‹ Œuvres complètes de J.M. Charcot. t.1-Chapitre 135 sur 230 · DIX-SEPTIÈME LEÇON · texte numérisé non relu

DIX-SEPTIÈME LEÇON

Étiologie du rhumatisme articulaire

SoMMAiiiK. — Causes principales du rhumatisme ariiculairc. — Elles sont communes à toutes les formes de cette maladie. — Pathologie historique. — Prépondérance de la goutte dans les écrits des médecins de Tantiquité. — Le rhumatisme noueux existait cependant déjà. — Géographie médicale. — Le rhumatisme articulaire aigu est une maladie qui appartient surtout aux climats tempérés. — Il est inconnu au voisinage des pôles et de Téquatcur. — Lo rhumatisme articulaire chronique abonde dans les pays tempérés, mais il existe aussi dans les pays chauds. — Hérédité : son influence est incontestable. — Statistiques empruntées à divers auteurs. — Age. — La période classique du rhumatisme aigu s^étend de quinze à trente ans. — Le rhumatisme chronique se rencontre surtout à deux périodes de la vie : de vingt à trente ans et de quarante à soixante. — Sexe. — Les hommes sont plus sujets au rhumatisme articulaire aigu, les femmes au rhumatisme noueux.

Causes cxténeurcs. — Froid humide. — Habitations humides. — Misère, mauvaise alimentation. — Causes Iraumaliques. — Coups, chutes, phlegmons, panaris. — Causes pathologiques. — Érysipèle. — .\nginc. — Scarlatine. — Blcnnorrhagio.

Fonctions utérines. — Chlorose. — Dysménorrhée — Ménopause. — Grossesse. — Allaitement prolongé.

Parallèle entre l'éliologie du rhumalidUie et celle de la goutte. — Ces deux afl'cctions ne sont pas idunli(iucs, mais il existe entre elles un certiiin degré de parenté.

Messieurs,

L'étude des causes qui président au développement du rhumatisme articulaire va fournir de nouvelles preuves à Tappui de ropinion que nous avons toujours soutenue.

Charcot. Œuvr. compl. t. vu. Malad. des Vieillards. 17

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En effet, sur le terraiu de l'éliologif, nous verrons les diverses formes de cette maladie se rapprocher el se confondre ; nous les verrons s'éloigner, au contraire, de la goulte; el nous constaterons ainsi que les types, en apparence si divers, que nous avons décrits jusqu'ici, reconnaissent, au fond, une commune origine.

Il ne faut cependant pas oublier que, d'apr6s quelques observations, le rhumatisme arliculairr peut crr'îer. par voin d'héréJili^, une prédisposition à la goultp ; et ia n!'i-iproqiie de celte proposition parait ^Ire également vraie.

Pathologie /listoriyue el géoyraphif metlirnlf. — Nous avons déjà constaté, en étudiant l'histoire de la goutte, que le rhumatisme articulaire avait fort peu attiré l'attention des médecins de l'anliquilé. dont les descriptions se rapportent presque exclusivement i» la goutte : ils confondaient d'wlleurs f.eiW- dernière afl'eclion avec le rhunialisnie, sous le nom de maladie articulaire (articuloritm passio). Baillou est le premier auteur qui ait signalé le rhumatisme comme une maladie à part ; et ce qui prouve que cette distinction mit un certain temps à s'établir, c'est qu'elle n'est point encore admise dans les premières éditions de Bnerhaave.

Le silence des anciens a fait supposer à quelques auteurs que le rhumatisme n'existait pas avant les temps modernes. Mais les ossements retrouvés dans les fouilles de Pompéi nous ont procuré sous ce rapport des renseignements plus positifs que ne peut en fournir la littérature médicale, au moins pour ce qui concerne le rhumatisme chronique : dans plusieurs cas, on a constaté, sur ces débris humains, les lésions qui caractérisent cette maladie. On trouve, à cet égard, de pré-

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