QUATORZIÈME LEÇON
Ces affections viscérales dans le rhumatisme articulaire aigu et chronique
Sommaire. — rarallèlc unlru Ica affections viucraJcs de la goutte et celle» du rbuitmlUiiiu Bi((u o\i cbroitiquo. -t Uéveloppement tardif des alTections viscÉrdei dsns la goutls; développement pi'éiiiaturé de cea lileeliona duii le rluimstisme aigu. — Ces lésion» he se manifealent que plus lard dans le rliuitmtisine cbronique. — DilTérencc enti'c la nature des lésions lise^ralo dîna le rbuiuiUsme et dans la goutte ■ AlTeclions du cœnr dans le rhumatiimc. — PÈricardilc rhumatismale. — Endocardite rbiimalisinitle. — Modi- DcaUona apportèoB k l'histoire de celte maladie parles progrès de l'hislolo^e moderne. -~- Structure de la membrane interne du ccBur. — Lésions inflammatoire» de l'endocarde. — Elles siègenl principalement sur les valvules.
— Descrlptioti do ce processus pathologique. — Tiiniéfaction de l'endocarde : vftiicularisation de celte membrane. — Conséquences de cet èlat pathologique. — Embolies capillaires. — Lésions de canalisaUon. — Étal typhoïde.
— Période chronique de la maladie. — .\fl'cctions multiplca qui sont la conséquence de ces lésions. — Ucbèmic! ; Ban^rènc^ localisées. — Taches ecchymo tiques. — Ramollisaementa cérébraux. — Dépôts fibrineux de la rate, du foie, des reins. — Complications diverses du rhumatisme articulaire aigu. — Les lésions cardiaques peuvent exister aussi dans le rhumamatiame subaigu et dans le rhumatisme chronique. — Lésions de l'appareil respiratoire. — Pleurésie, pneumonie, congestion pulmonaire. ^ Asthme, emphysème. — Phtisie pulmonaire. — Lésions de l'appareil urinaire. — Néphrite. — Albuminurie. — Cystite, — Lésions du système nerveui. — Affections cérébrales. — Affections médullaires. — Lésions abarticulaires de diverse nature. — Douleurs musculaires. — Névralgies. — Troubles de la vision. — Affections cutanées : eczéma, psoriasis, prurigo, lichen, etc., elc.
Les afTections abarticulaires du rhumatisme vont nous occuper aujourd'hui. Nous chercherons d'abord à les comparer
RHUMATISME VISCÉRAL 209
avec les altérations que la goutte développe au sein de nos organes intérieurs ; nous aurons ensuite à nous demander si les lésions viscérales du rhumatisme aigu se retrouvent, avec les mêmes caractères, dans les formes chroniques de la maladie.
Pendant le cours des accès de la goutte aiguë, des troubles purement fonctionnels sont pendant longtemps le seul indice d'une souffrance des viscères ; ils ne laissent derrière eux aucune empreinte matérielle ; et c'est seulement lorsque le retour incessant des accès commence à imprimer la forme chronique à la maladie, que Ton voit se développer des altérations permanentes qui, de jour en jour, deviennent plus profondes.
Dans le rhumatisme articulaire, on peut dire que les choses suivent une marche à peu près inverse. En effet, l'un des caractères principaux de cette affection (au moins dans sa forme aiguë), c'est le développement /w^ma/wre de certaines lésions viscérales (endocardite, péricardite, etc.), qui se manifestent souvent dès les premières atteintes, et n'attendent guère, pour semanifester, que la maladie ait traversé sa période initiale. Il ne s'agit plus ici de troubles purement fonctionnels, mais de lésions permanentes, qui modifient la texture des organes et laissent presque toujours derrière elles des traces indélébiles de leur passage.
Le rhumatisme chronique primitif diffère à cet égard de la forme aiguë. L'existence de ces affections viscérales est assez rare ici pour avoir été révoquée en doute par plusieurs auteurs ; et l'on peut dire que plus la maladie a de la tendance à revêtir la forme chronique, plus il est rare de voir de pareilles lésions se développer pendant son cours.
Un autre fait qu'il importe de mettre en lumière, c'est que les affections viscérales du rhumatisme ne présentent, avec celles de la goutte, qu'une analogie des plus grossières ; ce sont, au fond, des lésions essentiellement différentes.
Ainsi les troubles cardiaques qui peuvent survenir dans la
Gbaboot. Œavr. compL t. vn. Ma lad. deêVieiUards. i4
310 lllllUATISMt: VISt'.i;ilAL
goutte, purenafinl fonc lionupU k l'origine, se localisent sur In fîbie inus{:u!air<', lorsqu'ils se transforment en lésions jiermaiieiiles : c'est alors la dégC-uération graisseuse que l'on observe,
Dans le rliumalisme articulaire aigu, les aifectious du cœur se traduisent, au contraire, par des lésions inflammatoires qui portent leur action sur l'endocarde el le péricarde, et n'attaquent le tissu musculaire de l'organe que d'une manière eonsécutive. Les altérations organiques qu'elles laissent si souvent derrière elles sont la conséquence de ce travail inflammatoire. On sait que, dans près de la moitié des cas, les lésions permanentes des valvules auriculo-venlriculaîres reconnaissent pour origine le rhumatisme articulaire aigu.
Nous insisterons plus particulièrement, dans le cours de rette étude, sur ces carrlioftaihies, qui (ont en quelque sorte partie intégrante du rliumuLisnie articulaire aigu. On peut les considérer comme l'un de» traits caractéristiques de la maladie; leur l'réquence, en pareil cas. est en eflel si grande, que lorsqu'on voit coexister l'endocardite ou la péricardite aiguës avec une affection articulaire d'ailleurs ma! définie, on est le plus souvent autorisé à rapporter au rhumatisme cet ensemble de phénomènes.
C'est donc sur ces lésions du cœur, dont la connaissance offre une si grande importance, que nous concentrerons principalement notre attention. Les autres affections viscérales du rhumatisme offrentun moins grand intérêt au point de vue spécial qui nous occupe ; nous en dirons cependant quelques mots.
I. — De l'endocardite et de la PÉRicAnorrE dans le rbokatisicb
AHTICUUinE AIGt.
La péricardite rhumatismale est une affection depuis longtemps connue; tous les points de son histoire, on peut bien