‹ Œuvres complètes de J.M. Charcot. t.1-Chapitre 158 sur 230 · HAUTES TEMPÉRATURES ULTIMES · texte numérisé non relu

HAUTES TEMPÉRATURES ULTIMES

lésions réceiitesy en commençant par les lésions traumatiques* Depuis un fait célèbre de Brodie qui, dans un cas d'écrasement de la moelle cervicale produit par une luxation des cinquième et sixième vertèbres, observa une température de 43®, 7, on a publié (tout récemment encore Fischer, Naunyn et Quincke) un assez grand nombre d'observations analogues. Dans une leçon faite en Angleterre il y a quelques années, M. Brown-Séquard avait déjà réuni quelques-uns de ces faits, et leur analyse Tavait conduit à cette conclusion importante que l'élévation de la température suppose une grave lésion médullaire, tandis que si la moelle est simplement irritée c'est un refroidissement qu'on observe. Dernièrement, le D' Fischer a fait la même distinction.

Il ne s'agit pas seulement, d^ailleurs, des lésions de la moelle. Billroth a vu à la suite d'une fissure du cr&ne, sans plaie extérieure, la mort survenir nqpidement : la température centrale s'était élevée à 40^, 9.

Nous retrouvons ce même caractère dans les lésions graves non traumatiques de l'encéphale, déterminées par l'hémorragie ou le ramollissement. J'ai démontré par des observations répétées, qu'en règle générale, la mort est précédée dans ces cas, comme dans les précédents, par une brusque élévation de la température, pouvant atteindre jusqu'à 40 et 41 degrés. L'observation thermométrique contribue ici à établir le pronostic, car dans la règle, la température ne dépasse pas ou ne dépasse que peu le niveau normal dans l'apoplexie liée à l'hémorragie ou au ramollissement du cerveau, de date récente, quand il n'y a pas de complication phlegmasique ; de telle sorte qu'une élévation brusque de la température est, en pareil cas, un indice du plus fâcheux augure (Mémoires de la Société de Biologie, 4** série 1867, t. IV, p. 92). Je n'ai jusqu'à présent rencontré qu'un fort petit nombre d'exceptions à cette règle.

98 IMPonTA^cE de 1.\ TIIERMOHËTHIE

Ainsi <jiip je l'ai fait pressenlir, il existe un caractère thermique à l'aide duquel l'apoplexie avec ou sans convulsions résultant d'une lésion récente (hémorragie ou ramollissement) peut être distinguée de ces attaques apoplecliforraes ou épileptiformes qui surviennent quelquefois daus les cas d'hémiplégie de date ancienne. Dans le dernier cas, en effet, la température s'élève toujours plus ou moins dès les premières heures tandis que dans l'apoplexie vraie, liée au ramollissement ou à l'hémorragie cérébrale de formation récente, il y a RU début un abaissement à peu près constant de In température au-dessous du I.itin norriKil '/"'','/. '2<î\

Quelle est la raison physiologique des phénomènes que nous venons d'exposer? Wunderlich et F.rb qui, les premiers

Page 1