‹ Œuvres complètes de J.M. Charcot. t.1-Chapitre 71 sur 230 · AFFECTIONS INTERCURRENTES DANS LA GOUTTE · texte numérisé non relu

AFFECTIONS INTERCURRENTES DANS LA GOUTTE

On regarde en général cette apparition de la goutte comme un phénomène favorable : c'est la goutte critique. On sait qu'il en est parfois de même dans le rhumatisme. On peut se demander si, en pareille circonstance, l'explosion de l'accès n'a pas été provoquée par Taffection intercurrente ; s'il en était ainsi, l'apparition de la goutte ne serait point un phénomène critique.

2** L'affection inflammatoire suit sa marche concurremment avec la goutte, sans éprouver de modification notable. Cela se voit quelquefois pour l'angine et la pneumonie (1).

3*" Il y a suppression brusque des phénomènes extérieurs de la goutte au moment où l'affection intercurrente se développe. Ce cas est grave ; il faut s'efforcer de rappeler la goutte vers les extrémités, mais on échoue le plus souvent.

I/arlion de certains médioamenis, ainsi qu'on pouvait le supposer a prio7H, offre chez les goutteux des caractères spéciaux. Ainsi le plomb, administré à dose médicamenteuse pour arrêter une hémorrhagie, a produit une imprégnation métallique rapide avec le liseré gingival et les coliques saturnines (2). Le mercure^ d'après Garrod et Price Jones, amène plus promptement la salivation chez les goutteux que chez les autres sujets (3). J'ajouterai que Vopium no doit être administré qu avec la plus grande réserve aux sujets atteints de outte chronique, s'il existe chez eux quelques indices d'une liffection rénale ; car on voit ce médicament déterminer alors

l. Scudamore, loc. cit,

*2. Garrod. — On goût, p. 578.

•3. Garrod, loc. cit. p. 354.— Pricc-Jones. Med. Times, 18î». p. 66, t. I.

116 affections; concomitantes

des accidents cérébraux dont Tintensilé est hors de proportion avec la dose employée (1).

Un fait intéressant à signaler, et qui rentre dans le même ordre d'idées, est le défaut d'élimination de la térébenthine des voies urinaires. Hahn, cité par Guilbert, avait administré ce médicament pendant dix-sept mois à un goutteux, sans produire cette odeur caractéristique des urines qui se manifeste habituellement en pareil cas. Ce malade était-il albuminurique (2) ?

Nous allons maintenant nous occuper des affections concomitantes de la goutte, qui présentent avec cette maladie des rapports plus intimes que ceux sur lesquels nous venons d'insister, et qui se rattachent d'une manière encore plus évidente à Tensemble des modifications que subit l'économie.

Hunter avait posé en principe que, lorsque Torganisnie est envahi par une diathèse, aucune autre affection générale ne peut coexister avec celle-ci ; en d'autres termes, une affection constitutionnelle, une fois établie chez l'individu, ne souffre point de rivale.

A ce principe se rattache la doctrine des antagoiismes, doctrine exagérée, sans doute, par Téf oie de Vienne (Rokitansky, Engel), mais qui renferme cependant un fond de vérité.

Mais à côté des antagonismes, il existe certainement des affinités : et ce sont surtout les relations de ce genre que nous voulons mettre en lumière.

1. Todd. — Clin.lert. on iinuanj dlseasesAA)m\(M\, i8r>(), p. 343. — Charcot. (iaz. Médic.^m^, noH.%, 38, :«).Voir plus loin, IV' partie, Hï.

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