DÉVIATIONS DES EXTRÉMITÉS SUPÉRIEURES
Suivant M. Chomel (loc. cit.), la rétraction musculaire s'observe assez rarement, dans le cours du rhumatisme articulaire chronique, et ne se manifeste généralement que si la maladie existe depuis fort longtemps. Cet auteur rapporte cependant une observation où elle s'était montrée deux fois seulement après l'apparition des douleurs articulaires. Dans tous les cas que nous avons observés, la rétraction des muscles paraît avoir eu la plus grande part dans la production des difformiiés; tantôt elle s'est manifestée, pour ainsi dire, dès le début, quelques jours, quelques semaines après l'apparition des douleurs articulaires (Obs. I, II, V); tantôt, au contraire, elle s'est montrée très tardivement.
Dans tous les cas, sous son influence, les membres, et leurs extrémités surtout, se dévient tôt ou tard de leur direction normale, et présentent les déformations les plus bizarres en apparence. Il semble, au premier abord, qu'il soit impossible de présenter une description générale de quelquesunes de ces difformités; rien de plus singulier, de plus variable, par exemple, que l'attitude des extrémités supérieures de la plupart de nos inflrmes. Cependant, nous avons été amené à penser que toutes ces variétés peuvent se rapporter à deux types principaux, que nous allons essayer de dépeindre.
Extrémités supérieures. — Caractère commun aux deux types : la main est en pronation plus ou moins complète, et quelquefois exagérée.
Premier type. C'est ce type qu'on observe le plus fréquemment ; voici sa caractéristique : a) flexion (à angle aigu, droit, ou môme obtus), de la phalangette sur la phalangine; b) extension de la phalangine sur la phalange ; r) flexion de la phalange sur la tôle des métacarpiens (à angle obtus ou droit) ; d) flexion à angle très obtus des métacarpiens et du
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carpe sur les os de l'avant bras; e) déviation en masse de toutes les phalanges sur les métacarpiens vers le bord cubital de la main, puis déviation en sens contraire des phalangines sur les phalanges (voyez Planche IV, ^</. 3 et 4, 1 et 2).
La déviation en masse des phalanges, vers le bord cubital de la main, est un caractère constant qui se montre un des premiers (voy. Cruvcilhier, Al/ti.s danat. pathoL, Hv, 9, pi. S.etAdams, Cyrlofiec.ofafiatomyandphysiolofjy,siLHand).
Dans les cas où les parties molles sont maigres et atrophiées, le radius et le cubitus font une saillie souvent considérable en arrière des os du carpe. H y a même fort souvent, subluxntion des os du carpe en avant, ce qui fait paraître le doa de la main comme excavé et raccourci, d'autant mieux qu'on observe en même temps une subluxaLion de Testrémité supérieure des phalanges, en avant et eu dehors des têtes des métacarpiens qui font dès lors, sur le dos de la main, une saillie considérable; par suite, les phalanges paraissent raccourcies et leur dos semble excavé. La subluxation, en général peu prononcée, des phalan.slnes en avant et un peu en dedans des phalanges, détermine une saillie des têtes osseuses des premières du ciMé de la paume de la main. Enfin, par suite de la flexion exagérée des phalangettes sur les phalangines, les deux petits condyles de ces derniers os font saillie du côté du dos des doigts. La luxation est souvent presque complète, surtout au niveau des articulations métacarpo-plialangiennes. Il est fréquent d'observer, au pourtour des petites jointures, des végétations osseuses, sous formes de tubercules, et qui ne circonscrivent jamais complètement les tètes des os.
Tous ces détails complémentaires peuvent s'appliquer au type suivant.
Denxiètne type. Caractéristique ; o) extension de la pba-