‹ Œuvres complètes de J.M. Charcot. t.1-Chapitre 121 sur 230 · Op. cit.f p. 121 et suiv · texte numérisé non relu

Op. cit.f p. 121 et suiv

222 EMiooiiniTE, l'ivRirARiiiTR

g:it! à drtiile. file ne préspiila d'abord aiirun signe d'unp affection cardiaque, et rentra dans son dortnir aprèsun Irailemenl. de deu\ mois. Mais il sa seconde i-nlrée à l'infirraerie, elle offrait des signes évidents d'une maladie de cœur. Les symplAmes d<? cette affection s'étanl rapidement aggravés, la mort ne tarda pas à survenir.

A l'aulopsie, on découvrit une ailherpuce (jihtéraie du périrarde nu rœur, et celle (exion était éindfinme.nt d'orif/ine récetile, car on parvenait aisément à décoller le péricarde des tissus soufi-jaceuts. Le cœur avait acquis d'énorme» dimensions : envoyait des végétations t-n guirlande sur tes imhules .ligmoides de l'aortp et sur fa ttilvufeiniira/e, dont /a surfaci I Venlriruiaire offrait une txucularimlion très remarquable.

Dans le second ca», la maladf. âgée de ijualre- vingt-quatre ans. est morte à rinBnnerie île la Saipétri^re d'un cancer du foie et de l'estomac. Ou trouva chez elle des arthrites sèchoa des épaules, des coudes et îles genoux. Le cœur était flasque, volumineux, chargé de |<raisse ; il existait, sur les va/ru/er ' signioides de l'aorte, des traces évidentes de /'endorardite a cienne.

Il me parait donc évident, d'après les faits que je viens de rapporter, que l'on peut rencontrer des lésions organiques du cœur dans le cours du rhumatisme chronique primitif.

2° h& péricardite est probablement fréquente chez les rhumatisants chroniques, car sur neuf autopsies que j'ai pratiquées en 1863 avec M. le docteur Cornil (1), je l'ai rencontrée quatre fois. Nous avons d'ailleurs sous les yeuxun fait de ce genre en ce moment, et M. le docteur Mauriac en a observé un cas fort remarquable à l'hospice des Ménages.

1. Cornil, — Mémoire sur les coïncidences palhotogiques du rhumatistne articulaire chronique. {Mémoirea de la Soc. de Biologie, 1. IV, 4> série, IStS.i

PÉRICARDITE 223

Voici l'analyse de cette intéressante observation :

Chez une femme âgée de soixante etonze ans, depuis longtemps atteinte de rhumatisme articulaire chronique et de catarrhe pulmonaire, il s'est manifesté tout à coup une dyspnée assez intense, avec une douleur marquée au côté droit. La percussion fit constater une légère augmentation de la matité précordiale, et l'auscultation fit entendre un bruit de frottement péricardique rude et râpeux dans toute la moitié inférieure du sternum, où il marquait les bruits normaux du cœur. Sous l'influence d'un traitement approprié, cette malade* se rétablit au bout de six semaines, après avoir éprouvé des phénomènes fluxionnaires du côté des articulations déjà malades.

On pourrait rapprocher ce fait d'une autre observation recueillie par M. Martel à l'hôpital Sainte-Eugénie, dans le service de M. le D' Barthez. Chez un enfant de dix ans, atteint de rhumatisme articulaire chronique, on vit se développer une péricardite caractérisée par des bruits de frottement à la région précordiale. Cette affection, du reste ne persista pas longtemps. Le rhumatisme avait subi une exacerbation pendant la durée de la péricardite ; cet enfant présenta plus tard, àun très haut degré, les déformations caractéristiques du rhumatisme noueux.

Depuis l'époque où mon attention s'est portée sur ce point, j'ai vu plusieurs fois une péricardite coïncider avec les exacerbations des arthropathies chez des sujets atteints de rhumatisme chronique. Les faits que je viens de rapporter se trouvent donc parfaitement d'accord avec mes observations personnelles*

En résumé, l'endocardite et la péricardite existentincontestablement dans quelques cas de rhumatisme articulaire chro-

3âi AFTECTIONS AHAKTICUUI RBN

nique; cesaffecLioiis offrent les nn^raea carattèreâ que dans le rhumatisme aigu. Elles se développent de prétôrence à l'époque des exâcerbatioDS de la maladie, el lorsqu'on se rapproche en quelque sorle de l'état aigu. \u reste, ces maladies ont en général un caraclére moins sérieux lorsqu'elles se développenl dans le rbumalisme chronique.

III. — Des Al^THES AFFECTIONS ABAJlTlClLAinES DANS LE RIIUHATISIWE CHKO.MUL'E.

Les afTeclions cardiaques ne sont pas les seules manifestations viscérales de la diath^se rlmmallsmaie. 11 importe de remarquer ici que les autres complications habituelles du rhumatisme articulaire aigu se rencontrent plus rarement que les précédentes dans le rhumatisme chronique. Mais nous reconnallrous bientôt que, par contre, celte dernière forme de la maladie comporte certaines affeciiom; presque coraplélemenl étrangères au rluimatisine aigu, ainsi qu'on pouvait iiisémenl le prévoir.

Nous allons successivement passer en revue, à cet égard, les principaux appareils de l'économie.

Appareil RESPiiiAtoiRE. — La pleurésie se retrouve dans le rhumatisme articulaire subaigu et chronique; mais elle est beaucoup plus rare que dans la forme aiguë.

La pneumonie aiguë est une complication fréquente de l'arthro-rhumatisme aigu ; je ne l'ai jamais rencontrée dans la forme chronique. J'ai observé, sans doute, quelques cas de pneumonie chronique chez les rhumatisants, mais c'étaient des sujets cachectiques.

La congestion pulmonaire rhumatismale, cet accident si formidable qui expose les malades à une mort presque subite,

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