DES BIÈRES ANGLAISES
Il est si souvent question, dans ces leçons, de Tinfluence exercée par Vale et le porter, sur le développement de la goutte, qu'il m'a paru nécessaire de présenter ici quelques renseignements sur les procédés qui servent à la fabrication de ces liquides, et les principales propriétés qni les caractérisent. J'ai donc prié M. le docteur Bail de me communiquer, à cet égard, une courte notice, que je mets sous les yeux du lecteur. Les indications qu'elle renferme seront d'autant plus
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utiles, qu^on ne les rencontre jusqu'à présent dans aucun ouvrage médical.
Il est incontestable que dès la plus haute antiquité, les peur" pies qui ne connaissaient point Tusage du vin avaient décoi»* vert le moyen d'utiliser Forge germée, pour se procurer det boissons alcooliques (1). Longtemps avant d'avoir quitté leurs forêts, les tribus germaniques possédaient crt art; aussi ne sera-t-on pas étonné de voir la bière naturalisée esi Angte» terre depuis la conquête anglo-saxonne. Les lois dîna, m éè Wessex (pays des Saxons occidentaux), qui furent rédigées m 728, font déjà mention de Vole et des alehauses (brasseries); et depuis cette époque, la bière n'a jamais cessé d'être la bois* SOQ nationale des Anglais.
Mais, dans cette longue série de siècles, le goût du puUie a plus d'une fois varié, et les brasseurs ont été obligés de suivre la mode, lorsqu'ils ne l'avaient pas devancée. Au moyœ âge, le houblon n'était pas employé dans la bière, qui semble avoir offert une saveur fade et douceAtre : et Ton cherchait souvent à corriger ce défaut en y ajoutant des infusions dlierbes amères et aromatiques. C'est en 1524 que les Flamands firent pénétrer Tusagedu houblon en Angleterre; mais celte pratique ne fut légalement autorisée qu'en 1552. On donnait alors le nom A' aie aux boissons douces, préparées avec le malt (orge germée) et on réservait celui de béer (hière) aux liquides imprégnés de l'amertume du houblon. Mais au XVII* siècle, tout vestige de cette distinction avait disparu, et
1. Hérodote et Diodore (de Sicile) nous apprennent que les Égyptiens connaissaient la fabrication de la bière. Pline et Tacite ont rendu le même témoignage aux Germains. « Potui humor ex hordeo aut frumento in quamdam similitudinem vini corniptus. » Tac, De sittij moribtts, ac poptilis Gertn,, cap. XXIII.