Extrait de la Gazette des hopUaur, 7 et li mars
«ÉTAl.LOTniillAl'lE ()[1 BimOUlSME
l l'emploi de la mélalloscopie et de la métallolhés l'hystérie, bien que, d'après M. Burq, elles soient ;s dans d'autres maladies) : il s'agit, étant donnée rique, de déterminer le métal qui produira cliez elle liénoniénes dont je vais vous faire connaître le détail 1 conséquence, suivant M. Burq, est approprié à son ;i la niétalloscopie n'est autre chose que la recherche qui doit avoir uue action spéciale sur cette hysté- ■n particulier sur les phénomènes d'amyoslhénie pI sic qu'elle présente.
i^s laits, comme l'idée théorique qui les relie entre rliennenl à M. Burq ; d'où le nom de Burguisme que iience, et c'est justice, à employer comme synonyme othérapie. Cependant, il existe dans la science quelanlérieurs d'application des métaux chez lesliyslé-
■vation de ce genre la plus ancienne que je con-
MÉTALLOSCOPIE ; lOIOSYNCRASIE MÉTALLIQUE 235
cacité relative. Ces tentatives ne paraissent pas, d'ailleurs, avoir eu de retentissement dans le monde médical et sont tombées dans un oubli complet.
Vous remarquerez qu'ici, il n'est question ni de ce que M. Burq appelle l'idiosyncrasie métallique (en vertu de laquelle le métal apte à produire des effets donnés est toujours le même pour chaque individu, mais variable pour des individus différents) , ni de la relation nécessaire entre les effets physiologiques produits par l'application externe du métal et l'action curative du même métal donné à l'intérieur. Or, ce sont là les deux points fondamentaux de la nouvelle doctrine.
Vous voyez que l'historique de la question se réduit à peu de chose ; car, je ne considère comme afférents au sujet ni les anneaux deParacelse, ni leperkinisme, etc.
Étant admis ce fait de l'idiosyncrasie métallique, comment arrive-t-on à reconnaître le métal approprié? 11 faut pour atteindre ce but, se livrer à une série de recherches. On commence par essayer le métal qui réussit le plus communément à modifier cerUiins phénomènes de rhjstérie, c'est-à-dire le fer, d'après M. Burq ; on passe ensuite en revue les autres métaux, le zinc, le cuivre, l'or, l'étain, etc., si Ton n'a pas réussi avec le premier.
Voici comment on opère : étant donnée une hémianesthésique gauche, après avoir constaté, par exemple, qu'en lui transperçant la peau avec une aiguille, on ne provoque chez la malade aucune manifestation de sensibilité, vous appliquez du côté anesthésié, généralement sur Tavant-bras, une plaque métallique, de Tor si vous voulez.
Il n'est pas besoin pour cela d'appareils spéciaux ; il suffit, s'il s'agit de l'or par exemple, de prendre un ou deux louis, de les fixer sut une petite bande et de les maintenir ainsi en contact avec la peau.
Voici alors ce que l'on observe, si la malade est semible au
Hr.TAI-UISr.lJT'It
ni oti tait choix, à l'or, dans l'espèce: au bout d'un ii peut varier de quelques secondes à quinze ou vingt suivant les sujets, la malade vous avertit qu'elle sent comme engourdi ; alors, si vous piquez la peau au t: de la bande, vous voyez que la sensibilité comrevenir. C'est le premier stade de la disparition suciez pht-nomf'nes anormaux, de l'ancstliésie entre ùus remarquez en même temps un certain nombre pari i eu la rite s. La peau rougit et les piqûr^^s qui. avant .ion du métal, restaient k peu près exsangues, sth saigner abondamment. De plus, je suppose qu'a- :périence, vous ayez fait serrer le dynamomètre à la et que vous ayez constaté qu'elle donnait un chilFre , 1!» ou 20 kilogrammes, par exemple (car l'héraiaîhystériqueest toujours accompagnée d'amyostbénie), pplication du métal, vous remarquerez que ia malade u Uynamom?!tro, 30 ou 40 kilogrammes, qu'elle esl
Â.NESTHÉSIE 1)Ë RElOUn 237
plication du métal. Ainsi, s'il y avait, avant Tapplication, seulement de l'analgésie, vous pouvez obtenir, après l'expérience, une anesthésie complète. 11 se passe là un phénomène que vous allez voir se produire, d'une manière indépendante, dans une autre circonstance. C'est ce que M. Burq appelle Vanesthésie de retour.
Si, au contraire, vous enlevez le métal au moment où vous avez obtenu la réapparition de la sensibilité, celte sensibilité persiste pendant quelques heures et quelquefois pendant un jour ou deux. De plus, elle finit par se généraliser. Ainsi, alors que vous n'aviez obtenu la réapparition de la sensibilité que sur le bras, vous la voyez s'étendre progressivement sur tout le côté du corps qui, avant l'expérience, était le siège de l'hémianesthésie. Mais c'est là un phénomène temporaire chez les hystériques ; bientôt, elles retombent dans l'aiiesthésie.
Un autre phénomène dont je vais vous rendre témoins, que M. Burq ne connaissait pas, et qui est bien de nature à établir que tous les faits dont je parle ne peuvent pas s'interpréter par cet état que les physiologistes anglais désignent ([uelquefois sous le nom il attention expcctante, c'est le phénomène du transfert (1).
1. n sera utile de rappeler dan^ quelk^ circonstances fut constatée, pour la première fois, l'exislencc de ce curieux phénoniL-ne. Dans une de ses séances, la commission de la Soci Hé tle bioloj;ie étudiait l'effet des applications métalliques sur les orp:anes des sens. M. Gplli' notait les variations de l'acuité auditive, aux différents temps des expériences et se servait pour cein de son lube inierauriculaire, (le mode de procéder donne toujours l'acnilé auditive pour les deux opeillcs; comparativement, en examinant les cliiiTrc.s recueillis. M. Gellé s'aperçut que roreille du cùté sain perdait en acuité auditive à peu prcs ce que gafçnait l'oreille du côté aneslli''si<(uc, so'.is l'influence du métal. En d'autres termes, il n'y avait pas de bénéfice proprement dit, mais un simple transfert 'c'est le mot qui fut aussitôt adopté-., d'un côté à l'autre. Il fut vérifié, séance tenante, qu'il s'ai^issult là d'un fait .général et ((ue la compensation ï=e faisait réi<ulièrement, d'un côté à l'autre, pour lous les genres de sensibilité du moins t'hez les hystériques.
1H.V>SKtllT; .\TTK>TION ESPECTANTK
jiip de nos collègues anglais ont été témoins des :es métal loscopiques de M. Burq; ils les connaissent 1, ils en admettent l'exactitude; seulement, quelquestro eux inclinent à croire que ces faits relèvent de m i-.rpertante. Il suffit, vous le savez, à un observaoncenlrer son atleution sur un point de son corps et er que tel ou tel phénomène subjectif doit s'y produire, ! ce phénomène ait, en réalité, quelque chance de s'j pr. Si vous pensez nu chatouillement qui peut se sur un point de votre bras, vous resscntireï vraisem- ■iil. sur la partie désignée par l'attention, un cha- ■Tir clFectif. Nos collègues pensent donc que lesphéih' sensibilité qu'on observe cliei! les hystériques, ipliratioo métalloscopique, sont des faits du même
crois pas que cette théorie soit applicable dans Tesais les objections qui émanent d'hommes distingués
transfert; ambltopie hystérique 239
gauche et vous constaterez que la sensibilité revient chez elle sous rinfliience du métal. Eh bien, si vous explorez la sensibilité dans le point du bras droit, qui correspond symétriquement & celui où vous avez appliqué Tor sur le bras gauche et où la sensibilité est revenue, vous reconnaissez qu'il s'est produit en ce point une insensibilité complète. Il s'est fait là une sorte de balancement ou si vous l'aimez mieux, de déplacement, qui est bien un des phénomènes les plus singuliers qu'aient révélés les applications métalliques. Tel est le transfert^ phénomène que le hasard seul a fait découvrir et que les malades ne sauraient ni inventer ni simuler.
Il est encore un phénomène dont je vais vous rendre témoins et qui plaide dans le même sens que le précédent. Il est relatif à Vambhjopie hystérique sur laquelle j'appelai votre attention dans la dernière séance. Vous savez que chez les hystériques il existe, du côté de l'hémianesthésie, une amblyopie dont uii des caractères est Vachromatopsie, c'est-àdire le rétrécissement du champ visuel pour les couleurs, rétrécissement qui peut aller assez loin pour que les malades, ayant perdu totalement la notion des couleurs, ne voient plus les objets que sous l'aspect oii il sont représentés dans une aquarelle à la sépia. De plus, il y a à noter un fait particulier que les couleurs disparaissent dans un ordre constant. Ainsi, le violet disparaît le premier, ensuite le vert, le rouge et enfin le bleu que les malades peuvent voir jusqu'au dernier terme de l'accomplissement du phénomène, alors qu'elles ont perdu la notion des autres couleurs.
Voilà un fait dont une malade hystérique ne peut guère soupçonner l'existence ; il m'arrive à moi-même, qui le connais depuis longtemps, de me tromper sur l'ordre des couleurs, ordre qui n'est pas, vous le voyez, celui qu'elles aftectent dans le spectre.
TnA^shEiiî : Ai;uHo«AriiPsiu jne malade hystérique, hémiaiiesthésique el arahlyo-
côlé gauche; vous recomiaisse/ que, de l'œil gauche. rilu la uotion des couleurs. Cette malade est sensible nsi qu'on l'a reconnu par une exploration préala])!i\ uc de ce métal est appUquée sur la tempe gauchi'.
d'heure s'est écoulé depuis l'application; uous fai- ^ser successivement des papiers de différentes cou- \aul l'œil tout ii l'heure l'rappi; d'achromatopsie. Vous If la uoliou des couleurs revient dans l'ordre indiqué, ire dans l'ordre inverse de sa disparition, (l'est le elle voit en premier, puis le jaune, l'orange, le ronge ; luile le tour du vert ; le violet est perçu en dernier vais viius taire remarquer que quelques malades préuiii.' exception à la rtigie générale, en ce sens que 1 du rouge reparaît régidiftreraenl chez elles avant
y.m\w et du bleu, Mais je le répèle, c'est là une n : quoi qu'il en soit, on peut ariirmei' que dans la
MÉTÂLLOSCOPIE ; DIÂTUÉSIE HYSTÉRIQUE 241
Voici une autre malade hystérique chez laquelle tous les phénomènes de la maladie se sont remarquablement amendés sous l'influence du traitement. Elle n'a plus d'hémianesthésie depuis longtemps, il n'y a pas eu de crises convulsives, mais est-elle complètement guérie ? A-t-elle cessé d'être sous l'influence de la diathèse? N'est-elle point exposée à voir sous l'action de la première émotion les accidents nerveux reparaître ?
Quelques observations que nous avons faites ici récemment, nous portent à croire qu'il existe peut-être un critérium pour juger la question. Il s'agit d'un fait qui, si je ne me trompe, ne manque pas de portée et d'avenir.
Notre malade était sensible à l'or. Nous lui appliquons quelques pièces d'or sur le bras gauche. Le côté gauche du corps était dans le temps tout à fait insensible. Quinze ou vingt minutes se sont écoulées depuis l'application. Vous constatez qu'actuellement, notre malade se plaint de malaises, d'inquiétude, puis s'engourdit et il s'en faut de peu qu'elle ne s'endorme en votre présence. Nous allons piquer son bras. Vous voyez que la sensibilité, qui était tout à l'heure à l'état normal, est présentement complètement abolie.
Il y a lieu de penser que la malade est encore sous le coup de la diathèse, qu'elle n'est pas, en d'autres termes, solidement guérie.
Cela rappelle un peu ce que je vous ai dit de Taction de l'éther, qui se traduit par des phénomènes semblables à ceux de l'attaque hystérique. Lorsque le sujet est, en effet, sous le coup de cet état diathésique, il semble, vous disaisje, que l'éther soit un réactif propre à mettre en rehef les
Ghargot. Œuv. compl. t. ix, Hypnotisme, i6
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phénomènes de l'hyslérie restés latents. Par la métalloscopie, dans les conditions indiquées tout à l'heure, c'est un résultat analogue que vous obtenez.
Si, au contraire, la malade est complètement et solidement guérie, elle cesse de pouvoir être influencée par ces mômes applications métalliques auxquelles elle était autrefois sensible. Tel est le fait remarquable qui semble ressortir de quelques observations que nous avons recueillies récemment.
Je puis, d'ailleurs, mettre sous vos yeux, un nouveau cas propre à mettre en évidence le singulier phénomène de l'anesthésie métallique.
Je vous présente une jeune fille de la ville, qui est venue nous consulter ici et qui, à la suite de convulsions hystériques vulgaires, a été prise, il y a quatre ou cinq mois, d'héraianes- Ihésie et d'ovarie du cAté droit. Elle nous a été adressée par M. le docteur FieuzaI, pour une amhlyopie qui, contrairement h ce qui a lieu chez la plupart des hystériques, était double et à peu près aussi prononcée d'un œil que de l'autre. 11 y avait diminution de l'acuité visuelle et elle ne pouvait plus distinguer les couleurs, ce qui l'empêchait d'exercer sa profession de mercière.
M. le docteur Fieuzal avait déjà reconnu que l'application de pièces d'or sur le côté anesthésié faisait revenir la sensil)ilité, et il nous avait envoyé la malade pour avoir notre :i
iMÉTALLOTHËRAPlE 243
et, en même temps, nous avons constaté que la perception des couleurs disparaissait dans Tordre successif que je vous indiquais à l'instant, c'est-à-dire en commençant par le violet et en finissant par le bleu. Nous avons recommencé aujourd'hui cette expérience devant vous, et nous avons constaté de nouveau ce phénomène si curieux de la disparition des couleurs dans un ordre déterminé, et cet autre fait que quand une malade est encore sous le coup de la diathèse, vous pouvez en appliquant le métal même qui autrefois faisait cesser les troubles de la sensibilité, provoquer leur réapparition et mettre, pour ainsi dire, en évidence la diathèse cachée.
En voilà assez sur la métalloscopic ; passons maintenant à la mélallothérapie.
Nous avons établi que certaines mahides hystériques sont sensibles les unes aux applications du cuivre, les autres aux applications du fer, de Tor, du zinc, etc. Ce sont là des faits dont je crois pouvoir répondre, dont j'ai témoigné avec MM. Dumontpallier et Luys devant la Société de biologie, et dont pour une partie, je vous ai rendus témoins vous-mêmes. Ils sont curieux et intéressants au premier chef; mais ils ne nous ont servi jusqu'à présent qu'au diagnostic de ce que M. Burq appelle l'idiosyncrasie métallique. 11 s'agit pour nous maintenant d'aborder le problème delamétallothérapie, c'est à-dire du traitement par les métimx de riijstérie grave. C'est ici que commencent les difficultés sérieuses, c'est ici qu'existe entre M. Burq et nous un fossé qu'il a essayé de nous faire franchir, dans les conditions que je vais vous dire.
Je ne m'arrêterai pas sur la métallothérapie esterne^ parce que M. Burq a, je crois, une tendance à la mettre sur le second plan par rapport à la mélallothérapie interne et que d ailleurs, je n'ai à son sujet aucune expérience personnelle.
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Autrefois, dans ses premières études, voici comment il Irailail l'hystérie. Après avoir reconnu qu'une malade élail sensible à un métal donné, il appliquait tous les jours des armatures laites avec ce métal sur les différentes parties du corps, de manière que la malade ressemblait au\ chevaliers du moyen-âge, bardés de cuirasses et de brassards.
On s'est amusé, dans le temps, de ce traitement; je ne sais pas pourquoi, car il en est certainement de beaucoup plus singuliers et auxquels on passe condamnation; quoiqu'il en soit, cette application métallique avait pour effet de ramener tout d'abord un peu de sensibilité. Mais lorsque le métal restait appliqué, celte sensibilité disparaissait bientôt et les phénomènes morbides s'exagéraient momentanément. Les malades éprouvaient une sorte de malaise, d'engourdissement, de somnolence, comme dans les cas auxquels je faisais allusion tout h l'heure. Puis on remarquait, au bout d'une quinzaine de jours, que la plupart des phénomènes permanents de rhyslcrie s'atténuaient ou môme disparaissaient. Il y avait là une guérison temporaire. Au bout d'un certain temps, les phénomènes se produisaient et il fallait recommencer un certain nombre de fois pour arriver à une guérison définitive. Cela pouvait durer plusieurs mois.
Voilà en quoi consistait la viétnllolhérapie externe. Je ne bien cetLe niélhude.
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or, cuivre, zinc, etc. La métallothérapie interne consiste tout simplement à administrer aux malades ces métaux à rinlérieur, le plus souvent sous la forme soluble. Ainsi, par exemple, pour l'or, nous nous sommes servi d'une solution de chlorure d'or et de sodium, renfermant un centigramme de médicament par vingt-cinq gouttes. C'est une solution d'une belle couleur jaune, transparente, qui n'a pas mauvais goût et que les malades acceptent très-bien. Nous en faisons prendre dix gouttes avant chaque repas dans un quart de verre d'eau distillée. Et l'on augmente progressivement les doses. Nous ne donnons pas d'autre médicament.
Si la malade a été reconnue sensible au cuivre, c'est à l'acétate de cuivre en solution, par gouttes dans Teau distillée, qu'on a recours, ou bien à l'eau de Saint-Christau, qui, comme vous le savez, contient du cuivre. Si elle est sensible au zinc, vous lui administrez de la même manière, du sulfate de zinc, ou une des nombreuses préparations de fer que vous connaissez, si elle est sensible au fer.
Que se produit-il à la suite de l'administration des métaux à l'intérieur. ?
Lorsque M. Burq est venu me parler de la métallothérapie interne, et me dire qu'il guérissait les malades en donnant le métal à l'intérieur, je n'ai dit ni oui ni non; j'ai dit : c'est possible, nous le verrons bien.
J'ai à cœur de me tenir éloigné autant que possible du scepticisme arbitraire qui conduit trop souvent à l'ignorance pédantesque, et de la créduHté naïve, la foi de charbonnier, comme disent quelquefois les allemands. C'est entre ces deux écueils également dangereux que l'observateur doit savoir s'orienter.
Si quelqu'un venait me dire qu'il sait guérir le cancer, sans
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me départir bien entendu de mon devoir de surveillance et de contrôle, je hii donnerais arcès dans les salles de la Snipètrière, où se trouvent un grand nombre de femmes atteintes de cette terrible affection.
Justement, c'est la conduite que j'ai tenue ii l'égard de M. Burq, lorsqu'il m'assura qu'il tenait en main un traitement efficace de l'Iiystéro-épilepsie, Je lui offris de mettre en œuvre sa métliode sur quatre femmes atteintes de cette maladie, admises dans la maison depuis dix ans en moyenne, que j'ai montrées maintes et maintes fois, et dont beaucoup de médecins très-eompétenls, connaissent parfaitement l'histoire pathologique; c'étaient en un mot des malades de premier choix, atteintes d'hystéro-épiiepsie grave au premier chef, et invétérée. Sur ces quatre malades. M, Burq en trouva trois sensibles à l'or et une sensible au cuivre. Aux trois qui étaient sensibles à l'or, nous avons donné, suivant au pied de la lettre les errements de M. Iturq, la solution de chlorure d'or et de sodium; à celle qui était sensible au cuivre, nous avons donné le cuivre, d'abord sous la forme d'oxyde de cuivre en poudre, ensuite sous la forme d'eau de Sainl- Christau.
Cela se passait au mois de juillet. J'étais occupé de mon cours à la Faculté. Les vacances sont survenues, sans que
MÊTALLOTHÉRAPIE INTERNE 247
sive, la situation s'était très remarquablement amendée, pour ne pas dire plus. Ce résultat doit-il être véritablement mis sur le compte de la médication prescrite? S'agit-il là simplement d'une coïncidence fortuite ? C'est une difficulté d'appréciation que l'on rencontre bien souvent dans les problèmes de la thérapeutique. Je ne veux pas entreprendre de résoudre la question. Je me bornerai à mettre sous vos yeux tous les documents ; vous jugerez par vous-mêmes.
Parmi les quatre malades qui vont passer sous vos yeux, il y en a trois qui sont extrêmement améliorées, mais qu'on doit, je pense, considérer comme placées encore sous le coup de la diathèse hystérique, parce que, précisément, les applications métalliques ont encore pour effet de produire chez elles, cet ensemble de symptômes sur lequel j'ai appelé votre attention et qu'on pourrait appeler Yanestkésie métallique j c'est-à-dire que, sous l'influence de l'application du métal particulier, qui, chez elles, autrefois, ramenait temporairement la sensibilité et la force musculaire, ces malades s'engourdissent, s'endorment et redeviennent insensibles.
La quatrième, s'il est vrai que Vanest/icsie métal Hque puisse être considérée comme un critérium, devra être considérée comme complètement guérie.
Elle était autrefois sensible au cuivre ; or, après avoir été traitée par le sulfate de cuivre à l'intérieur, elle est devenue incapal)le d'être impressionnée, même par l'application des plaques qui, autrefois, la mettaient, d'une manière très prononcée, dans cet état tout particulier de l'anesthésie métallique.
Je vais vous présenter ces malades, et je ferai répéter ensuite devant vous les principales expériences sur lesquelles se fonde la doctrine de la métalloscopie.
Veuillez bien remar({uer les termes dans lesquels je me place. J(» ne veux, pour le moment, prendre aucun parti défi-
MmU.OTIlKn,\P[E INTERNE
ilivemenl à la métal lotliérapie interne ; je ne la ivige. place sous vos yeux quelques-unes des pièces du 1 vous montrant lesl^alades, en vous indiquant 1rs ntros dans lesquelles elles ont été traitées, Pour poumer rigoureusenienllVificacilé de In raétallothérapip l Taudrail des expériences beaucoup plus multipliées, e puis m'empécher de déclarer, qu'à mon avis, les ■rvés sont dignes de fixer l'attenlinn dfs médecins.
l'abord M..., c'esl celle qui. pendant ses grandes prenait des allitudes passionnelles si remarquables ait les frais de la déraonstralion par la méthode des is à laquelle quelques-uns d'entre vous ont assisté. L liémianesthésique du côlé gauche avec ovarie du lé. Il y aonite ans que je la connais et je déclare que celte période de onze années, elle n'a jamais cessé ■mianeslhésiqne et amyoslbénique du côté gauche.
peau, en un mot des symptômes d'intolérance. Le mieux, dans ce cas, est de suspendre momentanément l'emploi du médicament et de le reprendre au bout d'un certain temps. Cliez celte malade, l'effet sur la menstruation et sur la nutrition a été remarquable. Les règles sont revenues, elle a grossi considérablement et a pris de l'embonpoint. Ses attaques n'ont pas disparu complètement, mais paraissent avoir diminué de nombre et d'intensité. Mais le phénomène le plus saillant est la disparition de Tanesthésie du côté gauche, laquelle ne s'est guère démentie depuis trois mois. Sans doute elle se produit encore à un certain degré à la suite des attaques. Mais, tandis qu'autrefois elle était permanente, à présent elle ne vient plus que par moments, à la suite des crises convulsives, et elle ne dure qu'un jour ou deux. La malade est toujours en traitement. Chez elle, l'application de l'or développe très rapidement, et à un haut degré, les phénomènes de Yanesthésie métallique (1).
Voici maintenant la nommée B..., qui présente un cas moins prononcé et moins invétéré, mais appartenant au cadre de l'hystéro-épilepsie. Elle est hémianesthésique et sujette aux grandes attaques depuis trois ans. C'est toujours de l'hystérie grave (hysteria major) ^ qu'il s'agit, ce n'est pas de l'hystérie vulgaire (hysteria minor). Mais qui peut le plus peut le moins et il est clair que si l'on parvenait à guérir les formes graves, on réussira à /br/ioW dans l'hystérie vulgaire.
L'hémianesthésie à droite, ainsi que l'ovarie suivant la règle, les phases classiques de l'attaque, période épileptoïde, contorsions, attitudes passionnelles, délire final, étaient très accentuées. La malade a été soumise au cuivre à l'intérieur à
1. L'observation de cette malade et dcj suivantes ont été publiées par nous, avec détails dans VIconographie photographique de la Salpôtrièrc de 1875 à 1880 l'B).
«f'TAl.l.OTHftRAPIE t^TI■R^F.
\i\>'\s de juillel. Sous cette influence, l'aneslbésie et
oui disparu.
iliciilioiis exlérieures du cuivre qui, autrefois, metmîilade dans l'état particulier dont je vous ai parlé, )urd'iiui sans action sur elle. La guérison est-elle , déGnilive ? d'après ce qui précède, j'inciine à le "esl-elle produite sous l'influeni-e de iaction du Je vous laisserai porter le jugement.
me autre malade sensible à l'op. in l'ai connu hémiaue à gauche depuis six ims. lîlle avait en même ' l'ovarie gauche et des crises hysléro-épileptiques iluées. Elle a été traitée par l'or k l'intépieur dans temps et de la môme [açon que la première. AujouriMi'a plus d'attaques que très rarement ; l'Iiémianese se manifeste jamais que temporairement, pour heures, h la suile des attaques. L'application de l'or
très fréquentes, et très complètes, sont devenues très rares. Cependant, elles existent encore et survivent à Tanesthésie. Là malade est donc encore à un assez haut degré sous le coup de la diathèse. Elle a eu Tautre jour une crise, à la suite de laquelle est survenue une contracture. Seulement, cette contracture n'a duré que sept à huit jours, tandis qu autrefois, avant le traitement, elle persistait dans la règle, pendant un mois ou deux. J'ajouterai que Tanesthésie qui, autrefois, occupait tout le côté droit du corps, ne s'est montrée à la suite de cette attaque qu'au membre inférieur droit où la contracture s'était développée.
Voilà les quatre malades traitées que j'avais à vous montrer. Je livre ces faits à votre appréciation. Quant à moi, je me borne sommairement à cette conclusion : que la question vaut la peine d'être examinée de très près.
En terminant, je dois relever qu'on peut, bien que le fait soit assez rare, rencontrer des hystériques qui ne sont sensibles à aucun métal connu. Je dois ajouter encore que, chez les malades que je vous ai montrées et qui ont une idiosyncrasie métallique constatée, l'application du métal appropriée reste sans effet, lorsqu'elle est faite à l'époque des grandes crises, ou, si l'on peut ainsi dire, des grandes marées hystériques. Il faut choisir les temps d'accalmie pour que l'action des métaux puisse être mise dans toute son évidence.
Tels sont les phénomènes principaux de la métalloscopie et de la métallothérapie que j'ai tenu à vous faire connaître.
Je veux cependant vous faire part encore d'un épisode qui ne s'éloigne pas précisément du sujet principal de notre conférence, bien qu'il ne s'agisse plus de l'hystérie.
L'hémianesthésie hystérique n'est pas la seule forme d'hémianesthésie que puissent modifier les applications métalliques
MfiTALLOSmPIR ET 11 lî M H N ESTII tS I C C,ÈHh;CnALE
!es, coiilrairemeiit à ce que Trousseau avait pu frefois, et a ce que M. Bupq a cru lui-même jusquo derniers temps. Cela est démontré par Jes effets ohr deu\ dp nos malades atteintes d'hémianeslhésie
(c'est-à-dire avec participation des sens supérieurs. L..), en conséquence d'une lésion org'anique du cerquelle avait produit du même coup Thémicliorée liplégique.
îs deux malades, l'insensibilité était absolue et datait, le de onze ans(R...)i et chez l'autre de Tenfance. ire depuis une quinzaine d'années (P-..)i]ilication métallique, de fer chez une d'elles (R...),
l'aulre, a eu pour résultat le rétablissement prompt et de la sensibilité générale et spéciale. Ce résultat |)as démenti depuis quinze mois que les applications liles. Nous ferons remarquer que chez aucune de ces
il n'existe !a nioimlre trace de la diathése hysté-