Park. — Obs, on Tumours within the Pelvis
sait reconnaître aucune modification dans le volum'e de la tumeur. Un jour, Park, en la refoulant par hasard avec le doigt, détermina l'émission des urines. Il instruisit le mari de cette manœuvre, et le cathéter devint, dès lors, inutile. Ce fut là, d'ailleurs, le seul incident notable de ces grossesses.
Une nouvelle grossesse eut lieu ; le terme arriva. Park fut appelé pour prendre des mesures décisives à Tégard de la tumeur. La dilatation du col était complète, et déjà les membranes s'étaient rompues. Toute la nuit se passa dans le travail le plus pénible, et cependant rien n'avançait. La tête appuyait sans cesse contre la partie supérieure de l'obstacle, mais sans pouvoir descendre le moins du monde dans le bassin.
Alors il fut décidé qu'une incision serait pratiquée. L'instrument choisi fut une lancette cachée ou pharyngotome. Park le conduisit sur son doigt jusqu'au point où les enveloppes de la tumeur lui parurent le plus minces et y pratiqua cinq ou sixinciiions très légères et non pénétrantes ; puis, forçant avec le doigt, il pénétra dans une large cavité, qu'il crut remplie par une matière gélatineuse.
Aussitôt, il s'en écoula un liquide séro-sanguinolent entraînant avec lui un certain nombre de fragments membraneux ayant l'apparence de morceaux de tripe {strippings of tripe). Quelquesuns de ces lambeaux atteignaient en dimension le quart d'une feuille de papier ordinaire.
La première douleur qui suivit cette opération évacua complètement le contenu de la tumeur. Celles qui suivirent terminèrent bientôt l'accouchement.
Ce ne fut que très lentement que M"* S... se rétablit. Une suppuration abondante et extrêmement fétide se manifesta ; des douleurs de reins assez vives, de la fièvre, une grande prostration, furent les principaux symptômes observés, et ce ne fut qu'au bout de huit ou dix semaines que la malade se rétablit complètement.
Il est probable que le travail de cicatrisation qui suivit cette opération amena un certain degré de rétrécissement , car, dans l'accouchement qui suivit, alors que le col utérin était complète*
222 HTSTRS HYDATIQUES DU BASSIN
ment dilaté et Tes membranes rompues, ce ne fut qu'après un tra* vail très pénible de sept ou huit heures de durée que la tète franchit le bassin. Un autre accouchement eut encore lieu par la suite : il s'agissait d'une présentation du bras à la fin du huitième mois. Park éprouva beaucoup de difOcultés à introduire m main pour aller à la recherche des pieds, et robstacle, dit-il, ne résidait certainement pas dans le col utérin.
Quoique le mot hydaiides n'ait pas été prononcé par Fauteur de cette observation, il est impossible de les méconnaître dans sa description. Le siège des kjsles qui les renfermait était, suivant toute probabilité, le même que dans l'observation précédente, à moins que ce cas ne fût analogue à celui qui a été relaté par M. Cruveilhier, cas dans lequel Tovaire, converti en une poche hydatique, était tombé dans le cul-desac recto-vaginal (en refoulant, chacun de leur côté, le rectum et le vagin), auquel le kyste adhérait très intimement.
D'ailleurs, au point de vue pratique, la distinction entre ces deux sortes de kystes hydatiques pelviens, les uns développés dans Tovaire tombé dans l'excavation du petit bassin, les autres développés dans le tissu cellulaire sous-péritonéal du bassin, paraît difficile, sinon impossible, pendant la vie.
Voici un troisième exemple, intéressant surtout au poinlde vue anatomique, et qui prouve d'ailleurs, avec plusieurs autres observations que je rapporterai plus loin, que les kystes hydatiques du bassin sont souvent accompagnés de kystes semblables dans la rate, le foie et d'autres viscères. Les Bulletins è ta Société anatomique de Paris pour 1831 renferment la noie suivante :
Obs. m. — M. Barre lit lobservation d'un kyste hydatique d'un volume énorme développé dans le bassin.
L'utérus est appliqué sur sa face antérieure et lui est intimement uni. Les trompes et les ovaires sont en grande partie con-
fondus avec les parois du kyste. Le rectum est adhérent à sa parlie postérieure et gauche. Le kyste contient un nombre immense d'acéphalocysles, dont le volume varie de celui d*un œuf de dinde à celui d'une noisette. Le liquide a Taspect du pus séreux. Un kyste hydatique semblable, mais beaucoup moins volumineux, existe dans la rate. Aucun détail sur les phénomènes observés pendant la vie.
Ici, le doute qui règne dans Tobservation de Park, au sujet du véritable siège du kyste, dans Tovaire ou dans le tissu cellulaire sous-péritonéal, n'existe pas. En effet, les deux OTÙres étaient exempts d'altération.
J'emprunte à M. ^oux {Clinique des Hôpitaux^ t. II, n* 46), un quatrième exemple du kyste hydatique du bassin, faisant saillie dans le vagin, et traité et guéri par Tincision. L'observation a, d'ailleurs, été consignée tout au long dans l'article Aciphalocysie du Dictionnaire de médecine et de chirurgie pratique et considéré par M. Cruveilhier comme un cas de kfsle hydatique d*undes ovaires.
Obs. IV. — M*' B..., âgée de 38 ans, avait eu, huit ans auparavant, un accouchement long et pénible. L'accoucheur reconnut la ^Qsede la difficulté dans une tumeur existant au côté gauche du vagin, et ne dissimula pas à la malade Tobstacle qu'elle pourrait apporter à un accouchement ultérieur. Cette tumeur s'accrut, '^s, sans déterminer aucune espèce d'accident pendant cinq ans. Vais, pendant les trois années qui suivirent, rémission des urines ^^ des matières fécales devint difficile, et le mari de la malade ^t forcé de la sonder trois ou quatre fois par jour. A l'hôpital de la Charité, on constata, en effet, l'existence d'une tumeur dure, située à gauche, s'étendant de la marge du bassin à la Ri^de lèvre.
H y avait un certain degré d'engourdissement du membre Pulvien gauche. M. Roux se décida à pratiquer une opération ; il ^cisa le vagin dans toute sa hauteur. Cet habile chirurgien
croyait à i*existence d'une tumeur solide ; mais, au premier coup de bistouri, il s'écoula une grande quantité de liquide incolore et un grand nombre d'acépbalocystes de toute grosseur.
On ouvrit Touverture, et alors une membrane d*un blanc perié vint se présenter sur les bords de la plaie. On la saisit avec des pinces, et, en faisant de douces tractions, on la détacha peai peu, et on finit par l'amener toute entière au dehors.
On remplit la plaie de bourdonnets de charpie. Les jours suivants, on fit des injections, et la guérison ne se ût pas attendre.
Ce kyste hydatique s'était-il développé dans le tissu cellulaire sous-péritonéal ou dans l'ovaire ? Je Tignore : M. Cruvdlhier incline vers cette opinion, en faveur de laquelle cite l'observation suivante * :
Obs. y. — Une femme âgée de 30 ans, observée par H. Basset, interne à la Pitié, présenta une tumeur de la région hypogastrique qui faisait aussi saillie parle vagin et le rectum ; la pdpation abdominale, le toucher rectal et le toucher vaginal combinés donnèrent pendant la vie une bonne idée de la forme et des rapports de la tumeur. Les phénomènes les plus saillants furent U conslipation et la difficulté à uriner. Le cathétérisme était souvent presque impossible, et il fallait changer la direction del'iostrument.
La malade succomba bientôt dans Tétat adynamique.
Un des ovaires transformé en kysle hydatique était tombé dans le cul-de-sac reclo-vaginal et avait adhéré intimement aux organes voisins; le vagin et le rectum étaienl aplatis; la vessie médîatemcnl comprimée et pleine d'urine. Dans Tépiploon gastro*spléniqoe existait aussi un kyste hydatique volumineux, qui s'était probable* ment primitivement développé dans la rate, car son enveloppeex* lérieure se continuait avec la capsule de cet organe. Aux détails anatomiques que nous venons de donner, nous ajouterons que la tumeur, qui descendait presque jusqu'au périnée, avait le voluffi^