‹ Œuvres complètes de J.M. Charcot. t.1-Chapitre 81 sur 230 · PERMANE^ICE DES CARACTÈRES DE U GOUTTE · texte numérisé non relu

PERMANE^ICE DES CARACTÈRES DE U GOUTTE

que ce mouvement rétrograde de la goutte paraît sVtre manifesté. Les documents recueillis par Gorradi (1) nous apprennent que, même en Angleterre, la fréquence de cette maladie a diminué, d'après Owen et Fuller, et qu'elle a notablement baissé en Hollande et en Belgique, d'après Coley, et en Suisse, d'après M. le professeur Lebert. Elle a presque disparu dans les endroits où elle prédominait autrefois, car de nos jours, on ne la rencontre guère à Rome et à Constantinople. Il est donc évident que, sous ce rapport, l'état des choses a beaucoup changé. Voilà pourquoi, sans doute, les écrits qui ont paru sur ce sujet, depuis soixante ans, sont en si petit nombre ; car, sauf en Angleterre, l'observation ne fournit que bien rarement des matériaux pour de nouvelles recherches sur la goutte.

Et cependant, malgré sa décadence, cette affection n'a subi aucun changement dans son évolution symptomalique, comme vous allez le voir.

PeRMANE:<CK DES CARACTÈRES DK lA GOUTTE.

Il suffit de comparer les descriptions que nous a léguées lantiquilé avec celles que nous trouvons dans les auteurs uiodernes, pour se convaincre qu'au point de vue clinique, Iakoutie est toujours restée fidèle à son typepriniitif. Orype, liiomme aux pieds légers, ressemble entièrement, sous ce rapport, aux malades observés par Van Swieten, seize cents ans plus tard.

Pour ce qui touche à l'étiologie, nous sommes toujours en présence des mêmes conditions : Suétone appelait la goutte mrhus dominorum; Sydenham a exprimé la nn^me idé(»

1. DeUa odierna (timinuzione delln porloffra, ol'*.. «Ici !)••' Alfonso (iorradi.

194 PttMAlIlNCfi 0Eâ CAllACrÊllES HE lA MÇm

dans des termes un peu différents. Quant fc Ttaifliiieiiee exei^ cée sur le développement de celte maladie par les «xeèe de table, elle a toujours figuré au nû$ des tradil^ns les pitts. universellement acceptées.

Ajoutons enfin que les médecins grecs et romains, qui cott décrit si nettement les caractères de la goutte, ont à peine indiqué l'existence du rlmmiâîsme articulaire; aussi plumrara; auteurs le considèrent-ils comme une midadie nouvelle^ ou du moins presque inconnue aux anciens. Telle éttfit rèpt&kHa de SydeUham, reproduite pluîi tard par Beoker et haa^ poldt (i).

Nous aurons plus loin Toecasion de vous dtaioatrer« paà des preuves irrécusables, qu'il y a heamou^ d'exagéiilioni dans cette manière de voir, et que le ibumallsme a Uen réellement existé parmi les grandes nations de Taaliqiâtè; mais il y a certainement là un contraste assex siogoUarf et qui suffit en tout cas pour montrer que la physionomie gé» nérale de la goutte n'a jamais varié.

Quelle conclusion déduirons-nous des foits que nous venons d'exposer? Admettrons-nous, avec Corradî, que Taffaiblissemeni de la goutte résulte de radoucissement de nos mœurs et d'une meilleure hygiène alimentaire? Il est certain que, sous ce rapport, nos habitudes ont bien changé. Les soupers de Lucullus ont disparu depuis bien des siècles; nous n'avons plus Théroïque appétit des preux du moyen Age, et il n'est plus de mode aujourd'hui de se réunir, comme aux festins des Burgraves,

Autour d'un bœuf onlicr, servi sur un plal d'or.

Nous sommes accoutumés à une nourriture moins abondante et moins exclusivement animale, et à des repas moins

1. Hccker. — Rede uher die nufeinan der FoVje der Dyskrasien, etc., in der. med. Vereinzeif, 1837. — Lcupoldt. Gescinclite der Medicin. Berlin, 1863, p. 66.

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prolongés; d'ailleurs Tabus des boissons fermentées a beaucoup diminué, même en Angleterre, où les mœurs sociales au siècle dernier laissaient beaucoup à désirer sous ce rap- [M)rt.

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