‹ Œuvres complètes de J.M. Charcot. t.1-Chapitre 129 sur 230 · LÉSIONS ARTICULAIRES DIVERSES · texte numérisé non relu

LÉSIONS ARTICULAIRES DIVERSES

cette tuméfaction est souvent accompagnée de symptômes inflammatoires; mais ces phénomènes s'observent surtout aux membres inférieurs.

Au reste, les muscles des membres subissent toujours, à la longue, sous l'influence de l'immobilité des parties, un certain degré d'atrophie et de dégénération graisseuse.

La conséquence immédiate de ces altérations, c'est que les infirmes se trouvent privés des mouvements des extrémités supérieures, et ne peuvent plus se servir eux-mêmes. C'est alors qu'on voit apparaître ces inventions ingénieuses, ces longues fourchettes dont les dimensions et la forme varient selon le degré d'infirmité des malades, mais qui ont toujours pour objet de leur permettre de porter leurs aliments à la bouche, grâce aux mouvements plus ou moins restreints qu'ils ont conservés.

Remarquons, à cet égard, que les déformations de la main droite, dont les malades continuent à se servir, ne présentent pas un type aussi régulier que les déviations de la main gauche", qui se trouve le plus souvent condamnée à une immobilité absolue.

Nous allons maintenant étudier les lésions articulaires, qui peuvent se produire sur d'autres points du squelette.

Les membres inférieurs sont parfois indemnes, alors que les mains ont subi les altérations les plus prononcées. Cependant, ce cas est rare, et, en général, les extrémités inférieures sont symétriquement déformées et déviées, et deviennent incapables de se prêter aux mouvements habituels.

L'articulation de la hanche conserve en général sa liberté : mais il n'en est pas de même pour les genoux. On observe le plus souvent une flexion de la cuisse sur le bassin, et une flexion de la jambe sur la cuisse. Les déformations principales qui en résultent sont les suivantes :

Ghabqot. OBuv. compl. t. vn. Malad. des VieiUards. i6

242 L1ÎSH1NH ,\IITir.l'L\IRES niVERSKS

L'e\Lréinilé inférieure iJii fi'^nur fait saillie l'ii avfiul de la lète (lu libin ;

Le condyle intpnic du fémur devient proéraiaent ;

La rotule, rejeti^e en dehors, repose sur le condyle exlerne.;

La tAte du péroné fait saillie en dehors.

il esl rare de voir cependant une ankylose complète se produire dans le genou; mais des bourrelets osseux s'y développent presque toujours, elles corps étrangers peuvent s'y rencontrer en grande abondance.

Dans l'articulation tibio-larsienne, au contraire, l'ankylose est très fréquente. Le pied peut être porté dans Tabduction; il repose alors sur le bord externe de manière à simuler le valgus. 11 peut, au contraire, se porter dans l'abduction : c'est alors un varus equin.

Le gros orteil est porté en dehors, tie mauiire à recouvrir les autres doigts du pied.

Des déformations importantes peuvent aussi se montrer du côté des vertèbres cervicales. Dans plusieurs cas que j'ai observés moi-même fi lii Salpêlrière, j'ai vu la l(''ti' inrlinée en avant et fléchie sur le sternum ; le menton touchait presque la poitrine. Les mouvements de la léte étaient fort bornés et faisaient entendre des craquements. Chez la plupart de ces malades, le cou se trouvait élargi à la partie postérieure.

C'est ainsi que la plupart des jointures peuvent être prises, chez un seul et même sujet, dans les casde rhumatisme chronique généralisé; et alors les malheureux infirmes sont condamnés à rester dans leur lit pendant tout le reste de leur existence. On les voit quelquefois vivre plus de vingt ans dans cette affreuse position.

Mais il nous reste à étudier le mode de proditction de ces déviations. Quelques médecins les attribuent à une action providentielle (Beau), dont le but serait d'atténuer l'intensité des

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