LÉSION SPÉCIALE DU PARIÉTAL
par les auteurs classiques. Aucun deux ne s'énonce d'une laçou précise à cet égard ; ils parlent en général de lostéite {Dîci. en 30 vol. art. cr≠ Dict. en 60 vo!.. art. Crâne ; tHcL en 15 vol. y art. Ostéite) et disent qu'elle peut commencer soit par la table interne soit par la table externe ; mais on voit que leurs descriptions s'appliquent surtout, soit aux exostoses de la face interne du crâne, soit aux caries du rocher. La lésion présentée par notre malade consiste en une sorte d'ulcération de Tos, sans qu'il y ait des signes bien manifestes, soit de carie, soit de nécrose. 11 n'y a aucune saillie de Tos à Tintérieur de la cavité crânienne. Cette ulcération est limitée à l'os pariétal gauche, et par conséquent, tout-à-fait indépendante du rocher : enfin, il n'y a pas perforation de Tos à ce niveau. Ce sont là les principaux traits dé la lésion oEFerte par notre malade, et ni dans les articles que nous avons cités, ni dans le traité de M. Nélaton, nous n'avons rien trouvé qui put s'y rapporter. Nous avons compulsé toute la série des Bulletins de la Société anatomiquc et la collection de rUnion médicale^ sans tHre plus heureux.
Dans Abercrombie (Rech. pathoL et prat. sur les Dtaladies fie VEncéphale et de la moelle épiaicre, 2' édit. Traduction de M. Gendrin) nous avons puisé les faits suivants qui ont une certaine analogie avec le notre. Dans Tobs. XC, p. 265, ile-st question d'une femme âgée de 48 ans qui, un an avant sa mort, tomba dans un escalier et se fit des contusions à la tête. Dès lors sa santé se détériore; elle se plaint d'une douleur fixe à la tête. Cependant elle continue ses 0(;cupations domestiques jusqu'à trois semaines avant sa mort, qu'elle est prise de fiè\Te et de délire furieux. Ces accidents disparaissent après une saignée. Elle continue à ressentir une douleur fixe et profonde dans le côté droit de la tùte, à peu d(* distance de l'oreille qui est le siège d'un écoulement. Trois jours avant sa mort, elle tombe dans le coma, avec paralysie in-
AHCÉS DANS lA CAVITÉ ,vnACn>OÏmE?(>U
•Ali du cOlt; gaufhe el mouveraenls coQvulsifs du bras
uLopsic, on reconnall dans loiile la surface iaterui' du un singulier étal de maladie. La table ioternc sembh^ cr dans toute son (itendue. où l'on voit à uu le ugueus, irrégulier et celiuleux de la partie centrale
du crâne... L'érosion est la plus profonde sur les pa- , qui sont minces et transparents dans plusieurs points
à fuit perforés dans d'autres... A la partie inférieure misphère droit du cerveau, vers sa partie postérieure. e un abcès considérable...
oit que si cette observation a plusieurs Iniits de re?- .nceavec la notre, elle en diffère cependant notablelar l'étendue de la lésion, par la perforation des os, par idie du rocher, etc.
crombie, dans les réflexions qui suivent son observale plusieurs f;iits analof^ut-s qu'il lire de différents
cernent de i*aunée 1849. Elle a des plaques muqueuses au pourtour du vagin; elle est enceinte.
Kn un point du crâne, à Tunion du pariétal droit avec le frontal, elle ressent une douleur fixe, et à ce niveau on conslatf^ un empâtement très manifeste, et même une certaine senï^tion de fluctuation qui engage à pratiquer une incision. Il ne s'écoule qu'un peu de sérosité sanguinolente. Les douleurs incessantes, extrêmement vives, résistent à Tusage du sulfate de quinine à haute dose; Tiodure de potassium, au contraire, produit un bon effet. D'après la malade, la douleur fixe de la tête ol la tuméfaction ne seraient survenues qu'à la suite d'un coup, mais ce coup n'a été, en tout cas, qu une cause occasionnelle. La grossesse arrive à son terme vers le Ki mars. L'accouchement est extrêmement long et pénible; le travail dure trois jours. L'enfant est mort, et même sa mort parait dater de plusieurs jours avant Taccouchement. Quelques heures après Taccouchement, sans frisson initial, la malade est prise de fièvre, de douleurs de ventre, de vomissements et de diarrhée très abondante. L'utérus est très douloureux. Le lendemain, les signes d'une péritonite j)uerpérale se prononcent de plus en plus; la malade tombe bientôt dans un état adynamique et meurt le troisième jour.
A Vautopsie, on trouve une gangrène du col avec pus dans les veines, sans traces d'inllammation de leurs parois, une infdtration purulente du tissu du col, de petits abcès dans le tissu cellulaire des ligaments larges, et de la sérosité purulente dans le péritoine.
A la face interne du crâne, du cùté droit, on aperçoit, à l'union du frontal avec le pariétal, une plaqu(» jaune, rugueuse, tachetée de points rouges très lins et très serrés. Cette tache a la largeur d'un écu de 0 francs; elle est limitée des parties voisines des os par un bord net. En sciant l'os à son niveau, on voit que l'altération s'étend â peine à une profondeur de 1 millimètre. Quelques petites taches jaunes, injectées et également nettement limitées, existent au pourtour de la grande. La duremère, au niveau des parties malades, présente une coloration Charcot. Œuv. compl. t. ix, Hémorragie cérébrale. lo
L46 ARCËS DANS lA CAVITÉ ARACHNOÏDIENKE
(l'un violet foncé formant une tache <|ui rappelle exactement, par sa forme et son étendue, celle qu'on voit à la face iaterno de l'os. Le cerveau est saia, ii en est de même du péricr&ne et des téguments crâniens.
Les quelques exemples que nous venoas de rapporter, et où l'on peut voir des lésions crâniennes analogues h celles qu'offrait notre malade, ne doivent pas nous empêcher de conclure que ces lésions sont rares.
Il n'est pas fréquent non plus d'observer des collections purulentes dans l'intérieur môme de la cavité arachnoldicnne et en cela noire observation présente encore un certain intérêt. Le plus souvent le pus a pour siège spécial le tissu sous-nrachnoïdien ; quelquefois pourtant, on l'a vu se réunir en abcès entre l'os malade et la dure-mère; on a vu même, sous l'influence d'une liyperostose crânienne saillante & l'intérieur, une collection purulente entre les deux lames de la dure-mère (Co7n;3Wj rendus des séances de la Soc. de Btol., p. 72, obs. de M. Titon). 2* Les lésions trouvées & l'aulopsie expliquent-elles les phénomènes observés pendant la vie de notre malade ? Peut-on indiquer la marche de ces lésions, et pour ainsi dire leur Age, par la marche de la maladie?
I.a lésion inilialo a certainfinienl été ralfei'lion du pariétal.