FRISSON
de maladie des iyipes constants, avec des variantes qui correspondent aux circonstances les plus importantes des maladies ; car ainsi seulement on pouvait^établir que ces tracés ont une réelle importance dans la clinique ; qu'ils permettent, — mieux peut-être que tout autre procédé, — de suivre la marche du processus morbide, et d'en reconnaître les diverses péripéties ; qu'ils ne peuvent, par conséquent, manquer de fournir des indications précieuses tant pour le diagnostic que pour le pronostic. H fallait montrer enfin que les courbes thermométriques se modifient d'après certaines règles, d'après certaines lois, suivant que la maladie a été abandonnée à elle-même, ou traitée par l'emploi méthodique de tel ou tel agent médicamenteux ; car il était permis d'espérer que l'expérimentation thérapeutique trouverait dans l'emploi de cette méthode un critérium d'une précision presque mathématique.
Telle est la tâche complexe que se sont imposée les auteurs allemands que nous venons de citer, et s'ils n'ont pas toujours atteint le but, il serait profondément injuste de ne pas reconnaître qu'ils ont au moins semé de nombreuses vérités sur leur chemin. On parait l'avoir enfin compris tant en France qu'en Angleterre, et plusieurs médecins de ces deux pays ont déjà suivi nos confrères d'outre-Rhin dans la voie qu'ils ont tracée (1).
Nous nous sommes appliqué, depuis près de trois ans, à reproduire, aussi souvent que cela nous a été possible, chez les vieillards placés sous notre direction dans cet hospice, les observations cliniques dont il s'agit ; on s'était généralement borné, jusqu'ici, à pratiquer la thermométrie chez les enfants et chez les adultes. Les résultats que nous avons obtenus
1. Gunâiiliez à cet égard, les exccllenles thèses de MM. Maurice (Paris 1855), Spiclmann (Strasbourg, 1856}, Hardy (Paris, 1859), et Duclos (Paris, 186'»). — En Angleterre, des recherches importantes ont été faites par Sidney Hinger, dont les travaux sont consignés dans l'ouvraçe d'Aitken.