‹ Œuvres complètes de J.M. Charcot. t.1-Chapitre 85 sur 230 · Tucedie. — lAbranj of Médecine^ X'ol. \', arl. Goût · texte numérisé non relu

Tucedie. — lAbranj of Médecine^ X'ol. \', arl. Goût

nuit. Les travailleuni qui sont exposés à loules les intempéries, sont obligé:*, en outre, de déployer une grande force musculaire. Aussi |K)ur obtenir un meilleur rendement (vom* reconnaissez ici le caractère pratique des Anglais), on accorde à ces hommes une forte ration de porter. Ils en boivent chacun deux à trois i7^«//oii^- par jour : \e f/ailon équivaut à quatre litres environ!!! A part cette énorme consommation de liquide, le régime qu'ils suivent est celui des classes les plus inférieures de Londres. Or, la goutte est exceptionnellement fréquente piimii ces pauvres gens, (}ui partagent ces tristes privilèges avec les pairs du royaume : et, bien que leur nombre ne soit I>as trè.4 considérable, plusieurs d'enlr'eux sont admis chaque aanée, comme goutteux h l'hôpital des marins. Et pourtant ce sont, en général, de malheureux pajsans irlandais chez qui le vice héréditaire ne saurait être mis en cause.

Garrod est arrivé, de son côté, aux mêmes résultats. Il a constaté que les employés des grandes brasseries élaienl :^ouvciil frappés de goutte ; et pourtant, rien dans lenrs antécédents ne pou vîiit expliquer cette prédisposition morbide, si ce n>.>t l'abus de Taie et surtout du porter.

Opendanl, ces deux liquides ne se Innl [las remarquer |mr leur richesse en alcool. D'a]irés Mnlder, Taie écossaise en contient 8 p. 100, le porter 3 p. 100 (1 ). (ie chitfre est inférieur à celui de nos vins de France et ne défiasse pas celui dps bièn»s allemandes, (|ui ne produisenl guère de lels cffels, malgré rénorme consonnnation qu'on eu fait dans les hrasserii»s.

On voit, [lar conséquent, que le ruisouu(MU(*ul à priori ue sauniil être appliqué à la ({uestion qui nous occu[)e, et que rinfluence des boissons fermentées, sur In goutte, est loin de répi»ndre an taux de leur richesse eu al<*ool. Des circousiauces

i. MuldiT. — Ue la hière. Trad. Uelondrf. Paris, 1»W(. p. 3:.'7.

■ de

iH imi>\ji:aiiii?i saii:iim>k

(1 un onlri' liiitVrciil , cr (jui iiDiiti ont (;clia|i|K>. jut<qu'à cp jour,

\ienaeai iinilialili'iin'iil n'iiiU-rpowiT ii'i; l'I jiour {■liHqiiv espwc

de boissiiri. il fmil >'i'ii ra|iiiiirlrr i\n\ (lrn)iii''i>sd<' rcvii^-piiiiPii-

Uitiondirci'i'v

Nous aiinii> niaiiiU'iiuiil l'VHrriiiici' rid-ljnii <](-> vins. Il iuiil «corder ici le pn-inier rang aux vins spirilufiiv (le |inrlii, k \nrè3, le iiiiiilèrc. Ii' marsalii) ilnnl on ïuil un si grauil usage (■a AnglcU-rre. ilans touli's les classes lii- la si.ci(Vtê. Ils n-iifesment une (|ilHnlité rousid^ralili' (l'iili-iiul. rjni ]ii-ut varû-r ils 17 à 20 p. 100.

Les vins pins Ii^^its (llliiii. Moselle, Bordeaux. Cbainpagae) soiil loin d exen-er ia im^nie inflneiioe.

Nais 011 ne saurai! l'ii dire iiiilunt du bourgogne, ([ui i'«pendanl ne ninUenl gui^rc plus d'alroul tpio les précédents.

« L'eiiiiiliigp rouge el le hourpogne. re dernier i^urtoul. dit Scudaiiiure. renlernieHl la goulle dans ehtiqne .v«rre. "

Le cidie hii-inihtie, relie boisson peu dangereuse eu apparence, Jiiirall favorisri' aussi le di'?velo|)pi>niPnl de eelle affrriion. D'après (larrod, re serait le eidre doux, n'ayant subi qu'une l'ernienlaliou parliellc, qui poï^M-dcrait celle fôcliensc propriété.

Nous crojons avoir suirisjtminenl démontré l'innuenee que certaines boissons peuvent exercer sous ce rapport. Passons maintenant à un antre sujet.

B. — liiioj-icalioii xatiti'iiiite. — («arrod avait constaté que sur V>i goulLeux entrés dans son service d'hôpital, il n'y en avait pas moins de Iti qui exerçaient la profession de peintres ou de plombiers; et des recbercbes ultérieures n"ont Tail que confirmer ce résultai singulier. L'imprégnation s<iturninea donc été rangée parmi les causes prédisposantes de la goutte.

Une fois celte coïncidence signalée, on vit ufHuer de toutes parts des docuuienls à l'appui. Parmi les auteurs aulérieurs à

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Garrod, on peut citer Musgrave, qui a vu la goutte succéder à la colique de Poitou; Falconer, qui a fait la même remarque; Parry, qui dans son recueil d'observations, établit que la goutte est fréquente chez les sujets atteints de paralysie saturnine ; enfin Todd qui rapporte plusieurs cas de goutte observés dans des circonstances analogues (1).

Depuis la publication du livre de Garrod, plusieurs auteurs anglais ont signalé des faits de ce genre : nous citerons surtout Burrows et Begbie (2). Mais en Angleterre, il faut tenir compte des causes alimentaires que nous venons d'énumérer. En France, où la colique de plomb est si commune, comment se fait-il que la goutte soit si rare parmi les gens du peuple ?

Eh bien ! il existe parmi les saturnins quelques goutteux, chez qui fempoisonnement par le plomb est la seule cause qu'on puisse invoquer. Nous avons eu nous-même Toccasion d'observer un fait très remarquable de ce genre et M. le docteur Bucquoy vient de recueillir une observation presque identique à l'hôpital de la Charité.

Il resterait à déterminer la cause de cette étrange coïncidence. Garrod a constaté que l'imprégnation saturnine provoque une accumulation d'acide urique dans le sang, surtout dans les cas avancés, où il existe de la paralysie; ce fait a été constaté chez des saturnins non goutteux, qui paraissent ne point avoir été albuminuriques ; car on a examiné les urines, et Ton s'^st assuré que la proportion d'acide urique avait sensiblement diminué; mais dans ces analyses, il n'est pas question de la présence de l'albumine. Garrod s'est demandé si dans de cas il y a production exagérée d'acide urique ou

1. G. Musgrave. — De arthritide symptomaticâ. Genovœ, 1752, c. X, art. 5. p. 65. — en. Parry. Londres, 1825, 1. 1, p. 243. — Todd. Pralical remarks on Goût. London, 1843, p. 44.

2. W. Falconer. Brit. med. Journ., 1861, p. 4W. —Begbie. Edinbun/fi med. journ, .\oût, 1862, p. 128.— Gharcol. Gaz, hebd., 1863, p. 4a3. (Voir plus loin).

Charcot. Œuv. compl. t. vn. Malad. des Vieillards. lo

M CAUStt fOlClTANTËS M U GOUTTB

dé&ut d^exerètion de ce produit. Il penche vers cette dernière h^rpôthèse, et voici Texpérieiice sur lamelle il s^iqppuie t aprte avoir examiné, pendant plusieurs jours, les urines d^tm Mt^ tain nombre dé malades atteints d'afièctions divôrses, poof constater le taust n(Mrmal de Tacide uri^ue^ il lai a soumfa I Tusage médicinal de Tacétate de plomb, et il a VU diminiiel Texcrétion de Tacide urique.

Ce serait donc en paralysant Taction du rein, &u mottï pour ce qui touche à Télimination de Tacide urique, que II plomb &voriseratt la manifestation de la goutte ; mais eettl maladie peut-elle éclater sous Tinfluence de cette seule catMl Oui) peut-être, dans quelques cas très exceptionnels; maH s^il existe des causes adjuvantes, les eifbts du plomb se moor treront avec la dernière évidence»

Causer eâicittmtês. — « Incapables par elles-mêmes de produire la goutte, les conditions que nous allons énumérer ont une grande puissance pour provoquer le développement des accès.

i* Boissons alcooliques. Chez les goutteux, l'ingestion, même en quantité minime, de certains vins, le Champagne, le porto, par exemple, suffit pour déterminer tantôt un violent accès de goutte, tantôt un simple gonflement du gros orteil. Aussi Garrod a-t-il pu dire : « Toutes les fois que » chez un individu quelconque, il suffit de quelques verres de » vin pour provoquer rapidement et invariablement Tinflam- » mation d'une jointure, cette inflammation est certainement ») de nature goutteuse. »

2* Les indigestions f les troubles gastriques agissent de la même manière ;

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3* \u^ froid humide j la suppression de lu sueur, soûl dans le même cas ;

4** Il en est de mùme des travaux intel/ectuels immodérée, sur lesquels nous avons appelé déjà votre attention comme cause déterminante de la goutte ;

5* Les causes traumatiques ^ opérations, fractures, etc., peuvent agir dans le même sens; j'ai vu une plaie produire simultanément une attaque de trismus et un accès de goutte;

6* Les causes débilitantes^ hémorrhagies, saignées, maladies graves, exercent aussi leur influence sur la production des accès. Cela est d'autant plus intéressant à noter, que Ton aime à se figurer la goutte comme une maladie de gens pléthoriques. Mais Todd a prouvé qu'elle s'attaque volontiers aux sujets débilités.

Nous consacrerons la prochaine séance & l'étude de la théorie de la goutte.

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