‹ Œuvres complètes de J.-M. Charcot v. 9, 1890 (volume 3)Chapitre 50 sur 85 · I. Ce travail est reproduit ci-aprt'S, p. 'MO · texte numérisé non relu

I. Ce travail est reproduit ci-aprt'S, p. 'MO

"2, II >*tii;it simiUmikmiI ici des miHolrs do la vie animale.

Charcot. Œuvr. compl. t. ix, Hypnotisme, ao

SCGCESTION

déterminée au moyen de l>!ec Irisation localisée: i que se produisent, en parlirulier, les grilTes radiale,

médiane caractéristiques, suivant que l'excitation e porte sur le nerf radial, le cubital ou enfin lemélontrarture ainsi provoquée est très énergique : cite X efforts les plus vigoureux; mais, tant que i'élat le persiste, il est un moyen Fort simple de la faire sque instaalanéraeut, et ce moyen consiste dans la ;ercée surs les muscles antagonistes, excitabilité neuro-musculaire est un luit objecliF iaisissanls, des plus faciles â mettre en ôvidcnre. ■ation régulière peut constituer une sorte d'épreuvejlijsiologique, qui met l'observaleur fi l'abri de rvenlion voulue de la part du sujet et exclut, en ou te idée de simulation.

HÉMILÉTHARGIE ET HÉ ICATALBPSIE 307

les différents muscles de la face, suivant le procédé de Duchenne (de Boulogne^ et l'on voit alors, chez certains sujets, les membres par des attitudes variées se mettre en harmonie avec les expressions qu'on a arlificiellement imprimées à la physionomie.

D. — Localisalion de divers jj/iénotnènes précédemment décrits à un seul côté du corps ; héniiléthargie, hëmicatalepsie, — Au cours de Tétat cataleptique, il suffit de clore un des yeux du sujet pour amener la résolution et, en même t(»mps, rh\pore\cilahilité neuro-musculaire dans tout le côté du corps correspundanl, pendant que l'autre cùté, dont l'œil est demeuré ouvert, conserve tous les allributs de l'état cataleptique. Inversement, durant Tétat léthargique, il suffira de soulever une des paupières pour faire disparaître instantanément toute trace d'hyperexcitabihté dans les muscles du côté du corps correspondant, en même temps que le développement, de ce môme côté, les caractères de l'état cataleptique. Cependant, le côté du corps où l'œil est demeuré Hîmié conserve au même degré qu'auparavant les caractères de riiyperexcitabilité neuro-musculaire. C'est ainsi qu'on peut provoquer à volonté, soit d'un côté du corps, soit de l'autre, rhémilétliargie avec hyperexcitabiUté ou l'hémicatalepsie.

liCs phénomènes déterminés par voie de suggestion soit en conséquence de l'attitude imprimée aux membres, soit par l'excitation laradique des muscles de la face, peuvent se montrer également limités à un seul côté du corps, pendant que l'autre côté présente les caractères soit de l'état léthargique, soit de l'état cataleptique.

E. — Persistance pendant la veille de quelques phénomènes produits pendant l'état hypnotique. — Les contractures produites par excitation mécanique des muscles pendant l'état léthargique, persistent souvent après le réveil, lorsqu'on

■.H-CIN\TiONS VISUELLES ET Al'IlASrE PROVOQUi^ES

J soin de les faire disparaître, pendant l'étiit lélliar- Iroxcilaliou des antagonistes. Four amener la résolide de ces contractures arlificiellement produites, T sujet étant de nouveau plongé dans l'état léthar- Imettrc à profil la réapparition de rhyperexcitiibilité m pour agir sur les antagonistes. Malheureusement, :lures spontanées des hystériques ne se comportent î les contractures artificielles; alors nu^me que le plongé dans l'état léthargique, elles résistent , le plus souvent, à toutes les maacouvres. Jîatiom- visuel/es provoguécs. — Si une hallucina- 1 été provoquée chez un sujet cataleptisé, celnique l'image est \'ue par lui double, lorsqu'un I maintenu appliqué au-devant de l'un de ses yeux. ; image est alors placée adroite, a gauclie, en haut la première, conromiémenl aux lois phjsi([ucs.

l'hypnotisme chez Ll.> HYSTÉRIQUES 309

Contribution à l'étude de l'hypnotisme chez les hjrstériques ; du phénomène de l'hyperezcitabilité neuro-musculaire (i).

1/élal hypnotique que Ton obtient assez facilement chez la plupart des malades hystériques par la mise en œuvre de procédés variés est caractérisé par rapparition d'un certain nombre de phénomènes soit somatiques, soit psychiques, dont Télude est intéressante à plus d'un titre. Non-seulement Tobservateur peut trouver dans la constatation régulière de quelques-unes de ces manifestations des signes diagnostiques <'ertains qui le mettent à Tabri de la supercherie et de la simulation ; non-seulement TcNamen attentif des relations qu aflectent entre eux tous ces phénomènes variés, leur mode de groupement naturel, leurs affinités ou leurs oppositions, peuvent conduire à la distinction de plusieurs modes du sommeil nerveux, jusque là confondus sous la dénomination générale d'hypnotisme; mais l'étude approfondie de chacun de ces phénomènes en particulier peut contribuer à la solution de quelques-uns des problèmes les plus élevés de la physîo-

1 . En collaboratio:i avec M. le D' P. Richer. — Extrait des Archiœa de Neurohffie, 1881, l. II, p. 32 et 173 ; t. III, p. 129 el 310.

IMPORTAWrE DE l'HÏPNOTISME

me de la psychologie. Il n'est aucun d'eux en luisse ?e rencontrer, à des degrés variables, il est éliit de santé ou dans i'élal de maladie. Et, '. loi aujourd'hui bien titablie, que les manifesla- )giquf's ne sauraieot comporlcr en elles-mêraes nt nouveau, qu'elles ne sont que des dévialions, [liions plus ou moins profondes des conditions es, il arrive que, pour qui sait y regarder, les morbides sont pleins d'enseignements au point filogiqup et que la maladie noua révèle souvent e l'éUil normal.

fonctionnement régulier de l'organisme et les ontanés qu'y apporte la maladie, l'hypnotisme un.' une voie ouverte k l'expérimentation. L'état n'est autre chose qu'un état nerveux artificiel ou 1, dont les manifestations multiples apparaissent lissent, suivant les besoins de l'étude, au gré de

FAITS ÉTABLIS SCIEI^TIFIQUENSNT 311

n'aborder qu'ensuite ceux d'une appréciation plus délicate et plus difficile.

Telle a été la métliode qui a présidé au début de nos recherches sur ce sujet, entreprises à la Salpêtrière en 1878 (1). Grâce à elles, un certain nombre de faits paraissent aujourd'hui bien établis, entre autres : l'influence d'un certain nombre d'agents sur la production de l'élat hypnotique : lumière vive (lampe Bourbouze, lumière de Drummond, lumière électrique, flamme du magnésium...), vibrations d'un grand diapason, bruit intense et inattendu (bruit du gong) ; — le phénomène de Yhyperexcitabilité neuro-miisculaire servant à caractériser une des phases du sommeil hypnotique désignée par l'un de nous sous le nom de léthargie hystérique

1. Vers la fin de cette môme année, l'un de nous (Charcot) fit de ces recherches le sujet de plusieurs conférences cliniques, à rhospice de la Salpêtrière, dont le compte rendu parut à cette époque dans plusieurs journaux : Progrès médical j n» 51, 1878 ; Gazette des hôpitaux ^ n** des 21 nov., 28 nov. et 5 déc. 1878 ; Gazette médicale de Paris, n- 46, 47 et 48, 1878. — L'année suivante, les mômes faits d'hypnotisme tiennent une place importante dans la thèse inaugurale de l'un de nous (P. Richcr. — Étude descHptive de la grande attaque hystérique et de ses principales variétés, 1879), ainsi que dans une autre publication plus récente {Etudes cliniques sur Chystéro-épiUpsie ou grande hystérie, 1881.)

Le D' He<;;nard qui contribua aux premières i*echercbes de 1878, dans le service de Tun de nous (Gharcot) à la Salpôtrière, a depuis fait paraître plusieurs travaux sur ce sujet : Hevue scientifique^ n* 13, 1881. Sommeil et somnambulisme, conférence faite & la Sorbonne, et en collaboration avec le D' Bounicvillc, le 3« volume de V Iconographie photographique delà Salpi* trière (1879fcl880), consacré pour la plus grande partie à Tétude de l'hypnotisme et dont quelques extraits ont paru dans le Progrès médical, n** 14 et 15, 1881, et dans le journal la Sature, 1881.

Nos recherchas de 1878 marquent le commencement du mouvement actuel qui se poursuit en Allemagne et en France, au sujet de Tétude de rhypnotUme. A l'époque où parurent les premiers travaux de la Salpêtrière, le seul travail récent sur la malitrc était un mémoire de M. Ch. RIchct sur le Somnambu* lisme provoqué dans le Journal dé Vanatomie et de la physiologie de Gh. Hobin, 1875. Antérieurement, il faut citer les travaux de Pau de Saint-Martin (1869), de Baillif (1868 , de Lasègue (1805), de Mesnel (1860), de Demarquay et Giraud-Teulon (1868), d'Azam (1860), de Broca (1859); enOn les recherches de Braid, qui a été le véritable initiateur dans ce genre d'études» datent de 1843.

l'iTÏPSOTISSIE chez les HYSTÉRIOIES

(Ciiarcot) ; — les caractères particuliers de la cataérique provoquée ; — le mode de sucoession chez lujetdeces deux étals nerveux : léthargie provo- Uikpi?ie provoquée ; — leur localisalioa possible h é du corps ; hémi-létkarqie, hémi-catalepsie, etc. 3HS proposons aujourd'hui, dans un mémoire spévenir avec (pielques détails sur un des phénomènes ; |fs plus intéressanls de l'élal de somniation chez ques, sur co phénomène qui consiste en une apti- :ulière du muscle k la contracture sous l'influence ion mécanique et qui a été désigné par l'un de nous ri il7i;/perexcitaùi/ité neuro-muscutaiie.

HYPEREXGITABILITÉ NEURO-MUSCULAIRE 313

rcxcitatioQ mécanique localisée soit au tendon, soit au rameau nerveux, soit au corps du muscle lui-même (1),

§ I. — Excitation du tendon. ^ étude des réflexes tendineux

DANS lA LÉTHARGIE HYSTÉRIQUE PROVOQUÉE.

L'exagération des réflexes tendineux est un fait commun chez les malades atteintes de grande hystésie. Elle accompagne le plus ordinairement Tanesthésie et ramyosthénie qui font partie du tableau de la maladie dans l'intervalle des crises, et, comme ces dernières, se localise à un côté du corps, ou bien se généralise, conservant alors, le plus souvent, dans une des moitiés du corps une intensité plus grande.

Si Ton se rappelle la signification aujourd'hui bien établie de ce phénomène et les connexions intimes qui font de Texaltation des réflexes tendineux et de la contracture musculaire des faits de même ordre, on ne sera pas surpris de rencontrer dans la léthargie hypnotique, dont nous parlons, une exagération marquée de ces réflexes. Ea effet, sous l'influence des pratiques de riiypiioLisme, les réflexes tendineux subissent des modifications susce})tibles de quelques variations suivant les sujets, mais ([ui, iiiîilgrù ces variétés individuelles, nousont }»arii un des caractères les plus constants du sommeil artificiel.

Cette étude nous a permis de pénétrer quelque peu la nature du curieux phénomène décrit parTun de nous sous le nom

1. Dans ces recherches sur hi conlraclurc provoquée pendant l'hypnotisme, nous .ivuns tenu à ne faire usa^^e que de Tcxcitation purcinunl mécanique, teIK' que le cho:.', la pre-ssion, la nialaxalluii, le massage. Nous avons écarté à dessein la vibration dn diapason, Taimant, l'action électrique. Nous savons en efTcl que ces derniers agents font souvent naître la contracture chez les hNstéricpies sans qu'il soit nécessaire de les soumettre à Thypnotisation. Tandis que l'excitation purement mécanique n'acquiert d^efflcacité que pendant l'hypnotisme et demeure, au moin^ dans la grande majorité des cas, sans action pendant la veille.

l'kIP-^OTI&XE chez les HISTÉIIOCIâ

il/ibUité neuro-musculaire, eo le rnootrant inlimeour uae part, à i'eKallatioQ des réflexes leadioeu-^. tent. dan? \<^ ras parltculier où la contracture :^uit

plus élevé.

production du réflexe tendineux de l'étal normal, onditions sont nécessaires. Elles ont été nettement par M. Weslphal. En premier lieu. le muscle sur ifiit nfrir doit être placé dans un ^lat de tension V.n second lieu, l'excitation portée sur le tendon [•■r en un choc brusque qui, par l'intermédiaire des lincusips. détermine un ébranlement soudain de i-we du muscle. La contraction musculaire réflexe f produite par aucune excitation électriqiip ou méitri' que la percussion.

:at hypnotique, le» circonstances qui favorisent la du phénomène sont quelque peu changées. Le

EXCITATION DBS TENDONS 315

membre auquel il s'attache. Il en résulte une secousse quelquefois directe, mais toujours vive et très courte.

Dans Tétat de santé, la contraction réflexe du triceps crural osl facile à obtenir par la percussion du tendon rotulien. Cette contraction, d'intensité moyenne, s'exagère dans certains états morbides caractérisés par un accroissement de l'activité réflexe de la moelle épinière, comme dans les paraplégies spasmodiques. De plus, en certains cas, elle se montre là où elle n'existe que rarement à l'état normal, comme au bras par la percussion des tendons du triceps ou du biceps, ou aux avant^bras par la percussion des tendons des fléchisseurs ou des extenseurs au-dessus du poignet. D'autres affections nerveuses au contraire sont, on le sait, marquées, dans la règle, par une abolition complète des réflexes tendineux, l'ataxie locomotrice par exemple. Les différents états nerveux auxquels les pratiques de l'hypnotisme donnent naissance peuvent également se grouper en deux catégories.

Dans l'une, les réflexes tendineux subissent une exagération marquée qui se traduit de diverses manières suivant les malades ou suivant les différentes parties du corps d'une même malade. On peut y ranger la léthargie hystérique provoquée s'accorapagnant d'hyperexcitabilité neuro-musculaire et dont nous nous occupons plus particulièrement ici. Dans l'autre, les réflexes tendineux sont complètement abolis comme dans la catalepsie hystérique provoquée.

Toutes les modalités diverses auxquelles peut donner lieu l'exaltation du réflexe tendineux dans l'hypnotisme, reposent sur deux points principaux : — a) extension, diffusion de l'action réflexe ; — b) modifications de l'action musculaire qui en est la conséquence :

a) La contraction est plus vive sans augmenter de durée ;

^) La contraction est plus longue, elle marche vers le tétanisme et tend à se transformer en contracture ;

L'llïP^OTiSilE CHEZ LES HÏSTÉniQUES

oiilraction devient permanente. Le choc a provoqué dure. Rarement un seul choc amène ce résultat ; lus souvent, la contracture est facilement obtenue à e plusieurs chocs successifs portés sur le tendon,

usion du réflexe. — Quelquiîs malades sont h peine s qu'on voit le réflexe leudiiipux non seulement r sur place el le rlioc sur li' teiidon donner lieu à une m pluri vive du niusrle directement intéressé, mais ovoquer des contractions réflexes dans les membres du lieu de lu percussion, soit d'un même -côté du t des deux côtés à la fois. Il suffit alors du moindre ■ provoquer ie réflexe, et, à la suite de la percussion n rotulien, par exemple, on observe un soubresaut ras du raéme côté, ou dans les deux bras h la fois, out le corps.

c sur kl l'ace externe du bras vers la partie médiane.

i:\CITATION DES TENDONS 317

Cail..., hystéro-épilep tique, actuellement soumise à notre observation, présente la même particularité. Nous avons soumis ce phénomène à l'analyse par les procédés de la méthode graphique du professeur Marey, et les tracés que nous avons obtenus permettront de s'en rendre un compte exact. Cail... est hémamianesthésique à gauche. Les réflexes tendineux sont exagérés, à Tétatde veille, surtout dans tout le côté gauche.

Un tambour myographique est appliqué sur le biceps brachial gauche, un second tambour sur le triceps crural du môme côté. Ces deux tambours sont reliés par deux tubes en caoutchouc de même diamètre à deux tambours enregistreurs, dont les leviers inscrivent sur un cylindre recouvert de noir de fumée. Nous n'insistons pas sur le dispositif de notre expérience qui est classique. Le cylindre est animé d'une vitesse uniforme au moyen d'un mouvement d'horlogerie muni d'un régulateur Foucault. Pour le cas actuel, il est placé sur l'axe de mouvement moyen et exécute un tour complet en six secondes.

On a soin de placer bien exactement les deux styles înscripteurs sur la môme verticale, parallèle à l'axe de rotation du cylindre.

Chaque tracé obtenu dans ces conditions présente deux lignes en courbes superposées. — La ligne supérieure correspond au tambour appliqué sur le biceps brachial et traduit les modifications survenues dans l'état de contraction de ce muscle. La ligne inférieure offre la même signification relativement au triceps crural du môme côté.

Le tracé I (Fig. l) obtenu pendant la veille démontre l'existence du réflexe rotulien. Un choc brusque, porté sur le tendon rotulien provoque presqu'aussitôt un mouvement assez étendu de la jambe et à oscillations multiples. Ces oscillations paraissent produites par des contractions alternatives des muscles extenseurs et des muscles fléchisseurs. — fja courbe T, r. traduit les contractions du muscle extenseur du triceps crural.

318 l'htp^iotisxk CHBZ LKB ITSTtoiaUES

— On remarque sur ce tracé, que le réflexe rotulien ne t^ tentit en aucuue façon sur le bras. Le style supérieur qm <*'" respond au biceps brachial trace une licne__droîte (B. *•)■

KXCfTATIOfI DES TtNDOIlS 319

11 n'en est pas de même pendant le sommeil provoqué, ainsi que le montre le tracé II {Fig, /). Par la fixité du regard en convergence supérieure, la malade est rapidement endormie. Les membres sont dans la résolution la plus complète. Les caractères du réflexe tendineux éprouvent aussitôt les modifications suivantes. En outre que le réflexe rotulien parait plus intense, qu'il s'obtient à Taide d'une excitation plus légère, il retentit sur les bras et sur tout le corps.

On voit, enreffet, sur le tracé II [Fig. 1) la contraction du biceps brachial suivre celle du triceps crural obtenue par la percussion directe de son tendon.

Le tracé 111 [Fig, 1) a été obtenu sans changer la disposition des appareils placés sur les membres du côté gauche, mais en frappant sur le tendon rotulien du côté droit.

L'on conçoit fort bien que cette diffusion des réflexes tendineux se présente à des degrés variables suivant les malades, et c'est ce qui a lieu en effet. Cette diffusion s'opère-t-ellc suivant des lois constantes, se rapprochant plus ou moins de celles posées par PflUger? Nous ne le pensons point, parce qu'elle est subordonnée au degré d'activité réflexe de la moelle et que nos observations nous ont appris que, souvent, dans l'hypnotisme cette activité nerveuse spéciale n'est pas modifiée d'une façon uniforme dans tous les points de l'axe médullaire. Les phénomènes, en effet, qui en sont la traduction objective se montrent parfois localisés dans uoe partie du corps, ou bien, s'ils existent, possèdent une intensité variable suivant les régions.

C'est ainsi que nous avons pu observer, contradictoirement, aux lois de PflUger, que le réflexe rotulien se propage d'abord aux membres supérieurs avant de retentir sur l'autre jambe, ce qui est en opposition avec la ht de la symétrie. D'un autre côté, voici qui paraît conforme à la loi de l'irradiation :

l'iIÏPNOTISJIE chez les nïSTÉRIOLES

3ns vu souvent le réflexe rotulien reLeatir sur les ; supérieurs; mais, nous n'avons pas observé la dif- 1 réflexe en sens inverse, c'est-à-dire du membre r au membre inférieur. D'ailleurs, cette dernière loi T qui veut que t'excilalion réflexe se propage dans lii toujours de bas en haut et jamais de haut eu bas. a leul combatlueparCayrade etpar Vulpian.

il ne faut pas oublier que la classîQcalion àc- l'fliiger 1' aux réflexes cutanrs et qu'il s'agit ici de phénojflexes d'un ordre différent.

/i/iration de la coiitractiott réflexe qui suit le rhof hI'jh. — En même temps que, sous l'influence de sme, le réflexe tendineux tend à se généraliser, il luvent que la contraclion nmsculaire à laquelle il u subit elle-même quelques modifications La condevient plus longue, la courbe du tracé mjogra-

ËXCilTATlON ÙÈS TÈrVDONS 3S1

b) Un choc un peu violent produit d'emblée là contracture permanente.

c) La contracture permanente est également provoquée par la répétition de plusieurs chocs légers, et elle se développe alors progressivement.

La contracture ainsi produite ne subit pas un accroissement exactement proportionel au nombre des chocs. — Il y a en quelque sorte accumulation de force et addition successive de chaque excitation partielle, de telle façon que, tout en conservant une intensité égale, les derniers chocs sont suivis d'effets beaucoup plus considérables que les premiers.

Il y a donc deux modes de l'excitation par choc : ou l'excitation est intense et unique, ou l'excitation est faible et répétée. Tous deux conduisent au même résultat qui est la contracture permanente, mais par des procédés un peu différents.

Voici le récit de quelques expériences faites sur Witt... :

7 janvier 1881. — Le tambour myographique est placé sur le corps du muscle extenseur commun des doigts (avant-bras droit).

L'aTant-bras droit est placé dans la demi-flexion avec pronation; la malade est assise, le coude repose sur l'angle d'une table, et le poignet est soutenu par la main gauche de- l'expérimentateur. La main du sujet retombe inerte dans la flexion. La percussion est pratiquée sur les tendons extenseurs environ au niveau de la deuxième rangée des os du carpe. La percussion donne lieu à un mouvement d'extension de la main et des doigts.

Le tracé I (AV^. "1) a été obtenu pendant Tétat de veille. La secousse musculaire réflexe n'est pas unique, comme il arrive souvent, surtout en ce qui concerne les extenseurs. Elle est représentée ici par une courbe qui présente plusieurs ondulations.

La malade une fois endormie, la même excitation portée sur les mêmes tendons donne le tracé II dans lequel on xoH la pre*

CsARCOt. QCuv. compl. t. ix, Hypnotisme, 2t

K\CITAT10.>" DES TBNDOSS

LIIVPMlTlSME r.HK7, l,F,!î H^^TtllIOtKS

bteoii' une simple contraction, il faut user d'une excitation fort légèrc.

En rf-pétant c:ps excitations très lôgiires, on arrive i:-i;alcment très rapi- (Ipinenl A la contrarttii-r ç ninsi nuu lu pruuvtint tus £ traces des fig. 3 et i, Z L'excitation portée sur .| les muscles fli^chiswurs p de la main et des doigts -■ Z nous a donné des résul- ^J " tais analogues.

ï g Dans CL' cas. le tainf ^ Ixmr myographiquo est =. 5 appliqué vers le tiers a I supcriRur de la face antû- I g rieure de \'avant-bras au 'e. " niveau du relief muscu-

pas fait reproduire, parce qu'ils sont absolument analogues aux précédents.

Dans des expériences faites sur le tendon rotulien, chez la même malade, nous constatons qu'il n'y a pas d'irradiation du réflexe au bras du même côté.

Deux tambours myographiques sont appliqués à la fois, l'un sur le triceps crural gauche, l'autre sur le biceps brachial du même coté. Le dispositif de l'appareil est le môme que dans les expériences rapportées plus haut, p. 321.

Sur le tracé I (Fig, 5), obtenu pendant la veille, on remarque que le style qui correspond au biceps demeure immobile, pendant que le style du triceps crural marque une série d'ondulations qui suivent le choc porté sur le tendon rotulien.

Pendant la léthargie (tracé II, Fig. 5), le biceps demeure également immobile , mais les caractères de la contraction réflexe du triceps crural sont considérablement modifiés. Un premier choc détermine une contraction prolongée qui se traduit par une courbe à long plateau. Un deuxième choc donne naissance immédiatement à la contraction permanente.

Chez les deux malades qui, jusqu'ici, nous ont servi d'exemples, nous avons \ai se montrer indépendamment les deux modifications principales que subissent les réflexes tendineux sous rinfluence de l'hypnotisme : a) irradiation du réflexe, chez Cail...; 6) tendance à la contracture et contracture confirmée, chez Witt... Mais, ainsi que nous lavons déjà dit, ces deux caractères peuvent se montrer à la fois, et, en même temps que le réflexe irradié, on voit la contraction (du muscle directement excité, de même que celle du muscle éloigné du point d'excitation) tendre vers la contracture.

C'est ce que démontrent les tracés suivants obtenus chez une autre malade, Parm..., également hystéro-épileptique. Nous ne reviendrons pas sur la disposition des appareils enregistreurs.

Chez Parm... les réflexes tendineux, pendant la veille sont asspz développés, mais le réflexe rotulien ne se propage pas au membre supérieur du même côté. (Tracé I, Fig, 6)«

Pendant la léthargie hystérique provoquée, le réflexe rotulien s'accuse encore davantage, et l'irradiation au bras du même cùté est très marquée. Les trois excitations du tracé II [Fig. 6), ont été portées «uccessivement, et Ton remarque qu'à la troisième excitation la contraction réflexe du biceps brachial, aussi bien que celle du triceps crural, offre une tendance manifeste à la contracture.

Dans une autre expérience, sur la nommée Gail..., MW avons vu à la suite de chocs répétés sur le tendon rotidien, la contracture se confirmer peu à peu et finalement s*étabUr aussi bien au bras correspondant qu'à la jambe sur laq[adle Texcitation avait été directement portée. — En même temps que le membre inférieur se contracture dans l'extension fbrcée, on voit le membre supérieur animé, à chaque choe nn tulien, de secousses réflexes, subir dans son attitude les modifications suivantes : il s'élève légèrement, le poing se ferme, Tavanl-bras se met en pronation et en légère flexioii« puis ramené sur les côtés du tronc, le membre tout entier s'immobilise dans une attitude qui rappelle celle du début de la grande attaque hystérique.

Dans le cas qui précède, la contracture qui a suivi la percussion du tendon rotulien est demeurée localisée à un seul côté du corps. Mais, la propagation de l'excitation peut dépasser la ligne médiane et la contracture, qui en est la conséquence, s'étendre aux quatre membres et même à tout le corps. C'est ce que nous avons pu constater chez plusieurs de nos malades et particulièrement sur celles qui présentent peu développé le phénomène de l'hyperexcitabilité neuromusculaire.

Nous rapporterons, à titre d'exemple, quelques détails

i.'iiïpM)Tt*!«E rni'7 [.K-< iiYSTènnirF.s

d'une expérience d'hypnotisme, tentée sur une de nos malades hystéro-épileptiques, récemment entrée dans le service et qui n'avait jamais été soumise à ce genre d'épreuve :

Del..., est anesthésique totale et achromatopsique de Tœil droit seulement. Les réflexes tendineux sont exagérés aux deux jambes, à droite surtout; aux coudes ils sont moins marqués; aux avant-bras ils existent à un faible degré. Il n'y a point d'extension du réflexe rotulien aux membres supérieurs.

La malade est placée en face d'une vive lumière (lampe au magnésium^ qu'on la prie de fixer du regard. Au bout de quelques instants, les yeux se convulsent en haut, les pupilles se cachent sous les paupières supérieures, la tête se renverse, Del.... est endormie, les membres sont dans la résolution. Le cou est un peu gonflé et la respiration est laborieuse.

Nous pouvons observer une exaltation des réflexes tendineux facilement appréciable aux poignets et aux coudes où ils existaient peu accusés pendant la veille. Le réflexe rotulien produit à la fois un mouvement dans les quatre membres et un soubresaut do tout le corps accompagné d'une respiration convulsive.

En répétant les chocs sur le tendon rotulien, la contracture permanente de la jambe ne tarde pas à s'établir. On voit l'extension de la jambe s'accuser par degrés jusqu'à l'immobilisation dans l'extension complète.

Nous remarquons alors que la contracture n'est pas demeurée localisée au seul membre directement intéressé ; les deux bras sont contractures dans l'extension et la pronation, l'autre jambe est également contracturée dans l'extension, le tronc s'est redressé, la tête est maintenue renversée par une rigidité des muscles de la nuque. En résumé, il s'est produit là une sorte d'attaque de contracture généralisée.

Cette contracture disparait facilement par la friction des parties contracturées qui retrouvent successivement leur souplesse.

l.'llï['>OT[S«E f.llE/ LES irvSTÉRIOrES

} seconde expt-rieiicf de ^ént^ralisalion de la contrsclite du choc répété sur le tondon rotulieo, nous avons la contracture d'un mémo coup partout à la Tois, nu If pression légère (le la région ovarienne droite, sans inii'ner lu cessation du sommeil; ce qui eât été iné~ a pression avait été énergique, répété sur les tendons de la face palmaire du poignet ontracture des doux bras dans la demi-flexion. Les nférifurs dans ce cas ne participent pas à la con-

lerchcs faites au sujet de l'étal des réflexes tendiant la léthargie hystérique provoquée, peuvent ôlre dans les conclusions suivantes:

ant la léthargie hystérique provoquée, les réflexes s'exaltent et s'irradient, parfois même ils se généelte irradinlitiii ne saurait être soumise à aucuno

EXCITATlÔn DES TENDONS 331

La contracture pennanente est le plus scmvent obtenue à la suite de plusieurs chocs successifs portés sur le tendon. Lorsque Texcitabilité réflexe existe à un haut degré, un seul choc suffit. Alors, la pression sur le tendon conduit au même résultat^ ainsi que nous le verrons dans un instant.

c) Le degré de réflectivité médullaire varie non seulement avec les malades ou chez une même malade, suivant les diverses régions de la moelle, mais aussi chez une même malade d'un jour à l'autre ou même d'un moment h l'autre, sous des influences variées. C'est ainsi qu'après nos expériences les réflexes tendineux de l'état de veille sont toujours un peu plus exaltés qu'auparavant.

d) Au point de vue spécial des phénomènes de l'hyperexcitabilité neuro-musculaire, c'est-à-dire de la contracture musculaire obtenue à l'aide d'une simple excitation mécanique, il existe une différence entre les deux modalités de l'exaltation des réflexes tendineux : diffusion du réflexe et tendance à la contracture.

La diffusion des réflexes se rencontre souvent chez les sujets qui n'offrent pas très développé le phénomène de i'hyperexcitabilité neuro-musculaire. Il y a là une sorte de contradiction qui s'explique facilement de la façon suivante.

Dans ces cas, le phénomène pour se développer exige une excitation intense et répétée. L'ébranlement nerveux qui en est la conséquence tend à se propager dans toute l'étendue des centres et la contraction réflexe, de même que la contracture, se généralise. Au contraire, chez les malades qui présentent à un haut degré l'hyperexcitabilité neuro-musculaire, il suffit du plus léger choc tendineux pour produire immédiatement la contracture localisée, et dans ce cas l'excitation n'est pas assez vive pour tendre vers la généralisation.

l"hvP>OT[S\IE chez les HYSTÉRUJlîES

inni;. 1.' i^hoc est un mauvais procédé de localisation. uUiit' sait également d'autres procédés d'excitation ip tlu London, tels quela malaxation. la friction et la ressiou. Ces inaïupuvres, que nous allons étudier nt, ont pour résultat de produire la contracture plus . t[uc. IVxcitalion par clioc et d'éviler la générali-

^•^■ de l'trckation tendineusf par ntala.Tnlin» . friction au Himp/f pression.

■s sujfts peu sensibles nous avons vu parfois, alors lor répété des tendons ne produisait qu'une série de i musculaires, sans tendance manifeste vers la coula nialaxalion ou !a friction un peu prolongée de ces endons, provoquer assez facilejuent la conlracturp

tXCITATIO» DES TE>t>OXS

tendineuse, non seulement le choc n'est pas nécessaire la simple pression est beaucoup plus efficace. D'où il suit également que le muscle sur le tendon duquel on opère n'a pas besoin d'être placé dans l'état de demi-tension exigé pour la production du réflexe tendineux de l'état normal.

Pour les tendons superficiels ctfacilementaccessibles comme ceux des deux palmaires au poignet, il suffit d'appuyer légèrement avec l'extrémité mousse d'un porte-plume, par exemple, pour voir la contracture se développer instantanément, les tendons faire saillie et la main s'immobiliser dans la flexion.

Le tracé suivant, obtenu sur le corps Wilt.,., traduit le phénomène. I,e tambour myographiqueest appliqué sur le corps du grand palmaire. La pression sur le tendon est très modéréeet le signal Marcel Desprelz marque le temps pendant lequel elle a été maintenue.

On voit par la courbe (Fig. 7) que la contracture met plus de temps à se produire que par le choc ei qu'elle débute moins brusquement.

mais

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