuées. Ces caractères indiquent d'une façon bien évidente que cette diminution dans le volume des muscles appartient à la catégorie des phénomènes dits trophiques.
Une pareille assertion peut pourtant paraître étrange; car,