‹ Œuvres complètes de J.M. Charcot. t.1-Chapitre 153 sur 230 · TEMPÉRATURES BASSES, MOYENNES, ÉLEVÉES · texte numérisé non relu

TEMPÉRATURES BASSES, MOYENNES, ÉLEVÉES

je puis l'affirmer, avec toute leur signification chez le vieillard, seulement on peut dire qu'ail degrés centigrades, chez lui, la situation est déjà des plus critiques.

Si l'élévation de la température centrale au-dessus d'un certain point annonce par elle-même et indépendamment des circonstances concomitantes, un très grand danger, à son tour l'abaissement au-dessous du taux normal, lorsqu'il atteint un certain niveau, 35 degrés par exemple, (je ne garantis ce chiffre que pour les vieillards), dévoile lui aussi un cas des plus graves.

Vous le voyez, Messieurs, il existe des limites à peu près fixes que la la température semble ne pas pouvoir dépasser sans que l'existence du malade ne soit très fortement compromise. Les températures qui franchissent ces deux limites sont rares, exceptionnelles, et elles indiquent, à coup sûr, une terminaison fatale.

Il ne saurait vous échapper, que déjà la thermométrie nous fournit là, au moins pour le pronostic, un signe de la plus haute importance, puisque sa signification est pour ainsi dire absolue. Nous aurons bien des fois l'occasion de vous signaler des applications tout aussi remarquables.

b. Des températures fébriles basseSymoyennes, élevées chez le vieillard. — On peut dire d'une manière générale que, chez le vieillard comme chez l'adulte, une température qui s'élève peu au-dessus de 38 degrés, répond à une fièvre légère (température sub-fébrile); au-dessous de 39®, S, elle est d'intensité modérée ; entre 39*, S et 40degrés, elle estintense ; au-dessus de 40 degrés, elle est très intense, {teînpératurehyperpyrétigue).

Ces données, comme les précédentes, s'appliquent aussi bien aux vieillards qu'aux adultes ; car sous le rapport du taux que la température peut atteindre dans l'état fébrile , ceux-là peuvent ne le céder en rien à ceux-ci. C'est un point que je

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me suis efforcé d'établir dans Ip temps, elque mes recherchw tiUérictires n'ont fait que confirmer. (De l'état fébrile chez les vieillards,). (Voir plus liaut p. t.").

TouUjroi», Messieurs. — il importe que vous le remarquiez, — dan» cette aasimilatiou que j'établis, au point de vue des lerapénitures fébriles, entre l'adulte et le vieillard, j'eulends ne parier que des sujets valides, ou autrement dit, libres de toute maladie antérieure, de tout élat cachectique, au moraenL où Tétat fébrile s'est développé, car il est certain que cbez les sujets préalablement affaiblis, quel que soit l' tige, Va température, même lorsqu'il s'agit d'une maladie dont le caractère est de produire habituellement une fièvre intense, peut ne pas s'élever pendant tout le cours de Taffeclion au-dessus des températures fébriles moyennes, 39 degrés, 39°. îi. bien que le ca« soit des plus graves et se termine par la mort. Maisje le répèle et c'est là un point de lapins haute importance, a mon avis, cette faiblesse relative de la rt'nriinu ihenniquc n'est pas un caractère de l'âge s6nile.

Je vous présente deu^ courbes therraométriques que je veux mettre en puralièlc : l'une concerne une femme rie soixantequinze ans, faible et cachectique, atteinte de pneumonie lobaire ; les maxima au plus fort de la maladie n'ont dépassé qu'une seule fois 39°, S ; — l'autrcest également relative uun cas de pneumonie survenue chez une femme figée d'environ cinquante ans et jeune par conséquent, du moins relativement, mais atteinte d'un carcinome utérin, très avancé, et profondémenlcaclieclique. Les maxima n'ont jamais atteint 40 degrés ; ils se sont tenus à 39°, îi, ou au-dessous. Cette malade, comme la précédente, a succombé en défervescence, ainsi que cela a lieu le plus souvent dans les cas de ce genre. Vous voyez comment ces deux tracés recueillis chez des sujets d'âge très différent sont cependant analogues sous tous les rapports.

Voici maintenant la contre-partie de cette démonstration :

DANCËIt BÈ^ tËMl^ÉRATCRËS ÉLEVÉE^ à05

les trois courbes que je vous présente actuellement sont relatives à trois sujets, dont l'un est un enfant de trois ans (Ziemssen), le deuxième un homme de trente-huit ans (Wunderlich), le troisième une femme de soixante-quinze ans, observée dans cet hospice. Toutes trois se rapportent à la pneumonie lobaire ; vous le voyez, des analogies frappantes les rapprochent, et vous auriez, si vous n'étiez pas prévenus, grand peine à les distinguer Tune de l'autre. Aussi, lorsque Wunderlich [loc. cit.) avance qu'à la seule inspection d'une courbe thermométrique, on peut reconnaître l'Age du sujet en ce que dans l'âge avancé les maxima se tiennent à un taux relativement inférieur, la proposition ne me parait-elle pas parfaitement exacte. Tout au plus pourraît-on reconnaître ainsi, qu'il s'est agi d'un sujet robuste, ou au contraire d'un individu préalablement débilité.

c. Du danger des températures élevées soutenues pendant plusieurs jours chez les vieillards. — Voici maintenant un troisième point : une température hyperpyrétique, 43°, o, peut se montrer, sans que le cas soit grave, pourvu qu'elle ne persiste au môme taux que pendant un très court espace de temps, comme dans un accès de fièvre intermittente, par exemple, ou dm\^ la pneumonie abortive (i). Mais si de telles températures se maintiennent pendant une série de plusieurs jours, presque sans interruption, comme cela a lieu dans une maladie à type continu, la pneumonie lobaire par exemple, le cas est très grave. Ce que j'avance est fondé sur les nombreuses observations que j'ai pu faire à ce sujet relativement à la pneumonie des vieillards ; mais il me semble établi qu'il en est à peu près de même aux autres époques de la vie. Quoi-

1. Voir : Charcot. — Œuvres complètes, tjine V, Maladies des poumons, etc., p. 631.

Charcot. CEuv. compl. t. vu. Malad. des Vieillards. 20

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qu'il Qii Mflit, dai)<i la plupart des cas d« pneumonie lobaire ùbst-rvéâ JL la Salpélrître. et oîi, pendant la période d'étal, le« inauma ont piUMeurs fois diipa^^- 40°, S, lu mort est àurvenue ; au coutraire lor^u'ils ï^e »>nt maintenus à U\" ci audes.sou!i, la guérîion a été fréi(ui-ntf .

Nulles pas r^Qclurede là que chi'z les vieillards, toutes le» pneumooieii dans IuîkiucU*;» la lemp^ralure se maintient à un taux relativement peu élevé foiiL bénignes. Loin de là. voua le Mtvex dùjii, tieuucouji, la plupart pcul-élre des pneumonie::* de fiasse letiipnvtiire romme nous avons coutume de les a]»peler, sont remarquable» pur leur léUialilé. Mais c'est un point sur lequel nous devons revenir plusieurs fois dans ta suite.

Laraison du danfjer des températures élevées, dans /a fièvre. — Voua avez reconnu l'importance toute pratique des tuils qui viennent d'être énoncés, mais nous ne les ronnai^^ sons encore cependant que comme résultat d'une étude purement empirique et faite en dehors de toute préoccupation tliéorique, L'intérêt qu'ils vous inspirent déjà s'accroitrait encore très certainement s'il nous était donné d'en pénétrer la raison physiologique. Pourquoi, en effet, ces limites étroites, tracées sur l'échelle Iherm orné trique, qui ne peuvent être atteintes sans que la vie soit très sérieusement compromise, et au-delà desquelles il ne reste plus d'espoir de sauver le malade ? Pourquoi la température, s'élevanlàuu taux fort eu deçà de ces limites, mais persistant durant quelques jours sans rémissions sensibles, annoncent-elles un cas grave, quel que soit d'ailleurs le nom de la maladie?

Telles sont les questions qui se sont présentées à votre esprit. Nous ne saurions, dans l'état actuel de la science, y ré-

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