‹ Œuvres complètes de J.M. Charcot. t.1-Chapitre 203 sur 230 · Ce travail se trouve à la page 390 du présent volume · texte numérisé non relu

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»ic*toirc!>, et c'«sl lA, pfut-élro.

1 eUCTTE

uni^ ciri^onstaace déraTorahli*

fuflueme du vin de Champagne. — Relativement A l'iaûtiface ilu vin de Champagne »ur lo df^velopppment dps aceô< de )^ulle, royet Day IDâfrue» of advanced lifc London, 184!). p. 30t<: — Braun (Matériaux, etc., Paris, i8fi2. p. Jfi. et siirlout Scndsmore {TmiM rfe la gmtte, Paris. 1823. p. 140 (p. 3il|.

Infltienff du vin de Bourgogne. — C'est dans ce sens que Scudainore a pu dire : " L'Ermitage rnage et le Bourgogne, le dernier de ces vins surtout, renrermcnt la goutte dans chaque vcrrre. i> lOoul and gravcl. 4* édit.. London, 1853, p. BGr». fp. 3i2i.

/If /ion* du traumatùme xur la gouilc. — Sur la goallc développée â la suite de eatixes traumatiques. consultez un intéressant article de Scudamore {Traité df la goutte. Paris, 18^, p. 1491- Il est remarquable que les accès de goutte qui se produisent dans de pareilles circonstances ont, en général, moins d'intensité que ceux qui se développent spontanément, et, si l'on peut ainsi liin'. daiix hiir tflinp'. (p. 32"tt,

fiiflwni-fi df la saignéf. — Dans ses Hnnnrijws xur la gauiif, M. Todr] a iriinsacrc nninli-russant chapitre à l'élude de la goutlc survi-nan t chez, lessujots débilités fCofWofnoTt.iy in a Ion- slal--of ,.,sl.;„.-Lor. a/. London, IHW, p. W). — Dans le même oiivra- );i' (|>.->iti,il tni'ntJDiniG riiisloii'o d'un individu qui, à plusieurs ri'priscs, fut [u'is de la K"olte après avoir été saif^né au bras.

liiiiillr iln'z h's iniiiiiiiii.r. — !,a Ho'iLlf peut-elle ('\isler chei les aniinau'( ■? Dau^ un Iraitr récent de pathologie comparéi' (/j'brhiich dn- vrf/lri,:!,. Patholoffi'-. Leipr.ig, IHfirj. p. «84, M. (ili'islierg n'Iiésile pasà résnudre cetlp question par la négative. Il est de l'ait que la "plupart des altérations des jointures qui, fhe/. les mammifères ou les oiseaux, ont été atlribuées à la goulle, appartiennent pluliH au rbumalisme chronique (arthrite

sèche) ; mais il est incontestable, néanmoins, que certains oiseaux et quelques reptiles maintenus en captivité, présentent parfois des dépôts tophacés qui^ tant par leur siège que par leur constitution chimique et microscopique, rappellent les concrétions qui, chez l'homme, caractérisent la goutte, Aldrovandi {Orniiholog.y t. I, p. 456) avait remarqué déjà que les faucons sont sujets à présenter des tumeurs siégeant autour des doigts et formés par des amas d'une matière gypseuse. Mais voici des faits plus récents et plus précis : Chez le perroquet (Psittacus grandis), Berlin, d'Utrecht (Archiv, fur die Hollandisch Beiirage zur Naiur und Heilkunde, Utrecht, 1857, p. 362. Bd. I), a observé plusieurs fois, sur les jointures du métatarse et des doigts antérieurs, des tumeurs composées d'une substance blanche, plâtreuse, qui, examinée au microscope et traitée par les réactifs convenables, offrait les formes cristallines et les caractères chimiques qui distinguent l'urate de soude. On rencontrait, en outre, chez ces animaux, des concrétions de même nature dans les diverses articulations des extrémités antérieures, sur le péricarde et sur le péritoine, dans la substance tubuleuse des reins.' Des altérations, en tout semblables, ont été observées par Maitland et Berlin {loc. cif,) sur la tortue géométrique, et tout récemment, par Pagenstecher et Darius, chez V Alligator sclerops Verdandl. der naiurL med. Ver. zu Heidelberg, III, 129-133, et Centralblatty 1865, 4 feb., n° 6).

Il est curieux de rencontrer chez ces animaux aussi peu voisins de l'homme, des lésions assez analogues à celles de la goutte ; mais un fait plus intéressant encore peut-être, c'est que les lésions dont il s'agit peuvent être artificiellement provoquées et portées même à leur plus haut degré, par l'expérimentation. C'est ce qui résulte d'un remarquable travail publié récemment à Tubingue par le docteur Z^X^^Vy {Untersuch.ueber den urâmisch Process. Tubing., 1865). Cet observateur lie les deux uretères, chez des pigeons, des oies et des couleuvres {Colucer natrix). On sait que chez les oiseaux et chez la plupart des reptiles, l'urine à Tétai normal, ainsi que l'ont démontré John Davy cl d'autres chimistes, ne repferme généralement pas d'urée et est

à p«upW l'iirati> d* dédsreni

à pea prA* cxdnsivempnt constilnt^e par de l'acidR ariqup ou de rnratv d'ammonia^iH'. I-es premiers ph^nom^nes morbiil» w dédsrenl do doaz» à quinxp lioun!:>> apr^s l'oïK^ration. La v

deux ou trnUjniirs au plus, Apr^s la morl, on conslatc liMllténlionsfuivanlPs: l*Le<) ivint sont afTocté!) <>n premier MfiQ, avant tnuH los autres organes, cl c'est H qui* W lésinas K<! inontmiit toujours lé plus prononcécrs. Lu« csnalicnles urinirèrf><t lioiit dans la sub<ila»c<> tuhulcuse, oblitérés et diatondus par dP5 amas d'uratps i VHat cnnrri't : landis que leurs nrigines, ■lah!* la subslancp cnriicale, sent, ainsi qui? les corpuscult-» de Malpighi, libres de tout di^p<)t. Des masses urattques solid4>s rfmpU»*Pnl le calibre des uretères au-dessus des lîgalurea. i" Les mi'mhranet tfrtuiet {le péritoine au niveau du foie principalenienl et sur realomac, le péricarde) sont parsemées d# plaques blanches qui. examinées au mirmsoope, paraisseat composites de noyaux urati<|ues amorphes, autour desquels rayonnent de Unes aiguilles crislallines. Bon nombre do ce« amas siègent dans la cavité des vaisseaux lymphatiques qu'Os obstruent, tandis que les vaisseaux sanguins restent pernié»- Mes. 3" La capsule du foie est fhrcie d* dépôts uratiqueD ; cemci finit défaut, au coniraire, ilanslfl profondeur de l'organe, on, s'ils s'y produisent, ils épargnent les cellules hépatiques et oc- (■ii]ii'nt fvrlTisivi'riinnl la Irainn coiijinictivi'. S" Pes déprtls d'ui-ale ^.. Miircit .|n('l()uef,.is ilaiis la i-avilé des petites mmifirnliutis /ii-Diirliii/ii.^. 5" On en observe souvent en grand nonibrr sur Vntiloraiil'-. priuripaloment aux appareils valvulairi's ; on en rencontre au-i-^i ea et h\ dans l'épaisseur des parois musculaires ilii eieur. Il" l.a inenilirane inu(|ueuse île Vi'fl'iiiine cl celle ile <le l'intesliii sont, chez, les oiseaux, habituellement rouges et eiillarnun'e< : les fnllirulrx gnslri'iiiex sont en oulre oblitérés par des amas rrmate de soude. Chex la couleuvre, l'urate se dépnse dans la cavité de l'estomae. sous forme d'une boue blanchftlrp. "" l.a plupart ilesjoin/iifc.ï présentent des accumulations d'urate de sonde <|ui siègent dans la cavité arliculaire el quelquefois, eu outre, à l'extérieur des capsules fibreuses. 8" ]ii\ régie générale, on ne renconire dans les nnisrlps di" In rii' nnimnlr aucune

trace de concrétions uratiques, mais toujours Texamen chimique permet de constater l'existence d'une très notable quantité d'acide urique dans l'extrait musculaire. 9» Constamment le cerveau et ses enveloppes ont paru exempts de dépôts uratiques. 10* Pour ce qui touche aux liquides de l'économie, le sang renferme une forte proportion d'acide urique, et après la mort, on trouve dans les caillots du cœur et des gros vaisseaux de petits grumeaux d*urate de soude. La bile aussi est chargée d'urate de soude qui, dans la vésicule du fiel^se sépare sous forme concrète.

Ces faits de pathologie expérimentale font connaître sous leur forme la plus accentuée les effets de la saturation urique. Pour le moment, nous nous bornerons à les indiquer, sans plus de commentaires. Ils trouveront plusieurs fois leur application par la suite (p. 326-329).

Acide urique dans les poumons, le foie, etc. — L'acide urique a été rencontré également dans les poumons (Cloetta, Wiederhold), dans le foie, dans le cerveau (Parkes, loc. cii,, p. 28). On suppose assez généralement qu'il se produit dans ces organes, comme dans la rate, pendant l'acte de la désassimilation. M. le professeur Robin a indiqué une nouvelle source de l'acide urique ; suivant lui, les urates se produisent au sein des tissus fibreux par désassimilation, « comme la creatine dans les muscles ». (Dictionnaire de médecine, etc., 1865 p. 078. — Programme du cours d'histologie^ etc., 1864, p. 90). Les tissus fibreux de l'économie, d'après le même auteur, s'assimilent dans l'acte de la nutrition les substances albuminoïdes, qui se changent en génile, partie constituante de ces tissus ; dans l'acte de la désassimilation, la géline se dédouble en principes cristallisables, au nombre desquels prédominent les urates et l'acide urique. (Trousseau, Clinique médicale, t. III, p. 351, 1865) (p. 333).

Influence des boissons sur les excrétions de Vacide urique. — Relativement à l'influence des diverses boissons sur l'excrétion de l'acide urique, nos connaissances sont encore fort peu avancées. Quelques recherches cependant ont été entreprises, dans le but

'&3S MITKS sut lA bUtTTK

tIVlutidor la <|u<'«lioii. Voici t'iudicntion sommaire dp» r^solUU « )ilus iiili^rf^Hants auxquels elles onl cundiiil. Suivant BcFckfr tHeitragc iiir fhilkundr, vol. 1. p" MO) et Hamiti'indi.tmrrv'M jùarual »f iiifdir. Kinii-f, iictohm ISiiC), l'akool. ol i-ela s"ê^ plique saiiH doute i-f^aleDieut A ta plugiartilos Ixjissoiis ili^lill^. aurait pour etTct de diminuer n-marquablemcnt la pro^uirtion d'uri^p rendue dan» les vio^l-quatre heures, et aussi, mais & b Yi>rit(^ d'une manière bien moins »en»ible, celln de. l'acide uri<|ue. Hncore d'après Ba>ckef (Ueùer die Wirlutnij ttrt ffierx ouf de» Mninchi-ii. — Anliity dn Vf^im fur tcnsemch. Uetlk.. Bd. 1, |). 343K la bière, colle du moins qui renferme 4, 7 i S, 4d'alool ]>our 100, autfmente au contraire le Ibuk de l'acide urique, landis que celui de l'urée enl eonsidt^rablemeot amoindri. Saivaiit l.iebig (Mole!<ch»tt. Ihndbuch do- Diaielik. IKSU, p. :)VS\, Il faudrait en dire autant du vin, du moins en te qui roncerae l'acide urique. Le thé et k* c^d, d'après Botcker i^Arrhie.dft Vfirtim, etc., Bd. 1, p. 173. — Bfilrage sur ffeilkuiide. Ed. 1, p, 188 1, agiraient dans le même sens que l'alcool, c'esl-^-dlrcen diminuant l'escréllon de l'acide urique. e» mi^me temps que celle de l'urée.

Les individus »<oumis aux expt^riences dont il l'sl ici qm-stimi étaient, sans aucun doute, dans l'état normal ; par conséquent, tout porte à ffoire que l'accroissement ou le décrois-seinent df^ re\erétion de l'acide urique observés chez eux après l'emploi des diverses boissons, correspundail ;\ une augmentation ou à une diminution réelle île la proportion de cet acide formée dans l'organisme. Cela étant, on pourra remarquer qu'il existe une eerlaine coULordanci' entre les résultats obtenus par l'expérimentation physiolof;iqne et ceux qu'a fournis, sur ce point spécial, l'étude empirique des faits éliolo^^iques, relatifs à la jtoutte (voye/li' cbapilre VIII. p. "2«li, iH«, ±f2, etc.). C'est ainsi que l'alcofd et les boissons distillées en général, qui semblent n'avoir pas d'influence marquée sur le développement de la ft'>u"''. tendent à diminuer la produelion de l'acide urique ; tandis qiif les boissons fernientées siinplus, qui, comme la bièrt' et le vin. puRmcntPnt eetlp produclinn. paraissent, nii cnnirnire. eimlri-

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buer puissamment à faire naître Taffection goutteuse (p. 341).

Accroissement de l'acide urique dans l'hypertrophie de la rate. — En dehors de tout état fébrile, dans certaines affections qui s'accompagnent d'une hypertrophie de la rate, et, en particulier, dans la Leucémie splénique (Parkes, Médical Times, June, 1850. — On Urine. London, 1860, p. 331. — Walshe et Ranke, Ausscheidund ger Harnsaure, Mtinchen, 1858, p. 23), on a plusieurs fois constaté, à Taide de l'analyse méthodique des urines, un accroissement remarquable de la proportion de Tacide urique rendu dans les vingt-quatre heures (p. 343).

Action de V exercice musculaire sur V acide urique, — Beneke, par exemple {Nord See Bad., 1855, p. 85), Genth (Untersuch, ûber den Einfluss pes Wassertnnkens auf den Stoffwechsel. Wiesbaden, 1856) et FI. Heller {Heller's Archiv, N. F. I), ont observé une augmentation dans Texrétion de Tacide urique, à la suite de l'exercice musculaire longtemps prolongé. Ranke {Aussch. der Harnsaure, MOnchen, 1858, p. 14), a vu, de son côté, la proportion de Tacide urique diminuer très-légèrement par le fait d'un exercice modéré, et s'accroître, au contraire, à la suite de mouvements musculaires qui avaient déterminé un sentiment marqué de fatigue dans les membres. Ces résultats contradictoires montrent assez que la question est loin d'être résolue, contrairement à ce que semblent admettre plusieurs théoriciens (p. 344).

Acide urique et goutte, — Voyez aussi Rayer {Rapports des altérât, de l'urine et du sang ; in Traité des malad, des reins, Paris, 1839, t. 1, p. 243). — Personne, peut-être, parmi les médecins français, ne s'est exprimé d'une manière plus formelle que M. Cruveilhier, concernant le rôle important de l'acide urique dans la théorie de la goutte ; c'est ce dont témoigneront quelques passages que j'extrais de YAnatomie pathologique du corps humain (planche 3, 4* livraison), et qu'il m'a paru intéressant de rappeler ici. « La lésion matérielle de la poutte, » Jit M, Cru-

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veilliier, » celle qui lui est exclusivement propre, consiste dans II! i\f'[<fil (iif nmti('res tophacées dans l'inltrieiip des articulations et dans leur voi!>iTta(;o. " /ji t^cr^lion il'urale dt toudf a-l-rllr lieu d^» la prfmi^re alt/u/uf di- <jouHf ? Cela ne me parall ps» douteux. L<i fiiriiiation de l'urati* e-^l un ph^noiuèiii* trop spi^cial pour qu'on ni* doiv«7 pas lui dunncr la première plsroilaa» 1b Hérie des phénomènes qui constituent la maladie, el je regarderai juMfu'A nouvel ordre l'urate comme la cause matMell« de la goutlo, amené, comme matgr/!i mui, par l'anatomie [lath»logique à la même opinion que Sydenham et tant d'autres oIk servaleur!! de l'antiquité, n... » l^a grande difftfrence qui exi^lr eiitri^ la goulle i4 k: rliuiiiuUsme me parait principalemimt consister dans la sécrétion du l'urate dans un cas, et dans ledéfoul de rette sécrétion dans l'autre. " (p. 3ti2V

lital du »ang dan» Vinternallp de* ucch de goulte. — Haiis. un article dont la publication est toule récente et qui fait parli<' du ■Syjili'nH' de m('rf«n'n^, édile par le docteur Russell Reynolds (t. I, p. 8Ï7. Loniion, I86fll, M. tiarrod a fait connaître ainsi qu'il suit, les résultats de quelques recherches nouvelles qu'il n entreprises relalivonii-nl il lY'lat du sang dans l'iiitervalle Jeaccès de goutte : n 1' Dans les intervalles qui séparent les premières attaques de goutle, il n'y a pas surabondance de l'acide uri((ue du sang ; i" on a noté une diminution très-prononcée de la proportion de l'acide urique du sang chei plusieurs malades oliscrvi's ati sortir d'une allaque de (;outle aigut' ; 3" dans l.i finulli- l'Iiroiiique, le sang examiné dans l'intervalle des accès a ton jours été trouvé riche en acide urique ; i° dans plusieurs rn> 0(1 il s'était manifesté des symptômes de goutte irrégulière. sans accompagnement d'affection des jointures, on a reconnu la (irésenie d'un excès d'acide urique dans le sang. » (p. 368).

Mihne sujet. — Cette observation eiU été plus démonstrative si le maladi> ne se d'il pas trouvé sous le coup de l'intoxicalioii saturnine dans le tenqis même o(i son sang a été soumis à l'exa- UK-u : car, par le seul l'ait de cette intoxication et indépendaninienl de loiiN' affection gontlense. le sani; peut, comme on !'.t

VU, se trouver chargé diacide urique. Un cas qu'on trouvera mentionné au chapitre XII du présent traité, serait plus propre que le précédent à démontrer que, sous la seule influence de la goutte, le sang renferme un excès d'acide urique antérieurement aux accès. Il s'agit dans ce cas d'un vieillard qui, après avoir éprouvé plusieurs attaques épileptiformes, fut pris d'un accès de goutte articulaire ; des ventouses scarifiées avaient été appliquées aux tempes, alors qu'existaient les accidents cérébraux, le sang obtenu fut examiné : on y trouva une forte proportion d'acide urique. Malheureusement, les détails manquent Op. 369).

Expeciation dans la goutte, — Ce serait peut être ici le lieu de rappeler, en manière de correctif, les arguments nombreux et puissants qui ont été produits en faveur de l'emploi de la méthode expectante, dans la goutte régulière. Mais nous ne saurions mieux faire que de renvoyer le lecteur aux pages éloquentes consacrées par M. Trousseau au développement de cette question {Clin, méd, de VHôtel-Dieu, t. III, p. 353). D'ailleurs, on trouvera signalés, chemin faisant, particulièrement au chapitre XIV, les accidents plus ou moins graves qui peuvent survenir chez les goutteux, aux diverses époques de la maladie, par suite de l'application inopportune des agents médicamenteux (p. 399).

Action du mercure sur la goutte, — A l'appui de l'opinion émise par M. Garrod, relativement à la susceptibilité particulière que présenteraient les sujets goutteux à l'écart des préparations mercurielles, M. Price Jones a cité le fait suivant : Un homme vigoureux soumis depuis trois jours à l'emploi de doses relativent minimes de calomeU fut pris tout à coup, le matin du troisième jour, sans avertissement préalable, d'une très abondante salivation. L'urine ne renfermait pas traces d'albumine et il n'existait d'ailleurs aucun signe de maladie rénale. Deux jours après le début de rafi*ection hydrargyrique, survint une attaque de goutte bien caractérisée, et l'on apprit alors du

ymHi S18 L\ GOUTTA

A 4^pFouvi!r in 1 (p. ««>. I

iiialnilo i|uo depuis huit ans. il avail éii fort sojct semblables na-t-*. i.«^</ir. 7'.W«. 1833, p. fiG. 1. 1) (p. ««>.

Pnnger df fopivm dans Ui maladies des reins et dam h gouUf. — Chez li^s sujets alU-inlK d'uue afTection quelconque du panendiyme rénal, mais en parliculier dans la lualadio dv BH};hl, l'opium détermine souvent des effets hors de proportion av« Iv» dtise.s eoiployées; plusieurs Tois j'ai vu ce médicament occasionner, en pareil cas, des phénomènes cérébraux inquiétants. et provoquer mémo l'apparition de symptitmes urémiques- On devra craindre, dans la ijoutle, de voir les préparations opiacées produire des ncciduuta dt ce genrfi, lorsque lanaaladie est déj*df date ancienne et que les lésions du rein goutteux se sont drji prononcées. C'est c« dont témoigne, entre autres, un Tait intéressant rapporté par le docteur Todd, dans ses Leçont rlinû/un mr hii maladies des i-oieiiuHnaires{loc. rit., p. 343). Il s'agit li d'un individu atlpint de gnutLe depuis longtemps et présentant sur divers points du corps, particulièrement sur les oreilles externes, de volumineuses concrétions d'urate de soude. Les urines pAles, exemptes de sédiment, renfermaient une cerlaiop priiporlifin d'albumine. Se Iruuvant snus le i-rmp d'uni- r\ai-iTbation des douleurs articulaires qui le ]>rivait de sommeil depuis plusieurs jours, ce malade pril une dose modérée de poudre df Dover. Peu après, il tinuha dans une somnolence profonde el les urines devinrent 1res rares. Sous Tintlueuce d'une médication appropriée mais seulement au bout de deux jours, les urine* se montrèrent abondantes el en même temps, l'état comateux disparut. Il faut sans doute rapin-ucber de ce fait l'histoire d'un jjoutleux que rapporte Musgrave [Oc iirllii-ilide anumnlii, cap. .w, liist. III) et qu'il présente sous ce tilre ; SdiHiHi,* «ir o/ji«f'i l,>;.f„.td>is iimi i>vopn,wdinH iiiocMp ili-il2l.

Miniriii.i r/fcl d-s sangsiips datn lu giiiillr. — On avait reniarqur depuis longtemps que les applications de sangsues sur les arli- L'ulalions envahies par rinllauunatiun goutteuse ont souvent pour effet Ue iléleriniiu'r la l'uibb'ssi' pennanenfo et la rit;idit(*

plus OU moins prouoncée de ces parties. La réalité de ce fait — dont la raison nous échappe d'ailleurs quant a présent — nous parait être établie aujourd'hui sur un assez grand nombre d'ob- ^rvations authentiques. Le docteur Todd {Urinary diseases, loc. «7., p. 414) et après lui M. Garrod (art. Goût, in Reynold's a Systejii ofmediciney t. I, p. 859. London, 1866) ont appelé particulièrement Tattention sur ce point. Tout récemment, M. Garrod a rapporté, entre autres exemples du même genre, l'histoire de deux sujets goutteux chez qui les articulations des genoux Turent rapidement frappées d'ankylose complète, après avoir été, à deux ou trois reprises seulement, le siège de la goutte. Dans ces deux cas on avait, chaque fois, combattu le mal par Tapplication de sangsues nombreuses sur les jointures enflammées (p. 417).

Vésicatoire dans la goutte. — Suivant Todd {Urinanj diseases loc. cit., p. 414), les vésicatoires peuvent être employés avec avantage, alors même que l'affection est de date récente et que les articulations rouges, tuméfiées et douloureuses, présentent les signes de Tinflammation la plus vive; il importe seulement qu'ils ne soient pas appliqués sur une trop large surface. Toujours ils doivent être de très petite dimension; leur diamètre ne doit pas dépasser, par exemple, celui d'une pièce de cinq francs pour une grande articulation et celui d'une pièce de cinquante centimes lorsqu'il s'agit d'une petite jointure. Afin de rendre leur action plus prompte et plus énergique, il sera utile de recouvrir de farine de moutarde, ou de térébenthine, pendant vingt minutes environ, les parties sur lesquelles ils doivent être appliqués. J'ai plusieurs fois obtenu de bons effets de l'emploi des vésicatoires en suivant la méthode préconisée par le docteur Todd (p. 419).

Du colchique dans In goutte. — Suivant M. Gairdner, par exemple [On goût, p. S^o.LondoUy ^860), l'administration du colchique dans la goutte « ne produit jamais autant de soulagement que lorsque le médicament agit doucement, silencieusement et sans

fiiS Mncs sitn u coctte

uactioDporgalive •>. BoDDOiabred'aateiinail jav dans le même Mns. — Vu)uz. en parliculii^r, Todi {i*racffc. mnffr&i a» goul. p. 105. London,lt(43); WkUoh ((h the principe* and praclice of phyiit, l. )1, jt. 761. Loncloo, IH^ W.Bmia iKibmnj of mrdvânr., l.V, i>. î±i); Wells (On jowl.p. t-i^. Lundun. I8ii) : tioupil, de Rennes i .Vémoirt» tvr te coU»ifur d'auloiniie, in Arrhit. génér. de médecinr, p. 37, 5' ilérie, L XVIH. Paris, IHM); tisItier-Boissière {Oe la poulie, Paris, UWi (p. 4i«).

Action dit i-nichiijui- *ur Vuré-'. — Les rvcberche.s de Bcptktf i]ui àiicai du 1K49 [Hcilraegf iur Oeilkunde, t. Il, p. â04),teDdunt, cutnaie celles de (iarrod. à établir que sous ritiAueoce4l colchique, il y a plutùt dimioution de la pruportiiiu dcTiiréetf de l'acido iinquc rondes par les urines f p. iK).

tUfférencn entre layoutlr et U rbnuiliitmearliculaire chrimi^uf.— C'est ce qu'ont tUabli, entre autres, les recherchffs de M. Hoiiiierel, du moins relativement au rhumatisini' articulaire «ifpi (Arfh. gén. deméd.,A' sér. , t. IV, I814J. Celte affection se s^are donc, encore [iroron dément de la j;oiitle A ce nouveau poînl de vue. Je puis ajouter, d'après mes propres observations, qoe dans te rhumalisme articulaire chronique, généralisé ou parliel. le eolcliitiue adiniuisli-éà l'époque des exacerbalions se inoutrr à peu près toujours Impuissant (p. à^'i).

/iui-riirs i/p colckii/ue . — Dans le passage auquel un fait allusiim ici, le docteur Todd compare in[;énieuseiuenl les Oucdin d'- colchi'/w aux viatigeurs d'opium (L'i-inan/ discases, loc. cil., p. -iUil. Mais en se qui concerne le colchique, la loléraoce neslpa:^, tant s'en faut, un t'ait général, et l'on rencontre assez fréquemuient, ainsi que l'a rcciuinu lui-niéuie M.ToiUWOn gmit, Inc. ni.. p. UW>), des sujets ehex qui l'usage coulinu de petites dos^fii' ce médieameul détermine lot ou lard des effets d'accumulaliim (Ctimutalive effeclt). Ceux-ci se traduisent habituellement par l'apparitioD brusque, inopinée, de phénomènes toxiques plus oa

moins graves et qui se sont quelquefois terminés par la mort. Sous ce rapport, comme Ta bien fait ressortir M. le professeur Bouchardat (Annuaire de thérapeutique, p. 136, Paris, 1833. — Manuel de matière médicale y 1. 1, p. 162, Paris, 1864), le colchique peut être rapproché de la digitale ou de la strychnine, et il n'est guère douteux que plusieurs cas cités comme des exemples de goutte remontée ou rétrocédée, doivent être rapportés à un empoisonnment par le colchique; plusieurs faits qu'on trouve consignés dans un intéressant travail du docteur Potton, de Lyon (De la goutte^ etc., p. 46,61. Paris, 1860), nous paraissent en particulier, pouvoir se prêter à cette interprétation (p. 450).

Différence d* action des sels de soude et de potasse. — On voit, par ces exemples,que les analogies qui rapprochent si intimement, au point de vue chimique, les sels de sodium et de potassium, ne sauraient faire oublier qu'ils diffèrent cependant profondément, à beaucoup d'égards, relativement aux effets qu'ils produisent sur l'organisme vivant. Voici l'indication sommaire de quelques faits qui témoignent encore dans ce sens. M. Claude Bernard, contrairement aux assertions de Magendie, avait déjà eu l'occasion de constater la parfaite innocuité du carbonate de soude injecté dans les veines ; il avait vu qu'on peut aller jusqu'à des doses considérables sans produire d'accident. L'expérience lui avait également démontré la possibilité de mêler, pendant plusieurs mois, à la nourriture des animaux, des quantité considérables de sels de soude, sans donner lieu à aucun trouble chez les sujets soumis à une semblable alimentation, tandis qu'il avait reconnu que les sels de potasse sont loin d'être supportés, à la même dose, dans les aliments. A son tour, M.(frandeau(/oMrna/ de Vanatomie et de la physiologie, iS^A^ t. I, p. 332) a montré que si les sels de soude peuvent être, chez le chien et le lapin, introduits à dose très-fortes dans le torrent circulatoire sans produire d'accidents graves, les sels de potasse injectés dans le sang de ces mêmes animaux se montrent, au contraire, éminement toxiques, des doses très-faibles suffisant pour amener la mort foudroyante. Mais les deux alcalis ne diffè-

su SUTES SUR U (ilHTTE

runt pas seulement par rintensité des effets qu'ils produisit, car il résulte des recherches de M. CiuHmana {Berlûifr A'Iiniiri Worhemclmfl, 1863, n° .14, 33, 3»), iiiie h;s sols de potasM Bussent d'uue manière spéciale sur te cœur dont il ralentissent et alTaiblissent les oontractioDS. et sur ta moelle épini^r* dont it amoindrissent l'excitabilité réflexe, tandis iiue les «i-l* lie soude ne produiraient Hen de semblable, (p. i7.%).

Carboiialr de lilhiup. — J"ai eu maintes Tois l'oecasion «1»' constater ta réalité de ce fait ; j'ai, dans plusieurs essais, porU progressivement te carbonate de tithine jusqu'il la dose rclatinent considérable de 2 grammes et même 3 gramiuos dann l(ts vingt-quatre heures, sans qu'il se soit produit aucun effet rftcheux, Mais, lorsque ces doses élevées sont soutenues pendant plusieurs jours, on ne tarde pas ft voir survenir des symiil'lmes e dyspepsie cardialgique qiii obligent bienlûl A suspendre l'etnploi du médicament, (p. 4HI)L

J'raileiiifnl du D' Slakkev. — Cheï une femme goutteuse, 4gce du soixante-dis-septans, et qui, malgré plusieurs saisons paasta îi Wiesbaden, n'avait pu se débarrasser de concrétions qu'elle portait à l'extrémité des doigts, le docteur Staicker prescririt l'emploi d'une boisson composée ainsi qu'il suit: Eau chargée d'aride carbonique, 300 grammes : bicarbonate de souile, Ogr. 23 ; carbonate de lithinc, 0 gr. 10. La malade devait prendre, les premiers jours, la totalité de la dose dans les vingt-quatrelieures, et ensuite la molié de la dose seulement. Au bout dt> quinze jours environ de ce traitement, les concrétions avaienl, parait-il, complètement disparu (Virrhotr's Arrhin et Cnnflnll'' Jabrpxbrr., p. Kift, ad. tV. I8G1). (p. ilM)).

Aceidfiils qui simulent la goiitip viiiunt^e à l'estomac. — Les coliques hépatiques ou néphrétiques, les troubles digestifs plus ou moins graves liés à la néphrite goutteuse, peut-être même l'empoisonnement par de certains remèdes, tels que le colchique par exemple, ont dil simuler plus d'une fois les accidents de la

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goutte remontée à Testomac. On pourrait en dire autant des indigestions qui, chez les goutteux, acquièrent fréquemment une intensité exceptionnelle. Ce point de diagnostic a été discuté avec soin par M. Brin ton, dans ses Leçons sur les maladies de l'estomac (The diseases of the stomach, etc., 2o édition. London. 1864, p. 354). (p. 560).

Dégénérescence graisseuse du cœur dans la goutte, — L'existence fréquente de la dégénérescence graisseuse des parois musculaires du cœur dans la goutte, surtout lorsque la maladie date de loin, est un fait attesté par un bon nombre d'observateurs compétents (Stokes, Quain, Garrod, Gairdner, Barclay), et il est incontestable que les symptômes qui appartiennent à cette lésion cardiaque ont été souvent mis sur le compte de la goutte viscérale. Tels sont, par exemple, les accès d'asthme cardiaque avec tendance à la syncope et suppression momentanée du pouls (Hervez de Chégoin) ; certains accidents apoplectiformes, accompagnés parfois d'une hémiplégie passagère (Law, Cheyne); les douleurs vives de la région précordiale s'irradiant le long du bras et simulant ainsi l'angine de poitrine qui, pour cette raison, peut-être, a été souvent considérée comme une affection d'origine goutteuse. Il est certain également que dans un bon nombre des cas où la mort subite a été attribuée à la goutte remontée du cœur, cet organe avait subi déjà, à un haut degré, la dégénérescence graisseuse. Cheyne, Kennedy, Gairdner ont vu chez des sujets goutteux la mort survenir tout à coup dans ces circonstances, sans qu'il y eut rupture du cœur. La mort rapide avec rupture de la paroi interventriculaire a été observée par Latham. La terminaison fatale est quelquefois survenue pendant la durée de l'accès de goutte articulaire, qui agit peutêtre ici en déterminant la crise cardiaque.

Consultez à ce sujet Stokes, Traité des maladies du cœur, traduc. de Sénac. Paris, 1864, p. 328, 338. — Quain, Fatty diseases of the heart, London. 1850. — Gairdner, Goût, etc London, 1860, p. 81, 87. — A. W. Barclay, Goul ang rhcumatism in relation to diseases of the heart. London, 1866, p. 126. — Cheyne Charcot. GBuv. comp. t. vn. Mal. des Vieillards, 35

I ^OTO sn u tatm.

AM« taf. rtpvrtt, L 11, 1818. — Krauwd;. l/9Uimmed. t'na- L XXn. 1È9», f. iTÙ. ~ UOum, riim. méd., U. U, <8W, p. 181 — Hcrret de CbcfOio. Cnitm médértl^, I8fiu. n* 30. p. 4111. (p.

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