‹ Œuvres complètes de J.-M. Charcot v. 9, 1890 (volume 3)Chapitre 55 sur 85 · I -i ^ K procédésdelaméthode graphique · texte numérisé non relu

I -i ^ K procédésdelaméthode graphique

Le tambour explorateur est placé sur la saillie des muscles fléchisseurs du poignet. Onze chocs portés successivement sur les tendons de la face antérieure du poignet amènent la flexion forcée de ce segment du memhre. avec <

TRANSFERT DE U GONTRACTURB 379

1*" La contracture provoquée persiste tant que dure le sommeil, elle persiste également pendant Tétat cataleptique, mais, aussitôt qu'on provoque le réveil, elle s^évanouit ;

2"" Si la malade est réveillée pendant Tétat léthargique, la contracture disparaît aussitôt. Nais, si avant de réveiller la malade, on a soin de la rendre cataleptique, la contracture persiste pendant Tétat de veille, avec la même forme et le même degré d'intensité ;

3"" Cette dernière précaution n'est pas nécessaire. Réveillée, même pendant Tétat léthargique, la malade garde sa contracture.

Les contractures artificielles, ainsi provoquées, présentent la plus grande analogie avec la contracture permanente hystérique. Elles pourraient persister, pensons-nous, fort longtemps. Nous n'avons pas prolongé l'expérience au-delà de quelques heures. Pour faire disparaître ces contractures, il faut endormir de nouveau le sujet, et, pendant l'état léthargique, procéder à l'excitation des muscles antagonistes dont l'effet est instantané.

c) Transfert par fainiani de la contracture localisée. — La malade une fois endormie et ses membres étant en complète résolution, nous touchons avec précaution le nerf cubital droit, en arrière de l'épi trochlée, et, comme dans l'expérience décrite plus haut, la main, sous l'influence de cette excitation, se contracture, immobilisée dans une attitude caractéristique que nous avons désignée sous le nom de griffe cubitale {Fig. 9).

Nous approchons alors de l'avant-bras gauche, dont les muscles sont demeurés dans le rel&chement, l'extrémité ouverte d'un aimant en forme de fer à cheval. La malade toujours endormie est assise près d'une table ; son bras droit contracture pend sur le côté; nous avons soin, une fois la griffe cubitale produite avec les précautions indiquées, de n'y plus

l'hTP>'OTISME chez les HTSTÊniQUES

ifm d'éviter les complications que de nouvelles excimisculaire?, même fortuites, ne manqueraient pas de Le bras gauche repose inerte sur la table à proximité ,nt. Au bout de peu de temps, deux à trois minutes voici le curieux phénomène que nous observons pour *re fois. Dans les deux mains, de petits mouvements ■s s'opèrent à la fois ; mais, bientôt, ces mouvements it dans un sens difTcEcnt à chaque main. A la main irée, les doigts quittent peu ii peu, et comme par "attitude spéciale que leur avait imprimée la conlracpouce s'écarte, l'annulaire et le petit doigt se déllé-

lémes doigts de l'autre main subissent au même un mouvement inverse, l'annulaire et le petit doigt ■n flexion, le pouce se rapproche pendant que l'index 'dius demeurent étendus. BientiM. le transfert s'est contracture musculaire a cédé à droite pour envahir

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le mouvement se soit arrêté en chemin, il demeure machevé. Lbl malade, toujours endormie, est assise devant une table sur laquelle on place ses deux avant-bras en pronation, de façon que le dos de la main regarde en haut. Les muscles sont dans la résolution. En touchant sur Tavant-bras droit le point d'élection indiqué sur la figure IS, 9, Tindex seul s'élève et demeure immobilisé par la contracture en extension forcée. L'attitude demi-fléchie des autres doigts de la main n'est pas modifiée. Nous appliquons alors un aimant près de l'avant-bras gauche, qui est demeuré jusqu'ici complètement indifférent à ce qui s'est passé à droite. Et presqu'aussitôt on observe dans les deux index un léger tremblement, composé de petites oscillations brèves, saccadées et irrégulières. Puis, un mouvement d'ensemble se produit, l'index gauche qui, demi-fléchi, reposait par son extrémité sur la table, s'étend et s'élève peu à peu pendant que l'index droit quitte par degrés l'attitude que la contracture lui avait imprimée et finit par retomber flaccide. En résumé, la contracture localisée, en vertu de laquelle l'index droit était maintenu dans l'extension, s'est transférée exactement à l'avant-bras gauche, et l'index gauche a pris, sous cette influence, une attitude semblable à celle qui existait d'abord à droite.

La même expérience peut être répétée avec un égal succès pour les différents muscles extenseurs. En voici un autre exemple : le petit doigt de la main droite est placé dans Textension par la pression sur le point moteur désigné smr la figure 15, 6. L'aimant est appliqué près de la main gauche. Cette main repose sur la table par sa face palmaire et les doigts à demi-fléchis, de telle sorte que le petit doigt disparaît presque complètement recouvert par les autres. Au bout de peu d'instants, nous voyons un mouvement se

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produire exclusivement dans le petit doigt qui se dégage peu h peu, se redresse, s'étend, puis s'élève en extension forcée. En même temps, le petit doigt du cdté droit est retombé peu à peu et a repris l'attitude normale du rel&checbement musculaire.

La pression sur la masse des muscles de la région postérieure de l'avant-bras amène l'extension des doigts et de la main. Celte atUtude, maintenue par la contracture simultanée d'un certain nombre de muscles, se déplace de la même façon que dans les expériences précédentes, et la contracture plus complexe est transférée sans rien perdre de ses caractères et de la précision de sa tocalisalion.

Nous venons de constater le transfert par l'aimant de la contracture localisée due k l'excitation mécanique du oeK ou du corps musculaire lui-même. 11 en est de même lorsque la contracture a été la conséquence d'une excitation tendineuse.

La malade endormie est placée dans la même attitude que pour les expériences précédentes, les mains reposant sur une table, la face dorsale regardant en haut.

La pression légère du tendon du médius de la main droite au-desnis de la lète du troisième métacarpien détermine,

CONTRACTURB IjOCALISÉB UTBNTB 383

tude à mesure que le doigt s'élève et bientôt le médius se trouve immobilisé en extension forcée.

En même temps que le médius gauche subissait un mouvement ascensionnel, le médius droit, par un mouvement inverse, s'abaissait peu à peu, et au moment où Textension à droite était complète, le rel&chement à gauche ne laissait plus rien à désirer.

rf) Contracture localisée latente. — Transfert de la contracture latente. — MM. Brissaud et Gh. Richet (1) ont déjà montré,dans des recherches sur la contracture provoquée chez les hystériques, que Tanémie d'un membre produite par l'application de la bande d'Esmarch, comme on a coutume de le faire dans la pratique chirurgicale, fmsait disparaître dans ce membre toute disposition du muscle à se contracturer sous l'influence des excitants ordinaires.

La malaxation d'un membre ainsi anémié ne détermine plus aucune contracture; mais, si l'on enlève la bande qui comprimait la racine du membre, on voit aussitôt la contracture se produire d'elle-même, sans nouvelle excitation, au fur et à mesure que la circulation se rétablit.

Cette expérience est importante au point de vue de la nature de ces sortes de contractures, et nous y reviendrons plus loin. Pour le moment, nous constatons que l'excitation mécanique portée sur un muscle anémié ne saurait y provoquer de contracture, mais n'en détermine pas moins dans ce muscle une disposition spéciale à la contracture, que MM. Brissaud et Gh. Richet désignent sous le nom de contracture latente, et qui ne demande pour se manifester que la disparition de l'anémie et le retour avec la circulation de l'aptitude du muscle à la contracture.

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