ASTHME
peut se rencontrer dans le rhumatisme chronique ou subaigu. M. le docteur Bail en a rapporté un cas fort remarquable dans sa thèse d'agrégation (1).
Certaines affections thoraciques se présentent surtout dans les formes chroniques et mal définies du rhumatisme articulaire. \Iasthme suivi (ï emphysème est aussi commun dans cette affection que dans la goutte. J'ai vu moi-même cette complication se manifester deux fois à la Salpêtrière.
Dans le premier cas, il s'agissait d'une femme de soixante ans qui, pendant vingt-cinq ans, avait exercé la profession de blanchisseuse.
L'asthme datait de dix ans. Au début, les accès étaient rares et nocturnes : à l'époque de l'observation ils étaient tellement rapprochés, tellement confondus, que la malade passait la plus grande partie du jour et de la nuit assise sur son lit, respirant péniblement.
Il existait habituellement des râles sibilants qu'on entendait à distance. L'auscultation faisait reconnaître dans toute l'étendue des deux poumons une grande faiblesse du murmure vésiculaire. L'expectoration était peu abondante.
Cette femme n'avait jamais éprouvé de rhumatisme articulaire aigu généralisé; mais, à plusieurs reprises, depuis dixsept ans, elle avait eu des douleurs arthritiques, accompagnées de gonflements des jointures. Les articulations principalement affectées ont été les genoux, les épaules et la jointure métacarpo-phalangienne de l'index droit. Il n'y avait point de déformations caractéristiques, mais les genoux étaient le siège de craquements prononcés (2).
Dans le second cas, il s'agissait d'une malade âgée de soixante-six ans. Cette femme, après avoir habité longtemps