Extrait de la Gazette hebdomadaire, 1861, p
11)8 afkections du tégume.nt externe
Sur un cas de sdérodermle
M. Charcot rappelle que récemment, lors de la présentation d*une malade par M. Bail ', il avait conclu à Texistence d'une
1. Comptes rendus de la Société de tiologie, 1871, p. 63. En collabortUoO avec M. Dufour.
2. Celle présenUlion a clé faile dans la séance du 1a juin {Compte* rendu f (fe la Soc. (le bioloyie^ 18^1, p. 43). Voici les réflexions foiles à ce sujet pa*" M. Charcol :
• Je n'hésile pas un inslanl, a dit M. Charcol, à faire du cai présent, — le cas de M. Bail, — une sclcrodermie, malgré celle limitation rare deraf' rection aux extrémités supérieures et inférieures. J*ai observé déjà un fti^ absolument semblable. Ceux qu'a rassemblés Forget, sous le nom decAo* rioniti^y s'en rapprochent; et, chez celle malade, je ferai remarquer quele# paupiiTos, la bouche, la face, en un mol, présente d'une façon générale no aspect ridé tout particulier, «{ui indique une tendance à la généralisalioD de l'alTection, plus grande ({u'on ne le croirait d'abord, en se bornant à l'examen des extrémités....
Pour ce qui est de la face chez la malade de M. Bail, je persiste à dire qu'elle présente quelque chose de singulier el qui doit frapper tout l0 monde. Kt, en admettant môme que la face ne fut point atteinte, on ne de* vrait point rejeter du cadre de la sclérodermie cette affection bornée uni* quemcnt aux extrémités. Ce qu'Alibert a décrit, en effet, sous le nom de momie rlnimatismale. n'est pas autre chose; la peau y esl également pàl*» comme desséchée et collée sur les os. Ce que Forget a décrit sous le dobi de chorionitis n'est encore que la sclérodermie, bornée, si j'ai bonne œé' moire, aux extrémités supérieures. On y voit une période aiguë avec rougeur, douleur, etc., suivie d'une période chronique, avec atrophie etdètof' malions diverses. Kn un mot, dans tous les cas, la peau fînit par détenir trop courte.
La malade de M. Bail n'a rien, d'un autre côté, qui rentre dans Tasphyxl* des extrémités : on ne voit pas celle pâleur locale des doigts morts, ceU« anémie sans déformation, puis celte cyanose qui aboutit au spbacèle sec et à la chute des parties sphacélées. Kt si l'on trouve des déformations des doigts se rattachant à l'asphyxie locale, elles tiennent non à des rélraclf' lions, mais à des cicatrisations consécutives & la chute des parties tùOf^'
CAS DE SCLÉHODEHMIt: 199
sclérodermie, quoique les mains fussent atrophiées et que la face fût indemne. Un nouveau cas, qu'il vient d'observer avec M. le docteur Dufour, appuie sa manière de voir, car, dans ce dernier cas, les mains présentaient une altération identique avec celle de la malade de M. Bail et la face était atteinte.
Il s'agit d'une femme de 30 ans environ qui fut prise, il y a
quelques années, de douleurs dans les cous-de-pieds, que Ton
crut de nature rhumatismale ou goutteuse ; puis d'une sorte
d' œdème dur occupant le pied, puis ayant remonté aux genoux.
Les mains se sont prises plus tard, sa?îs douleurs, puis la face.
Actuellement, les parties où l'altération est le plus avancée ne
présentent plus d'œdème. La peau est rigide, sans plis, lisse et
dure comme du parchemin, recouvrant les parties sous-ja-
centes comme ferait un gant trop étroit. Le masque de la face
élail sans expression; le nez ressemble à ceux que l'on voit à
la suite de lupus exedens, dont la rougeur a disparu. La
bouche n'est plus qu'une fente transversale sans lèvres ; la
OQailadea peine à parler ; elle ne peut tirer la langue.
Les articulations des mains sont comme soudées ; les phalanges panassent raccourcies; Tongle a prodigieusement disparu, presque complètement ; les poils sont tombés. Sur beaucoup de points exposés à une pression se voient des cica- Wces blanchâtres, suite d'ulcérations survenues à la place d'unebullepemphigoïde; ces cicatrices pourraient faire croire 4 des fistules par lesquelles seraient sortis des fragments d'os. Chez notre malade, il est certain qu'il n'en a pas été ainsi. Il ^y a pas eu issue de fragments d'os. Les os sont atrophiés on ^^ sait par quelle cause.
■*C8. Si nous avons ici des ulcérations, c'est là un fait secondaire, entiè- '••cnt accessoire : la vraie maladie est toujours dans le derme, tandis que ^ l'asphyxie des extrémités, elle semble résider dans les artères, si j'en i^K^ par trois ou quatre faits dans lesquels, à ma connaissance, la maladie insistait en une ischémie due à des lésions artérielles, à des arlérilcs des ^^milèsavec ou sans thromboses. H était inutile d'invoquer le spasme ^^capillaires dans ces diflérenls cas.
200 AFFBCTIO.NS DU TÉGUMEXT EXTERiNB
Erythème produit par Faction de la lumière élecfa
Le 14 février dernier, deux chimistes s'étaient réui faire en commun des expériences sur la fusion et la ir tion de certaines substances par Faction de la pile ële Ils firent usage d'une pile de Bunsen, forte de 120 él< Les expériences durèrent environ une heure et demie dans cet espace de temps, Taclion de la pile dut être Cr meut interrompu, et celle-ci ne fonctionna pas, en to de vingt minutes. A la distance à laquelle les expér teurs se tenaient du foyer (50 centimètres environ] pouvaient pas être et n'étaient pas, en réalité, sensibles vation de la température. Néanmoins, le soir même dant toute la nuit qu'ils passèrent sans sommeil, ils é rent dans les yeux un sentiment de fatigue très pé virent presque continuellement des éclairs et des é( colorées. Le lendemain, ils portaient l'un et Tautre à un érylhème de couleur propre, avec sentiment de gè tension. Chez M. W..., dont le côté droit de la face é exposé au foyer lumineux, la rougeur occupait tout depuis la racine des cheveux jusqu'au menton^ et 1 celles ne s'étaient montrées que devant Tœil droi M. M. ., qui s'était tenu la tête baissée et dont la fa