Voir plus haut la reproduction de la thèse de M. Charcot
StS NOTES SUn U COtTTE
ft un moiDdri> degré. Au voisinage des jointures, le tissu cellulaire sous-iutanc, le ncvrilémc, les couches profondes du dcnnï présentaient de semblables dépflts sous forme d'une fine poussière blanche. L'examen microscopique et chimique de la mati6re b1&»chc qui Inéruslait les cartilages ou siégeait dansle» tissus Obreux a dt^montr** qu'ollp était essentiellement con^lituée par de l'urate de soude [Charcot et Coniil, Mémoires de la Soeim de. ftiolMfin, t. V, 3- sér-, 18&1, p. IM'.)
Il serait facile de multiplier les exemples et de montrer qu^ la goutte chrtiriiiiue peut reproduire fort exactement les autres types de déformation des membres qu'on observe dans le rhumatisme noueux; mais i:'en est assez, pour établir que ladistiDi> tion des deux affections ne saurait être fondée d'une manière absolue sur la seule considération des caractères extérieurs, eu l'absence des concrétions tophacées apparentes. Dans maioleç cil'constances, l'étude attentive du mode d'évolution des ph^DOraénes morbites, celles des antécédents étiologiques, souvent même les résultats de l'examen microchimique du sang, devront, de toute nécessité, é-tre invoqués par le clJnitien. Ilesl juste de reconnaître toutefois que les cas où les déformalioos des extrémités supérieures se présentent symétriquement et avec les caraclères qu'elles oUraienl chez la femme dont l'histoire vient d'être rapportée, sont aussi exceptionnels dans la goutte qu'ils sont habituels, au contraire, dans le rhumatisme articulaire chronique progressif,
II. Quand aux déformations que [iroduisent les amas d'urali' de soude déposés à l'exlérjeur el dans le voisinage des jointures, elles aii[iarlieiiiieiil en propre à la goutte; elles soni lo plus souvent faciles ;'i reconnaître, et pour ne citer qu'un exemple, lorsqu'elles afrecfent les mains, on les dtslingue en général aisément des déforuialions que détermine, lA aussi, le rhumatisme nimeux. Dans cette dernière maladie, les défoi-niatious
articulaires en général, et celles des mains, en particulier, peuvent être rapportées à plusieurs causes ; elles dépendent en partie de Texistence de végétations osseuses, développées au pourtour des surfaces diarthrodiales, en partie de la sublnxation des os dont les tètes arrondies font saillie sous la peau. Conséquemment, à part le cas assez exceptionnel où les corps étrangers mobiles sont devenus superficiels, les nodosités du rhumatisme « ne constituent pas des tumeurs séparées » ( Haygarth) ; elles font corps avec Tos dont elles ont la consistance ; ce sont, en un mot, les extrémités osseuses elles-mêmes, plus ou moins tuméfiées et déformées. Il en est tout autrement dans la goutte chronique, lorsque les déformations y sont produites par les concrétions tophacées : celles-ci se présentent sous la forme de tumeurs irrégulièrement arrondies ou ovoïdes, bosselées, à base large ou, au contraire, presque pédiculées (fig. 3). Ces tumeurs, qui peuvent atteindre le volume d'un œuf de pigeon ou celui d'un petit œuf de poule (pi. II), se développent surtout du côté du dos de la main; indépendantes jusqu'à un certain point des parties sous-jacentes, elles sont obscurément mobiles dans le sens latéral. D'une consistance demi-molle lorsqu'elles sont de formation récente, elles n'acquièrent presque jamais complètement la dureté du tissu osseux; elles siègent de préférence au voisinage des premières articulations phalangiennes ou des jointures métacarpo-phalangiennes, mais pas toujours exactement au niveau de ces jointures, dont elles ne reproduisent pas, d'ailleurs, la forme et les contours. La peau qui les recouvre, distendue et luisante, fait souvent corps avec elles et parait alors tachetée de plaques arrondies, d'un blanc mat, qui révèlent suffisamment la présence de l'urate de soude (pi. I, fig.) 3). Enfin, un dernier trait caractéristique, c'est que les doigts, lorsqu'ils se déjettent par le fait de la pression qu'exercent sur eux les tumeurs tophacées, ne présentent pas ces déformations d'ensemble et pouvant être rapportées à un certain nombre de types déterminés qu'on rencontre dans le rhumatisme noueux (comparez les figures 2, 3, 4, et la planche II, à la figure 25 du Traité de Garrod) (p. 77-81).
Gharcot. Œuv. comp. t. vu. Mal. des Vieillards 33
Mi MiTKS si:h u goitth
ConcrMioiu lophacées de l'oreiHfi externe. — Les roncrâtions luptiacéus de l'oreille externe avai<:iit c.i6 reniarqutïeâ Jùjà pir plusieui^ médecins, avaul M. Garrod, eu particulier par Idi'lM (Hufelatid'n Journal der practiscli. Anneikunde. Bd. 13, S, i, Berlin, 1818), «l M. Pauconneau-Dufrosiic (Cruveilhîer, Atlmt d'anntomk palliolagique, A' livr.). Scudamoru qui ne les avait painealionnées dans son 7'raili' de la gcnille, le» signale nu cmi- Irair» ainsi qu'il suit, dans unn k'ttrt* adressi!*e au dodi-ur Chambers: "J'ai vu, dit-il, d(?5 concrétions luphac^es, alors qu'il n'fin existait pas ailleurs, siéger sur les lobes des oreilles, soas ruruic de petits point». (A («lier h docteur Chambers on Ihe nalu- IV and proper Ireahneiil of goût. Londoo,lS39, p. 33.} Hais c'est à M. Garrod qu'on doit la première description de ces concrétions gI c'est lui qui, le pi-einier, u reconnu Tintûrël qu'elles peuvent acquérir dans lu diagnostic de la goutte [Medico-rkinirg. Trtimael., 18."i, t. XXXVII). — Il y aiuait peu de chose à ajootvr à la description de M. Garrod; nous nous bornerons aux remarques suivantes: Les concrétions dures de l'areille exteroe se détachent tilt ou tard, par suite d'un travail d'éliniinatioa qui s'effectue d'ailleurs souvent sans que la peau préHvatele moindre indioe d'inflaiiimalion. Alors, itne pL'lile f'i>sselte représentant en quelque sorte le moule externe de la concréUon marque pendant longtemps le lieu où celle-ci existait. Dans les cas où la nialière topliacée demi-molle esl renfermée dans une sorte de kyste, ce dernier persiste rréquemnienl, après l'évai-uation de son contenu, sous forme d'une lunieur arrondie, penvc à son soiniael d'un petit perluis. Un pré\oit aisément que b constatation des pertes de substance ou des petites luuieurskysLiques que les coiK'rélir)ns lophacêes laissent a|irès elles lurs qu'elles ont été éliminées, pourrail, dans certaines oirconslauces, aidi-rau diagnostic. .\ce propos, il n'est peul-ètrc pas inulilo île l'iiire r(>inarqu('r (|ue les concrétions lophacêes se déveloi'penl quelquefois sur la l'ace interne de loieille, el, eu pareil ras, on ne jieut souvent les apiircevoir qu'après avoir renversile pavillon légèrement en dehors.
— Gharcol. Sur len aincn'tio»)! lupluicvrs de l'oreille cj-lcnu- ili'-:
les goutteux : in Comptes rendus de la Société de biologie, 3« sér.» t. II, 1861, p. 47. (p. 88). — Ce travail figure dans ce volume (p. 419 à 425).
Noyaux d^urate de soude sur les paupières. — Je dois à TobligeancedeM.le docteur Philippeaux d'avoir pu observer, tout récemment, un goutteux qui porte sur la partie centrale do la paupière supérieure gauche une tumeur tophacée du volume d'un gros pois. Cette tumeur arrondie, légèrement mamelonnée, sessile, offre en quelques points une coloration d'un blanc mat. Elle n'est le siège d'aucune douleur et gène à peine les mouvements de la paupière. Une tumeur analogue se voyait naguère sur la paupière supérieure droite ; elle s'est ouverte spontanément, il y a quelques mois, donnant issue à une petite masse d'urate de soude. Une cicatrice arrondie indique seule aujourd'hui le lieu où siégeait cette concrétion. Ideler (Hulfeland's Journal, loc, cit.) avait observé déjà les concrétions goutteuses des paupières et celles qui se rencontrent quelquefois sur les ailes du nez. Ces dernières ont été aussi mentionnées par le docteur Todd. {Climical lect. on urinartj organs, p. 419, London 1859). Il ne m'a pas été donné de rencontrer des exemples du dernier genre, mais j'ai vu plusieurs fois de très petites plaques superficielles d'urate de soude, siéger sur divers points de la face, en particulier au voisinage du sillon naso-labial (p. 96).
Rôle des ulcères dans la goutte. — Un des cas auxquels M. Oarrod fait sans doute allusion ici, a été communiqué par lui a la Société médicale de Westminster, en 1850 (The Lancet, 1850, p. 340). Chez le malade dont il s'agit, les douleurs de la goutte apparaissaient dans diverses articulations toutes les fois que des astringents étaient appliqués sur un ulcère siégeant au voisinage d'une jointure et qui donnait issue à du pus mélangé d'urate de soude. Le docteur Eissenmann (édition allemande du Traité de la goutte de M. Garrod, Wurzbourg, 1861, p, 40), se fondant sur la connaissance des faits de ce genre, a conseillé l'emploi des exutoires dans certains cas do goutte chronique, et il rapporte l'his-
SIS MUKS SI 11 LA i;ilt'nK
tniri" d'un gouUeux chci lequel l'appiit^ation do ciMti' iii<Hluii)<auraît élé suivie dt>H iiieilleiirs n'^sultats (p. 10:i).
,4ri'^i(r f/e /a fièvrt' rhumafixmale. — II est de régie, qu'un étal ttnémùfue plus ou moins pranoncê et marqué par la décoloratioti dt^s tissus, des «louftle» vasculaires et cardiaques, des altoroBtive« de rougeur et de p&leur de la face, etc., s'établisse de hnaup iK^uro, dans k> cours du rhumatisme articulaire aigu, alor* même qu'il n'a pas été pratiqu> d'émissions sanguines, et quel que soit, en un mot, le traitement mis en œuvre. — MM. Piorrj', Mouneret (.thèse de concours pour lo professorat, 1831, p. 63:
— ComfieiuUuni de méd., t. VU, p. 376), Canstatl (SpecielU Palkoiog.,'A' Aull., I, Bd.. S. «1)4), 0' Ferrai {Provincial Journal, 6 feb. 18-49) et Trousseau (C/l"nif/«e médicale de VHôteUVieu, t. III, ji. 3to), unt insisté beaucoup, pI avec raison, sur cette an^mi? concomilantede lu fièvre rhumatismale qu'elle coulribue ûcaractériser (^p. IITi}.
Ahifitcr d'urate de sonde dans le rliuiiiatismf arliculnirr nigu /•/ chromijw. — A l'aide de sou procid^ du fil, H. Garrod a fait voir, par un j^raiid nonibri? d<.'\empb's, que jamais l'acide urique n'existe en excès dans le sang, chez les individus atteints de rhumatisme articulai ru aigu, landis que cet excès existe, au contraire, cousiaunueiit dans les cas de t^oulto aiguë ou chronique, iO/isi'rciil. ou rerluiii palliul. condil. of. Ihr blood in goul, rheiinialism a„d lirighfs diseu^^e, MM. rhir. Tranf., t. III, p. 8J, 1848.
— Voir aussi le Tablau consacré au rhumatisme articulaire aigu dans l'Appendice annexé au Trailii de la goiiltc de Uarrod.)
Ji! puis ajouter qu'en suivant ce uième procédé, je n'ai jamais (■onslalé la présence de l'acide urique soit dans le sérum du sang, soit dans la sérosité obtenue par l'application d'un vésicatoire, chc/. lesnombreu\sujetsalteinls de rhumalisnie articulaire chronique que j'ai evaminés, à ce point de vue, pendant le coure des triiis dernières années, à l'hopice de la Salpètriêre. Au contraire, dans les cas, A la vérité peu nombreux, de goutte aiguë ou chronique où j'ai pu faire l'examen dont il s'agit, l'existence des cris-
taux d'acide urique a toujours été nettement reconnue. Les observations de Bence Jones {The Lancet, january 1858, p. 104) et de Ranke (Beohachtungen ûber die Ausscheidung der Harnsaûre bei Menschen, Mûnchen, 1858, p. 33) sur ce dernier point, ont d'ailleurs confirmé celles de M. Garrod, et je ne crois pas qu'il existe, quant à présent, de faits contradictoires.
Mes recherches relatives au rhumatisme articulaire chronique concernent toutes les formes et toutes les époques de la maladie. Les cas sur lesquels elles ont porté peuvent être groupés ainsi qu'il suit : 1° rhumatisme articulaire chronique progressif (noueux, généralisé), 25 cas ; 2» rhumatisme articulaire chronique partiel (arthrite sèche déformante), 4 cas ; nodosités des phalangettes, accompagnées de rhumatisme musculaire, 2 cas ; en tout 31 cas.
Par ce qui précède, on voit que la présence d'un excès d'acide urique dans le sang sépare nettement la goutte, non-seulement du rhumatisme articulaire aigu, — ce qu'avait déjà pleinement démontré M. Garrod — , mais aussi, d'après mes propres recherches, des diverses formes du rhumatisme articulaire chronique.
Toutefois, il ne faudrait pas croire que l'excès d'acide urique en question constitue, à lui seul, un caractère absolument pathognomonique de la goutte. Il résulte, en effet, des travaux de M. Garrod lui-même [Loc. cit,, Med.-chir, Trans., t. XXXI, que cette altération du sang se rencontre d'une manière habituelle dans la forme chronique de la maladie de Bright, dans certaines intoxications saturnines, et qu'elle s'est rencontrée accidentellement dans des cas d'apoplexie et de convulsions épileptiformes dont les rapports avec la goutte n'ont pas toujours pu être nettement établis ( p. 128-129).
Urate de soude dans la sérosité sous-arachnoidienne. — Une femme atteinte de goutte chronique ayant succombé dans mon service à l'hospice de la Salpètrière, 20 grammes environ de la sérosité sous-arachnoidienne qui s'écoulait pendant Tautopsie, lors de l'incision des méninges, furent recueillis dans un verre de pendule et traités par l'acide acétique, d'après
S18 ?inTEs sun u coiine
1b in(!'thodc lii' M. Garrod. Lestiisdépns^sausein dr cp mélan^ pariireiil, au bout dv troi;» jours, nîcouvprls d'un certaîa nombre II! rrifllaiix d'acide urique parfailement caractérisés (p. IW).
fM/iôl-i d'un''' mil- In peau dans l'unimir. — La fine pou?litire blanclif, d'aspi'fl brillanl, qu'on trouve répandue sur InM parties du corps ofi la peau est recouverte d<^' poil», — ù la tiMc, au l'ou, sur la poitrine, — dans certains cas d'uréiniir et. en particulier dans la pi^riode dile typhoïde du clioi^r» asiatique, ent constituée non par de l'acide urique, mais bien r drt l'uri*!* cristallisée ou amorphe, le plus souvent niAlée a une proportion variable ((i> matière grasse. Cela résulte des recherches de Schottin, Uellor, Drasche, Hamernjk. Hirscbprung et ipielques autres observateurs dont les travaux se trouvent rt-sumtis dans hi tifizHIfi h'-Momadnirr (1865. n» 33, j.. 52fi). (,.. 133).
IJi-nli^x nm'irphfs et acide itrii/ue crislallw' dam les iiriafi. — Il n'est peut-6tro pas hors de propos d'insister sur ce fait, que la formation d'un sédiment plus ou moins aboudanl d'aratcs
lorpbes, ou d'un dt.'pi'it (l'aride urique cristallin, dans \-s urines. peu de temps après l'émission, ne saurait prouver que l'excrétion de cet acide est aut;inentée d'une manière absolue. Des urines chargées de semblables déprtts peuvent, en réalité, ne contenir que des proportions d'acide urique relativement faibles ou même très notablement au-dessous du taux normal. boligurie fébrile, un haut degré d'acidité des urines, tel qu'on le rencontre, par exemple, ilans certains états dyspeptiques (Prout, Bi-odie, IJudd), sont, entre autres, des conditions qui sulliscnt fréquemment à déterminer la prompte formation des sédiments dont il s'agit, sans qu'il y ait élévation du chiffre de l'acide urique. D'un autre enté, il est aussi parfaitement établi. par les travaux récents de Bartels, que des urines qui ont conservé leur transparence, même longtemps après l'émission, renferment quelquefois une forte proportion d'acide urique. Par conséquent, une analyse méthodique portant sur la lotalilé
des urines rendues dans les vingt-quatre heures, permettrait seule de décider d'une manière positive si le chiffre de l'acide urique s'est élevé, abaissé, ou si enfin il s'est maintenu dans les limites de l'état normal. Il importerait même, suivant en cela le précepte de Parkes et de Ranke, de répéter cet examen pendant une série de cinq ou six jours ; car il est démontré que l'excrétion de l'acide urique s'opère, très communément, d'une manière irrégulièrement intermittente, et diffère très notablement dans les circonstances les plus variées, non seulement aux diverses époques de la journée, mais encore d'un jour à l'autre.
Lorsque les dépôts d'acide urique cristallisé ou d'urates amorphes se forment non plus après l'émission, mais bien dans l'urine encore contenue dans un point quelconque des voies urinaires, et, à plus forte raison, lorsque les malades rendent du gravier, on est très-souvent porté à admettre que l'acide urique existe en excès dans l'organisme et est excrété en proportion anormale. Mais ici encore, la conclusion n'est certainement pas légitime. Ce résultat peut en effet être déterminé par des causes toutes locales et entièrement indépendantes de la diathèse urique, telles, par exemple, qu'une inflammation catharrale de la vessie, des reins ou des bassinets (Brodie, Rayer). J'ai eu l'occasion d'examiner à plusieurs reprises, sans pouvoir y constater la moindre trace d'acide urique, le sérum du sang et la sérosité de vésicatoires provenant de sujets non goutteux qui rendaient habituellement en même temps que l'urine de petits cristaux ou des concrétions plus ou moins volumineuses d'acide urique. Plusieurs auteurs admettent qu'en pareille circonstance, il se développe, au sein même des voies urinaires, une fermentation acide de Turine, analogue à celle que subit ce liquide, dans les conditions normales, un certain temps après l'émission (J. Scherer, Vogel). L'acide libre ainsi produit déterminerait dans les deux cas la précipitation de la presque totalité de l'acide urique contenu dans les urines.
Quoi qu'il en soit, on ne saurait nier que la gravelle urique puisse se montrer liée quelquefois à l'existence d'un excès d'acide urique dans le sang (Rayer). Mon ami M. le docteur Bail
SSO NOTES »i:n LA fîOUTTE
m'a cymmuniqué robservation d'un homme ftgé d'une «înqiuih taine d'anuécs, et qui rendait fréquemmetil, à la suite de coliques néphréliqufs violentes, de petits calculs d'acide urique. Un vésicatoire ayant été appliqué sur la région épiga»trique, la !>érosité fut recueillie dans un verre di; muntmet additionnée de quitlqui^s goutte)^ d'acide chlorbydrique. U s'y forma rapidement de très-nombreux cristaux rlioinboédriques dVide ufique. Cet homme c'avait jamais éprouvé aucun dts BymptAmt?» de la (;outte articulaire ; les urines ne renforiuaient pas traces d'albumine. Il faut sauf« itoulo rapporter à cette seconde caté(;orie la plupart des cas uti la tavelle urique précède l'apparition de la goutte, et, lorsque celle-ci est établie, alterne visiblement — bien que, le plus souvent, A de longs iutervalleti — avec les manifestations articulaires. Hais c'est U un ai^et que nous devrons toucher encore dans une autre partie de ce livre (voyez le chapitre XVI du Traité de Uarrod).
Consultez : Scudamore, lac. cit. — Hayt-r, Traité dft maUtdia dtt reim. Paris. 1838, l, 1, p. U. 197. 108. — Prout, On Utomach andrenal Hiseaset. London, 1848, p. 194. — J. Scherer, l'uiertuck. sur Paihulogie. llcidelberK, 18f3, ij I, p. H. — Brodie, Leçons sur In maladies dût orfjancs iirinairei. Iraduiles par J. Patron. Paris, 1845, p. 231, 278. — Parkes, On Urine. London. 1H('.8, p. 218. — Ranke, Aussrheidung der Ilanisatire. Mimchen, 1838. — J. Vogel, in Vinhou-'s Handhurh drrt'alhologie und Thfifl;»c,VlBd.,2.\bth., a lleft, p. .'Hil. — Bartels, Hormaore Ams'heiduiig in A'rankhnUeii, in Ihulsrh Anhiv. fur klinischc Médian. IBd., lHeft.,p.l3. Leipzig. I80j. —Bcale, />-■ /■«»■m^ etc. Paris, I8ti:i, p. lil, 171, 197, 4U4. (/"rnifédeOarrod.p. 1G4-Iti()).
Anatomie palhologit/ur de Varlhvopulhie goulletisc. — Une observation de (iuilberl, remarquable pour l'époque à laquelle clic a été recueillie {/*'• lu goulle et des maladies goutteuses. Paris, 1820, p. 89), une aulre non moins intéressante publiée, il y a une vingtaine d'années, dans les Archives générales de mMeeint; (181^, 4' sêr., t. III, p. "i7:i) par M. de Castelneati. méritaient de figurer dans cette revue lôlrospcctive, d'ailleurs
tics abrégée, des documents relatifs à ranatomie pathologique de Tarthropathie goutteuse, (p. 205).
Diminution du phosphate et du carbonate de chaux dans les os des sujets goutteux. — Une analyse de Bramson [Zeitschr. fur rationnelle Medicin, 1845, t. III, p. 175) constate, comme celles de Marchand et de Lehman, la diminution du phosphate et du carbonate de chaux ainsi que Taugmentation considérable de la proportion des matières grasses dans les os des sujets goutteux (p. 218).
Réactions chimiques de la synovie daus la goutte et le rhumatisme articulaire aigu. — Cette réaction acide du liquide synovial a déjà été notée dans Tobservation n° 4. Elle a été aussi remarquée par le docteur Todd, dans plusieurs cas de goutte chronique [Clinical lectures on diseases of the urinary organs, p. 321). Mais cela n'est pas un fait constant. On verra en effet plus loin, par la lecture des observations 11 et 15, que la synovie, contenue dans les articulations où siègent les altérations goutteuses, peut présenter, comme dans Tétat normal, une réaction franchement alcaline.
il en est de même chez les sujets qui succombent pendant le cours du rhumatisme articulaire aigu : le liquide recueilli dans les jointures principalement affectées offre en pareil cas — comme Ta vu le docteur Todd {loc. cit) et ainsi que je Tai constaté moi-même plusieurs fois, — tantôt une réaction alcaline, tantôt une réaction acide plus ou moins prononcée (p. 226-227).
Urate de soude dans les différents tissus des goutteux. — Dans un fait rapporté par Schrœder van der Kolk {NederLLancet, 1853 Julij en Aug., p. 97, — et CanstatVs Jahresb., 1854, t. II, p. 40), Turate de soude accumulé en grande quantité sous la peau, au voisinage de plusieurs articulations des doigts de la main, avait envahi les parois des veines, et pénétrait même jusque dans Tépaisseur de quelques filets nerveux. — Le névrilème était le siège de dépôts d'urate de soude, dans un cas du
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ui^uP genre qup nous avons observé M. Cornil et moi, et qui liguro dans la nottt insérf-H A la pa^c T! au prissent ouvrage (p. ■iM). (Voirauasiftia p. 508 cIp ce volump.)
Ordre d'apparition dfi dépUt d'nrnle dr soud'- dam lagmilte.— La formation d'un dépi"jl cristallisa diiratede soude dansTépaisnfMf iliicarlitage diarthrodial ennstitue, eu déliaitivo, le Tait primordial (it fondamental dans le processus de t'arlhropathio goutteuse. Klle parait avoir lieu dés la 1" attaque (p. 240du Truite), tandis ^ue les dépiMs uratiques de la membrane s>novialo, ceux qu'on rencontre dans Tépaisseur des ligamenh, du tissu cellulaire sous-cutani^, des tendons, etc., se produisent i«ecoudairemi>nt et correspondent, par conséquent, A un degn> plus avancé de tialuration. On peut L'tablir, de plus, qu'en Féglv générale, les concrétions articulaires précèdent les dépdts extérieurs. M. (iarrod a observé cependant {p. 86) un cas dans lequt'l une i;onerétinn de l'oreille externe se serait produite plusieurs annéns avant l'apparition d'aucun sympti^me du cilté des jointures. J'ai pu. pour mon compte, chez un homme Agt't de tri'.nleeinq ans, depuis plusieurs mois atteint de dyspepsie acnsceal». prédire à l'avance l'cvplnsion de la goiitle, Ri'Jice A la prêsencf d'une semblable concrétion siégeant sur le rebord de l'hélix: MiJiis ce si)nt li'i, ineonLi'slablement, des faits exeeptioom'h et qui ne sauraient intirnier la règle, ip. :217-iî8i.
A'/'</ du ci'rliliifjf di'irihrodi'il d-uis lu ijnulle. — A pari lincrnstation d'uratR de soude, le cartilafîu diarthrodial ne pri'Sdili' tiabiluelli-irient, dans la goulli', uiirime altéralinn api'i-ériabl''- 1,1's clioudroplastds init uonservii leurs formes el lours dimi'nsioiis niirmak's: les l'U^ments cellulaires qu'ils renferment ni' sont pas en plus tçrand nombre qu'à l'état physiologinue : enlin, il n'y a pas trace de segcnenlation de la substance fonda me n laie homogène. On peut loulefois observer des cas, — rares ;i i.i vérité, ^ oii l'altèralion velvi'tique, l'usure des cartilages, li'végétations ossriu-ios dé vélo pp. 'es ù la périphérie di-s surfaci"' articulaires, et, en un mot, toutes les altérations de l'arthrili'
l'Iiumatismale chronique, se rencontrent sur une même jointure avec les lésions propresà la goutte. Brodie {Diseuses ofihe joints, Obs. lui, p. 23i; 5* édit. London, 1850), Bennet (Z)uWm ^rwa?terly Joum. ofmed. science, t. XXXVII, 1864), ont rapporté des exemples de ce genre, et j'en ai vu plusieurs pour mon compte. Les dépôts goutteux des cartilages coexistent aussi parfois avec les lésions qui surviennent dans les diverses parties des jointures, par le fait de Timmobilité prolongée (p. 249).
Sur les altérations des cartilages dans la goutte, consultez : BreLinsom {Zeitschr. fur ration. Medizin 1845, t. III, p. 175); — Broca {Bull, de la Soc. anat., 1852, p. 637) ; Dufour {ibid., 1853, p. 358); — QA\i^.TCo\.{CoMptes rendus delà Soc. de biologie. 1858, p. 129) •; — Charcot et Cornil {ibid., 1863, p. 159») (p. 251).
Caractères microscopiques des infarctus d'urate de soude dans le rein. — Examinés au microscope sur les tranches minces du tissu du rein, les infarctus d'urate de soude apparaissent constitués par des groupes de longs cristaux prismatiques, libres par une de leurs extrémités, implantés par l'autre sur une base commune, autour de laquelle ils rayonnent, de manière à présenter Taspect d'un éventail. Ces amas cristallins forment, par leur réunion, des masses allongées plus ou moins volumineuses et dont le grand axe suit exactement la direction des tubes droits. Les cristaux en question siègent très manifestement dans Tintervalle de ces tubes. Si Ton fait intervenir Tacide acétique, ils se dissolvent et bientôt il se forme sur les points qu'ils occupaient des tables rhomboïdales d'acide urique. On reconnaît alors que la cavité même des tubes est obstruée par des amas cylindriques d'urate de soude, vraisemblablement à l'état amorphe, lesquels se dissolvent à leur tour par l'action prolongée de l'acide acétique. Il y a donc à considérer dans l'infarctus uratique des reins: 1° des cristaux groupés en manière d'éventail