CATALEPSIE
Catalepsie et somnambulisme hystériques
provoqués (1).
CerUiines hyslériqiins sont susceptibles, sous des influences diverses, d'entrer dans un étut de somnambulisme ou de catalepsie provoqués, qui a permis à M. Gharcot d'étudier sur de nouvelles bases tout un ordre de phénomènes pathologiques ou physiologiques qui, depuis les travaux publiés par Braid (de Manchester) en 1842, par MM. Azam, Broca, Lasègue, Mesnel, etc., vers 18G0, étaient à peu près restés dans Tombre.
Malgré les difficultés de toutes sortes que devait présenter un pareil sujet, M. (iluircot n'a pas craint d'en al)order Tétude ; car il pens(» que tous les phénomènes d'ordre naturel, quel que soit leur apparence de complication ou de mystère, n'en sont pas moins susceptibles d'observation méthodique, et qu'il est d'un véritable observateur de se garder également des négations faciles du parti pris et des entralne-
I. rioinplu rendu il'iuu' Iimoii de M. Ciiahcot par P. Iliciir.ii. interne des hô* pilaux. — Kxlniit du Pntf/rès ntf'dinif. 1X7H, n» 15.
tiAT i:aialeptiouk ■ riniiif^inalicin. Il n'est pas plus permis tle nier les ureusenicnl observés, que d'étayer sur une observamplèle ries théories pour le moins prémalurées. e actuelle est le complément des recherebes depuis pa entreprises par M. Charcol sur la. grande hj/siéric t'fl major. ■• Une ronnaissaiice plus approfondie des ats désignés sous les noms de catalepsie et .somnam- . permettra une conception plus juste de l'attaque l'piirplique et facilitera la description des variétés de nsullanl de l'immixlion, parmi les symptômes -, <h' ])liénomÈnes qui souvent surviennent spontané- •7. li-s hjstéro-épilepEiques dans l'intervalle des crises. (' cas dii la catalepsie el du sommeil dit soranambu-
its ivceramenl observés par M. Charcot ont été re- [jiihliquement au cours clinique du dimanche sur
i de nos malades Cl..., Bar..., et se sont toujours indentiques. Chez les autres malades hystéro-épilep-
ÉTAT CATALEPTIQUE ; SUGGESTIOIS 255
humide. L'anesthésie est complète (1). Si la malade était préalablement hémianesthésiquey elle devient anesthésique totale. Elle n'est point contracturée et tous ses membres ont la souplesse de Tétat normal ou à peu près (quelquefois ils sont le siège d'une certaine roideur) ; mais ils ont acquis cette propriété singulière de conserver l'attitude qu'on leur imprime. C'est bien là ce que tous les auteurs ont décrit sous le nom de catalepsie ; et la malade peut garder pendant longtemps des poses qu'elle aurait même peine à, prendre quand elle n'est point dans cet état. Toute communication de la malade avec le monde extérieur semble interdite, et elle ne donne aucun signe d'intelligence aux diverses interpellations qu'on peut lui adresser. Une particularité fort intéressante est l'influence du geste sur la physionomie. Les traits reflètent l'expression du geste. Une attitude tragique imprime un air dura la physionomie, le sourcil se contracte; si, au contraire, l'on rapproche les deux mains de la bouche, comme dans l'acte d'envoyer un baiser, le sourire apparaît immédiatement aux lèvres. C'est là un exemple de ce que dans le langage de Braid, on appelle le phénomène de la suggestion (2). Cet état de catalepsie dure aussi longtemps que l'agent qui la provoqué, la lumière continue à impressionner la rétine.
2** Si la lumière disparaît subitement, ou si l'on empêche le rayon lumineux de parvenir à Tœil de la malade en interposant un écran, ou simplement en baissant ses paupières supérieures avec la main, la catalepsie fait place à un nouvel
1. Les points liyperesthésiques persistent habituellement. En excitant les zones liystéro-épiieptogènes, on provoque, chez la mmlade somnambule ou cataleptique, le dr'vcloppcment d'une attaque convulsive.
2. Voir à ce propos l'excellent article Hypnotisme du Dictionnaire de médecine et de c/iinirf/ie pratiques, par M. Mathia« Duval.
ÉTAT LLTlIAlICmli;
h'ii diffère essentiellement et qui rùpood à ce que l'ou
de sommeil nerveux, sommeil tnai/nélif/ue, etc.. Le
5 verrons que cet ùlat spécial diffère par bien des carac- 1 vcrilable sommeil. M. Cliarcol préfère le désigner. niant mieux, sous le nom vague de léthargie. i/uin/ie hystérique, dans ce cas particulier, débute iiiciit avec la cessation de l'impression lumineuse; ■lait debout, la malade tombe à la renverse, la télé en arrière, le cou saillant. Les yeux se ferment et )iirali(in sifflante se (ait entendre, acccompagnée de ■^ HLOuvenicnts bruyants de déglutition. Ces derniers et la chute eu arrière rappellent, jusqu'à un certain les débuts de l'attaque hystéro-épileptique, mais la ilance s'arrête ti, car les membres et tout le corps, jrésenler la létiinisalion de la période épileptoïde, soiil résolution la plus complète.
HYPEREXGITABILITÉ MUSCULAIRE 257
sur le slerno-mastoïdien fait tourner la tête suivant l'action connue de ce muscle, c'est-à-dire que la face est dirigée du côté opposé au muscle excité. L'excitation de Tanlagoniste, c'est-à-dire du stermo-mastoïdien de l'autre côté, ramène U tête dans la situation droite et si l'on insiste, la tourne inversement. Sur un bras, l'excitation des fléchisseurs amène la contracture du membre dans la flexion, laquelle cesse par l'excitation des extenseurs et inversement. En résumé, tous les muscles sont susceptibles de se contracter ainsi, et, suivant la durée et l'intensité de l'excitation, on obtient à volonté une contraction ou une contracture.
A cet état des muscles, se joignent pour caractériser la léthargie hystérique provoquée, un frémissement constant de la paupière supérieure, la convulsion des globes oculaires dans diverses directions (1), et la persistance de l'anesthésie totale et absolue.
Tel est ce qu'on pourrait appeler le carus kysténque, ou première phase de la somniation provoquée.
Mais la malade, jusque-là inerte, peut, sous Tinfluence de certaines excitations, entrer dans une seconde phase qui est à proprement parler le somnambulisme. Si on l'appelle un peu vivement, elle se lève et se dirige, les yeux toujours fermés ou demi-clos, vers l'interpellateur. On peut la faire écrire, coudre, etc.
Elle exécute tous ses différents actes, les yeux fermés, à peu près avec autant de précision que dans l'état de veille. Le sens musculaire, suivant la remarque de M. Azam, semble ici remplacer la vue. Elle répond parfois aux questions qu'on lui pose avec plus de précision qu'elle ne le saurait faire
1. Tantôt en haut et en dedans, tantôt en bas et en dedans, ou directement en bai. Le phénoincMic est, on le voit, fort variable.
CuARGOT. Œuv. comp. T. IX, Hypnotisme. 17
Pour faire sortir la malade de eel (Hat, coi calalepti(iue, il suffit de lui souffler sur le visagt primer brusquemeut Tun des ovaires, celui qui cl est le siège iVorarie. Au moment où elle revi malade est prise d'un spasme pharyngien qui ar d'écume entre ses lèvres, témoignant ainsi de qui existe entre ces différents états et Tattaqu* vraie. Dans aucun cas, nous ne Tavons vue couse venir de ce qui s'est passé pendant ce sommeil (1)
En résumé, on voit que les deux états que n« d'étudier sont ainsi caractérisés :
1° Etat cataleptique. — L'œil grand ouvert; totale et absolue; aptitude des membres et de parties du corps à conserver la situation qu'on leur peu ou point de rigidité musculaire; impossibilil contracter le muscle par excitation mécanique.
2° Etat léthargique. — Les yeux sont fermés ou frémissement persistant de la paupière supérieure; des globes oculaires; anesthésie totale et absolue'