DOUZIÈME LEÇON
De la cécâté voia]» (Svùe)
LuBsm&d. SarD&i:. f ir- — F.tuô»*f ôe !C oli«*errBt.ifm^. — Cas c&iûqoe&. — Cas f^oit-if d'auUjrji&iefw — Lciraltsaijiix.. — Tit^QUCDOt de niéaâBop^ie. »
Vou^ u'avez fiis oublitr /eip:»>é que je roos ai tût, dans la deroière jeçoo. don trouble partiel àe la Cacalté d'expresdoD par le lannge. Bien qœ. chez notre malade, racuilé nsuelie ij'ait subi ancune modificalîon, dans la oKHlié gaodie da champ \]§ael des deux yeux, il éprouve une grande difficulté à épeler les mots qu'il voit parfaitement : et cependant il traduit sa pensée par l'écriture, couramment et corredemoit. L'affecUon dont il s*agit^ vous disais-je, a été, dans ces derniers temps, considérée comme constituant une espèce particulière d*aphafie, et décrite sous les noms de creîlé verbale^ céciié des m%ols, Worlblindhéiit . Cette dénomination appartient à M. Kusanaul, un des initiateurs dans Tétude, encore peu Tulgarisée parmi nous, de celte forme clinique. Notre cas, ajootai«je, se distinl^e de la plupart de ceux du même genre qui ont été publiés, en ce que le phénomène de la cécité Teri>ale s*j tromre mieux dégagé, en quelque sorte , de tout mélange, de toute complication.
Il ne sera pas inutile, je pense, afin de mieux faire ressortir rintérèl gui s'attache à ce cas, d'en rapprocher quelques-unes des observations appartenant au même groupe, publiées dans divers recueils.
L'histoire nosographique de la cécité verbale ne remonte pas très haut. C'est, je crois, H. le professeur Eussmaul qui Ta le premier décrite, à titre d'espèce distincte, en 1877 *. A M. Wernicke ', au contraire, appartient la première description f d'une autre forme d'aphasie, sur laquelle j'aurai à vous exposer quelques détails, dans une prochaine leçon, et qu'il a appelée du nom d'aphasie sensorielle^ tandis que M. Kussmaul, dans son élude systématique, la désigne sous le nom de surdité des jmotSf WorttaubheiL
11 ne faudrait pas croire toutefois que la cécité des mots n'ait pas été depuis longtemps observée ; ainsi il est très remarquable que, dans sa Médecine pratique ^ qui datede 40 ans, M. Gendrin' parle de malades qui a se trouvaient dans l'impossibilité de lire, mais qui pouvaient écrire, par une sorte de souvenir du mouvement des doigts nécessaire pour tracer les mots ; la lettre une fois tracée, le malade n'est plus capable de la reconnaître ».
Une des observations dont Trousseau parle dans une de ses cliniques^ appartient à cette catégorie. «Voici, dit ce grand observateur, un malade qui ne sait plus lire, cependant il parle à merveille. Il ne peut déchiffrer le titre d'un journal, il ne peut assembler les syllabes ; cependant il n'est pas amblyopi-
i. Kussmaul. — Die Stôrungen der Sprache, Leipzig, 1877.
S. Wernicke. — Der aphasisché Symptomen-complex, Breslau, 1874. — Ueàer den wistenschaftlichen Standpunkt in der Psychiatrie. Kassel« 18S0. — Lehràuch der Gehirnkrankheiten. Kassel, 1881, Bd. I, p. 206. — Forstchritfe ëer Médian, Bd. 1,1883.
3. Gendrin. — Traité philosophique de médecine pratique^ p. 43?, T. I,
4. J^eter. — De V aphasie a^ après les leçons cliniques du professeur TrouS' seau (In. Arch, gén. deméd,, 1865).
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que, il est capable de ramasser une épingle par terre. Ce qu'il y a de plus invraisemblable, c'est que cet homme ne peut lire ce qu'il écrit très correctement. » Ce malade, oomme le nôtre, avait été hémiplégique et aphasique pendant quelques jours.
Mais, je le répète, c'est à M. Kussmaul qu'on doit d'avoir relevé que la cécité des mots peut se présenter dans la clinique, pour ainsi dire, à l'état d'isolement, et qu'elle représente le trouble pathologique d'une faculté spéciale qu'on pourrait appeler, ainsi que nous le dirons ailleurs, la mémoire visuelle des signes du langage.
Ces vues de M. Kussmaul n'ont pas été admises sans conteste, en France ; elles ont même été l'objet d'une critique très serrée, de la part de MM. Mathieu ^ et Dreyfus-Brisac '. Au contraire, elles ont été favorablement accueillies par M. Magnan, dans son enseignement de l'asile Sainte-Anne ; et une de ses élèves. M"* SkwortzotTa publié, dans sa thèse ', un chapitre spécial consacré à la cécité des mots, qui renferme l'exposé d'une douzaine d'observations, dont une appartient à l'auteur et deux autres à BI. Magnan.
Depuis la publication de ce travail, cinq nouvelles observations ont été publiées, trois suivies d'autopsie et dont il sera question plus loin, et deux autres bien détaillées, mais bornées 40 côté clinique : l'une appartient à M. Armaignac ^, l'autre à M. BerthoUe ', qui la désigne sous le nom d'asyllabie.
L'étude et la comparaison des observations, au nombre de
t. MaUiieu. — Ai-ch, gén. de mid.t ^^T^y ^^t-
2. Dreyfùs-Brisae. ^ De la surdiié et de la cécité verttale». (Gazette Ae6- Momarfaire de métL et de chlr. fS^I, p. 4T7.)
S. Skwortiolf. "^ De la cécité et de la surdité des mois dans Paphasie, Thèse de Paris, 1881.