Bazin, Cours de sêinéiotique cutanée, p. 89, i
2. Id., Recherches sur ta nature et le traitement des teignes, p. 78, 1853.
DE l'expectation 321
guérir. Raymond * en a fait le sujet d*un livre intéressant, mais où Tauteur montre, malheureusement trop souvent, peu d*esprit critique. M. Michel Lévy a consacré à leur élude un des chapitres les plus remarquables de son Traité d hygiène '. « Nous les appelons, dit-il, habitudes morbides^ parce qu'elles constituent des dispositions acquises & Torganisme qui s'y accommode par une sorte de tolérance. Invétérées par une longue suite d'années supplémentaires d'une fonction qui s'est éteinte, ou qui est devenue insuffisante, elles peuvent devenir une condition nécessaire de l'équilibre fonctionnel, et doivent alors être respectées. » Il serait facile de puiser aux sources les plus respectables un nombre assez imposant d'observations qui démontrent qu'en effet les maladies et les indispositions habituelles appartiennent à la médecine expectante ; mais nous devons nous borner ici & choisir quelques exemples parmi les plus authentiques. « Une femme d'environ cinquante ans, dit M. Rostan ', portait un ulcère chronique & la jambe droite; elle était d'ailleurs convalescente d'une légère irritation gastrique, lorsqu'elle me demanda à sortir pour affaires pressantes. Elle se fatigua beaucoup, et revint le soir à l'infirmerie dans un grand état de malaise. Le lendemain à la visite, «lie me présenta tous les signes locaux et généraux d'une pleurésie des plus intenses. Je voulus voir l'ulcère que je trouvai complètement desséché. J'ordonnai un traitement actif, pour combattre d'abord les phénomènes les plus graves, me proposant d'employer promptement les révulsifs indiqués; iQais la nature prévint mon intention, la suppuration avait reparu, et la pleurésie s'était dissipée. » Les faits de ce genre lie sont pas extrêmement rares, et j'ai vu pour mon propre
1. Raymond, Traité des mcUadies qu'il est dangereux de guérir, Paris,
2. Michel Lévy, Traité d^hygiène publique et privée, 3» édit., p. 170, JVis, 1857.
3> Rostao, Exposition des principes de Vorganisme, 2« édit., p. 215, J^s, 1846.
Charcot. Œuvr. compl. t. vni, 5« partie : Thérapeutique, 21
322 TUÉRAPEUTIQUE
compte, chez un de mes parents, sexagénaire, une hémoptysie abondante succéder immédiatement à la guérison d'un ulcère variqueux siégeant à la partie interne de la jambe droite, guérison que j'avais obtenue à grand'peine et dont je me félicitais, mais qui faillit m'inspirer d'amers regrets. C'est chez les vieillards surtout que l'on rencontre ces maladies, devenues infirmités habituelles, et dont il serait dangereux de provoquer la suppression. « Chez les vieillards, dit M. Rayer *, les inflammations chroniques de la peau, indépendantes des causer externes, doivent 6tr^ souvent respectées, quelquefois mod^
rèes, rarement guéries. » Mondière * a rapporté des faits ^ démontrent que les transpirations partielles, limitées p^ exemple aux pieds ou aux aisselles, ne doivent pas être co^' battues, et à plus forte raison supprimées, principalem^^^ lorsqu'elles sont fétides. Le vomissement habituel, certair:''^^ diarrhées, certaines épistaxis, le plus grand nombre ^^ hémorrhoîdes ', pourraient encore être cités comme exempt ^ de ces affections qu'il est dangereux de guérir, ou dont ^' faut se garder tout au moins de déterminer la brusque disp:^^' rition.
Les maladies de prédisposition, héréditaires, (ielles ^i^:::::^^ Portai appelait maladies de famille, ne sont guère susceptibl^^^^ d'être heureusement modifiées par l'emploi des agents de médecine agissante. Ce n*est pas sans raison que Raymon s'écrie, en parlant de la goutte héréditaire : « Comment guér un vice local héréditaire ? Comment effacer une mauvais* ^^^ disposition dans les viscères et dans les articulations, née ave -^^
i. Loc, cit. y t. I, p. 40.
2. Mondière, MémoU^ sur la sueur habituelle des pieds (journal T riencef t. 1, p. 482). '