‹ Œuvres complètes de J.-M. Charcot v. 9, 1890 (volume 2)Chapitre 67 sur 94 · Requin, loc. cit,, p · texte numérisé non relu

Requin, loc. cit,, p

2. Sydenbam, Obs. méd,^ sect. 1, cap. i. De morbis acutis in génère.

itère une élaboration particulière qui la rend apte à être assimilée ou éliminée ; puis, le temps de Télimination arrive : elle se fait lentement, d*une manière presque insensible : on dit alors qu'il y a lysis; ou, au contraire, elle se fait avec éclat, s'accompagne d'une brusque exaspération des symptômes: on dit alors qu'il y a crise. Les évacuations critiques qui surviennent sont imprégnées de h matière peecante^ dont l'économie se trouve ainsi débarrassée. — Telle est, en résumé, la théorie qui expliquait aux yeux des humoristes les phénomènes que Ton observe au déclin des maladies. On s'est beaucoup égayé sur le compte de ce système ; nous n'avons pas la prétention de le faire revivre ; mais ne renferme-t-il pas cependant un fond de vérité ? Pendant le cours d'une maladie aiguë fébrile, la désassimilation, ou, pour nous servir d'une expression germanique, la métamorphose régressive des tissus se fait d'une manière active, tumultueuse même ; cependant, les excrétions s'opèrent mal, ou ne s'opèrent pas ; les produits qu'elles devaient éliminer sont retenus et s'accumulent dans le sang dont la contamination provient ainsi d'une double origine. Cet état, jusqu'à un certain point compatible avec l'accomplissement des phénomènes morbides, doit cesser lors du rétablissement des fonctions normales ; dès lors, l'élimination se fait par l'un ou par l'autre des procédés admis par les anciens. N'est-ce pas là une théorie jusqu'à un certain point avouable et conforme à ce que nous enseigne la physiologie la plus avancée? Mais n'abordons pas, à notre tour, le champ des hypothèses, que nous avons jusqu'ici soigneusement évitées. Ce que nous voulons dire, c'est qu'en parlant de cette vue, on pourrait peut-être arriver à une interprétation vraiment scientifique d'un bon nombre de ces phénomènes, qu'on désigne sous le nom de critiques, et qui ont tant préoccupé nos aïeux. Et, en particulier, l'étude chimique des évacuations, comparée à celle du sang, à l'époque des crises et aux différents temps de la mala-

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die, serait, nous n*en doutons pas, de nature à jeter le plus grand jour sur une question aussi débattue. Quoiqu'il en soit, malgré Tignorance où nous sommes du véritable rôle de ces évacuations, nous n'hésiterions pas à les respecter, et peut-être même, dans certaines circonstances, aies provoquer, nous conformanten celaaux préceptes des anciens observateurs, préceptes dont rinanilé est loin de nous être parfaitement démontrée.

Le médecin expectateur peut être appelé à devenir témoin de cet accroissement singulier des symptômes qui annoncent quelquefois la prochaine apparition des phénomènes critiques, et qui avaient si vivement frappé les anciens médecins livrés à la pratique de Texpectation. Quelle serait la conduite à tenir en pareil cas? « De ce que tous les observateurs des crises ont remarqué qu'à un certain état de la maladie, il n'y a souvent exaspération des symptômes que parce qu'une crise se prépare, il résulte qu'on ne devra point s'effrayer excessivement de cette exaspération, qu'on ne devra pas se jeter trop vite, et sans de suffisantes raisons d'expérience antérieure, dans un système de médecine active, pertubatrice et désespérée ^ »

L'expectalion peut être considérée comme un moyen d'apprécier la valeur des agents thérapeutiques. Ce n'est pas ici le lieu de faire une exposition des lois et des procédés de l'expérience thérapeutique en général. Les principaux buts que cette expérimentation peut se proposer me paraissent pouvoir se rattachera trois chefs principaux.

i"" On cherche à apprécier, plus rigoureusement qu'on ne Ta fait, l'action des moyens thérapeutiques généralement employés ; à déterminer les conditions spéciales dans lesquelles chacun d'eux est plus particulièrement indiqué, et la mesure dans laquelle il convient d'en user^ »

I . Gouraud, Thèse pour l*agi'égation en médecine, Paris, 1835. ?. Ghomel, Ëlém, de path. gén,, 4* éd , p. 578.

2"* On fait Tessai de moyens nouveaux, soit contre des maladies dont la guérison s'obtient d'ailleurs par d'autres médications, soit contre des maladies qui ont résisté jusque-là à toutes les méthodes curatives mises précédemment en usage.

S"" Enfin, on abandonne la maladie à elle-même ; en d*autres termes, on fait de Texpectation.

C'est là même, si l'expectation pouvait toujours être permise, la base qui devrait servir de soutien à toutes les autres expérimentations , car on parviendrait seulement ainsi à savoir quelles sobt les maladies qui peuvent guérir spontanément ; en second lieu, on arriverait à connaître exactement la durée et Tintensité des maladies traitées par la médecine expectante ; et l'on pourrait alors juger de l'efficacité de la médecine agissante dans le traitement des maladies, et, dans une maladie quelconque, de la supériorité de telle ou telle médication sur les autres. « Il ne suffit pas, dit M. Louis, pour apprécier d'une manière rigoureuse reffet, quel qu'il soit, d'un agent thérapeutique, d'estimer l'effet immédiat de cet agent, ce qui n'est pas aussi facile qu'on pourrait se l'imaginer au premier abord ; il faut surtout indiquer le résultat de son action relativement à la mortalité, à la marche lente ou rapide delà maladie ; et, pour atteindre ce but, il est nécessaire de comparer entre eux un assez grand nombre de cas d'une même affection au même degré, les uns relatifs à des sujets dont la maladie aura été abandonnée à elle-même, les autres à des individus auxquels tels ou tels médicaments auront été administrés '. »

Cette méthode d'expérimentation ne peut pas évidemment être appliquée à tous les cas de maladie. Plusieurs maladies réclament impérieusement les secours de l'art ; ici, rexpeclalion est interdite au médecin ; mais il n'en est pas de même dans plusieurs affections légères qui ne mettent pas la vie en dan-

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