‹ Œuvres complètes de J.-M. Charcot v. 9, 1890 (volume 2)Chapitre 29 sur 94 · SPÉCIFICITÉ DE LA FIÈVRE JAUNE · texte numérisé non relu

SPÉCIFICITÉ DE LA FIÈVRE JAUNE

La fièvre jaune se présente avec des allures toutes spéciales, une marche toujours aiguë, des symptômes qui, sans lui être exclusivement propres, lui donnent cependant, quand on les

considère dans leur ensemble, une physionomie h part (1759); les lésions qu'elle entraîne avec elle ne sont certainement pas le point de départ de tous les phénomènes morbides. Considérée isolément, aucune de ces lésions peut-être n'est vraiment caractéristique; mais réunies sur un môme sujets elles constituent un ensemble d'altérations qui ne se retrouve dans aucune autre maladie. Si la fièvre jaune n*est point contagieuse, ce qui d'ailleurs ne nous parait nullement démontré, il n'en est pas moins vrai qu'elle respectée l'avenir les gens qu'elle a frappés une fois déjà (p. 141); maladie moderne, suivant toute apparence (p. 149}, elle s'est restreinte jusqu'à ce jour dans des limites géographiques assez précises (p. 142). Celte maladie mérite donc bien, pour toutes ces rusons, de prendre rang parmi les maladies spécifiques, et, pour dire notre sentiment sur une question qui a été fort débattue dans ces derniers temps, c'est, il nous semble, forcer toutes les analogies, que de vouloir fondre l'histoire de cette fièvre dans celles des fièvres intermittentes ou des fièvres rémittentes bilieuses des pays chauds.

De Taveu des médecins qui ont sur ce point le plus d'expérience, il n'est pas de médication empirique ou spécifique qui puisse triompher de la fièvre jaune, et c'est à la médecine symptomatique qu'il convient ici d'avoir recours. Les indications rationnelles varient singulièrement suivant l'intensité des cas, la prédominance de certains symptômes, la forme que revêt la maladie, la période à laquelle elle est parvenue. Dans les deux premiers jours, si les signes d'hyposthénie sont bien marqués et que le sujet soit robuste, on peut employer les (^missions sanguines générales ou locales. Elles ne doivent, on le conçoit, jamais être poussées bien loin, puisqu'elles ne

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