NATURE ET MÉCANISME DU PHÉNOMÈNE
servent plus la situation qu'on leur donne, en dehors de celle que peut leur imprimer la contracture provoquée : carus ou sommeil (première phase), somnambulisme (deuxième phase (1). ♦
Quelle est la nature et le mécanisme intime de ces phénomènes, observés maintes et maintes fois, du moins pour la plupart, par divers observateurs, mais dont Télroite connexité ne parait pas avoir été jusqu'ici suffisamment relevée? M. Charcot déclare ne le savoir en aucune façon. Le médecin observe, c'est au physiologiste de résoudre le problème. Mais quels que soient les desiderata de la science à ce sujet, l'observateur enregistre les faits bien et dûment constatés, laissant à l'avenir le soin de leur interprétation. En bonne méthode, il faut d'abord faire Ténumération complète des faits et établir leur groupement naturel avant d'en chercher l'explication.
Quelques expériences entreprises par M. Charcot et répétées à son cours, permettent de serrer de plus près les phénomènes et d'arriver à une détermination plus rigoureuse encore.
Nous avons vu la catalepsie produite par l'impression lu-
1. Il est une troisième espèce de sommeil, que nous avons eu occasion d'observer quelquefois dans le cours de nos expériences, mais dont nous n'avons pu encoi"C faire l'élude complète. Il semble qu'on puisse le considérer comme la troisième phase ou phase ultime de la léthargie hystérique provoquée. Pour en citer un cas, voici ce qu'il nous a été donné d'observer sur Gl... .\près avoir répété sur elle les diverses expériences dont il est question, elle tomba dans un i^ommeil qui dura jus(iu'au lendemain matin et dont il fut impossible de la faire sortir, quels que soient les excitants employés, mécaniques ou électriques. Elle était dans la résolution la plus complète, les paupières fermées, et les globes oculaires convulsés en bas. La respiration était très-faible et irrégulière. l^s muscles avaient perdu la propriété spéciale désignée sous le nom dliyerexcitahililé. — L'excitation des points hystéro-épileptorj'enes ne provoquait aucune crise. La compression des ovaires demeurait éf/alement sans résultat. Nous étions évidemment en présence d'un sommeil d'un autre genre que celui que nous avions étudié jusque-là. Il en différait encore par ceci, que la malade une fois revenue à elle, avait conscience d'avoir dormi longtemps, et pouvait raconter, dans SCS moindres détails, un long rôve qu'elle avait eu.
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■1 suivie de la léthargie par la suppression brusqup LTi'. Le reLour de la lumière ramène la catalepsie ; il ouleverles paupières de la malade lélhargiqiie pour nir tous les signes de l'état cataleptique, Dans cette e, lii catalepsie et la léthargie se succèdent tour ii ré de l'expérimentaleur, suivant qu'il maintient ouermés les yeux de la malade.
vptricnce peut être variée de la façon suivante: •^ l;i malade plongée dans t'élat cataleptique sous ■ d'une \'ive lumière. Nous fermons avec la main Il -rs yeux, l'œil droit par exemple et aussitôt elle ■ih'ir'jiifiie du côté droit seulement, pendant qu'elle v^/-//<//f(9«edu cfUi'i gauche, c'esl-ii-dire que les mem- Hn idii côté droit sont dans la résolution et jouissent In pi'it'vcitabilité musculaire caractéristique de la lèeiulant que les membres du côté gauche seulement 'opriété de conserver les attitudes qu'on leur coni-
DIATHÉSE DE CONTRACTURE 261
contracture persiste alors indéfiniment et la malade, complètement revenue à elle, offre toutes les apparences d'une hystérique atteinte de contracture permanente. Il n'est alors possible de la débarrasser complètement de la contracture, qu'en la plongeant de nouveau dans l'état de somniation (1).
L'hystérique ainsi affectée de contractures permanentes artificielles, par le procédé que nous venons d'indiquer, est sous le coup d'un état spécial du système musculaire, que l'on pourrait appeler la diathèse de contracture^ c'est-à-dire que les muscles sont susceptibles de se contracturer sous l'action d'agents très-divers, de l'aimant par exemple, et la contracture ainsi attirée, en quelque sorte, sur un autre point du corps, quitte les muscle^ qu'elle avait primitivement atteints. Ainsi, supposons notre malade affectée de contracture permanente artificielle du bras droit ; si l'on fait agir l'aimant sur le bras gauche, en plaçant ses pôles actifs à peu de distance de la peau, le bras gauche, au bout de peu d'instants se contracture en même temps que le bras droit retrouve sa souplesse normale. Ce procédé de déplacement de la contracture sous l'influence de l'aimanta été utilisé pour le traitement d'une contracture permanente hystérique, survenue spontanément chez une rehgieuse, la sœur P., dont l'observation a été publiée tout au long dans le Progrès médical.
Comme complément de celle élude de la catalepsie produite par l'impression lumineuse, M. Charcot rappelle l'expérience, bien connue, qui consiste à faire tomber un coq ou une poule dans un état assez analogue à la catalepsie de l'homme, en lui plaçant le bec devant une ligne blanche tracée sur le soi. L'expérience est reproduite en plaçant un coq devant une lumière de Drummond; survient bientôt un état qui ressemble à
1. Le mot sommation est emprunté à Joseph Franck. M. Moissenet s'en est servi dans son intéressante étude publiée dans le !•' fascicule de la Société médicale ÛQi hôpitaux,
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la catalepsie, maisqui n'e^t jamais suivi de léthargie. Ces faits ont déjà été reconnus depuis longtemps par le père Attianase Kirsi-her, qui pensait que la cause de ces pliénomènes résidait dans Vimagination de l'animal. Récemment, en Allemagne, cet étal cataleptiforme a été reproduit par divers procédés sur divers animaux, tels que le pigeon, le lapin, le moineau, le cobaye, la salamandre, récre\'isse, par M. Preyer, qui l'attribue à la terreur ou au saisissement. M. Charcot, sans chercher à donner la raison de ces phénomènes, se contente de les rapprocher de ceux qu'on observe chez les hystériques, indiquant un chapitre de pathologie comparée qui ne manqne certes pas d'intérêt (1).
Mais la lumière n'est pas le seul agent qui puisse plonger les hystéro-épileptiques dans les états de catalepsie et de létliargie ; les mêmes expériences ont été reproduites, sous l'influence des vibrations sonores. Les malades Gl... et B... sont assises sur la boite de renforcement d'un fort diapason, ce diai»ason, en métîil de cloche, vibre soixante-quatre fois k la seconde. Il est mis en vibration au moyen d'une tige de bois qui en écarte violemment les branches ou d'un archet qui frotte son extrémité ouverte. Au bout de peu d'instants, les malades entrent en catalejjsie; les yeux restent ouverts, elles paraissent absorbées, elles n'ont plus conscience de ce qui se r (1'(.'11p? l'I leurs membre" con^L'rvfnl les divi