DANGER DES TEMPÉRATURES ÉLEVÉES
pondre par une solution définitive, rigoureuse; mais nous pouvons espérer tout au moins, en nous appuyant sur les données de la physiologie pathologique et de la pathologie expérimentale, reconnaître dans quelle voie cette solution pourra être trouvée.
Reconnaissons, en premier lieu, que le trouble qui porte sur l'ensemble de l'économie, et qu'on nomme la fièvre, constitue un danger par lui-même, lorsqu'il est intense, indépendamment, en quelque sorte, de la cause qui la produit. Un malade est atteint de pneumonie, les fonctions respiratoires ne sont pas plus troublées que de coutume, en pareil cas, il n'y a pas de complication, et cependant, le malade succombe au milieu d'un appareil fébrile intense. L'autopsie est pratiquée, elle révèle l'existence d'une hépatisation lobaire que l'auscultation avait reconnue pendant la vie, mais qui est resté limitée à une si petite étendue d'un lobe pulmonaire, qu'il est impossible d'admettre que la lésion locale rende compte ici de l'issue fatale. 11 me suffira de vous avoir cité cet exemple, car, grâce aux progrès de l'anatomie pathologique, le temps n'est plus où l'on pouvait croire, avec Hoffmann, que Taulopsie fait toujours découvrir, dans quelque organe, une lésion grossière qui explique la mort. C'est alors l'état général, et dans l'espèce, l'état fébrile qu'il faut accuser; mais quel est, au milieu de ce trouble presque général de l'organisme, l'élément qu'il faut surtout incriminer ? Ceci nous conduit à entrer dans une digression.
L'état fébrile, avec son cortège de symptômes, les uns fondamentaux et essentiels, les autres accessoires : élévation de la température, accélération du pouls, troubles nerveux, est le résultat de phénomènes fort complexes, mais qui peuvent être ramenés cependant à un petit nombre d'éléments principaux.
Le point de départ parait être une rapide métamorphose,
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on mieux, une combustion exagérée du sang, des tissus, laquelle s'opère un peu partout dans l'organisme et qu'a suscitée l'action d'un poison morbide on de toute autre cause. Ij'élévation de la température centrale est un des résultats sensibles des actes de chimie intime, qui constitue cette combustion exagérée.
Les produits de cette combustiou, déchets organiques, urée et matières exlracUves. s'accumulent dans le sang et circulent avec lui. Us doivent, de toute nécessité, être rejelés au dehors, tôt ou lord, par les émoncloires naturels, cor il n'y a pas place pour eu\ dans l'organisme.
Ajoutez que dans les cas de fièvre avec affection locale certains troubles qui résultent du fonctionnement normal de l'organe affecté, viennent se surajouter au désordre général ■ qui produit la fièvre. Ainsi, dans la pneumonie double, dans la bronchite capillaire, l'hématose éliint profondément entravée, il pourra y avoir nnnxéniie, accumulation d'acide carbonique daus le sang : ou, s'il s'agit de l'hépatite aïguC parenchymateuse (alropliie jaune aiguP du foie), par suite de la destruction rapide des éléments sécréteurs de l'organe, les matériaux destinés à former la bile, seront retenus dans le sang, et il y aura achoHe, Mais je ne veux pas entrer dans le détail, et je m'en tiens aux faits les plus généraux.
D'o& vient donc le danger de la fièvre? La consomption rapide des tissus, se produisant par une émacialion plus ou moins prononcée, par la diminution du poids du corps, par la prostration des forces, ne saurait être invoquée, du moins comme élément principal, que dans une maladie k évolution lente. Elle ne saurait jouer un rôle prédominant dans une fièvre à marche rapide, comme dans celle que détermine cette pneumonie lobaire que nous prenions tout-à-l'heure pour exemple.
La présence, dans l'économie, des déchets organiques.