‹ Œuvres complètes de J.M. Charcot. t.1-Chapitre 160 sur 230 · ACTION DES ACIDES BILIAIRES · texte numérisé non relu

ACTION DES ACIDES BILIAIRES

milieu des symptômes d'un coUapsus profond : algidité extérieure, sueurs froides, pouls presque insensible, etc.

Comment agissent les substances en question pour déterminer si rapidement un abaissement aussi considérable delà température centrale ? On suppose qu'elles ont pour effet de détruire un très grand nombre de globules sanguins ou tout au moins d'annihiler tout à coup leur pouvoir respiratoire. Il se produirait en pareil cas, suivant l'expression de Williams, une nécrémie^ ou mort du sang. Quoique conservant leur caractère physique les globules ainsi altérés auraient perdu leurs propriétés cliimiques.

Dans les cas où cette altération des globules se serait généralisée, il s'en suivrait un abaissement rapide de la température.

Mais il est très vraisemblable qu'indépendamment de cette action, certaines substances affectent le cœur en paralysant ses mouvements. C'est ce qui arrive pour la bile. Chaque fois qu'elle pénètre dans le sang en certaine quantité, elle détermine à la fois un arrêt du cœur et un abaissement de la température centrale (Leyden, Rôhrig). L'expérimentation a même fait connaître, dans ces derniers temps, quels sont parmi les constituants si nombreux du liquide biliaire ceux qui, à l'exclusion des autres, déterminent le ralentissement des mouvements du cœur et l'algidité centrale.

On sait que, contrairement à l'opinion ancienne, la bile tout entière ou tout au moins les principes fondamentaux passent dans le sang dans l'ictère simple, tel qu'il est déterminé par l'occlusion du canal cholédoque. Or, dans cet ictère spontané, comme dans l'ictère expérimental, on retrouve dans le sang et dans l'urine, ces éléments fondamentaux de la bile. Dans les deux cas, d'ailleurs, le ralentissement du pouls et l'abaissement de la température centrale peuvent s'observer.

Rôhrig [Archiv der Heilkunde, 1863) a fait connaître que

AIKECTIOSS IIL" CltUri ET ALGIIIITK CI^MIIALE

ce$ eQets sont dus & la présence des acides biliaires : inj(!ctés seuls duos ie torrent circulatoire, ils amènent ce résultat. Au contraire, rieu de semblable n'est produit par la chole.slérine. les matières colorantes ou les matières grasses. Par cela seul qulls ralentissent et affaiblissent les battements du cœur, la présence des acides biliaires dans le sang pourra produire ub abaissement de température. Mais\'anDusclietKubne(rircA. ^rr^., XIV) ont démontré qu'ils ont aussi la propriété de détruire les globules du sang, et ce dernier effet contribue sans doute pour une bonne part h. produire la dépression du chiffre therraoméiriquc.

Après ce que je viens de vous dire relativement au méca^ * nisuie de rabaissement de la température sous l'influence de l'introduction des matières septiques dans le sang, vous ne vous étonnereu pas de retrouver ce ni'^me caractère dans certaines affections organiques ou fonctionnelles du cœur. Il est de fait que la plupart des affections qui amoindrissent l'action du cœur tendent â produire un abaissement de la température centrale. On comprend facilement qu'un allanguissement de la circulation porté à un haut degré soit une circonsUince très défavorable à l'accoraplissemenl des actes chimiques qui entretiennent la chaleur du corps. On sait du reste que, lorsque l'affaiblissement cardiaque est poussé jusqu'aux dernières limites, comme dans la syncope, le sang traverse les capillaires sans s'y modifier, et apparaît dans les veines avec ta coloration rutilante du sang artériel. Or, dans les cas de ce geure, la température centrale s'abaisse, et elle s'abaisse même d'une manière très notable dans des circonstances où les choses sont poussées moins loin.

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