GÉOGRAPHIE MÉDICALE
cieux renseignements dans YOsteologia Pompeiaria, du professeur Delle-Cliiaje, de Naples. Les figures qui sont jointes au texte ne peuvent laisser aucun doute dans Tesprit du lecteur.
La géographie médicale du rhumatisme est encore à faire. Sous l'influence de certaines idées préconçues, il s'est établi une confusion regrettable entre toutes les maladies qui reconnaissent le froid pour origine : et Ton comprend combien la tâche de la critique devient difficile lorsqu'il s'agit de contrôler les observations recueillies dans des régions lointaines.
Il paratt cependant établi que le rhumatisme articulaire aigu est une maladie qui appartient plus spécialement aux climats tempérés ; elle est inconnue dans le voisinage immé- * diat des pôles et de Téquateur. Cependant, on rencontre assez souvent cette affection dans les climats chauds ; elle est fréquente en Egypte, d'après Pruner-Bey, et aux Indes orientales, d'après Webb : dans ce dernier pays, elle se complique souvent d'endopéricardite.
Au cap de Bonne-Espérance, dans la partie du géranium, l'armée anglaise fournit une proportion de cinquante-sept rhumatismes sur 1,000 malades; tandis que sous le climat rigoureux de la Nouvelle-Ecosse, sur le même chiffre de malades on ne rencontre que trente rhumatisants.
Pour ce qui touche au rhumatisme articulaire chronique, on ne possède aucun renseignement précis. Il est certain, du moins, qu'il abonde dans les pays tempérés, en Angleterre, en Irlande, en France, en Allemagne, et dans toute l'Europe centrale. Mais il paratt exister aussi dans les pays chauds. Aux Indes, Malcolmson en a signalé l'existence chez les Cipayes; et j'ai constaté moi-même qu'il était assez fréquent à Naples.
Hérédité. — L'élude de colle question offre une grande imporliince pour la Ihéoric du rhumatisme, car les alTecLions héréditaires ne sont pas des maladies aceideiilelles, passagères, elles tieunent ii la constîtulion même du sujel; nous le voyons bien pour la goulte.
Les statistiques de Choniel et Requiu élablissenl ici la fréquence de la transmission héréditaire : malheureuseroenl ces auteurs ont confondu le rhumatisme avec la goulle. Mais Futler, qui tient compte de la distinctioa, a conslaté la transmission héréditaire du rhmnalisme 9G fois sur 300. ce qui donne une proportion de 29 pour 400; pour la gouLle. la proportion est de 50 pour 100,
Pour le rhumatisme articulaire chronique, de nouvelles recherches seraient indispensables. Toutefois, ce que l'on sail tend à élahlir que cette iilTection procède souvent par voie d'hérédité, soit du rhumatisme aigu, soit direclemenl du rhumatisme chronique.
Il faut cependant établir ici une distinction entre les trois types que nous avons décrits.
Pour le rhumatisme noueux, il ne saurait exister aucun doute à cet égard. Sur quarante-cinq cas de ce genre, M. de Trastour avait conslaté que dix fois le père ou la mère était rhumatisants, et trois fois les femmes malades avaient des enfants déjà frappés de rhumatisme articulaire. J'ai recueilli moi-même une intéressante observation de ce genre. Il existe en ce moment à la Salpôtrière une femme atteinte de rbiimatisrae noueux, dont la fille et la petite-fille éprouvent déjà des douleurs dans les petites jointures. Voilà donc trois générations successivement atteintes de la même affection.