‹ Œuvres complètes de J.-M. Charcot v. 9, 1890 (volume 2)Chapitre 62 sur 94 · M. Lévy, toc, cit., p. 189 et · texte numérisé non relu

M. Lévy, toc, cit., p. 189 et

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noos?Ce serait vouloir redresser un boiteux, ou aplanir le dos d'un bossu. » L'épilepsie vraie, Thysté rie héréditaire, Tétat nerreux (névropathie protéiforme), le plus grand nombre des maladies comprises sous le nom générique d'aliénation mentale, doivent rentrer dans cette catégorie. C'est à propos de ees affections-là surtout qu'il serait juste de dire : « L'avenir de la médecine, et par conséquent son véritable progrès, doilentôtrebien plutôt considérés dans Tatténuation du nombre, de la violence, de la spécificité des maladies, par le déploiement de la santé générale et la réparation directe de la nature an moyen des conquêtes de Thygiëne publique et privée, de la diffusion de la moralité, des lumières et de Taisance, que cherchés dans la guérison de la maladie une fois formée \ » Celte remarque est en grande partie applicable aux cachexies endémiques, telles que la lèpre ou spedalsked, le crétinisme, la pellagre, €tc. — Il est donc des maladies incurables, et malheureusement le nombre en est grand. Les imprudentes tentatives d*un médecin impatient qui s'obstinerait à les combattre par des remèdes énergiques, auraient pour résultat presque certain d'abréger la vie du malade. Le mieux en pareil cas est de se conformer au précepte de Baglivi •. Prolonger la vie, diminuer les souffrances, tel est, en effet, alors le seul but de l'art.

Certaines maladies paraissent jusqu'à un certain point liées aux révolutions des âges, à Tacconiplissement des grands

1. Pidoux, Introduction au Traité de thérapeutique, t. I, p. 84. 1845.

2. • Si vcro fuerit incurabilis (morbus), usu remediorum vires acquiret, egrotumque conjiciet in discrimen. Incongruis enim remediis, digcstionis fkcultas extenuabitur et comparabitur in dies novus morbi fomes ad œgrl detrimentum. • (Baglivi, Opéra omnia, p. 230. Lyon, 1745.)— Vid. Planehoû, toc. Cl/., p. 84. — Jaubert, Dissert. citée, p. 9.

phénomènes physiologiques. Le plus souvent elles guérissent d'elles-mêmes, lorsque ces révolutions et ces phénomènes ont accompli leurs phases nécessaires. De ce nombre sont, par exemple, les exanthèmes, les eczémas de la dentition, Tanémie de la grossesse, les éruptions cutanées de la première menstruation et de T&ge critique. Ces mêmes révolutions paraissent avoir, quelquefois au moins, une influence curatrice évidente sur les maladies préexistantes. C'est ce qui a fait dire à Bordeu que Ton peut regarder la puberté comme la crise de l'enfance et de ses infirmités : chaque révolution d'&ge lui p&' raissait susceptible d'amener ou de favoriser un mouveme^^ critique. Il faut, dans ces cas-là, chercher & bien disting^^^ ce qui appartient à la nature et ce qui appartient à l'art, a-^^ de ne pas intervenir à contre-temps. C'est ici bien plu^^ l'habile application des modificateurs hygiéniques que 1'^^' ploi des remèdes pharmaceutiques qui doit être la base ^^ traitement.

Il peut arriver que les maladies intercurrentes aient sur ï maladies préexistantes l'influence la plus heureuse. La port« de cette observation a, sans aucun doute, été fort exagén par quelques anciens auteurs, ainsi que Werlhoff l'a fait n marquer avec raison dans celui de ses opuscules qui a poi titre: De limitaiida febris laude^. On sait aujourd'hui, pî exemple, que la fièvre quarte ne guérit point Tépilepsie ; mai on sait aussi que certaines affections aiguës peuvent amende ou même guérir des maladies de longue durée : c'est aini qu'on a vu plusieurs maladies de la peau guéries par un érysi pèle * ; l'état fébrile provoqué par les causes les plus diverses

!• P.-G. Werlhoflf, Opéra omnia, édit, J. Wichmann, t. H, p. 391. !• SabaUer, Propos, sur Pérysipéle, in-4, Paris, 1831.

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diminuer considérablement les quintes de la coqueluche, et quelquefois môme les faire cesser complètement *, etc. Le nombre des maladies médicatrices n'est certainement pas très grand, mais leur existence ne saurait être révoquée en doute. Et il se peut faire qu'on ail quelquefois à mettre en pratique le précepte de Jaubert : Quotiescumque morbus sU' perveniens aliero graviori libérât, hune sanare velle imprudetis et periculosum est *.

Il y a des maladies qui, lorsqu'elles sont franches et légitimes, tendent habituellement vers la guérison : elles ne réclament alors aucune thérapeutique active, et peuvent souvent être abandonnées & elles-mêmes. Mais c'est souvent aussi chose fort difficile que de prédire, au début d*une affection, quelle sera exactement, soit sa durée, soit encore sa gravité, lorsqu'on l'abandonne ainsi & elle-même. M. le professeur Telpeau a eu soin de le faire remarquer, à propos de l'érysipèle : celui qui était fixe devient ambulant, celui qui était ambulant s'arrête et devient fixe. Le plus léger en apparence sera peut-être fort grave, et celui qui s'annonce d'abord d'une manière effrayante peut se terminer le plus heureusement '. Cependant, dans un certain nombre de cas, cette tendance peut être assez exactement appréciée, et elle peut devenir le point de départ d'une expeclation raisonnée. — La fièvre intermittente vulgaire, par exemple, dans notre climat de Paris, finit, même sans le secours d'aucune médication, par s'éteindre naturellement au bout de plusieurs accès, dont le nombre, contrairement & l'opinion des anciens, ne saurait être

i. Trousseau Lettre à M. Bretonneau sur la cogtieluchei{Joum. de méde' cine, 1. 1, p. 8. 1843).

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