‹ Œuvres complètes de J.-M. Charcot v. 9, 1890 (volume 2)Chapitre 15 sur 94 · TYPHUS FEVER : DIAGNOSTIC · texte numérisé non relu

TYPHUS FEVER : DIAGNOSTIC

38 traits de ressemblance vraiment frappants qui ntre le typhus fever et la fièvre typhoïde. Indiquons lent les caractères à Taide desquels on pourrait dises deux maladies. — Dans le typhus fever, i'invajt brusquement. La plupart des symptômes (sympbriles, prostration des forces, stupeur, typhomanie, lessinent rapidement, et acquièrent, dès la première une grande intensité. — Nous avons dit, pour n'y inir, en quoi l'éruption du typhus fever diffère de me papuleux de la fièvre typhoïde (D. y.). — Les es entéritiques, tels que Tendolorissement, le garmt de la fosse iliaque droite, qui caractérisent la hoïde dans sa période d'augment, n'appartiennent pas s fever. Le météorisme et la diarrhée s'y montrent )i$, mais seulement vers la fin de la maladie. — fphus fever, il arrive assez souvent que les épistaxis et les symptômes de bronchite latente fassent comt défaut. La terminaison heureuse a lieu souvent lent; elle s'annonce par des phénomènes critiques }. La convalescence est rapide. La durée totale de la ist moins longue que celle de la fièvre typhoïde. Tels rincipaux caractères à l'aide desquels on pourra difles deux affections, qui pendant longtemps ont été ar les auteurs anglais sous le nom de contimied fever. n reconnaître toutefois que ces caractères dislinctifs une valeur absolue, et que, de l'aveu des praticiens ntés de la Grande-Bretagne, il est parfois matérielle- 30ssible de distinguer le typhus fever de la fièvre

PRONOSTIC

léral, la mortalité varie beaucoup suivant les épidé-

r. Œuvres complètes, t. viii, Maladies infectieittes. 5

mies. La maladie se montre souvent beaucoup plus bénigne chez les enfants que chez les adultes, et surtout chez les vieillards (Guéneau de Mussy). Parmi les signes défavorables, les auteurs signalent en première ligne les suivants : 1*" la faiblesse extrême du pouls et de Timpulsion du cœur, avec abaissement notable de la température des extrémités ; 2"* Finjection très marquée des conjonctives, une teinte violacée répandue sur les parties les plus déclives du tronc et sur les extrémités des membres ; l'abondance et la coloration foncée des taches de l'exanthème (Stewart, Corrigan) ; c'est, d'ailleurs, en général chez les sujets pauvres et affaiblis parles privatioDS de nourriture que ces derniers symptômes sont surtout extrêmement prononcés (O'Reardon, Médical report on ihefem hospital, Cork'Slreet. Dublin, 1840, p. 6); 3* les évacuations involontaires ; 4*" le délire violent, ou au contraire le coma profond; 5° les symptômes qui se rapportent à la splénisation des poumons [consolidation of the hmgs),

NÉGROSCOPIE.

V exanthème intestinal^ qui forme le principal et le meilleur des caractères anatomiques de la fièvre typhoïde, manque constamment, au dire de quelques auteurs (Stewart, Jenner). dans le typhus fever; d'autres (Stokes) affirment, au contraire, qu'on rencontre quelquefois des cas où tous les symp' tomes se rapportent à cette maladie, et où Ton trouve cepeu" dant les follicules isolés et les follicules agminés de l'iléon tuméfiés et ulcérés. C'est là un sujet qui réclame encore, ce nou5 semble, de nombreuses et consciencieuses recherches. Quoi qu'il en soit, il est bien établi aujourd'hui que la membrane muqueuse gastro-intestinale est complètement exemple d'aï" lérations, ou tout au plus légèrement congestionnée et ramollie par places, chez la majeure partie des individus qui

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succombent au typhus fever. Les ganglions méseniériques sont quelquefois volumineux, très volumineux môme, bien que la muqueuse intestinale soit parfaitement intacte (Slewart). La rate présente habituellement une augmentation de volume et un ramollissement plus ou moins prononcé. Les sujets Agés de plus de cinquante ans paraissent seuls faire exception à cette règle (Jenner). La splénisation lobulaire ou lobaire des poumons (consolidation of the lung), avec rougeur et parfois ramollissement de la membrane muqueuse bronchique, a été dans ces derniers temps souvent observée, et bien étudiée par les médecins irlandais (Stokes). Vhépatisation pulmonaire granuleuse a été au contraire très rarement rencontrée par les mêmes auteurs. Le tissu musculaire du cœur est en général flasque et ramolli à un haut degré (Stokes, Jenner). Vhémorrhagie dans la cavité de t arachnoïde a été constatée par le docteur Jenner, chez un huitième des sujets. La rigidité cadavérique parait ôtre ici plus h&tive et disparaît plus rapidement que dans les cas de fièvre typhoïde (Jenner). La peau du tronc et des extrémités, surtout aux parties déclives, est parsemée de taches violacées, derniers vestiges de Texanlhème pétéchial.

HÉMATOLOGIE.

Le sang de six malades atteints de typhus fever a été, en 1847, soumis àTanalyseparM. Rodier. La densité de ce liquide était normale ; la quantité de fibrine était normale, ou elle occupait les limites inférieures de Télat physiologique, ou enfin elle était diminuée (Becquerel et Rodier) Traité de chimie pathologique y ^. 128, 1854). Le sang, extrait parla saignée, au début de la maladie, ne présente pas de couenne ; les saignées faites à une période avancée présentent en général un caillot foncé en couleur, mou, diffluent.

ÉTIOLOGIG*

a. L'encombrement, la misère, les privations de nourriture ou Tusage prolongé d aliments de mauvaise qualité, la dépression morale, sont autant de condilions qui existent à peu près conslammeul, et souvent à un haut degré, dans toute retendue de rirlande et dans certaines contrées de TÉcosse et de TAngleterre. Elles peuvent sans doute rendre compte du développement primilif du typhus qui régnent dans ces pays-là habituellement sous forme sporadique, mais qui s'y montrent souvent aussi sous forme d'épidémies meurtrières.

e. La plupart des médecins de la Grande-Bretagne s'acco^ dent à reconnaître la transmission contagieuse du typhus fever comme un fait des mieux démontrés.

v. Le typhus fever altaque à peu près indistinctement tous les Ages ; on Tobserve fréquemment chez les vieillards. Dans le tiers des cas de typhus fever, qui servent de base au docteur Jenner, les individus atteints étaient âgés déplus de cinquante ans.

0. Le typhus fever ne se montre pas deux fois chez un mèiïi*^ individu (Jenner). Suivant le docteur Rilchie, on voit asse^ souvent la fièvre typhoïde se développer avec tout rensembl^ des caractères qui lui sont propres, chez des sujets convale^*" cents du typhus fever, et réciproquement le typhus fever 1^ mieux dessiné atlaquerdes individus qui ont présenté réceil^^ ment tous les symptômes de la fièvre typhoïde. M. Stokes di' avoir rencontré fréquemment des cas du môme genre. Suivait ■ le docteur Stokes, la môme cause spécifique produit à pe"*^ près indifféremment, tantôt le typhus fever, tantôt la fièvre

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typhoïde. Le docteur Jenner a recueilli un certain nombre de faits qui tendraient, au contraire, à démontrer que la contagion du typhus fe ver n'engendre jamais la fièvre typhoïde, et réciproquement. Quoi qu'il en soit, les études entreprises dans le but de savoir si ces deux aflections sont ou ne sont pas le produit d'une même cause spécifique, ne paraissent a?oir donné jusqu'à ce jour que des résultats peu décisifs.

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