‹ Œuvres complètes de J.-M. Charcot v. 9, 1890 (volume 3)Chapitre 29 sur 85 · Extrait de la Gazette hebdomadaire, 1863, n* 29, p · texte numérisé non relu

Extrait de la Gazette hebdomadaire, 1863, n* 29, p

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'a), trmlRS les fois qu'elle s'eflbrçaiL soit de répondre îstion qui lui avait été adressée, soit de comraunipropres idées. La langue, d'ailleurs, était libre ; la ouvait la tirer hors desabouche et la mouvoir avec droile. àgauche. et, en un mol, dans toutes les direc- ^n lui indiqiiail. — Du côté non paralysé, les traits ■, l'œil surlout, étaient Ipôs expressifs. L'intelligence lineraciil conservée, au moins pour une bonne partie, à l'aide de certains gestes qu'elle exécutait avec le

main gauche, celle malheureuse infirme parvenait ■onnaftre aux personnes du' service ses moindres à spécifier, par exempte, le genre d'aliment qu'elle jbtenir. Le jour de son entrée à l'hospice, entre

le put. grài'e à une mimique très-animée, nous faire ire. que déjà, aune autre époque, elle avait séjourné Hriére dans une salle autre que celte qu'elle occupait lenl, et indiquer enGn qu'elle reconnaissait, pour les

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En profondeur, le ramollissement s'étendait dans la direction du corps strié : le noyau extra-ventriculaire du corps strié tout entier et le noyau intra-ventriculaire dans sa moitié postérieure seulement étaient envahis par le ramollissement. La couche optique était restée intacte. Les circonvolutions pariétale transverse et frontale transverse, les trois circonvolutions frontales antéro-postérieures , désignées sous les noms de première, deuxième et troisième circonvolutions frontales^ furent examinées dans toute leur étendue, une à une, et avec la plus -grande attention. Ces diverses circonvolutions ne présentèrent à fœil nu aucune altération appréciable j soit dans le volume, soit dans la couleur ou la consistance. Elles étaient, d'ailleurs, séparées du foyer de ramollissement par des parties de substance nerveuse qui parurent être à l'état sain. La pièce anatomique a été mise sous les yeux des membres de la Société de biologie, qui ont constaté toutes les particularités qui viennent d'être indiquées.

En désespoir de cause, de minces fragments de substance nerveuse, pris sur divers points de la troisième circonvolution, furent portés sous le microscope: les éléments nerveux en général n'avaient pas subi d'altération ; toutefois, cà et là on rencontrait quelques corps granuleux (deux ou trois seulement tout au plus pour chaque préparation). Plusieurs vaisseaux capillaires avaient subi, à un faible degré, la dégénération graisseuse. Ces altérations, d'ailleurs peu prononcées, existaient sur toutes les parties de l'hémisphère cérébral qui avoisinaient le foyer de ramollissement.

Dans le travail auquel je faisais allusion plus haut, M. le docteur Auburtin s'exprime quelque part comme il suit : « Pour mon compte, je suis prt^t à considérer comme complètement erroné ce point de physiologie, r/ue le rentre cérébral qui préside aux moure/nents dp roordinalion de la parole a son Hf'fje dauR /es lobes antérieurs du corrpaa, si Ton peut

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produire une seule observation relative à un malade qui. ayant été privé de l'usage de la parole, ait présenté les lobes antérieurs dans un état d'intégrité complet en les examinant par circonvolutions. »

J'ignore, mon cher ami, si les faits contenus dans mon observation pourront modifier l'opinion si nettement exprimée par M. le docteur Auburtin. Pour mon compte, je ne puis me résoudre à admettre que le» quelques altérations révélées par le microscope dans la substance nerveuse de la troisième circonvolution suffisent pour expliquer un état d'aphéraie très prononcé, tel qu'il existait chez ma malade. On en rencontre très souvent d'analogues dans le cerveau, qui ne se sont traduites par aucun symptôme appréciable, et je me vois conduit à conclure que le siège de l'organe central du langage articulé, — si toutefois il existe un tel organe, — reste encore à déterminer.

J. M. Gharcot.

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que cette observation est laconiquement présentée, — et ce n'est pas vous qui m'en ferez un crime, — mais au risque d'associer deux termes que M. le docteur Auburtin semble considérer, je ne sais trop pourquoi, comme inconciliables, je persiste à croire qu'elle est en même temps complète. — Elle est complète en tout, du moins, qu'elle établit péremptmrement l'existence de l'aphémie chez un malade qui avait conservé, une bonne partie de son intelligence et chez laquelle, d'ailleurs, les mouvements delà langue étaient restés libres ; elle est complète encore, si je ne me trompe, en ce sens qu'elle détermine avec une précision suffisante le siège et la nature des altérations de l'encéphale que l'autopsie a fait découvrir; elle est trop complète même, peut-être, si l'on peut ainsi parler, puisqu'en mentionnant certains détails d'anatomie microscopique évidemment sans intérêt pour la question à débattre, elle provoque M. le docteur Auburtin à laisser paraître quelque peu d'inexpérience en matière d'histologie pathologique, en ce qui concerne tout au moins l'appréciation de la valeur réelle des altérations de la substance nerveuse cérébrale.

Sans aucun doute, cette observation se trouve être en opposilion formelle avec la plupart de celles qu'a rassemblées M. le docteur Auburtin. Mais pourquoi ne céderai-je pas à mon tour à la tentation de rappeler qu'il convient parfois de peser les observations, non de les compter? on prétend localiser une faculté dans un point déterminé de l'encéphale à l'aide des données combinées de la clinique et de la nécroscopie. J'ai le droit d'exiger que le rapport qu'on cherche à établir entre le trouble fonctionnel et la lésion d'organe soit démontré Atre un rapport constant ; de quel poids dès lors n'est pas, dons une question ainsi posée, une observation contradictoire, fùt-elle même complètement isolée ?

En pareille matière, les procédés de la statistique ne sont

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if^nt pas rigoureusemeiil applicables; raais j'adinfits inslanl qu'on laisse inlervenir les chiffres. Quelles f observations si nombreuses qu'annonce M. le docirlin et qu'il veul opposer à la nôtre? saas doute, il ■a pas invoquer les faits recueillis dans le temps oïi m dp l'aphémie i^tait enron> dans sa première phase : Le époque, la délimitation anatoraique des lobes ann'étail point faite suivant ie mode adopté aujour- ■ plus, l'importance de l'étude par circonvolutions is encore été mise dans tout son jour, et, k ce double van. les observations anciennes cessent évidemment mparables aux observations récentes. Cette déduc- , quels cas restent donc à lappui de la thèse soutenue tiburtin? En vain ai-je cherché dans le volumioeux i> cel auteur des faits tirés de son propre fonds: ■piiconlred'abord, par compensation, les observations docteur Broca, observations fort remarquables sans

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frontale en particulier, que M. le docteur Auburtin, je le vois bien, ne se laisserait pas encore convaincre ; il réclamerait ce qaïl appelle la contre-épreuve : c'est à savoir, l'histoire complète et détaillée d'un individu chez lequel la parole aurait été conservée, alors que chez lui toutes les circonvolutions frontales auraient été détruites ! Serons-nous jamais assez heureux pour mettre la main sur un fait d'un caractère aussi singulier, et qui mériterait certainement d'être nommé la perle des cas rares? Pour stimuler notre zèle, sans doute, M. le docteur Auburtîn veut bien nous faire connaître qu'un prix de 500 francs attend l'heureux possesseur d'une telle trouvaille. Mais la récompense proposée se montre-t-elle à la hauteur du but à atteindre? Pour moi, je pense qu'une observation remplissant toutes les conditions requises par M. le docteur Auburtin serait vraiment inestimable, et qu'elle ne saurait être payée d^aucun prix.

Agréez, etc.

J.-M. Charcot.

IIAMOLLISSEHEnT CÉRÉDKAL ET EflcepHALITG

irches cliniques et anatomo-pathologiquea sur le amollissement cérébral et Tencéphalite (1).

Lide aDatomique du ramollisxentent cérébral chez les

-ds a conduit l'auleur â se rattacher à la doclrioe qui celte maladie une altération delà nutrition, relevant

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