‹ Œuvres complètes de J.M. Charcot. t.1- (volume 2)Chapitre 38 sur 166 · Armaignac. — Hevuê clinique du Sud-Ouest · texte numérisé non relu

Armaignac. — Hevuê clinique du Sud-Ouest

5. Bertbolle. — Atyllaùie ou amnésie partielle et isolée de la lecture {Gaz. hfb tom. de méd. et de rhir.^ 188*, p. 280).

16, qui viennent d*ôtre signalées, fournissent, en ce qui concerne la clinique de la cécité verbale quelques enseignements qui ne manquent pas d'intérêt.

i*En général, le début de Taffection a été subit, et il s'est produit, à Torigine, un certain degré d'hémiplégie droite qui a bientôt disparu, ainsi que cela s'est vu chez notre malade. Dans les premiers jours, il y a eu, le plus souvent, un certain degré d*aphasie motrice, qui s'est peu à peu dissipée plus tard, laissant, dans quelques cas, la cécité verbale à l'état d'isolement. Toutes ces circonstances, vous le voyez, se retrouvent chez notre malade. Mais il importe de relever que la cécité verbale a pu se montrer primitivement isolée (cas d'Armaignac, de Guéneau de Mussy) ' sans complication d'hémiplégie.

2'' Des troubles visuels sont vaguement signalés, dans un certain nombre de cas; l'hémianopsie, telle qu'elle existait chez notre malade, se trouve mentionnée dans une seule observation, celle qui appartient à M. Westphal ».

â"" Cette même observation de M. Westphal contient encore un autre fait qui nous intéresse : vous n'avez pas oublié comment notre malade, lorsqu'il fait des efforts pour lire, soit un écrit, soit un imprimé, écrit effectivement les lettres et les mots ou encore se contente de les tracer dans l'espace, à l'aide de rindicateur de sa main droite. Les notions fournies par ces mouvements des doigts paraissent indispensables pour donner de la valeur, de la précision aux notions vagues fournies par les images visuelles. En d'autres termes, le malade ne peut lire qu'en écrivant. Or, le même fait se trouve signalé

i. Guéneau de Mussy. — Recueil fVcph.'haimoloffie, )879, p. 129. 2. Westphal.— Zeistchrift fur Ethnoloji-^ 1874, 4 mai, p. 94.

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daos l'observation de H. Westphal et dans une observation de M"* Skwortzoff.

4* Dans noire cas, ces mouvements instinctiTs des doigi« venant en aide Alalectare visuelle ont été utilisés, vous ne

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l'avez pas oublié, comme moyen de Irailement. Tous les jours, noire malade fait un devoir qui consiste à lire un certain nom-

bre de lignes, eu s'aidaut des mouvements instinctifâ des doigts, pour raviver, en quelque sorte, les souvenirs visueU.

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Nous avons vu comment, dans ces derniers temps, il a fait à cet égard des progrès assez rapides. Dans l'observation de M"' Skwortzoff, la malade hémiplégique à droite ne recevait, sans doute, par Tintermédiaire des doigts de la main gauche, que des notions très imparfaites. M'** SkwortzofiT, d'après le conseil de M. Magnan, eut recours à un autre expédient : la malade apprit à reconnaître, par le toucher, de grosses lettres en relief ; et, lorsqu'elle fut sufflsamment instruite de ce côté, s'efforça de lire par les yeux, en même temps qu'elle s'aidait de la lecture des caractères en relief par le toucher; mais, au bout de plusieurs mois, la malade ne pouvait encore lire par ce procédé que des mots très courls.

S'^J'en viens maintenant aux cas suivis d'autopsie. Ces cas sont au nombre de trois, l'unappartient à M. Déjerine *, un autre à M. Chauffard*, un troisième à MM. d'Heilly et Chantemesse*. Malheureusement, l'histoire clinique de tous ces cas a laissé à désirer, parce que la cécité des mots se trouve compliquée, dans une forte mesure, de surdité des mots. Toutefois, ces trois observations, les seules, si je ne me trompe, sur lesquelles on puisse fonder une tentative de localisation anatomique, concordent parfaitement sur un point: dans toutes, la lésion prédomine sur le lobule pariétal inférieur, avec ou sans participation du lobule du pli courbe et de la première circonvolution temporale.

C'est donc dans le lobule pariétal inférieur, avec ou sans participation du lobule du pli courbe, que siégerait la lésion qui tient sous sa dépendance la cécité verbale que nous observons chez notre malade. II est bien entendu que nous ne nous arrêtons à cette localisation que sous toutes réserves, et

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