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été autrefois bien étudiée par M. Cazauvielh. Un certain nombre de ces infirmes ont les muscles fléchisseurs et extenseurs des membres d'un côté du corps dans une sorte de tension continue ; si elles veulent étendre les mains fléchies, à peine celles-ci ont-elles dépassé le point qui sépare la flexion de Textension, qu'elles passent brusquement, convulsivement, à l'extension et présentent notre deuxième type ; si leurs mains étendues exécutent le mouvement de flexion, le même phénomène se manifeste en sens inverse, et elles offrent notre premier type. Cependant, il n'y a chez ces infirmes aucune lésion des articulations.
ô** Si, pendant la vie, on cherche à étendre ou à fléchir les jointures rigides, on éprouve cette résistance élastique qui appartient au tissu musculaire, et qui devient plus marquée, si l'on essaye de la vaincre. Après la mort, on trouve toujours que la rigidité articulaire est devenue moins complète et que les mouvements sont moins bornés ; ce qui s'explique très bien par le relâchement qu'ont dû subir les muscles contractés. Enfin, si on coupe ces muscles, la rigidité diminue notablement.
7* Il faut savoir cependant que chez les malades dont on a l'occasion de faire l'autopsie, chez ces malades, dis-je, en général, arrivées à une époque très avancée de l'affecUon, la rigidité articulaire persiste encore, bien qu'à un plus faible degré, malgré la section des muscles : la section des ligaments eux-mêmes n'a encore que peu d'influence sur elle, et il faut aller jusqu'au tissu cellulaire de nouvelle formation qui double la synoviale à l'extérieur pour trouver le véritable et dernier obstacle aux mouvements de l'articulation. Si on divise ce tissu, la rigidité cesse. Ces derniers faits ne sont nullement en contradiction avec l'opinion que nous soutenons, sur le rôle de l'action musculaire.
8** Ce sont, en efl*et, les muscles qui, par leur contraction
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persislanle, dirîgenl la formation des brides celluleuscs dans un sens ou dans l'autre, el président parconséqueot au travail des déviations articulaires. Pendant que les jointur.s sont dans une attitude pemiiinente produite par la rùtracliou des muscles, les lésions articulaires se développeiil et suivent leur marche. C'est alors que le lissu cellulaire de nouvelle formation vient doubler la synoviale ; mais s'il j a une fUviation pré dominante, une flexion par exemple la laine qui s'organisera dans le sens de la flexion, sera nalurellemeiil moins étendue que celle qui se trouvera dans le sens opposé. Or, c'est justement là ce qu'on constate par IVxumen nécroscopique.
Il est donc constant pour nous que la rétraction musculaire joue le principal rôle pour engendrer les déviations, surtout celles qui se produisent à une époque très voisine du début de la maladie. Nous sommes natupelleraenl amenés à rechercher quelle peut frire la cause de la rélracLion.
Au début de la maladie, la rétraction musculaire est toujours active, comme dit M. J. Guérin ; elle est souvent douloureuse, et les malades cherchent par tous les moyens possibles à contrebalancer son action; elle n'est pas en rapport avec l'intensité des douleurs articulaires (Obs. 1). Par toutes ces raisons, on ne saurait la considérer comme un résultai d'une position inslinelive que les malades imprimeraient leurs membres pour atténuer les douleurs. On ne pourrait guère, non plus, l'attribuer à une action musculaire purement tonique, mise en jeu sous l'influence du repos prolongé auquel seraient condamnés les membres ; car, outre que cette rétraction se montre parfois quelques jours, quelques semaines après l'apparition des douleurs articulaires, elle peut commencer à se produire déjà à une époque où les malades font encore, tant bien que mal usa^e de leurs membres. Nous éliminons également l'iiydarthrose. qui n'a, le plus sou-
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vent, rien à faire ici, puisque, dans bon nombre de cas, cet épanchement articulaire n'a existé à aucune époque de la maladie.
Chez les malades que nous avons observées, la rétraction musculaire ne reconnaît pas pour cause la propagation de l'inflammation des parties constituantes des jointures au tissu propre des muscles. En effet, alors même que les extrémités supérieures offrent, dans leur ensemble, les déformations les plus prononcées, un certain nombre seulement des articulations déformées paraissent avoir été le siège des lésions inflammatoires.
On sait que Delpech, M. Cliomel, et plus tard, MM. Duval, Guérin, Bonnet, Morel-Lavallée, ont considéré le rhumatisme porté sur les muscles, comme une des causes des rétractions musculaires. Sauvages avait déjà remarqué que le rheumatismus arthriticus attaque constamment les articulations et ça et là les parties charnues, qu'il produit l'amaigrissement et rend les doigts immobiles et roides (Sauvages, NosoL niéthod.y class. 7, gen. 3, Rhumatisme). Sans doute, la brève description du nosologiste de Montpellier est marquée au coin de l'observation; mais, chez nos malades, ce n'est pas çà et là que les muscles ont été atteints pour déterminer les déviations; ils ont agi par groupes, de manière à produire des difformités toujours les mêmes, ou pouvant tout au moins se rattacher à un certain nombre de types à peu près invariables. D'ailleurs, les douleurs qui accompagnent la rétraction n'ont pas le caractère des douleurs musculaires rhumatismales, et les malades les en distinguent facilement.
On voit donc que l'examen des principales opinions émises par les auteurs ne nous rend pas suffisamment compte des faits que nous avons observés. La discussion dans laquelle nous venons d'entrer fait naître deux hypothèses, mais ce ne 5onl que deux hypothèses et rien c|e plus; les contractions
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musculaires spasmodiques ne scpaienl-elics pas rexpressîon d'actions réflexes morbides, p\cil6es par les lésions artiriilaires?Oii bien faul-il invoquer, pour les expliquer, une affection des nerfs moteurs, ou d'une partie centrale dn sjstème nerveu\? Certainement la gén<Sralisalion. dans certains cas, des déviations k toutes les parties des membres supérieurs ou inférieurs, la symétrie avec laquelle elles se produisent, s'accommoderaient assez bien de l'une ou de Tautre de ces suppositions, que nous n'admettons d'ailleurs qu'avec la plus grande réserve.
Phénomi'nes générauT.. — Sécréliom. — Les phénomènes fébriles peuvent se montrer soit au début de la maladie, soit dans son cours, aux épo(|ueB des exai'erbalions ; leur intensité paraît toujours assez bien en rapport avec le nombre de jointures qui sontprises simultanément. Cependant, même dans les cas où l'affection s'est généralisée, ils peuvent passer inaperçus. La fièvre du début n'a été notée dans nos observations que huit fois sur quarante : elle a été dans presque tous les ras, peu intense et de peu de durée ; elle a persisté pendant deux ou trois jours d'une manière continue aver des exacerbations nocturnes, suivies de sueurs plus ou moins abondantes, générales ou partielles ; une seule fois elle a duré quinze jours et s'est accompagnf'e d'insomnie et d'anorexie. Le plus souvent, les fonctions digestives n'ont présent*'- atirune altération notable, et les malades n'ont généralement pas cessé de prendre des ahments, même à l'époque ou les douleurs étaient des plus vives. Les autres fonctions ont continué à s'accomplir avec régularité. Nous rapportons les obser\'alions de deux malades qui, ayant été prises dans le cours d'une grossesse, accouchèrent naturellement ; l'une d'elles allaita son enfant, bien qu'elle fût dans la période d'accroissement de la maladie, et déjà percluse de tous ses membres ; le plus souvent, les règles