REIN GOUTTEUX
Une question se présentait, à savoir si le dépôt d'urate avait ou lieu en dehors des tubes urinifères ou dans leur intérieur. Le premier examen anatoraique fait par le docteur Garrod le porta à penser que les lignes blanches étaient dues au remplissage des tubes urinifères, et ce fut aussi Tidée de M. Ceeley ; des examens ultérieurs modifièrent son opinion : les cristaux d'urate de soude, communément plus larges dans le rein que dans les cartilages, lui parurent plusieurs fois situés dans le tissu cellulaire, plutôt que dans la cavité des tubuli ; du reste, dit-il, ce point demande de nouvelles études.
L'examen anatomique du rein, dans le fait qui nous appartient, nous a permis de résoudre cette question, au moins pour ce cas particulier, dans lequel les cristaux semblaient, au premier abord, placés dans l'intervalle des tubes {Fig. 3) ; mais , par l'addition de l'acide acétique et la dissolution des cristaux libres, on voyait qu'une partie du dépôt siégeait manifestement dans l'intérieur même des tubes urinifères {Fig 4).
Quant à l'altération des reins qui accompagne ces infarctus uratiques, le docteur Garrod a généralement observé les reins atrophiés, condensés et granuleux à leur surface, comme les décrit Todd, sous le nom de gouty Kydney. Dans ces cas, l'urine était albumineuse et contenait des dépouilles (cylindres fibrineux) granulées ou cireuses {ivazy casts. Mais peut-être l'état atrophique et granuleux du rein tenait-il uniquement à la période avancée de la maladie où étaient mort ses malades. C'est ce qui paraît résulter de l'analyse de l'observation très intéressante d'un goutteux mort à sa huitième attaque, peu de temps après le début de l'affection. Dans ce cas, le rein était sain en apparence, sa capsule s'enleva sans difficulté ; il pesait 4 onces 1/2 et cependant, la coupe de cet organe révéla, dans les cônes, de la substance tubuleuse des dépôts blancs d'urate de soude.
L'examen miçroscopicjue di| parenchyme rénal fi|l foit p^r
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le docteur G. Johnson qui trouva répiLhéliura des lub*s très granulfi. infiltré de graisse, la ligne extérieure des tubes urrnifères. Irts sombre, elc. toules lésions apparlenanl h la néjihrite desquammative ou parenchyraateuse (néphrite allmntineuse de M. Raver).
Dans un relevé des altérations rénales fait par M. Diekinson (!), dans les autopsies d'une période de dix ans, à l'hftpilal Saint-Georges, à Londres, ce médecin n'a Jamais renfîonlré que des reins durs et granulés à leur surfare chez les goutteux. Il distingue deux formes de lésion rénale, l'une portant sur le rontenu épithélial di's tubes, qui donne lieu au rein lisse à sa surface, l'autre portant sur le tissu cellulaire interstitiel qui cause le rein endurci et granuleux. Or, sur 152 ras de reins lisses ii leur surface, un seul, et encore est-il douteux, appartient à un sujet mort de la goutte. Sur 28( cas de reins granulés, 27 au contraire appartenaient à des personnes sûrement goutteuses. Pour Dickinsou c'est donc le reîn granuleux (néphrite interstitielle) qui est prédominant dans la goutte, el tel esl ansi l'opinion de Basham (2).
Dans l'autopsie que nous avons faite, les deux reins présentaient des lésions fort différentes, à droite et à gauche ; le rein gaurhe contenait seul des dépiMs d'urale de soude. Il était de grosseur à peu prôs normale, de consistance molle. Sur la coupe, la substance corticale épaisse et de coloration gris jaunâtre montrait une injection asseit vive des vaisseaux et des glomérules de Malpiglii. Sur des coupes minces de la substance corticale, on voyail. au microscope, à un grossissement de 80 diamètres, que les tubes contournés étaient opaques. Cette opacité était due aux granulations proléiques et graisseuses content:. •-■ dans les cellules épitliéliales des tubes qui