ASPECT DES ANÉVRYSMES MILIAIRES
\j' nombre des anévrysnies est très variable, mais il ik» peiU èlre apprérié d'une manière e\art(», les coupes de Tencépliale, ne pouvant pas «^tre assez multipliées pour ([u'nn bon nombre n'ait jjas pu é:*liapper aux recherehes. Il nous est arrivé, malgré le soin le plus minutieux, de n'en découvrir que deux <»u trois; le plus souvent, on en trouve un nombre beaucoup plu^ «cmsidérable; cpiehpiefois même, on en compte des centaines dans un même cerveau.
Nous avons déjà dit plus haut que c'esl surtout chez l(»s vieillards qu'on les rencontre, mais nous avons indiqué aussi ([u'ils n'appartiennent pas (m propre à la vieillesse. puisque nous les avons vus, avec l'artérite scléreuse qui les prépare, <hez un jeune honmie de 20 ans, et qu'il en existe trois cas. chez des individus âgés de 20 à 30 ans.
Quand on dépouille de ses membranes un cerveau qui contient des anévrysmes, il arrive fréquemment qu'on les ap«»rçoil tout d'abord à la surface des circonvolutions ou chms les sillons (pii les séparent. Voici ccnument ils ai)paraissent alors. C<' sont de p(Mites lâches ronch's, lé;:ièrenienl saillantes, des dimensions d'un erain de mil, disséminées en nombre variable, ([uelipiefois très nombreus^'s, (hversemenl colorées depuis le rouge vif ou violacé jusqu'au brun rougeàtre ou noiràlrf. quel([ues-uns même gris ou jaunAtre (PI. I, fig, 2, A.r> I. Si l'on examine ces taclies de plus prés, on voit que rliacune (Felles est constituée par un grain de résistance variable [)lns ou moins régulièrement sphérique. On peut les iHi!»*r. à l'aide d'aignilb'S. du tissu nerveux ambiant ([ui leur forme comme une cupule. D'autres fois, l'isolement est n^ndu ]ihis difficile, soit par la délicatesse très grande de la membrane d(» l'anévrysme, soit par l'adhérence du graïuile avec le tissu (pii l'entoure. Quand la dissection est complète, on constate que ce grain se continue par un de s<»s [)oles avec un vaisseau qui plonge dans l'épaisseur de la circonvolution.
38 ASPECT DES ARI^VRYSMES HILiAmEfl
Lorsque les malniles ont succombé à une attaque récente, on trouve souvent que]([ues-uns de ces grains plus volumineux, dépassant assez souveut les dimensions d'un gruin de chénevis; ils sont violets; le sang qui les distend n'est recouvert que par une très mince pellicule membraneuse. Alors, si l'on expulse ce sang en pressant le petit globe entre deux lames de verre, on reconnatl au centre un anévrysme semblable aux autres, mais rompu et entouré par le sang qui distendait la membrane d'enveloppe, qui n'eslaulreque la tunique lymphatique ; de sorte que.lù ou l'on croyait avoir affaire à un anévrysme volumineux, il n'y a, en réalité, qu'un épandietnent de sang dans la gaine dilatée avec un anévrysme véritable ail centre. Dans les cas oîi cette gaine s'est rompue. l'iippareme que nous venons d'indiquer n'existe plus et on a un vérilabie foyer bémorrliagique,
Qu&hd les anévrysmes sont complètement plongé? dans la substance grise des circonvolutions, il arrivé souvent qu'on les aperçoit vaguement par transparence, ou les devine ii une tache bleuftlre mai limitée, formant comme urie marbrure à la Burfai'c libre de la circonvolution.
Les mêmes apparences que nous venons de déirire se remarquent à lit surface de section pour les anévrysmes des parties plus iJrofondfS ; mais généralement, leur recherclie exige plus : des anévrysmes îles eirconvolutious
RECHERCHK DES A?IÉVRTSMES MlUAlREf; ^f)
par la percussion il\m filet d'eau ou par le lavage avec un
pinceau. Ces divers moyens qui ont été employés déjà pour la
recherche du vaisseau rupture où Ton pensait trouver la source
de l'hémorrhagie sont tous défectueux. Le procédé qui nous a
paru fournir les meilleurs résulUits est le suivant. Après avoir
ouvert largement le foyer et laissé tomber du caillot ce qui
s'en échappe naturellement, on place Tencéphaie dans de
Toau qu'on renouvelle fréquemment, sans secousses, en
inclinant seulement le vase de temps à. autre, de manière îi
iléîacher ])ar parcelles le caillot encore adhérent au\ parois. Au
bout d'un temps vîiriable, on finit par isoler un assez grand
nombre de J>etites masses chroniques qui flottarl ii la surface
du foye:*, mais ([ui y n^stent rattachés par des fllnmi*nts Vas-
rula!>e»s. Q'e«;t sur ces petites masses que Texamen niicrosco-
}fique doit porter. On en (examinera unhon nombr^avantde Itmi-
ver enfin uli finévrysiiie. La plupart ne sont que des fnî|s!'nir*nis
«lu caillot bouchant à la ia(;on d'un capuchon des vaisM^atn
ruptures iV\. III, fiff. 2), mais on finit par erl trouver quelqUeîJi-
niu»s. dans l(»s<|u»'lies, en suivant le vaisseau à Iravers la
uiasst' librincusé; on \o voit se dilater lout-à-coup en IbrMie
(ranq;«Kilesphéri(iue conlenant encore dusangàsoU iiilérieur;
îHiiis i'euduc sur nue parli»» dn son pourtour; et Ton cctUsInU»
aioîs <|iu* la pltne disséquée ou plutôt injectée par ré|)ain*he-
iiient. est également rompue: de telle sorte qu'il y a cnnli-
miilé entre le caillot du foyer, celui qui distend la gaine et enfili
r»'lni qui est encore renfermé dans Tanévrysme. Ou h» voits
r^xamen microscopique ([ui ne doit d'ailhnirs cire fait qu'il
Uîi faible grossissenuMil. et ([ui élait iruilile pour la déternilua-
lio:i daiiévrysitier^ éloignés du foyer, devieni inrlispeuslthle
l(>rs»[u*oii veut reclierclier ceux ([ni ont pti proviirHn»r
répani'hement.
Quand on a isolé un anévrysnie à Tétat d'inté^rrilé et ([u'un léhitlie à un plus fort grossissement, on voit (pie sa patt)i se
2i CORSTITITIO.N DE<i ANËVRVSNES MII.IAIRGS
continue sans liffnc de démarcation avnr les luniques ihi vaisseau qui s'j penil et de celui qui en émerge ; mais ces tuniques ne sont [dus distinctes tes unes des autres. La musculeuse, qui faisait déraul sur Tartériole, à une distance plus ou moins grande en deçà et au delà de l'anévrysme, manque absolument sur ce dernier, de sorle que l'advenlire est au contact de la membrane interne. Il s'élablil niAme eiilre ces deu\ tuniques une telle fusion, que la di-marcation n>\iste plus ; on ne saisit qu'une seule membrane à la surface de laquelle on peut voir de nombreux noyaux, ou, plus souvent, des corpuscules fusiformes de tissu conjoncUf. La gaine, qui peut rester indépendante, se soude aussi quelquefois à laparoi de ranévrysme. On aperçoit par transparence le sang dont les éléments normaux paraissent mélangés à des amas granuleux. Si l'on presse sur la lamelle de verre qui recouvre la préparation, ce sangs'écoule parles deux bouts de l'artère ou s'échappe brusquementparune rupture de l'anévrysme. Onpeut alors l'étudier plus complètement. On trouve à. cilté d'une partie plus liquide, constituée à la façon du sang normal, une autre partie moins fluide. grenue, transparente, renfermant do très nombreux leucocytes, dont quelques-uns gonflés et granuleux, à la façon des corps de Gluge ; on peut trouver aussi, interposées aux éléments, des gouttelettes et des granulations de graisse. L'accumulai ion d(-« fjlohuks hirinrs l'I di' la nialii'rf <imnri>li>'
CONSTITUTION DES ANÉVRYSMES NILIAIRES 25
vrysnie et du vaisseau au voisinage de ranévrysrao, peuvent s'épaissir par la prolifération de l'adventice et s'infiltrer aussi de granulations graisseuses. Dans les cas où un anévrysme rompu antérieurement a laissé le sang distendre la gaine sans la déchirer, sans former par conséquent un véritable foyer, la présence de la graisse et des grains ou des cristaux d'hématoïdine ne s'observe pas seulement à Tinté rieur de l'anévrvsme, mais on la constate d'une manière diffuse autour de lui, et les produits de métamorphose du sang infiltrent un tissu de nouvelle formation, résultant de la soudure de la gaine avec Tanévrysme et de la prolifération nucléaire du tissu nerveux ambiant. Quelquefois même, des capillaires assez nombreux se développent à la surface du grain ratatiné, et semblent former des vasa vasorum.
Telle est la constitution des anévrysmesmiliaires. Ces dilatalions ampullaires, ou quelquefois seulement fusiformes se font généralement aux dépens de toute la périphérie du vaisseau ; d'autres fois, elles sont latérales et n'interrompent pas complè- ItMuent le calibre de Tartère. Ces expansions latérales peuvent ♦Mn* pédiculées.Uneartérioieneporte habituellement qu'un seul anévrysme, mais quelquefois, on peut en voir plusieurs groupes formant une sorte de grappe suspendue au même filament vasculaire ; d'autres fois le vaisseau présente successivement plusieurs dilatations et prend une disposition moniliforme. Après avoir fait connaître les anévrysmes miliaires en euxmêmes, nous devons maintenant les étudier dans leurs rapports avec Thémorrhagie cérébrale. Nous exposerons d'abord Ihs faits d'hémorrhagie du cerveau que nous avons rassemblés df'puis que notre attention est fixée sur la recherche de ces anévrysmes. Ces faits peuvent être divisés en trois catégories, «•eux ou Thémorrhagie avait déterminé la mort peu de temps après l'attaque et où l'encéphale ne montraitque des foyers récents; ceux ou des extra vasations récentes coexistaient avec des
â() IIIÎNOHRACIliS RtïCKrtTES
Iraees ocreu^i-s (raiiciporic npojdoxio sanguine ; ceux enfin, où l'on ne trouvail à l'uulopsie qniî laeicalrice ncllement reconnnissabtc d'nnr lu'inorrlmgic anléricurp.
Les observations d'iiémorriiagie cC-rébrale que nous allons rapporter ont pour la plupart été rerueillies avec grands détails et plusieurs uni élé déjà pid)liées iii-cxtenso. Les limites dans lesquelles mm? devons nous renïermer et le but spécial de ce travail nous onl détenniiié à ne les reproduire iei qu'en ainégé. Nous nous elfmrerons eependaiii d'indiquer au moins sunnnalrenienl, les eararlères qui It^gilininienl le diagnostic porté. Quant à la détermination naaluniique de lu lésion et de ses causeP palliogiaiiques procbaines, elle a toujours élé faite avec un soin minutieux ; et si dans nos observations il n'est ])as fait mention le plus souvent d'obstructions artéiielles ou irubliténitioiis veineuses, c'est [jup, en réalité, ces altùratioiis vasi'ulaiies faisaient défanl. Les dilatations anévrysmaliques. dans tous les cas (pie nous avons rei'Ui'illis el dans plusieui":» de cen\ qui nous ont élé communiqués par d'autres observateurs, onl été cmistiitées |iar nous, non seulement à l'œil nu, mais encore au microscope.
OB.^ERTATIO.IS Ûl
caillot, lo lissa cérébral est mou, diflliiont, et après l'avoir d^•ta^hé par lambeaux au moyen de la macération dans une eau fréquemment renouvelée, on arrive à constater dans les parois mêmes du foyer, Texistence de deux anévrysmes miliaires assez volumineux. Un de ces anévrysmes est rompu et <oii caillot intérieur est en continuité directe avec le caillot de ICpanchement. — On trouve dans Thémisphére gauche des lacunes jaunùlres assez étendues, résultat de ramollissements anciens.
Les artères de la base sont par places un peu alhéroma- Ipusos. L'artère basilaire est tortueuse et présente sur lecolé fOiiu'he de la protubérance une dilatation de la grosseur d'un haricot. L'artère sylvienne gauche est également dila'ée fi t;on tuiitine. — L'état des viscères ii'd pas ^lé holé:
Ow. H. Salpètriâre, Saint-Luc, ± — Cuarcot.
Raynié (Jeanne), B2 ans). — Cette feihlhe dont l'obseKalion a «té égarée, est morte d'hémorr*hàgie cérébrale Id 34 tridi 1800.
l.'aittopitifi a relevé des foyers iniiltiples d'héitioi^rhiigie céréliral»* récente et d'assez nombreux fliiévrvslhes inilialres tlîlns les •'iîvoiivolulions.
Oiis. in. Salprtririr, Saint-LUc, ;L — GliArtcor.
Drrjktain I Louise-Antoinette); 7i ans. — Celte HMiimc», bien |Hirlantt' habituellcMnent, quoitiue Iraînarit Uti peu une jambe, ♦'^t frappée d'apoplexie le "2. juin 1800. — Klie reste dans le coma >l*^rloreu\ avec résolution des membres plus grande [)eut-èlre «lu rnlé tiroil que du coté gauche, mais sans i)rédominîHic(» îiianifi'slr de la paralysie plutôt d'un coté que de l'autre. Klle niJ-urt au bout de quatre heures le :i juin ISiil».
A V'nitoifsit.\ou trouve une bt-thî'ltrl sèche rtvec ankylo?;e c'*lliil'ii-ïf du genou droit. L'encéphtlle reiitVrlne dans riiéniisphère ^T»u.■he un vaste épanchemeUt qui à labouré la substance du «'ffitre ovale et dilacéré le corps strié. Un é|)ancheinent un peu moins considérable existe dans le^ points symélriqmM de l'héiiii<plière droit. — Vn petit foyer se trouve aUs:^i dans l'épais-
^^^-.v.^»^;, uM H peine atliéromateuse. el ment quelques plaques scléreuses dans sa porti* Cependant, dans la portion abdominale, on t points ulcérés. Les reins sont volumineux sani structure.
Obs. IV. Salpêirière, Saint-Jacques, 15. — Chai Barbillon (Marie-Rose), 75 ans. — Attaque d' hémiplégie droite. Perte absolue de la sensibilit ment au bras droit, sensibilité obtuse et conserv du mouvement volontaire au membre inférieur 29 septembre 1860, cinq jours après Taltaque.
A Vautopsie^ on trouve un vaste foyer hémor détruit la couche optique gauche, la jiartie postéric intraventriculaire du corps strié gauche et Tét du pédoncule cérébral gauche. Le sang a fait irru; cavités ventriculaires. Les ventricules latéraux el moyen sont remplis de caillots. On rencontre plusi mes miliaires dans la protubérance et dans la c( droite. Les artères de la base de Tencéphale s< athéromateuses. Le cœur est volumineux avec su ?euse. Les reins sont normaux.
Obs. V. Salpéirière, Saint-Matthieu, 16. — Vulpi Handuc CMa^ieJnalST*Ki»»'-^
oa
devient douloureuse, la lièvre devient continue, Tictère persiste. Le 8 octobre, légère èpistaxis; le 9 octobre, assoupissement, puis résolution, insensibilité, coma et enfin mort.
A Vantopsie^on trouve dans Tencéphale plusieurs vastes foyers hémorrhagiques occupant les deux hémisphères, ayant dilacéré les couches optiques et envahi tous les ventricules. On trouve aussi un vaste foyer hémorrhagique dans l'épaisseur du cervelet. Tout autour du foyer, le tissu cérébral ramolli, mais ne contenant pas de corps granuleux, présente une coloration jaune très foncée due à Timbibition par le sérum du sang chargé des matériaux de la bile. On trouve plusieurs anévrysmes dans les parois du foyer des hémisphères; on en rencontre également plusieurs dans l'épaisseur de la protubérance. Les artères de la base sont légèrement athéromateuses.
Le cœur est normal. — Le rein gauche est extrêmement atrophié, le rein droit est hypertrophié. — L'aorte est saine. On Inmve dans le foie un cancer des voies biliaires. — Une inondation sanguine de ce cancer a injecté d'un sang noir toutes les divisions du canal hépatique. La compression exercée par le «amer était surtout manifeste au niveau du point où le canal h»^patique se réunit au canal cystique.
Obs. VI. Salpêiri'hr, — Vllpian.
Longueville, 77 ans. — Les renseignements manquent. Cette !''îiHne étant morte en octobre 1800, on trouva à Tautopsie une luMimrrhagie récente du lobe droit du cervelet. En enlevant la pie-mère, on découvrait des anévrysmes miliaires sur les circon- \ohi!ii)ns.
Ubs. Vil. Salprfruhr, Sainte-Cécile, il. — Charcot.
Jiili<»n iCatherine), 51 ans. — Cette femme avait eu, il y a un un. un certain nombre de inétrorrhagies très abondantes. Depuis <i\ mois, elb* n'a plus eu une seule hémorrhagie, mais elle n'a pas lardé à éprouver de temps à autre des étourdissements »'t des fourmillements dans les membres, au point qu'elle avait une grande frayeur d'être frappée d'apoplexie.
. - ...wuiv lu iijanvior 1807, un jour î A Vautopsic, ou trouve un foyer anfractueux plique gauche, oaipiétanl sur la partie postéri triés. Co foyer a fait irruption dans les ventric )yer très-petit, très net, non anfractueux, sa lent périphérique, existe tlans l'étage supériei érance. Enfin, dans le corps strié droit, on trouva 2tit foyer récent. On a trouvé dans les parois du isphèrc gauche, et dans calles du foyer de la ] usieurs anévrysmes miliaires. 11 y avait aussi de ysmes miliaires sur les circonvolutions. — Les se de Tencéphalc n'étaient nullement athéromat( ses principales branches n'étaient également p. ises. Le cœur non hypertrophié était seulement u graisse; son poids était de 387 grammes. L'oril 1 avait 0™0r»5 de circonférence; la valvule mil urée avait 0"» 08 de pourtour. — Le foie sain pesj >. Les poumons congestionnés pesaient 1.180 , petite, ratatinée, dure, pesait 190 gramme ts, légèrement atrophiés, pesaient ensemble 19 rouve dans Tutérus un corps fibreux interstitie e orange.
s. VIII. Hôtel-Dieu [[), Sainte Jeanne, 19. — Ba .. 06 an*; — ^-» ' -
appliquées lors do l'ontrée du malade à Thopilalf il osl pris d'érysipèle el meurt dix ou quinz(3 jours aprÔB l'attaque, le 19 février 18r>7.
A Vautopuic, on trouvo un loyav hémorrhagique du voluino d'un j;ros œuf entre Icii circonvolutions de Tinsula et le corps strié. Plusieurs auévrysmes miliairos ont élé trouvés dans les parois du foyer. D^autres anévrysmes miliaires ont été trouvés dans divei*s points de l'encéphale.
Obs. IX. HfUcl'/Jiou {[), Saiut-Roch. — Bahtii.
Homme (Emilie\ ri8 ans. — Celte femme, qui n'avait jamais eu de paralysie est frappée d'apoplexie le 17 février 18117, et est apportée à rHôtel-Dieii en état de coma avec une hémiplégie «Iroile. Elle meurt le 21 février 1807.
A Vautopsir, un vaste épanchemont santçuin qui, ayant son luigine dans la couche optique gauche, a fait irruption dans les vtîntricules, qui sont complètement injectés. On rencontre dans la couche optique dilacérée plusieurs anévrysmes miliaires. On en trouve quelques autres dans les parties saines du tissu cérébral. Les artères de la base sont alhéromateiisos. Le cœur un p<Hi surchargé de graisse, parait à [>eu près sain. L'aorle présente (|uelques pla^fues calciliècs. La sal)slance corticale des reins est très atrophiée.
Om>. X. Salf)f'irirrc, Saint-Alexandri?. Il — Ciiaucot.
Humé iClarissc-Adèlaïde). 'i'j ans. — Atleiutc, il v a six. mois, d*un(» h/*îniplègie subite du ciUé droit, sans pf^-te do connaissance, cette femme avait recouvré au bout de quelque temps i usage d<î ses membres. Dans les derniers temps de la vie, liu- Iflligence s'obscurcit, la marche devient difiicile, puis impassible ; la t"ac«» est rouge, la parole embarrassée, le pouls moule à V,i:l pulsations par minute, la température rectale s'élève à iO",4. l'n lualin, on la trouve dans le coma. La respiration est devenue. itertoreuse, la température atteint U'',8. Mort le II Mars 18(i7.
l. <.»i<s. roniinuniqiiéc par le? doclcurs 01li\ier vi Prôvusl.
32 HËHORRACIES RÉCENTES
A Vaulopsin, on trouve de» néo-meiubraDes de la dure-mère plus épaisses à gauche et contenant un petit épanchemenl sanguin dans leur épaisseur. Foyer d'hémorrhagie récente dans le noyau extra-ventriculaire du corps strié droit. Plusieurs foyers d'infiltration celluleuse, suite de ramollissement ancien dans riiûmisphère gauche. Plusieurs anévrysmes miliaires dans la protubérance, les circonvolutions, le centre ovale et les couches optiques. Les artères de la base sont très athéromateuses.
Le Cfrur est (ixtr^menient volumineux : ses parois sont d'un jaune clair, les libres sont chargées de granulations pigmentaires; il pèse 3iÔ gi-ammes. L'aorle est presque saine. Les pouiawin sont très fortement congestionnés. Les rein» pèsent ensemble iV) grammes et présentent un certain degré de jtyiîlunéphrite ancienne.
Obs. XI. Hôli'l'DU:u dn Ai/oh i^i), 3' Femmes, 8f.
Bastien (Marie), W ans. — Cette femme a été frappée d'apoplexie le 19 mars IHtiT, avec perte complète de la sensibilité et du mouvement à droite et déviation de la face gauche. Elle meurt le âO mars 1867.
A Ynulopiie, on constate un vaste foyer d'hémorrhagie récente occupant la presque totalité du centre ovale. L'examen des parois du foyer, fait parM. R. Tripier, a montré un grand nombre d'anévrysmos miliaires; on en acompte plus de vingt, dont quelques-uns ruptures. — Les artères de la base étaient athéroiimtmises.
()ues énergiques; il meurt sans convulsions vingt minutes après lattaque, le i Avril 1807.
A Vautopsie^ on trouve une hémorrhagie qui a labouré la couche optique et le corps strié du côté gauche et qui a fait irruption dans les ventricules; le caillot se poursuit jusque dans le quatrième ventricule. Les artères de la base présentent quelques plaques molles, blanchâtres. Le cœur présente une hypertrophie concentrique énorme, les valvules sigmoïdes sont légèrement scléreuses, mais sans lésion de canalisation. Les autres organes n'ont pas été examinés.
Les pièces relatives à ce cas ayant été présentées à la Société anatomique par M. Brémond, interne de Thospice de Charenton, une portion du cerveau nous a été confiée, et nous y avons reconnu, indépendamment d'une péri-artérite scléreuse très prononcée, la présence de plusieurs anévrysmes miliaires dont quelques-uns très volumineux.
Obs. XIIL Salpètriêre. — Cuargot.
Baudois (Marguerite), 91 ans. — Attaque d'apoplexie, hémiplégie gauche avec contracture, retour de linlelligence. Mort neuf jours après Tal laque, le ^1\ Avril 1807.
A y autopsie^ on trouve un foyer hémorrhagique récent de la couche optique du cùté droit, ouvert dans le troisième ventricule. Quelques anévrysmes miliaires sont constatés dans les circonvolutions. Les artères de la base sont très alhéromaleuses.
Le ca?*/r est petit, sans altération de structure: il pèse tilO jrrammes. Le ventricule gauche semble présenter un peu d'hypertrophie concentrique; les valvules aortiques sont légèrement incrustées de sels calcaires, sans lésion de canalisation. L'aorte est très alhéromateuse et présente quelques kystes fibrineux dans sa partie descendante. Les rr'nis sont très petits; ils ne pèsent ensemble que 1:25 grammes, mais leur tissu parait normal.
Ob>. XIV. SalpfUrifh'c^ Saint Luc, 5. — Chahcot.
Barthélemi (Marie Joséphine), Oî) ans. — Cette l'cnime, frap-
^ Cuargot. Œavr. compl. t. ix, Hémorragie cérébrale, 3
Hi iih^xonnACtEs nÉCE>TES
pi'c <)'aiin|)l«>xio le 30 avril 1867, avec hémiplégie du cùlé droil,
iiK'iirl l[' ."> mai 1N(Î7 avec une température rectale de tO°,6.
A Viiiiliijtiir, on trouve un foyer hétnorrltagique qui a détruit la l'oiirlic <i))ti<|iio (gauche et intéressa le noyau extraventriculaire du l'orpit sli-ii'. On a rencontré des anévrysines miliaires daas la priilultémnci' et <lans les circonvolutions. Les artères de la base Hiint niiliilil('iiii>nt nllii'roinatcHses. Le cœur volumineux pèse 411) [(l'HiiiniiM. Lus valvules sont saines, mais l'orilice aortique est iiifiiiis large que l'orilice pulmonaire. L'aorte ne présente que <iui'lqu<'s ]ilaiiu<'s ulliérouiatcusGs au niveau de la crosse: les ri'int* nu peu ntri^pliiés pèsent ensemble 210 grammes.
Oiis. XV. SoliuUrin-e. — Ciurcot.
Thomas (Mftrie-Thérése'i, "(î ans. — Attaque d'apoplexie, déviiilion de la Taee A gauehe, résolution des quatres membres, coiua. Mort cinq jours après l'attaque, le 2G mai 1867.
Ilêniiirrbagie du lolie gauche du cervelet, avec pénéhatinn diiiis le <{ua[rit>iue ventricule, puis dans le troisième, et un peu dans lo ventricule latéral gaucho. Pas de lésions anciennes do l'encéphale ; anévrysmes miliaires dans le foyer. Les artères de la base soûl assez, atliéromateuses.
Le rrr'fc est normal, il pèse 11,"))) grammes. Lesrcint sont sains, ils ptïsenl ensemble 2(H) grammes.
Ons. XVI. .S'(i//«'/W<'iv', 2 juin 18(17. — Baillahger.
Ilurtelli^ T.i ans. Cette femme qui élail démente, est prise
OOSERVATlOiNS 35
ses parois du nombreux anévrysmes miliaires ; on en trouve de semblables dans la pie-mère cérébelleuse ; ils sont disposés principalement sur les branches de la cérébelleuse postérieure et supérieure. On ne trouve pas d'anévrysmes dans le cerveau. Les artères de la base et les sylviennes sont légèrement athéromateuses ; les artères cérébelleuses ne le sont pas. Le cœur est hypertrophié et un peu graisseux.
Obs. XVII. Pitié, — BÉmER suppléé par Proust. Hemoissonnet (René), oi ans. — Cet homme était autrefois employé à la buanderie de la Salpêtrière et restait, pendant une partie de la journée, dans une atmosphère humide, chauffée à une température très élevée. Plusieurs fois, pendant Tannée 180r>, il eut des attaques caractérisées par une perte de connaissance, avec résolution musculaire et rougeur de la face. Ces accidents disparaissaient rapidement après une saignée et ne laissaient après eux aucune paralysie. A la suite de la troisième attaque, on insista pour que cet homme quittât le travail de la buanderie, et, depuis cette époque, il fut employé comme jardinier.
Le 10 août 18G7, il est pris d'une nouvelle attaque et transporté à la Pitié. Il est à son entrée dans un coma profond, sa respiration est lente, un peu bruyante, la face pâle, comme boiiftie. Résolution des quatre membres alternant avec un peu de rigidité. Insensibilité absolue. Mouvements réflexes conservés à la jambe droite, nuls à gauche. Léger nuage albumineux clans les urines, provoqué par la chaleur et par l'acide nitrique. Mort dans la journée de Tattaque, le 10 août 1807.
A Vaulops'iL% hémorrhagie du corps strié droit ayant fait irrupliun dans les ventricules. Quelques anévrysmes ampullaires de la pie-mère, très nombreux anévrysmes miliaires des circonvolutions. Les vaisseaux de la substance cérébrale présentent au microscope une multiplication très notable des noyaux de la jraine lymphatique avec grains d'hématoïdine dans son intérieur, une diminution et presque partout une disparition des libres musculaires avec prolifération nucléaire très-abondante
Obs. XXI. Maison impériale de Charenion{i),
B..., 49 ans. — Ce malade est frappé d'apoplexie le 17 décembre 18G7. Il est pris immédiatement de stertor, tombe en résolution complète, a un vomissement et meurt dix ou dou/x» minutes après Tattaque.
On trouve à Vantopsle une vaste bémorrhagie du cervelet, sur» tout dans son hémisphère droit, avec déchirure de cet organe, pt épanchemont dans le tissu des méninges. On trouve dans les parois du foyer cinq à six anévrysmes miliaires. Les artères de la base étaient modérément athéromateuses.
Obs. XXil. SalpfUrière, Saint-Antoine. — E. Cruveiliuer (;2). X..., 70 ans. — Cette femme est frappée d'apoplexie le 26 février 1808.
Elle présente une hémiplégie complète du côté droit et meurt quelques heures après.
A Yaulojjs'ie^ on trouve une bémorrhagie dans l'épaisseur de la protubérance avec irruption du sang dans le troisième et le quatrième ventricule. — On trouve à la surface des circonvolutions quelques anévrysmes miliaires, on en rencontre d'autres avec la ]>lus grande netteté dans les parois même du foyer. — LfS artères de la base étaient athéromateuses.
Le nrtir volumineux présentait une incrustation de ses valvub»s. L'aorte est albéromateuse au niveau de la crosse. Les »v»'//.N ètai(»nt sains.
Obs. XXllI. Salpè trière y Saint-Jacques, 21. — Ciiarcot.
Huteau (Mathurine-Adelaïde), 76 ans. — Cette femme est frappée d'apoplexie avec paralysie de la face à gauche et hémiplégie manifeste surtout à gauche. — Les membres paralysés, d'abord tlasques, sont pris bientôt de secousses convulsives et
de rigidité permanente. Cette femme meurt au bout de vingtqualre heures le 8 mai 1868.