‹ Œuvres complètes de J.-M. Charcot v. 9, 1890 (volume 3)Chapitre 43 sur 85 · MAGNÉTISME MINÉRAL ET ANIMAL · texte numérisé non relu

MAGNÉTISME MINÉRAL ET ANIMAL

physique, Mesmer soutenant Taclion du principe mystérieux. C'est ainsi que naquit le magnétisme animal^ et c'est sur ces entrefaites qu*Andry et Thouret entreprirent leur travail. Leur mémoire ne contient pas moins de 48 observations. Toutes manquent malheureusement de précision clinique. Dans rimmense majorité des cas, il s'agit d'affections vagues, mal définies, sans diagnostic précis. Les résultats thérapeutiques ne sont guère plus nets. 11 est pourtant possible de reconnaître que les applications d'aimant ont eu une influence positive dans l'amélioration de tics douloureux et de diverses manifestations de l'hystérie.

De 1780 à 1829, nous ne trouvons rien sur le sujet qui nous occupe. Aussi bien les physiciens délaissent-ils un peu, à cette époque, l'étude du magnétisme, les grandes découvertes sur le courant de la pile occupant uniquement les savants et les médecins.

En 1829, Becker {Der mineralische Magnetismtis , und seine Anwendung in der Ileilkunde) apporte quelques résultats nouveaux, mais ils manquent encore trop de précision pour que nous en puissions tenir compte.

Ce n'est plus qu'après quarante années que le professeur Maggiorani (//« Magnete e i Nervosi. Milano, 1869) revient à la question de l'action physiologique des aimants. Les résultats auxquels il est arriva; sont consignés dans le mémoire que nous venons de citer et dans divers envois hYAcademia dei Liîirei (1873).

Maggiorani expérimente d'abord sur des sujets sains : selon lui quelques-uns ont la sensibilité magnétique, les autres ne l'ont pas. Celle sensibilité magnétique est à son swmnnm dans certaines maladies, en tcHe desquelles il faut citer Thystérie, I alaxie, le diabète.

Les effets produits par l'approche d'un aimant consistent dans des variations de température, des convulsions, des

ACTION IIF. 1,'.\1MA.\T

lo[ii.|UPs, des ancsLh^sies, des hypereslhésies. Et -i ([ur raimant, provoquant ia maladie à se déraasiL devenir un moyen de diagnostic. Les instrumpnls ■1 par Mnggiorani sont des barreaux aimantés trfîs-

t des spirales parcourues par un courant. ,périences du médecin italien sont bien supérieures celles qui avaient été faites jusqu'alors. On remarque

encore le manque de précision et de précautions ■ntales dans sa manière de procéder. C'est dans cet nous avons repris la question. Nous avons essayé jnner une précision vraiment scientifique.

Dt d'abord sur le matériel que nous avons employé, imnnts qui nous ont servi consistaient en barreauv ■s, présentant par conséquent leur point nentrp à ■ leurs exlrémilés. Nous avons aussi utilisé des liiuanls, et en particulier le puissant électro-aimant

ACTION DE l'aimant ; TRANSFERT 269

La première malade que nous présentons, la nommée Angèle, est hystérique et anesthésique à gauche, elle est de plus à peu près complètement aveugle par suite de lésions profondes des globes oculaires datant de l'enfance. Nous traversons son bras droit avec cette pointe d'acier, elle ne manifeste aucune douleur. Nous approchons du bras anesthésié le point neutre de ce barreau aimanté. Quelque temps que nous attendions, il ne se manifeste rien. Mais, sans que la malade s'en doute, retournons l'aimant et présentons au bras les deux pôles de l'aimant. Au bout de quelques minutes, voici que la sensibilité est revenue à gauche. Mais, en revanche, elle a disparu à droite, et nous pouvons maintenant perforer le bras droit que tout à l'heure la malade retirait au moindre contact. Bien plus le phénomène que vous voyez se produire au bras vient de se passer au même instant dans les points symétriques du membre inférieur. La jambe gauche jouit maintenant de sa sensibilité et la jambe droite l'a perdue.

Laissons Tairaant continuer son action. Voici que la sensibilité disparaît de nouveau à gauche et revient à droite. Enlevons maintenant laimant, la sensibilité revient rapidement à gauche et disparaît à droite, puis elle revient à droite et disparaît à gauche définitivement. Après une triple oscillation les choses sont revenues à leur état primitif. Nous venons d assister au curieux phénomène du transferts déjà signalé pour l'action dos courants faibles.

La seconde malade que nous avons à vous présenter se nomme Louise Gl... Elle est hystérique et absolument anesthésique du côté droit. Nous traversons sa main de part en part avec ce poinçon : elle ne s'en aperçoit môme pas.

Nous avons pensé que si Taimant agissait par les courants d'induction ou les tensions qu'il peut produire à distance,

a(;tiu.> hes soi.t.>oïoES jilc iiarœiinie par un courant, un solénoïde, numil niianeslhésie une action idenlique à l'aîmanl luiuisqup phjsifpiemenl elle lui est idenlique. inlr'nini?ons le bras gauche de Gl... daus ce solél nous envoyons le courant qui, pendant cinq luinules,

la spirale. '

enaiit, vous le voyez, le bras droit est redevenu . le bras gauche a perthi, par transfert, toute sa sen-

Lc9 points symétriques ont été aussi affectés. Mais is, la sensibilité ne reste pas localisée, elle remonte si dire, elle gagne peu à peu, elle atteint le coude.

l'épaule, le corps tout entier, et même la vision leurs qui était abolie à droite, est maintenant corail rétablie. Kn revanche, elle a disparu à gauche, interrompons le passage du courant el tous les phé- ( d'oscillalion observés sur Angèle se produisent.

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