‹ Œuvres complètes de J.M. Charcot. t.1-Chapitre 84 sur 230 · HtoÉDITÉ, tlSHt . t · texte numérisé non relu

HtoÉDITÉ, tlSHt . t

la reeonnaltron dâàs la pratique civile» Nouui. plaçot» som Vos : yeux quelques chiffres qui peuvent doouer une ié&e i^praxi»

mative de Timporlance de cette condition. ' ^ ;

Scudamore^ sur 83ft goutteux, a renrontré rhérédlté 9M' ,

fois. - i

Pâtissier (rapport), sur 80 goutteux, 34 Sems; ^ ^

Garrod, sur iOO goutteux, 50 fois. « i

La goutta héréditaire se développe souvent de bonne toili^ : '

avant Tépoque habituelle. C'est de trente à trente^cinq afin: ] que Ton voit ordinairement se manifester la goutte spontanée ; mais la goutte héréditaire n'attend pas toujours aussi long,

temps pour se montrer. Souvent elle se déclare à un âge !

déterminé chez tous les Sujets d'une même funiUe. Garrod >

nous apprend que dans l'une des grandes maisons d'Angte- ■

terre, Talné de la famille, au moment où il recueille Thériti^ f,

de ses ancêtres, est frappé de la goutte i et cette succendcHI ie -^ perpétue depuis quatre siècles.

3* Sêxe. — L'influence dti sexe sur la production d» H-

goutte n'est pas moins évidente que celle de l'hérédité. Les femmes jouissent, à cet égard, d'une immunité relative qu'il serait impossible de eoatester. Sur les 80 ras rassemblés par Pâtissier, il en est deux seulement qui apparlieanent au sexe féminin. C'est à Tépoque de la ménopause (|ue ees accidents se développent de préférence, ainsi que le fail observer HippocTate.

Sous re rapport, eomme nous le verrons bientôt, le rhuma'tisme chronique diffère essentiellement de la goutte. 11 existe cependant des exceptions k cette règle, et Ton voit quelquefois des femmes devenir goutteuses de bonne heure ; mais on reconnaît ici, presque toujours, Tinfluence de Thérédité.

Ajoutons enfin que ce sont surtout les formes asténiques de la maladie qui prédominent dans le sexe féminin.

AGE, teiipi^.rame:ht, climats 139

4* Age. — C'est de trente à trente-cinq ans que i^'étend, d'après Scudamore, l'âge chissique de la goutte. On Tobserve rarement avant la vingtième ou après la soixantième année. Garrod Ta cependant rencontrée une fois chez un sujet Agé de neuf ans, et une fois chez un jeune homme âgé de moins de dix-sept ans. 11 rapporte «lussi quelques cas dans l(*squels cette affection s'est développée chez des vieillards de soixante ou soixante-dix ans.

Le rhumatisme, au contraire, se manifeste plus tùt, et on l'observe, en général, avant Tâge de trente cinq ans.

3' Tenipérameni, constiiuiion . — On s'est souvent attaché à rassembler les caractères d'une constitution spéciale qui prédisposerait à la goutte. Mais l'étude des fait.s nous apprend qu'elle ne respecte aucun tempérament, et peut se développer aussi bien chez les sujets affaiblis que chez les homuKîs vigoureux ; seulement le type de la maladie est modifié par les conditions générales de l'organisme. La forme sthénique se r»*ncontre surtout chez les individus sanguins et pléthoriques ; la forme asthénique, chez les femmes et les sujets nerv(»u\.

B. — Influence des climats, de Valîmentation, etr.

Quittons maintenant l'étude des causes ([ui tieiiiuMil à l'individu, pour nous attacher à celles (|ui résuileiil du niilien dans lequel il existe. Occupons-nous de Thygièni» (4 surtout de l'alimentation ; nous yrencontreron.-desdoniiéc^s précicnises pour la solution du problème que nous cherchons à élucider.

1** Climats, — La géographie médicale nous a déjà nionlré que la goutte n'appartient guère qu'aux zones tempérées du ^lobe. l't semble fuir les contrées tropicales. Inronuueau Bré-

140 CAUSES HVCIÉNIQl'EI

sil, en Afrîqiie et daaa les n'^iuiis «'ijimluniilRs. «Ile frappe cepeadaat quelquefois les F/iri>iiénii-; i|iij Liaiisporlenl ilaii^ les pays chauds les habitude^; des pays fmidi^ : voilà pmirqtioi mix Iodes orieBtales, les Anglais y soni (|tieli|ii(>l'oi» c\|ios^^.

2' Alimentation exceasiee i-i il'-f'nn d'i-.n-niri-. — On a n'-

connu de tout temps qu'un l't'L'i irii|i ^m-rtili'iit «a uik' \'w

trop oisive — deux causes qiii airissMut si>iivi-iil de coiucrl — prédisposent directement aux iriHiiilcstiiliouâ de in gouU(>: voilà pourquoi, sans doute, ï'Ili' iirii-iloTuine dan?; I<?s classu^s aisées, et se renconb^ moins ^nuvent triiez les geus du peupip. C'est ce que l'on exprime tu termes famillier», en disant que la goutte provient d'un exci-s des recettes sur les dépenses. Nous verrons bientAt que les fnils ru> se prêtent pas toujours à une inteiprétation aussi foctle : mais il est certain, du nioini», qu'une nourriture trop anitiialisée favorise le développement de cette affection, et que les gros mangeurs sont souvenl nu nombre de ces tributaires.

3' Influence du système nerveux. — On ne saurait nier non plus l'influence exercée par les causes cérébrales. Les travaux intellectuels, les émotions morales, une grande contention d'esprit, ont toujours occupé une place importante dans l'étiologie de la goutte. C'est ce qui justifie la boutade spirituelle par laquelle Sydenham se consolait d'être goutteux lui-même: (' Pirilex in 1er émit jil tires qnmn jinitperes, plures sapientes qiiani fatiios, •> dit-il en parlant de cette maladie. Il est incontestable que les hommes politiques les plus distingués, en .Angleterre du moins, en deviennent les martyrs ; on peut citer, entre autres, l'exemple des deux Pill. On sait que le premier de ces deux grands ministres, le comte de Ghatam. n'était pas un adorateur de Bacchus. Il est vrai qu'on ne saurait en dire autant de son fils. William Pitt, qui ne pre-

BOISSO^iS FERMENTF'ES 141

liait jamais la parole à la Cliarabre des Conirniiiios sans avoir réchauffe son éloquence par des libations abondantes.

4** Ercps réwriefis. — L'abus du coït peut évidemment agir dans un sens favorable à la goutte, grâce aux perturbations du système nerveux qui en sont la conséquence ; mais on peut recourir ici à une explication plus simple. On sait que les excès de ce genre se relient étroitement à l'ivresse des festins, et c'est peut-être au concours de cette dernière circonstance qu'il faut attribuer ici le rcMe principal.

5*11 est deux autres causes qui doivent maintenant fixer notre attention ; nous voulons parler de l'influence des boissons ferraenlées et de l'intoxication saturnine.

L'action des liquides fermentes est si manifeste, queGarrod a pu dire : «« L'homme, privé de ces boissons, n'eût peut-être jamais connu la goutte. »

Le domaine de l'intoxication saturnine est beaucoup jikis restreint à cet égard; mais au point de vueptitlingéni(|ue, ce roté de la question offre le plus grand inlénM.

Nous allons sui'cessivement étudier ces deux ordres de faits.

A. — Boissofis fennentres. — Il faut établir, au point de \iie qui nous occupe, une distinction radicah» entre les spiritueux (rhum, eau-de-vie, x\hiskey, genièvn», elc.), cpii contiennent de 40 à 70 pour iOO d'alcool, (»l les simples boissons fermentées (vin, bière, cidre, etc.), dont la riclu^sse alcoolique varie de 4 à 20 pour 100. Il semble au premier abord, que plus un liquide est chargé d'alcool, [)lus il doit prédisposer à la goutte; mais il \\i'\\ est pas ainsi, et vous serez peut-être étonné d'apprendre que l'usage cl niênie l'abus des liqueurs distillées. \n\ paraissaient pas exercer la

H% ai£ne

moÎQdre influeiice à cet égord. Eo efiet, Ui goirite na «t reaooQtfe guère ohex les popolatiûM qui boivent de Feta^ de-vie. En Suède, où Talcoolisme est si fréquent, d'qyrès Magnus ffuss, il ii'est pas questton de cette maladie; lien esl de même en Danemaivk, en Russie rt en It^ilogne, En Erosp» et en Irlande^ la goutte est rare panni les eleisesiidSàrieiiimf^ à Edimbourg, c'est à peine si, dans une lo^^ {»atiqae ioÊÊ soeconiale, Bennett(l) et Cbristison em ont rweontrè mi eh| deux cas. Or, dans ces pays, la seule boisson alcoolique dûHlr le peuple fesse usage est le whiskey (eau«4a*-vie de gmhi).

A Lfondres, au contraire,! la goutte est très commune pgf^tf la population ouvrière et te renoontre fréquemment dans las hApHauix. Or, la seule différence fondamentale qu'on paiÊtê invoquer à cet égard entre le nord et le midi du Refsiimp Uni, c'est Ténorme consommation de bières (bries (aie, elool porter) qui se foit parmi les ouvriers de la capitale (1^ : -

L'influence vraiment remarquablede ces boissons eat rMNKt nue. p»r tous les autea» angliàs.à oommene^ fJl^ daroore ; il nous apprend que « la goutte est beauconq» piqe^ fréquente à Londres, parmi les gens du peuple, depuis que Tusage du porter est devenu habituel ». Le témoignage (le Watson , Budd, ïodd, vient corroborer cette assertion : <( La plupart de ceux (jui s'adounent à Tusage de la bière et surtout du porter, dit ce dernier, souffrent tôt ou tard de la goutte. »

Un exemple ruipruuté à Budd (3) met en lumière l'iniluencs exercée parce genre de boissons. Il existe k Londres un corps d'ouvriers (jni travaille à l'extraction du sable de la Tamise. Cette opération se fait pendant la marée basse, et les heures de travail tombent, par conséquent, tantôt le jour, tantôt la

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