Progrès Médical, n«- 19, 23 et
384 l'hyphotishb chez les htstBriques
On connaît l'acLion spéciale de raimantsur les contractures unilatérales et le déplacement de ces contractures, connu sous le nom de transfert. MM. Brissaud rX Ch. Richet ont obseni-. sur 1«> membre anémié et en état de contracture latente, les mêmes phénomènes que sur le membre contracture. On voit, par exemple, ia contracture latente du bras droit transférée, par l'application de Taimant, au bras gauche. Nous avons répété ces expériences au sujet de la contracture localisée el nous sommes arrivés à de^ résultats qui, pour être prévus, n'en sont pas moins intéressants. Voici le récit de quelqueus-nes de nos expériences :
1° Witt.... est endormie par la fixation du regard. Elle tombe aussitôt dans l'état de léthargie avec byperexçitabilité neuromuscutaire ; les yeux sont Fermés, et il suQil de soulever les paupières pour faire cesser aussitôt l'aptitude des muscles à se contracturer et faire naître la catalepsie. Inversement, l'occlusion nouvelle des yeux ramène au même instant l'hyperexcitabililé en faisant disparollre la catalepsie. Tout ceci est bien connu, et ces phénomènes ont été décrits ailleurs.
Nous les rappelons ici à cause des précautions particulières que nous avons prises lors de l'application de la bande d'Esmarch. Nous savons que, dans l'étal d'byperexcilabilité, il suffiL (lu plus léger iULouL'IiL'ment pour Caire apparaître la contrac-
CONTRACTURE LOCALISfiB LATENTS 385
porter aucune autre excitation sur le membre anémié, nous froissons avec le doigt, à plusieurs reprises, le nerf cubital en arrière de répitrochlée.
Il ne se produit immédiatement aucune modification dans l'attitude du membre qui est dans la résolution la plus complète. Mais, il n'en est plus de même lorsque, quelques instants après, nous enlevons la ligature. L'obstacle levé, le sang reprend son cours et la coloration du membre augmente peu à peu. Successivement aussi, et comme par degrés, on voit les deux derniers doigls de la main se fermer, le pouce se rapprocher, et bientôt l'attitude caractéristique de la griffe cubitale est manifeste et maintenue par une contracture musculaire intense.
Comme dans les expérionces précédentes (page 208), celle grifie cubitale est facilement transférée à l'autre main par l'application de l'aimant.
2* La bande d'Esmarch est appliquée sur l'avant-bras droit, avec les mômes précautions que tout à l'heure, c'est-à-dire pendant l'état cataleptique.
La malade est replongée dans l'état léthargique et l'excitation mécanique portée au nerf cubital du membre anémié, à la région du coude. Nulle modification de l'état des muscles.
L'aimant est appliqué près de l'avant-bras gauche. Au bout de quarante secondes environ, on voit la main gauche se contracturer dans l'attitude de la griffe cubitale. En un mot, la griffe cubitale latente de droite s'est transférée à gauche. Dans ce transfert, elle est devenue manifeste, parce que du côté gauche les muscles ne sont pas anémiés et n'ont pas, par là même, perdu l'aptitude à la contracture.
CuARGOT. Œuv. compl. T. iXy Hypnotisme, a3
l'htpxotisxe chez les hystériqces
DES DIFFÉRENTS DEGRÉS DE L'HYPEREXCITABILITÉ NEURO- MUSCULAIRE. — VARIATIONS DU PHËNOHËNE
Il ne faudrait pas croire que toutes les liystéHqeshypnotïsées soient susceptibles de présenter à un égal degré de développement tous les phénomènes que nous venons de décrire comme se rattachant h. cet élat nerveux spécial désigné sous le nom d'hyperexcilabililé neuro-musculaire.
Il faut s'attendre ici â de nombreuses variations indi\iduelles que pour la plupart il est possible de rattacher au tvpe décrit dont elles ne sont que des atténuations plus ou moins accusées. Cependant on se tromperait également si l'on s'imaginait que les sujets sont rares, sur lesquels il est possible de répéter toutes les expériences rapportées plus haut. Il ne s'agit pas là défaits exceptionnels. Si nous en croyons notre expérience personnelle. la proportion serait de 1 sur i ou 5 au plus. II est vrai que les malades soumises à notre observation, à la Salpôlrière, sont toutes des sujets atteints de la névrose hystérique dans sa forme lapins accentuée, Y/iysleria tnajor.
Après avoir montré les principaux caractères du phénomène
VARIATIONS DE l^htperexcitabilitS neuro-muscuuire 387
neuro-musculaire, pendant la léthargie hypnotique, peut varier dans des circonstances diverses.
a) Il varie suivant les régions du corps. Dans les cas réguliers, ceux qu'on peut appeler les cas types, le phénomène existe à un égal degré sur tous les muscles, aussi bien aux membres qu'à la face (il n'est pas question ici de la différence du résultat obtenu : contracture aux membres, contraction à la face). Mais il arrive fréquemment qu'à ce point de vue il existe des différences entre les deux côtés du corps, entre les membres inférieurs, les membres supérieurs et la face, l'hyperexcilabilité pouvant se montrer en un point et faire défaut en un autre, ou bien exister ici et là, mais à un degré différent.
b) L'hjT)erexciiabilité varie également chez une même malade d'un moment à l'autre. Il est des jours où, sous l'influence de causes difficilement appréciables, mais dans lesquelles on peut faire entrer les émotions vives, la fatigue physique, l'imminence des attaques, etc., telle malade présente une exaltation ou une atténuation du phénomène.
c) Enfin par la répétition des expériences, ce phénomène est susceptible d'acquérir un plus haut degré de précision et d'intensité. 11 s'agit là, ainsi que nous le verrons plus loin, de phénomènes d'ordre réflexe dont l'habitude facilite le développement et qu'elle perfectionne. Nous avons pu constater le fait bien des fois. II est des sujets qui présentent presque d'emblée, dès les premières séances d'hypnotisme, le phénomène de Thyperexcitabililé neuro-musculaire complètement développé. D autres, et c'est le plus grand nombre, mettent un temps plus ou moins long à l'acquérir. A un premier degré, il consiste en une tendance des réflexes tendineux à
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provoquer une contracture plus ou moins généralisée. Puis la localisation de la contracture s'établit; il est possible d'obtenir la contracture partielle des différents muscles des membres, et les différents procédés à l'aide desquels on la produit peuvent être classés ainsi qu'il suit, d'après le mode d'apparition de leur efScaciié : c'est l'excitition des tendons qui réussit d'abord, puis l'excitation des masses musculaires; en dernier lieu l'excitation des troncs nerveux. Enfln ce n'est que dans les cas les plus développés que l'hyperexcitabilité neuro-musculaire se montre à la face. Nous nous contenterons de rapporter les deux observations suivantes :
Dans les récentes expériences que nous avons Taites s ce sujet, il nous a été donné de saisir en quelque sorte le mode de développement de riiypercxcilabilité neuro-musculaïre chei une de nos malades que nous soumettions pour la première fois aux pratiques de Thypnotisme.
Janvier 1881. — Caiil..., 20 ans, hystéro-épileptique, hémîancslhésique à gaucheet achromatopsique du même c6té, n'a pas encore été endormie par nous; elle l'aurait été par d'autres mais peu souvent, et, dans tous les cas, les expériences d'hyperexcitabilité neuro-musculaire n'ont jamais été leotées sur elle.
Pendant la veille, les réflexes tendineux sont exagérés aux
VARIATIONS DE l'htperexcitabilité neuro-muscuuire 389
il est brusque et rapide, il n'y a aucune tendance à la contracture. Mais bientôt, en répétant les chocs sur le tendon, nous voyons la contracture se développer; il suffit d'unedizaine de coups portés successivement sur le tendon pour immobiliser le membre dans une attitude forcée de contracture permanente. Cette contracture se détruit facilement par la friction des muscles antagonistes.
Nous tentons alors de nouveau de produire la contracture par lamalaxation des muscles, et, cette fois, non sans quelque surprise, nous réussissons pleinement. Une fois réveillée par le procédé habituel (souffle sur le visage), Caill... conserve les réflexes tendineux du poignet plus accusés qu avant les expériences.
Ne semble-t-il pas que, d'après ce que nous venons de rapporter, Ton puisse admettre dans Thyperexcitabilité musculaire, les trois degrés suivants :
i^r degré : simple exaltation des réflexes tendineux; — 2* degré : le réflexe tendineux donne lieu à la contracture — contracture réflexe par excitation tendineuse; — 3« degré : contracture réflexe par excitation directe des masses musculaires.
Dans une seconde expérience faite le lendemain, nous constatons une aptitude plus grande des muscles à la contracture, se traduisant même pendant la veille. Pendant Thypnotisme rhyperexcitabilité, bien que plus développée, présente quelques irrégularités.
Caill... a conservé les réflexes tendineux du poignet assez exaltés surtout du côté gauche. Le réflexe patellaire est toujours très exagéré.
Le choc répété sur les tendons de la face antérieure du poignet gauche amène bientôt la contracture, ce qui n'a pas lieu pour le côté droit. La malade est toujours en état de veille et cette expérience est faite presqu'à son insu, pendant que son attention est attirée ailleurs. Cette contracture disparaît comme celle du sommeil par la friction des antagonistes.
Caill... est endormie rapidement par la fixité du regard. Sur
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le bras gauche, conlraclure facile par l'excitaLioa des tendons, par la malaxation musculaire et par l'excitation des nerfs. La pression du nerf cubital en arrière de l'épitrochlée contracture la main dans l'allilude régulière de la griffe cubitale. C'est la première fois que cette expérience est tentée chez cette malade.
Sur le bras droit l'excitation des tendons et des masses musculaires nous donne des résultats semblables, mais nous constatons que l'excitation du nerf cubital au lieu d'élection n'est point suivie de la contracture habituelle. A chaque froissement du nerf cubital répond un léger mouvement dans les doigts, mais aucune contraction nettement localisée, aucune ébauche de contracture.
Sur le bras gauche au contraire la griffe cubitale s'obtient très facilement, ainsi que nous l'avons déjà dit.
Le griffe cubitale étant produite i gauche, nous plaçons un aimant prés de Tavanl-bras droit, dans le but de transférer )a griffe de ce câté. Dix minutes et plus se passent sans qu'aucun transfert ait lieu. Le bras droit garde sa flaccidité, et l'on note, par contre, que la contracture de gauche, au lieu de se détendre s'est accusée davantage. La griffe cubitale qui existait déjà s'est exagérée.
Dans ce cas, il faut admettre que le nerf cubital droit était incxcilable du moins par les procédés habituels. L'hyperexcîtabililé neuro-musculaire ne s'est développée à la face, chez cette malade, que plusieurs mois après les premières expériences
VARIATIONS DE l'hYPEREXCITABILITÉ IfEURO-MUSGUUIRE 391
d'une lumière très intense. Elle entre d*abord dans Vélat cataleptique qui ipersisie indéfiniment, et alors le sommeil ne peut être obtenu qu'à la condition de lui fermer les yeux. La catalepsie cesse aussitôt et la malade devient léthargique.
L'hyperexcitabilité neuro-musculaire caractéristique de la léthargie présentait, le ^0 janvier 1881, les particularités suivantes:
1° La contracture demande pour se produire une malaxation assez énergique des masses musculaires.
2o Elle se montre avec plus de facilité à la suite de Texcitation tendineuse. Mais il faut alors répéter les chocs, et Ton voit la contracture s'accentuer graduellement. La simple pression sur le tendon est impuissante.
3» L'hyperexcitabilité est plus développée sur le bras gauche que sur le bras droit. La différence entre les deux côtés est assez notable. 11 faut insister beaucoup plus pour obtenir à droite les mêmes résultats qu'à gauche. On y arrive cependant.
4» Lorsque l'excitation est insuffisante, on n'obtient qu'une contraction plus ou moins prolongée ou bien une contracture qni se résout d'elle-même bientôt.
5» La contracture une fois bien établie persiste après le réveil*
B. — L'fij/per excitabilité neuro-musculaire peut cesser par^ tiellement dans une partie du corps, ou inversement peut y être provoquée.
Chez une de nos malades qui présente à un haut degré Thyperexcitabiiité neuro-musculaire, nous avons vu plusieurs fois dans le cours de nos expériences, cet état musculaire spécial disparaître tout d'un coup pour faire place à un état paralytique localisé à un seul côté du corps et qui persistait au réveil. D'ailleurs nous avons toujours pu, à la suite de quelques manœuvres, ramener la motilité, et, au bout de quelques instants, rendre h, la malade toute la liberté de ses mouvements. Voici le récit d'un de ces accidents :
392 l'hypnotisme cbez les htstëriqdes
^ décembre 1880. — Pendant le cours d'expériences ssseï prolongées sur l'hyperexcitabililé des muscles el des nerfs da bras droit, tout d'un coup, sans cause apparente, toute trace d'hyperexcitabilité disparaît dans ce membre el & la fois dans tout le cdté droit du corps aussi bien à. la face qu'aux membres. Le bras droit retombe inerte le long du corps, Witt... qui eel assise n'affaisse de ce cdlé, les réflexes tendineux existent néanmoins. Tout le cdté gauche a conservé l'hyperexcitabilité neuromusculaire comme auparavant. Si l'on soulève les paupière;;, a catalepsie est facile à. gauche, mais à droite elle n'a plus
On réveille la malade par des procédés ordinaires, l'hémiplégie persiste; son bras droit est inerte; elle peut à peine se ^cnir debout, elle est incapable de marcher, sa jambe droite lui ■efusc tout service.
De plus Wilt... est aphasique. Elle est comme hébétée, elle ■cgarde son bras paralysé qu'elle cherche à soulever avec l'aumain, mais sans manifester le mécontentement qu'un réveil dans un semblable état semblerait devoir lui causer. , lille fait quelques résistances lorsque nous cherchons & l'endormir de nouveau. On y parvient cependant sans diriiculté par la pression des globes oculaires. Le même étal hémiparalytique persiste. Au bout de quelques instants, il se produit spontanément un tremblement léger dans la mâchoire inférieure.
Ce tremblement augmente peu à. peu, puis gagne le bras bu droite. Les uicmbros du cûtè gauchi' cohs(
VARIATIONS Dfe l'hTPEREXCITABILITÊ NEURO-MUSCULAIRE 393
violente secousse généralisée. Cette manœuvre, répétée plusieurs fois, est bientôt suivie du réveil. Et cette fois Witt... a recouvré en même temps que la connaissance le mouvement et la parole. Elle n*a qu'un souvenir confus de ce qui s'est passé, et s'étonne d'une sensation de fatigue qu'elle éprouve dans tout le côté droit.
Nous rapprocherons du fait qui précède, l'expérience suivante dans laquelle, pendant Tétat somnambulique, alors que, suivant la règle, rhyperexcitabilîté neuro-musculaire avait entièrement disparu, cette disposition musculaire spéciale a pu être rappelée dans un seul membre :
^Q janvier 1880. B... est plongée par la friction sur le sommet de la tète dans le sommeil sans hyperexcilabilité neuro-musculaire ou état somnambulique. L'excitation mécanique directe ou indirecte des muscles n'amène plus leur contracture. Les réflexes tendineux n'en sont pas moins conservés. La résolution musculaire est parfaite. La catalepsie n'est plus possible par l'ouverture des yeux. L'état delà motili té estlemêmepartoutle corps.
Nous recherchons l'état de la contractilité électrique que nous trouvons normale. Mais au bout de quelques instants de faradisation, nous nous apercevons que le membre sur lequel nous opérons est redevenu hyperexci table. En effet, l'excitation mécanique des nerfs et des muscles amène la contracture de la façon que l'on sait, mais cela au bras gauche seulement. Tout le reste du corps n'offre pas trace d'hyperexcitabiiité.
Lorsque les paupières sont ouvertes, le bras gauche devient cataleptique, ce qui n'a lieu en aucune façon pour le bras droit.
C. — Variations individuelles de l' hyperexcilabilité' neurch
musculaire.
D'une malade à l'autre, l'hyperexcitabilité neuro-musculaire peut présenter de grandes différences au double point de vue
394 l'uvphotisne chez les htstëriqdes
de la précision et du degré de développement de ses caractères. Les différents degrés que l'on observe successivement chei une même malade, lorsque le phéDomëae est en voie de développement, peuvent se montrer isolément chez des malades différentes, et l'on conçoit fort bien que, suivant les dispositions spéciales du sujet, le phénomène de l'hyperexcitabililé neuro-musculaire puisse s'arrêter aux diverses phases de son évolution. Nous rapporterons ici deux observations dans lesquelles les caractères du sommeil hyaoptique se sont montrés peu développés :
L. D.., seize ans, hi/stéro-épileptique, a de grandes attaques convulsives avec arc de cercle et attitudes passionnelles, a en outre des accès de somnambulisme naturel. Ovarienne & gauche principalement.
Entrée le 6 février 1881, à l'hospice où elle n"a fait qu'un très court séjour.
0 février 1881. L'anesthésie se trouve réduite à une plaque de la largeur des deux mains environ et qui occupe le sommet de la tétc, plus étendue à gauche qu'à, droite ; en avant elle coupe le Tront obliquement, descendant jusqu'au niveau du sourcil (gauche. Il n'y a pas d'achromatopsie. Les réflexes tendineux sont exagérés aux genoux; ils sont fort peu accusés aux poignets et aux coudes, un peu plus cependant aux membres du cil té gauche.
vAUiATioNs DE l'hyperexcitâbilité sieuro-iiuscuuirb 393
tement exagérés. Le même état persiste un quart d'heure environ avec quelques frémissements de tout le corps et des muscles de la face de temps en temps; Tobjet brillant est toujours maintenu devant les regards de la malade.
Puis tout d'un coup, pendant que Ton continue à piquer les membres du sujet, on s'aperçoit que la sensibilité a reparu partout; chaque piqûre donne lieu à un mouvement réflexe, indice que l'impression est perçue par le centre nerveux. Alors on retire l'objet qui sert à maintenir la fixité du regard, pensant que l'expérience était terminée. Mais aussitôt les yeux se ferment et la malade tombe dans un état de résolution tel que nous n'en n'avons jamais observé de semblable. La malade est endormie. Tout son corps s'afl'aisse sur lui-même au point qu'elle glisse sur sa chaise, et qu'on a peine à l'y maintenir assise. La tête retombe lourdement sur la poitrine, oscillant d'un côté sur l'autre suivant qu'on cherche à la redresser.
Dans cet état, les réflexes tendineux sont fort exagérés. Le choc sur le tendon rotulien donne lieu à un soubresaut de tout le corps; aux coudes et aux poignets le choc tendineux est suivi d'un mouvement bien plus étendu que pendant la veille. En somme, nous trouvons ici exagération et généralisation des réflexes tendineux, mais nulle tendance à la contracture. La contracture n'est produite ni par la percussion répétée des tendons^ ni par la malaxalion des masses musculaires.
La sensibilité persiste, et le pincement ainsi que la piqûre donnent naissance à des mouvements réflexes; la malade retire son membre, et la douleur se peint sur sa physionomie, qui autrement est impassible et sans expression.
L'ouverture des yeux n*a pas lieu sans quelque difficulté, à cause du spasme des paupières et de la convulsion des globes oculaires. On y arrive cependant, mais le regard ne paraît pas bien fixe et au bout de peu d'instants les paupières se ferment d'elles-mêmes. Pendant que les yeux sont ouverts, l'état musculaire ne change pas ; pas de catalepsie possible, même état des réflexes, même résolution.
Bientôt la malade est prise de secousses des bras, analogues
396 l'hYPNOTISKE chez les HTSTâniOOES I
& celles du début de son attaque. La crise psralt iinmiDeiite. I Nous nous empressons alors de la réveiller par le souflle «iule visage et sur les yeux. U faut insister ua peu pour y parvenir.
La malade se dit très fatiguée ; elle ne peut se tenir debout. ses jambes rerusenl de la porter. Elle a une tendaDce invincible au sommeil cl se rendort d'elle-même. On la fait alors porler à son lil où elle ne tarde pas à s'éveiller spontaaémeDt.
Nous la revoyons environ une demi-heure après. Elle esl paiTaitemcnl réveillée, et ne ressent d'autre malaise qu'une grande fatigue. Nous constatons que les réflexes tendineux sont bien plus exagérés qu'avant l'expérience, tout en l'étant à un degré moindre que pendant le sommeil.
Celte expérieacc d'hypnotisme esl la seule qui ait été faite sur celle malade. C'était la première fois qu'elle y était soumise, et nous ne pûmes la répéter, car elle sortit de l'hospice le lendemain même.
Ici, des phénomènes musculaires qui servent à caractériser l'hypnotisme, un seul persiste, c'est l'exagération des réflexes tendineux qui se montre d'une façon très manifeste. Il n'y a aucune aptitude des muscles à la contracture quand les yeux sont fermés, et lorsqu'ils sont ouverts, aucune tendance à l'étal cataleptique. Enfin la résolution musculaire s'est montrée là à un degré peu ordinaire, et la fatigue quia