‹ Œuvres complètes de J.-M. Charcot v. 9, 1890 (volume 2)Chapitre 63 sur 94 · Jaubert Dissert, citée ^ p · texte numérisé non relu

Jaubert Dissert, citée ^ p

3. Velpeau Généralités sur la chirurgie clinique, p. 21, 1840.

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fixé à Tavance. Quoi qu'il en soit, cette solution spontanée ie la fièvre intermitlente vulgaire sopère, le plus souvent, sans laisser après elle d'autre reliquat qu'un léger état anémique '• | C'est ce qui résulte en particulier des recherches entreprises j^ par Pinel sur révolution des fièvres tierces abandonnées ^^ t partie à elles-mêmes *. Elles se terminaient au bout de qua^^ ' ou six accès en moyenne ; les rechutes étaient rares, et 1'^^

n'observait jamais ni obstructions de la rate, ni hydropis"*

conséculives. Il n'y aurait donc, à la rigueur, pas grand i convénienl à ne pas intervenir dans un cas de fièvre intermip^ tente vulgaire, pourvu qu'on fût placé dans les conditions biei^ déterminées dans lesquelles les recherches, dont il s'agit, on ^ . été entreprises. Mais le médecin ne peut guère, à moins ^* bonnes raisons, s'abstenir d'administrer le fébrifuge le plus tôt possible ; car il n'est plus de règle aujourd'hui, à moins de complications viscérales, de retarder son emploi, et de laisser la maladie livrée & elle-même pendant quelque temps, ainsi que le voulaient Hippocrate, Boerhaave et Yan Sviéten.

Une opinion qui pousse beaucoup de médecins à diriger contre les affections aiguës une thérapeutique très active, c'est que ces afTeclions acquièrent une tendance prononcée à passer à l'état chronique, lorsqu'on les abandonne à elles-mêmes, ou qu'on les traite peu énergiquement. Cette opinion est évidemment quelque peu exagérée. Combien, par exemple, est rare la pneumonie chronique, et combien de fois n'arrive-t-il

1. n n'en serait plus de môme dans certains lieux où la flèyre intermit' tente est endémique. « Lorsqu'on abandonne à elles-mêmes, dit le professeur Griesinger de Tubingne, les fièvres intermittentes de notre pays, même les plus légères, elles perdent leur rhythme, deviennent erratiques, et ne sont bientôt plus représentées que par une augmentation de chaleur appréciable au thermomètre. L'hypertrophie de la rate et Tètat cachectique en sont la conséquence. » (Griesinger, Infektionskrankheiten, in Virchow's Handh,, B. II, A. 2, p. 34, 1857.)

2. Pinel, Méd, clin,y p. 459, 1815. — Il administrait d'abord une boisson êmétiséc, et se bornait ensuite & l'emploi de quelque substance amèradans une infusion aqueuse.

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cependant que les pneumonies aiguGs soient abandonnées à elles-mêmes, ou traitées par des moyens qui équivalent à peaprès à une expectalion purel N'en est-il pas souvent de même du rhumatisme articulaire le plus intense? Il serait peut-être plus vrai de dire que la tendance à la chronicité des maladies est en raison inverse de leur acuité primitive. Celles des maladies chroniques qui sont le pins remarquables par leur longue durée et leur ténacité sont les affections qui débutent lentement, sourdement, progressivement; on pourrait, à lexemple de quelques auteurs (Laënnec, Landré-Beauvais, Poilroux), les désigner sous le nom de maladies chroniques primitives ou primitivement chroniques, pour les distinguer de celles qui ne deviennent chroniques qu'après avoir passé par un état aigu. Celles-ci, faut-il ajouter encore, revêtent la chronicité, non pas tant, peut-être, parce qu'elles ont été mal traitées, que parce qu'elles ont rencontré dans la constitution des sujets qu^elles ont atteints, des conditions particuliërenient propres à les fixer. Il nous semble, d'après cela, que si l'on se détermine à instituer une thérapeutique très active dans le cours d'une affection du genre de celles auxquelles nous faisons allusion ici, d'une pneumonie aiguë franche et primitive, par exemple, ce ne dev^a pas être dans la crainte presque chimérique de la voir passer à l'état chronique, tuais pour d'autres motifs véritablement fondés sur Texpéïîence.

Toute médecine rationnelle, dit M. le professeur Rostan, est fondée sur le diagnostic * ; il ne peut en exister d'autres ; les erreurs du diagnostic sont des plus funestes, ce sont celles qui font les plus nombreuses victimes. Malheureusement,

i. Rostan, Cours de méd clin., 1. 1, p. 71. 1835.

qaelle que soit la puissance des moyens d*investiga(ion dont nous disposons aujourd'hui, il y a encore^ dans l'état actuel de la science, et il y aura probablement toujours, un trop grand nombre de cas où le diagnostic restera nécessairement incertain. Cela est surtout vrai pour les maladies épidémiques, où la connaissance non-seulement du genre, mais encore du caractère de Taffection, est souvent si difficile à apprécier, et cependant si importante à connaître lorsqu'il s'agit d'instituer le traitement. « L'art de connaître une maladie naissante, dit Sarcone, n'est que trop semblable à celui de savoir reconnaître les plantes ; quand celles-ci ont pris de l'accroissement et sont devenues adultes, elles se manifestent d'elles-mêmes, et es moins experts peuvent facilement les reconnaître ; mais quand elles ne font que de naître, et qu'elles sont à peine so^ ties de leur enveloppe, il n'y a, disait Galien, qu'un habile herboriste qui puisse alors les distinguer '. » Cette obscurité, qui couvre le diagnostic au début des maladies épidémiques, réclame en général une sage expectation. Se trop hâter, en pareil cas, est une pratique dangereuse. Les épidémies catarrhales observées pendant le cours des XVII* et XVIir siècles, en sont un exemple frappant. Les saignées, qui paraissaient d'abord indiquées par les symptômes, étaient souvent dangereuses, et bientôt Ton apprit, par une fâcheuse expérience, & s'en abstenir '. C'est sans doute ici le lieu de rappeler Taphorisme de Stoll : « Febre nondum déterminât a y abusu remediorum heroîcoriim abstiiieto : utere methodo solum indirecta, gênerait , adversus symptomata generalia, eminentiora febris incognito ^. »

1. Sarcone, Hist, raisonnie des maladies observées à Naples, t. U» p* 106, 1805.

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