‹ Œuvres complètes de J.M. Charcot. t.1-Chapitre 181 sur 230 · EXAMEN DES JOINTURES · texte numérisé non relu

EXAMEN DES JOINTURES

Voici le résultat de Texamen des déformations que présentaitM.... Toutes, ou à peu près toutes les jointures des membres et des extrémités étaient rigides, à l'exception des épaules et des hanches. Les articulations fémoro-tibiales et tibio-tarsiennes étaient le siège de craquements; celle des gros orteils étaient subluxées et ankylosées. La rigidité et les déformations permanentes étaient surtout prononcées aux mains, et depuis longtemps elles empêchaient tout travail. Les deux mains fortement maintenues en pronatiou, sont affectées symétriquement et au même degré. Il y a déviation en masse de tous les doigts, vers le bord cubital de la main, et cette déviation est si prononcée, que le bord externe du petit doigt fait presque un angle droit avec Taxe du cubitus. 11 y a de plus, subluxation des phalanges en arrière et en dehors des têtes métacarpiennes, qui font, sous les téguments amaigris, une saillie très accusée; par suite, tous les doigts de la main sont fléchis sur le métacarpe, en même temps qu ils sont dans Tabduction : de plus, les phalangines sont légèrement étendues sur les phalanges, et les phalangettes fléchies sur les phalangines. La plupart des jointures, ainsi affectées, ont conservé encore une mobilité obscure; à leur niveau, il n'y a pas de traces de proéminences, de tumeurs autres que celles que produisent les têtes des ossubluxés; ou, autrement dit, il n'existe point de tumeurs tophacées appréciables. Nous trouvons donc ici l'exacte reproduction de Tun des types de diflormités des extrémités supérieures, observés le plus fréquemment dans le rhumatisme articulaire chronique progressif.

NécROSCOPiE. Examen des jointures, — La plupart des articulations des membres inférieurs et supérieurs ont été ouvertes, et, à l'exception des jointures des hanches, elles présentaient une altération consistant en un dépôt abondant d'urate de soude dans l'épaisseur et à la surface des cartilages diarthrodiaux ; les ligaments articulaires et les tendons, au voisinage des jointures, étaient parsemés, en outre, de petites concrétions blanches, d'aspect crayeux, ne dépassant pas en général, le vo-

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)ume d'uii(> léle d'épingle et formées également d'urate de »uudo. Ce qui est relatif aux extrémités supt-rieures mérite une mention spéciale : les phalanges élaient mainteoues dans la flexion et Tabduclion, par suîle de la rétraction qu'avaient subie à la longue les tissus fibreux. Par suite de la suhluxalion des tètes des phalanges en arrière, les têtes des métacarpiens devenus presque complètement libres, se trouvaient placées immédiatement sous la peau. Leurs cartilages diarthrodiaux, ulcérés et détruits même en plusieurs points de leur extrt^mlté périphérique, étaient partout incrustés d'urate de soude, et présentaient une surface blanche, d'aspect crayeux. En outre, sur la face dorsale des tètes métacarpiennes, immédiatement en arriére des surfaces diarlhrodiales, il existait des dépl^ts de matière crayeuse, enveloppées de tissu cellulaire lâche et qui laissait voir, par transparence, leur couleur d'un blanc mal. Ces déprtls limités latéralement par les tendons des extenseurs, jouissent de mouvements de latéralité, sur les métacarpiens sont ils étaient tout k fait indépendants, placés immédiatement sous lapeau.et pressés, pour ainsi dire, contre les tètes osseuses, ils étaient aplatis et ne formaient pas sur le dos de la main de paillie appréciable, de telle sorte <|ue, avant la disspction des parties molles, leur existence ne pouvait pas être reconnue. On trouvait aussi des points blancs et de petites masses crayeuses, dures, enchâssées solidement dans les tissus fibreux péri-articulaires et dans les tendons des extenseurs sur toute l'étendue de leur trajet. Toutes les articulations des phalanges, des phaiangînes, des phalaiit;i'l les étaient incrustées comme les mélacarpo-phalanjîiennes, de matière crayeuse mais à un moindre degré, au voisinage des jointures; le tissu cellulaire sous-cutané, le névrilemme, les couches profondes du derme présentaient de semblables dépots, sous forme d'une fine poussière blanche.

Aux genoux, les condyles du fémur, les surfaces articulaires du tibia et de la rotule paraissent également recouverts par un vernis blanc npatpie, brillant, dur, d'a-^ppot crayeux, lequel oc-

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