FIÈVRE TYPHOÏDE : TRAITEMENT
rique. En général, ce médecin commence le traitement par un émélo-cathartique. Puis, il administre chaque jour une bouteille d*eau de Sedlitz ou 80 grammes dliuile de ricin. D'après son exemple, beaucoup de médecins d'hôpitaux, MM. Piédagnel, Prus, Louis {Notice de M. Barth, dans Presse médicale, 1837, p. 5). Andral [Rapport sur le mémoire de M. Delarroque, dans Presse médicale, 1837, p. 329), ont expérimenté la méthode évacuante dans le traitement des fièvres typhoïdes et, dans un rapport lu en 1837 sur ce sujet par M. Andral, à TAcadémie de médecine, on trouve Ténoncé des principaux résultats qui furent obtenus à cette époque, soit par ce professeur, soit aussi par plusieurs autres médecins. Ainsi M. Andral ayant soumis au traitement de M. Delarroque, 48 malades chez lesquels le diagnostic d'une fièvre typhoïde ne pouvait présenter aucune espèce de doute, perdit néanmoins 8 malades, ce qui porte sa mortalité à i sur 6; résultat moins avantageux que celui de M. le docteur Delarroque qui n'a perdu qu'un dixième de ses malades. Tous ces résultats devaient être regardés comme très satisfaisants, comparativement à ceux que M. Andral observa, par suite de l'emploi de saignées modérées (sur 27 malades 6 succombèrent, c'est-à-dire 1 sur 4 1/2,) (mortalité de I sur 3). Les expériences comparatives de M. Louis n'accordent, au contraire, qu'un bien léger avantage à la méthode évacuante : avec celte méthode, il a perdu un peu moins d'un dixième de ses malades (3 sur 31, ou 1 sur 10 1/2), tandis que parle traitement dit symptomatique ou rationnel, sa mortalité a été de 1 sur 9 5/11 (11 sur 104). M. le professeur Grisolle (ownrage cité ^ t. I, p. 50), ayant à son tour appliqué au traitement de la fièvre typhoïde la méthode de M. Delarroque, n'avait eu d'abord à déplorer qu'une mortalité d'un septième environ; mais, en 1846 et 1847, il a été moins heureux et il a perdu un sixième à peu près de ses malades. D'ailleurs, dans
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répidémie meurtrière qui régna à Paris, pendant ]es mois de juillet el d'août de Tannée 1842, la méthode évacuante, ainsi que le même auteur nous rapprend, n'avait pas compté plus de succès que les autres (mortalité 1 sur 2) MM. Rilliet et Barthez {ouvrage cité, p. 721, t. II) ont trouvé que, chez les enfants, la méthode évacuante n'a pas une influence évidente sur chacun des symptômes pris un à un, ni sur la durée et la terminaison de la maladie envisagée dans son ensemble; qu'elle peut provoquer l'inflammation des intestins ; qu'elle n'empêche pas le développement des complications, et que peul-élre elle les favorise. — Quelques-uns de ces faits semblent démontrer que certaines fièvres typhoïdes, soit sporadiques, même épidémiques, pourront être plus avantageusement traitées par la médication purgative que par toute autre méthode. Mais cette indication empirique, n'aurait une grande valeur qu'autant que la pathologie nous aurait appris à distinguer à des signes certains, ou du moins probables, les cas dans lesquels les purgatifs conviennent d'avec ceux qui réclament la méthode rationnelle. En attendant, la méthode évacuante ne saurait être employée comme système uniforme et invariable de traitement, en un mol, comme médication empirique el spécifique. On pourra toutefois l'explorer sous forme d'essai, à condition d'y renoncer si elle n'améliore pas évidemment l'état du malade.
6. Médication mercurielle employée dans le but d'arrêter la maladie dans sa marche, de la faire avorter : c'est ainsi que les frictions faites chaque jour sur l'abdomen avec l'ongueni^ mercuriel, combinées avec l'administration, à l'intérieur, di^ sulfure noir de mercure (dose, 1 gramme, i gramme SO cen — tigrammes), ont été proposées dans la fièvre typhoïde sousl^ nom de méthode abortive, par M. Serres. Le calomel a étés" fréquemment employé, principalement en Allemagne, non.
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pas autant comme purgalif que comme une sorte de spécifique (Taufflieb, Bull. gé7iér, de thérap., t. XIV, février el mars 1851. — Thierfelder, loc. cit.). Nous nous bornons à signaler ces méthodes qui n'ont pas encore suffisamment reçu la sanction de Texpérience.
II. Epiphénomènes. Affections deuléropalhiques : Quand il s agit de remédier aux complications, il faut tenir le plus grand compte des circonstances au milieu desquelles elles se développent, de Télat général du malade. Les indications relatives à l'affection locale deuléropatliique, doivent, dans la majorité des cas, ne venir qu'en deuxième ligne; quelques-unes d'entre elles cependant sont tout à fait spéciales, le plus souvent pressantes, et réclament, par elles-môme.% la prompte administration des agents thérapeutiques. — Les épistaxis peuvent être tellement abondantes qu'il faille, au plus vite, pratiquer le tamponnement des fosses nasales. — En cas d'héniorragie intestinale : eau de Rabel en potion (dose 4 à 6 grammes) ; extrait de ratanhia en potion ou en lavement (2 à 8 grammes dans chaque) ; application de glace sur le ventre. — Contre le méléorisme : frictions stimulantes sur Tabdomen, glace sur le ventre; introduction par le rectum d'une sonde œsophagienne ; petits vésicatoires volants promenés sur l'abdomen, etc. Trop souvent, tous ces moyens échouent devant ce fâcheux épiphénomène. Faudrait-il, en pareil cas, suivant le conseil du docteur Corrigan {loc. cit. ; p. 30), administrer une forte dose d'huile essentielle de térébenthine, mélangée avec l'huile de ricin? Si les signes dune péritonite viennent à se déclarer, maintenir le malade ^^nsune immobilité absolue, le priver de boissons. Adminis- *''er immédiatement 10 centigrammes d'extrait d'opium, et ^^nlinuer ensuite à faire prendre toutes les heures une po- ^»on contenant 5 centigrammes du môme médicament jusqu'à
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production du narcolisme thébaîque. Celte médication empirique, employée d'abord par les professeurs Graves et Slokes (de Dublin), paraît avoir été en France deux ou trois fois couronnée de succès. — Si la bronchite prédomine, si la poitrine se remplissant de r&les humides, la respiration devient difficile, et surtout si les téguments des extrémités prennent une teinte violacée plus ou moins prononcée, administrer Tipécacuanha ou le kermès (à petites doses souvent répétées) ; appliquer un large vésicatoire sur le devant de la poitrine. Insister particulièrement sur remploi des toniques, ou même des stimulents. Faire changer, s'il est possible, de temps en temps, la position du malade, afin de prévenir les congestions passives. Mêmes indications h remplir dans l'immense majorité des cas, s'il y a splénisation du poumon, pneumonie. La saignée générale ou locale, la stibiation ne pourraient être indiquées que dans les cas extrêmement rares où une bronchite intense, une péri-pneumonie viendraient à se manifester à une époque peu éloignée du début de la fièvre typhoïde (Grisolle, Traité de fa pneumonie^ p. 750, 1841 et 655). — Nous ne devons pas revenir sur les indications relatives aux différentes formes du délire après ce qui en a été dit plus haut (G. D. E.). — Les escharres seront pansées à l'aide du vin aromatique, du styrax, elles seront saupoudrées de poudre de quinquina, etc.