ACTION DES SOLÉMOÏDES ', INDUCTION
récil détaillé de ce cas a déjà élé publié par M. le D*" Vigoureux.
En somme nous avons répété des centaines de fois et sur un grand nombre de malades de la ville et des hôpitaux, les expériences que nous venons de montrer à la Société et le résultat a toujours été le même.
Ainsi, voilà des courants qui passent à côté des malades et qui agissent sur elles (Solénoïdes, aimants).
Comment est-il possible d'expliquer ce fait. Dans Tétat actuel de nos connaissances, il nous semble qu'il convient d'invoquer ici Y induction.
On sait que c]ia([ue fois que Ton approche un aimant ou un circuit d'un autre circuit ouvert ou fermé, on donne lieu à la production, dans le deuxième circuit, d'un courant en sens inverse du courant inducteur. Si Taimant est retiré, il se produit aussitôt un courant de môme sens que le courant du circuit inducteur.
Dans nos expériences, les aimants et les solénoïdes so*nt immobiles, mais les malades remuent sans cesse, ne fut-ce qu'à chaque pulsation artérielle, et chaque fois a lieu sur elles une induction qui modifie tantôt dans un sens, tantôt dans un autre, les courants (pii les parcourent, et en particulier probablement le courant nerveux qui se trouve augmenté ou diminué d'autant.
Notre opinion n'est pas susceptible d'une démonstration directe sur les malades. Aussi ne la donnons-nous, en attendant mieux, que comme très-vraisemblable.
Mais ridentité absolue entre l'action des aimants et celle des solénoïdes semble l'appuyer singulièrement. Elle rattache d'ailleurs l'action de l'aimant à celle des plaques méUilliques et des courants faibles, et jette une véritable lumière sur ces phénomènes bizarres de la métalloscopie qui semblent tout d'abord si mystérieux.
aiMliACUIIIi IIÏSTKIIIDLE
îture hystérique et aim^ults ; phénomènes curieux de transfert {i).
iirsiiiviiiit Li rt'viï^ion des fuils nictaIIoscopif|HCs (iépar M. Kurq, la Coniniissiou de la Société df bi()lo-
ACTION DE l'aimant SUR l'achromatopsie 273
de la mùme propriété. Il n'est même pas besoin de l'appliquer au contact du membre hémianesthésique; il suffit de tenir l'aimant dans le voisinage du membre sur lequel on veut agir, à une distance de 2 ou 3 centimètres de la partie insensible sur laquelle on veut ramener la sensibilité. Ce n'est d'ailleurs pas non plus une question de quantité d'électricité, car un aimant de faibles dimensions agit tout aussi efficacement que les aimants les plus puissants, tels que l'électroaimant de Faraday (le plus puissant de tousj.
Vous voyez, par exemple, que, chez cette jeune fille atteinte d'hémianestliésie hystérique du côté gauche, si nous posons le barreau aimanté à quelques centimètres du bras gauche, ce membre gauche, qui était insensible, recouvre, en quelques instants, une sensibilité parfaite, tandis que le membre droit, primitivement très-sensible, est devenu insensible et peut subir, comme précédemment le membre gauche, la transfixion de la main, experimentum cntcis^ sans que la malade s'en aperçoive.
Le môme pliénomène de transfert se produit du côté des organes des sens. Cette jeune fille ne distinguait pas les couleurs avec son œil gauclic; elle voyait tout en blanc ou en gris. De l'œil droit, elle reconnaissait exactement les diverses couleurs. Si nous plaçons l'aimant près de la tempe gauche, nous observons bientôt que notre jeune hystérique reconnaît successivement toutes les couleurs, de l'œil gauche, et que Tœil droit, primitivement normal au point de vue de la perception des couleurs, perd successivement la perception du violet, du vert, de l'orangé, du bleu, du jaune et même du rouge.
Si Ton continue à observer la malade, que l'aimant reste appliqué ou non, on verra ensuite que le transfert subit des oscillations passant alternativement huit à dix fois de suite, de droite à gauche et de gauche à droite, pendant environ
CuAKGOT. Œuv coinpi. T. IX, Hypnotisme, i8
■ pl demie, jusqu'il ce que tout penLpe dans l'ordre 'hémianeslhésic hystérique du côté gauche, dons le ;ulier qui nous occupe.
TOUS îuisfii été amené par la vérification de la belle e de M. Burq à constater le phénomène de Y/t/iPS- 'talliijue. Chez une malade non hystérique, mais )up do la diathi>se hystérique, il suffit d'une appUcaillique pour provoquer l'apparition des phénomènes fs. Si l'on place chez cette jeune fille une pile sèche lant près de la tempe droite, vous consultez que l'œil tout fi l'heure reconnaissait toutes les couleurs, perd ement la nolion de ces couleurs, toujours dans le mêen commençant par le violet, puis le verl , l'orangé. e jaune, et en finissant par le rouge qui est !a coules malades gardent le plus longtemps la perception. nomèno commence par l'apparition d'un point gris de la couleur dont le malade vii perdre la nolion.
ACTIO.N DE l\iMART 275
La malade noui$ arriva à Thospice au moment où nous étions occupé à étudier les particularités du phénomène du transfert; nous nous demandâmes alors si, en agissant sur le membre du côté opposé à la contracture, c'est-à-dire sur le bras gauche, nous n'obtiendrions pas des résultats favorables. Et, en effet, Tapplication d'un aimant du côté gauche produisit une contracture du côté gauche et, en outre, une insensibilité incomplète de ce côté gauche (face, tronc, membre supérieur). Tous les deux ou trois jours, pendant un mois, nous avons ainsi provoqué une contracture artificielle du côté sain, par une espèce de révulsion. Cependant la contracture du côté droit s'amendait, et peu à peu, la malade recouvrait la sensibilité du côté droit, et arrivait à l'état où vous la voyez aujourd'hui. La main droite n'est plus contracturée, et il ne reste que la parésie du membre. Une de nos projections vous représente cette malade au moment où elle était atteinte d'une double contracture, survenue à la suite de notre traitement. Enfin, aujourd'hui, pour la dernière fois, elle consent à la dernière démonstration dont je vais vous rendre témoins. Cette femme est encore sous le coup de la diathèse hystérique, et notre aimant agit encore sur elle. Nous allons placer un aimant près du bras droit, primitivement contracture et qui aujourd'hui ne Test plus. Après quelques instants, vous allez voir se reproduire la contracture du membre droit, telle qu'elle était au moment de l'entrée de la malade dans notre service : vous voyez successivement, sous l'influence de cet aimant, la main se fermer et le membre se contracturer.
Si maintenant nous plaçons l'aimant près du bras gauche de la malade, la contracture disparaît progressivement à droite, et envahit le membre gauche de la même façon que tout Ji l'heure elle gagnait le membre droit. Une séance d'électrothérapie fera, d'ailleurs, disparaître cette contracture gauche dans le cours de la journée, et enlèvera à cette malade
COMIIAC.TIIRE IIÏSTKillQLi AllTrKItlEl.Li;
(If se voir affligée d'une conlracLure gauche à lu railemeiU desa contraclure droile.
rrniiier, je vous présente une autre malade hy?tétiufllc nous avons donné une contraclure du mem- ■ur droit par un artifice particulier {et que je vous la permission de garder secret pendant quoique :ore, jusqu'à ce que nous ajons établi le Tait, posé et dégagé de toutes les obscurités qui rmlourcnt
>nc une ûlle atteinte d'une contracture artificielle e supérieur droit. Si nous plaçons l'aimant près de ;auclie, nous faisons promptement disparaître la 1' ilu côté droit, mais elle est remplacée par une <■ ilu côté gaucbe.
nuvoiis de même faire passer la contracture du lie il la jambe, gauche ou droite, en y appliquant
l'hystérie a ses lois 277
Cette curieuse expérience vous montre donc que la contracture hystérique peut être provoquée artificiellement chez une femme qui est sous le coup de la diathèse hystérique. II suffit d'énoncer cette proposition étonnante pour faire comprendre l'importance capitale d'un tel phénomène, et faire prévoir tout le parti que nous pouvons sans doute en tirer dans la suite de nos recherches, pour traiter les contractures hystériques proprement dites.
La découverte de ces lois vous montrera enfin que l'hystérie n'est pas une de ces inconnues où l'on voit tout ce que l'on veut. N'en déplaise aux sceptiques et aux hystérophobes^ ce n'est pas un roman : r hystérie a ses lois.
niiÉNo«K>T.s rtfVKus riE l'hystérie
aes divers de l'hystéro-épilepsie. — Catalepsie provoquée artiflcioUement.
JUS L'LuiliiT aujourd'hui (1) le pin? im[iortnnl des
HYSTÉRIE : TROt'BLES DE U SENSIBILITÉ 279
vulgairement connus ; on sait qu'ils consistent généralement en une anesthésie plus ou moins complète de Tune des moitiés du corps : c'est Thémianestliésie, droite ou gauche, qui s'observe ordinairement chez les hystériques. L'anesthésie totale est plus rare ; je vous en montrerai ici deux cas seulement sur dix hystériques.
Vous savez que Thémianesthésie ne porte pas seulement sur la sensibilité générale, mais que les organes des sens spéciaux du môme côté sont aussi paralysés. Ces phénomènes ne sont, d'ailleurs, pas l'apanage exclusif de l'hystérie, comme le pensait autrefois Briquet ; j'ai démontré qu'ils peuvent exister dans certains autres états morbides, et être la conséquence de lésions particulières de l'encéphale.
L'hémianesthésie si^ge tantôt à droite et tantôt à gauche. Si elle atteint la moitié droite, par exemple, du corps, ce sera toujours de ce côté droit aussi qu'apparaîtront les divers autres phénomènes de l'hystérie : aura, contractures, douleur ovarienne, etc. Si l'hystérique est droitière, pour ainsi dire (c'està-dire s'il y a une hémianesthésie du côté droit), c'est de ce côté droit qu'il faudra chercher ces divers troubles caractéristiques : sifflements dans l'oreille droite, battements à la tempe droite, troubles de la vision de l'œil droit, contractures du côté droit, douleur dans la région ovarienne droite, etc. Si l'hémianesthésie existe du côté gauche, du corps, c'est de ce côté qno Ton trouvera ces caractères.
Si l'anesthésie est totale, ces phénomènes existeront des deux côtés ; cependant, ils sont ordinairement un peu plus marqués d'un côté que de l'autre.
On a dit que l'hémianesthésie siégeait plus souvent à gauche qu'à droite ; après l'avoir cru longtemps, je pense aujourd'hui (ju'il existe à peu près autant d'observations du côté droit que du côté gauche. Je vous rends, une fois encore, témoins des preuves irréfragables de cette insensibilité hys-
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térique. A celle jeune fille, hémianeslhésique du côlé droit, je traverse la main, Pavant-bras droit, avec une forle aiguille, sans qu'elle s'en aperçoive. De même à la l^te, aux lempc^, etc., sur toule la moitié droite du corps, je puis faire des piqûres qui paraissent monstrueuses aux gens non initiés à cette étude, sans provoquer le moindre signe de sensibilité. Du cAté gauche du corps, au contraire, la piqûre la pluf légère esl parfaitement sentie par la malade.
Chez celte autre, atteinte d'aneslhésic totale, qui a les douleurs ovariennes des deux côtés, qui est insensible des doux eûtes, je puis faire à droite et à gauche impunément, des piqûres très profondes. Ces plaies ne donnent pas ou peu de sang, à cause de la constrlction énergique des vaisseaux produite par une irritation habituelle des nerfs vaso-moteurs chez ces malades.
Quand je parle de la douleur ovarienne, je ne veux pas Jire que c'est l'ovaire qui en est le point de départ : je parle d'un fait général, de phénomènes concentrés autour de l'ovaire, mais encore inconnus dans leur essence môme. Ils existent dans tous les cas d'hystérie ; et, mis en présence d'une hystérique qu'il n'a jamais vue, tout médecin n'a qu'à lui demander de montrer avec le doigt le point du ventre où elle sent ses douleurs, elle indiquera toujours la région ovarienne et
HYSTÉRIE : TROUBLES DE lA VISION 281
Vous voyez, chez cette hystérique, à hémiaaesthésie droite, que je puis déposer de la coloquinte en quantité notable sur la moitié droite de la langue, sans provoquer le moindre mouvement. La moitié gauche de la langue est, au contraire, très sensible.
Chez une anesthésique totale, les deux côtés de la langue sont insensibles ; de même le larynx, le pharynx, l'épiglotle : vous voyez que j^introduis le doigt jusqu'au fond de la gorge, jusque sur l'orifice supérieur du larynx ; tout est absolument insensible. Les études laryngoscopiques deviennent d'une commodité étonnante, chez les malades de ce genre.
Je vous présente, en dernier lieu, la doyenne.de nos hystériques, la fille L..., qui est hystérique depuis son enfance. Entrée à la Salpétriëre à T&ge de douze ans, elle a maintenant environ cinquante-six ans ; elle est anesthésique des deux côtés, etc. C'est elle qui, une fois par an, à peine, nous donne le spectacle de l'attaque dite démoniaque. Elle n'en a pas eu depuis huit mois ; elle sent, comme toutes les hystériques (qui diffèrent en cela complètement des épileptiques), des phénomènes précurseurs, prémonitoires de ces attaques, environ quinze jours à l'avance.
Cette malade est intéressante, parce que c'est la seule qui est restée rebelle à tous nos essais ; elle n^est influencée par aucun agent, par aucun métal, etc. En dépit de tous nos efforts, elle est restée ce qu'elle était il y a quarante ans ; notez cependant ce fait important qu'elle a aujourd'hui la même dose d'intelligence qu'autrefois ; une épileptique aussi invétérée serait depuis longtemps dans la démence.
B. Hyperesthésie, Foyers d'hy pères thésie. — Lorsqu'une hystérique n'a pas eu d'attaque depuis un certain temps, il existe sur la surface du corps, des points d'hyperesthésie dont l'excitation peut produire une attaque ; ce sont des points hys-*
llYSTrJllE : lIVPEnESTHÉSIF,
* analogues aux points épileplogènes du cochon Itrown-Séquard. Il esl remarquable que \i-s hyslt^irsquVlles se présentent h nous, se tournent loujoucs me façon, dans la même attitude, nous montrant la partie autérieure du corps : c'est qu'en effet, il )ne, la région située entpe les deux épaules, qui est ibic. Que l'on frotte rapidement le dos, cliez une le, on détermine une émotion Irf's-vive ou une vérique. Ce n'est pas toujours le dos qui présente celte lésie ; chez d'autres malades, c'est sous les aisselles. e des seins; chez d'autres, c'est au niveau de la it faut produire cette excitation, en pressant un peu, ?rminer l'attaque. Si l'on insiste et si l'on frotte plus arrête l'attaque. Chezcette jeune hystérique. B..., qui 'raie sensitive au point de vue de ses propriétés hysil suffit de toucher le dos en y passant légèrement 10, pour produire une attaque. Aussi, vous remarquez