SÉCRÉTIONS
n'ont pas été arrêtées dans leur cours (Observations III et V).
Beaucoup de nos malades ont conservé, pendant la période d'état, de l'embonpoint et toutes les apparences d'une bonne santé ; il en est d'autres qui présentent une maigreur générale très prononcée et qui sont comme desséchées ; mais ce sont celles dont les mouvements sont gênés ou nuls depuis de longues années, et qui peuvent à peine quitter le lit où le siège sur lequel on les place pendant le jour. La peau de ces derniers malades est pâle, luisante et semble faire corps avec les tissus sous-jacents ; leurs jointures paraissent énormes, par suite de l'atrophie qu'ont subi les muscles ; les stalactites osseuses, ou même les têtes des os subluxés, semblent sur le point de percer les téguments. C'est aux petites articulations, aux doigts principalement, que cela s'observe le plus souvent; il peut même arriver que les tubercules osseux de nouvelle formation, s'ils sont très saillants, amincissent et usent progressivement la peau par une sorte de compression de dedans en dehors, et finissent ainsi par se montrer à nu (Requin).
Les infirmes qui sont condamnés à une immobilité plus ou moins complète sont pâles, anémiques ; elles présentent souvent tous les phénomènes nerveux qui se rattachent à la diminution des parties solides du sang.
On observe souvent, même en dehors des exacerbations, des sueurs plus ou moins abondantes, parfois presque continuelles, et prononcées la nuit surtout. Ces sueurs, quelquefois générales, d'autres fois partielles, sont habituellement peu incommodes, et ne coïncident pas toujours avec la recrudescence ou la diminution des douleurs. Chez une jeune infirme (Chevalier, Divine, âgée de trente ans) que nous avons observée presque tous les jours pendant un an, la peau était habituellement recouverte d'une sueur visqueuse et gluante.
A l'époque des exacerbations, quand il y aun peu de fièvre, les urines sont quelquefois troubles et sédimenteuses ; en
378^ CSCIIaInKJIEM DKS SÏMI'TÙMKS
dehors Op ces accès, elles ?ont toujours claires et pnrfattPmenl naturelles : nous avons pu nous en assurer fori souvent.
Marche. enehnitiPtnfinl dfx sifmpl'hni's. — Les symptAmes arthritiques sont les premiers qui se mnnifeslenl ; ils se mon- Ireiil toujours d'abord avec une apparence de ht'^nignitO telle qu'on ne leur accorde jamais l'nllention qu'ils méritent peulfitre, Les malades bravent les premières douleurs. iKirnées & une ou rieu\ jointures, et .nccompnpni^es tout au plus d'un peu de tunU'faction cl de rougeur. Elles continuent leurs travaux, souvent pAnihIes, ninlgré l'apparition successive de nouvelles arthrites, cl ne s'arrêtent qu'à une époque où lu rétraction s'est déjà empanne des muscles, et où la plupart des mouvements sont devenus impossibles.
On remarque généralemenl durant la pi^riode, souvent très longue, qui précède les r^'lrarlions quelque» circon*lancr» dont il nous a puni utile de tenir compte ; car elles serntmit de nature peut-être à [aire prévoir, dès les premiers tenipïi. la marche toujours erois!fnnlc'. et, en quoique sorte, falnle, qiie la maladie suivra tAt ou tard.
Ce n'est pas sans un certain ordre que s'opère V envatiissement xtircpxsif dex jointures : iiinsi parmi ces dernières, il en est qui se prennent presque toujours en premier lieu, d'autres qui ne sont affectées que très tardivcmeiil, et qui même peuvent ne pas t^lre envahies. En interrogeant à ce sujet il infirmes, voici ce que nous avons nolé: les articulations des doigts de la main et du pied ont été les premières et les seules malades pendant un temps plus ou moins long dans 23 cas; dans 1 autres cas, une ou deux grandes jointures, le poignet ou le cou-de-pied, par exemple. ét:iient alTeclés en même temps que les articulations des doigts ; 9 fois seulement, l'invasion s'est faite exclusivement par les grandes jointures, telles (jue je çenoii et le roq-de-pied ; mais, dans ce dernier