‹ Œuvres complètes de J.-M. Charcot v. 9, 1890 (volume 3)Chapitre 30 sur 85 · RAMOLLISSEMENT CÉRÉBRAL ET ENCÉPHALITE · texte numérisé non relu

RAMOLLISSEMENT CÉRÉBRAL ET ENCÉPHALITE

variété de corps granuleux. Il y a donc lieu d'établir, au point de vue anatomique, une distinction fondamentale entre le ramollissement cérébral et 4'encéphalite. Cette distinction n'est pas moins importante au point d^ vue clinique. Il résulte, en effet, d'un grand nombre d'observations faites en commun avec Vulpian, que les phénomènes précurseurs du ramollissement, tels que Tétourdissement, par exemple, sont plutôt en rapport avec l'ischémie cérébrale qu'avec la congestion du cerveau, et que certains symptômes qu'on rapporte généralement à l'encéphalite, tels que le délire, les convulsions, les contractures, sont très rares au début du ramollissement. Lorsqu'on les observe dans ce dernier cas, ils peuvent être rapportés toujours à une complication. Quant à la contracture tardive, si fréquente dans les membres paralysés chez les individus atteints de ramollissement ancien, ce symptôme parait devoir être rattaché à une lésion consécutive de la moelle épinière (sclérose consécutive descendante). Ces résultats ont été consignés dans un travail de MM. Prévost et Colard et dans la thèse inaugurale de M. Poumeau. Enfin, M. Proust a indiqué dans sa thèse d'agrégation quelques faits relatifs à ce sujet, qui lui ont été communiqués par M. Charcot.

M. Charcot a, de plus, appelé l'attention sur une variété du ramollissement qu'il n'est pas très rare d'observer dans le cours de la cachexie cancéreuse, et qui n^sulte d'ime thrombose artérielle par inopexie.

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li les affecLioiis si diverses qui peuvent se développer !S membres, ii la suite de certaines lésions trauraaliu spoiilaaées di-s nerfs périphériques, il en est, comme

ARTHROPATHIES LIÉES A LATAXIE LOCOMOTRICE 159

dant non moins remarquables, qui tendraient à établir que les articulations peuvent être affectées encore, sous l'influence plus ou moins directe de lésions portant, non plus cette fois sur les nerfs périphériques, mais bien sur une partie du système nerveux central, telle par exemple, que le cerveau ou la moelle épinière.

La présente note aura surtout pour but de faire connaître dans leurs principaux détails un certain nombre d'observations cliniques et microscopiques, qui, si je ne me trompe, doivent être rattachées à cotte catégorie. Il nous a semblé que Tétude de ces observations pourrait fournir quelques renseignements relativement au mode d'influence du système nerveux sur les actes de la nutrition, et c'est là surtout ce qui nous a engagé à les produire. Nous comptons nous borner toutefois, pour le moment, presque exclusivement, à exposer les laits, nous réservant de développer dans une occasion prochaine les vues physiologi(iues qu'ils suggèrent.

Nos observations seront ramenées à deux chefs principaux : Dans un premier groupe, il s'agira d'une affectioa singulière des articulations, qui se manifeste quelquefois dans le cours de l'ataxie locomotrice progressive ; Tautre groupe comprendra plusieurs exemples d'une espèce d'arthrite qui, dans certaines circonstances, affectent les jointures des membres paralysés, chez les sujets frappés d'hémiplégie à la suite d'une lésion de l'un des hémisphères du cerveau.

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