Voir Progi^s médical, 1882, n
i.38 ' L'ilïPTiOTISUE CHEZ LES HYSTÉItIQUES
Ur ce sont là des limites qu'un homme vigoureux, essayant dp garder la mùmc. attitude, peut atteindre. C'est donc ailleurs qu'il fiiut cherclier un caractère distinctif et c'est daoj i-c but que nous avons soumis ces phéaomèDes au contiAle de la méthode graphique.
Cher, le simulateur, comme l'hoz la cataleptique, un tambour û réaction, lt\i; à l'extrémité du membre étendu, mtà pnrogisIriT los inoindi'cs oscillations de ce membre pendut qu'un pii<-uniiiiri-aii)i<> appliqué sur la poitrine {fiff. 27) doiM la courlic <h'î> nuiuvciucnts rc!<piratoir('S.
Catalepsie vraie et simulée 439
Chez la cataleptique, pendant toute la durée de l'observation, la plume qui correspond au membre étendu, trace une ligne droite parfaitement régulière [Fig. 28, 11).
Fia. 28. — Trarê» oh
tenus fiiez une hyitéru-ëpilcpliqiie tlana l'élat ctlalep-
tii|iic lie riiypiiotiaiiif. -
- 1, tracés lUi pneuinogiuphe. — U, Iracéi du tambour
de Marey.
Pendant ce temps, chez le simulateur, le tracé correspondant ressemble d'abord à celui du cataleptique, mais, au bout de quelques minutes, des différences considérables commencent à s'accuser ; la ligne droite se change en une ligne
410 L'llïP>OriS)IE CIIE12 LES llï&TtllHH:ES
brisée, Irès accidenlée, mari|Uèe par iniilantS' cie grandes oscillations disposées en séries {Fiy. 29, li.
AUTOMATISME CËRÉBHAL 441
normale. Dans la deuxième phase, celle qui correspond aux indices de fatigue musculaire notés sur le tracé du membre, on peut observer Tirrégularité dans le rythme et Tétendue des mouvements respiratoires, de profondes et rapides dépressions, indices du trouble de la respiration qui accompagne le phénomène de l'effort {Fig. 29, I).
En résumé, la cataleptique ne connaît pas la fatigue, le muscle cède mais sans effort, sans intervention volontaire. Le simulateur, au contraire, soumis à la double épreuve, se trouve trahi des deux côtés à la fois : 1* par le tracé du membre qui accuse la fatigue musculaire et 2"" par le tracé de la respiration qui traduit Teffort destiné à en masquer les effets.
Dans les faits d'automatisme cérébral dont nous allons nous occuper à présent, la suggestion a été obtenue par Tintermédiaire du sens musculaire.
Les exemples que nous rapporterons en premier ont été observés dès le début de nos recherches sur Thypnotisme. Ils consistent dans Tinfluence du geste sur l'expression de la physionomie. Pendant que le sujet est plongé dans Tétat cataleptique, les yeux restent ouverts, et la face ne demeure pas indifférente, quelles que soient les attitudes que Ton imprime au corps tout entier. Lorsque ces attitudes sont expressives, le visage se met en harmonie avec elles et concourt à la même expression. Ainsi une attitude tragique imprime un air dura la physionomie, le sourcil se contracte. Au contraire, si Ton approche les deux mains ouvertes de la bouche, comme dans l'acte d'envoyer un baiser, le sourire apparaît immédiatement aux lèvres.
Dans ces deux exemples qui ont trait à deux sentiments
442 l'hVPNOTISME chez les RVSTfiltlQL'ER
Opposés et fociles & caractériser, la réaction du geste sur U physionomie est très saisissante, et se produit avec la plus grande netteté.
Mais il est diflicile d'imprimer à un mannequiQ, si docile soit-il, des mouvements parfoitement expressifs, et le nombre des attitudes communiquées complètement en rapport avet un sentiment donné nous paraît être relativement restreinU
Aussi nous avons eu l'idée de procéder d'une façon inverse et au lieu d'agir »ur le geste pour modifier la physionomie, nous avons recherché l'influence de la physionomie sur le geste.
Pour imprimer à la physionomie des expressions variées, le moyen était tout trouvé et la voie ouverte par un habile expérimentateur. Nous avons eu recours à la faradisation localisée des muscles de la face, suivant les procédés employés par Duchenne (de Boulogne) dans ses études sur le mécanisme de la physionomie. (11 nous faut dire que l'électrisalion norlûe ainsi sur la bce d'un sujet hypnotisé ne modifie en aucune façon l'état nerveux dans lequel il se trouve. L'état cataleptique n'est nullement interrompu par l'application électrique, tandis que l'on sait que le simple souffle sur le visage suffit pour le dissiper en un instant).
Dès nos premières expériences nous avons vu l'attitude, le
geste approprié suivre l'expression que l'excitation électrique
ulivsioiioiui)!. Au fur t
AUTOMATISMB CÉRÉBRAL 443
demeure immobilisée en catalepsie, et de même pour l'attitude et le geste qui Tout accompagnée. Le sujet se trouve ainsi transformé en une sorte de statue expressive, modèle immobile représentant avec une vérité saisissante les expressions les plus variées et dont les artistes pourraient assurément tirer le plus grand parti.
L'immobilité de ces attitudes ainsi obtenues est éminem* ment favorable à la reproduction photographique. Nous avons obtenu, avec le concours de M. Londe, chargé du service photographique à la Salpétrière^ une série de photographies, dont nous avont fait reproduire ici plusieurs des plus intéressantes, et à propos desquelles nous ferons remarquer qu'elles ont été prises lors des premières expériences tentées sur ce sujet.
La Figure 1 de la Planghb X représente la malade en état cataleptique. C'est dans cette attitude droite et inexpressive que la malade était placée au début de chacune des expériences qui vont suivre.
{"* Si l'on vient alors à exciter faradiquement les deux muscles frontaux en plaçant une électrode au niveau de chacun d'eux, on voit aussitôt le front se sillonner de rides transversales, les sourcils s'élever, l'ouverture palpébrale s'agrandir un peu, Tœil devenir fixe , en un mot la physionomie prend l'expression de l'étonnement. Mais ce n'est pas tout, l'expression, ainsi imprimée à la face par la contraction d'un seul muscle, se complète d'elle-même. La bouche s'ouvre légèrement sans qu'on ait touché aux muscles abaisseurs de lam&choire inférieure, et les deux bras s'élèvent àdemifléchisi la paume des mains tournées en avant ainsi qu'il est représenté sur la Fig. 2 (Pl. X). Une fois produite, cette attitude persiste indéfiniment, et le sujet toujours cataleptique ne quittera cette position que pour une autre qui lui sera communiquée. Ainsi en lui abaissant les deux bras de iSaçon à les placer
iik l'bYPNOTIRHE chez les HYSTenlQl'ES
verticalemeDt le loog du corps comme dans la Piff. I , la phy^ nomie redevient inexpressive. De sorte que dans cette expérience l'influence réciproque du geste et de la physionomk s'exerce successivement dans les deux sens. En premier liai. c'est la physionomie qui entraîne le geste desUnû à complétn l'expression qu'elle exprime, puis c'est le geste qui, rendu luimême inexpressif, retentit sur la physionomie qui perd an même moment l'expression première.
Nous savons que la contraction du muscle orbïculaire palpébral supérieur a pour propriété de froncer le sourcil traosversalement et d'imprimer à la physionomie une expression de colère. Aussitôt que sur notre sujet cataleptique nous (aïsons contracter ce muscle, la physionomie revêt Texpres^ioD indiquée et en même temps les poings se ferment, les bn.' s'immobilisent en une attitude d'agression et de défense. (P1..XI, %. 3).
Si c'est le muscle sourcillier que nous faisons contracter,la douleur se peint sur la physionomie et dans les gestes du sujet. (Pl. XI, Fig. 4).
De même pour le grand zygomatique qui est le muscle du rire. (Pl. XI, Fit/. 5 et 6) ; pour le muscle élévateur commun de l'aile du nez et de la lèvre supérieure qui est le muscle du dédain ; pour le muscle triangulaire des lèvres qui est le
AUtOlfATtSMË CÉRËBRaL itô
Mais tous les sujets sur lesquels nous avons expérimenté n'ont pas présenté le même développement du phénomène. Nous avons pu l'observer très nettement sur quatre hystériques du service, mais à des degrés divers.
Il faut ajouter que ces actes automatiques développés sous l'influence de l'excitation portée aux centres nerveux par la voie du sens musculaire sont jusqu'à un certain point susceptibles d'éducation. Comme tous les actes réflexes en général, ils se perfectionnent sous l'influence de la répétition qui n'est autre chose que ce qu'on appelle vulgairement l'habitude. Dans les cas peu développés, les débuts et en quelque sorte la naissance du phénomène offrent un intérêt tout particulier. L'expression donnée à la physionomie par l'excitation électrique demande à être prolongée pendant quelques instants pour réagir sur le centre nerveux. Au début de l'excitation aucun mouvement du corps ne se produit. Le sourcil se contracte énergiquement, par exemple, et la £ace parait courroucée, mais le reste du corps par son immobilité indifférente semble ne pas appartenir au même sujet. L'excitation est alors maintenue pendant quelques minutes — la persistance de l'action électrique est à ce moment nécessaire — et l'on voit peu à peu les poings se fermer, le corps se penche légèrement en avant, le cou est tendu, enfin la malade ébauche une attitude de colère, qui, lors d'une seconde expérience se reproduira plus facilement et avec des caractères encore plus expressifs. Il semble, dans ce cas, que l'impression partie des muscles contractés de la face mette un certain temps pour marquer son empreinte sur le cerveau et réveiller l'activité des centres automatiques.
L'intérêt capital des faits que nous venons de signaler n'est point dans ce qu'ils peuvent avoir de singulier ou d'imprévu. Il réside au contraire en ceci, qu'ils se rattachent très étroitement au fonctionnement normal du système nerveux, et
446 l'hypnotishe chez les rtstériques
leur prÎDcipal mérite est de mettre en relief, par Tétat d'isoltment où iie se trouvent, des Eails dont il n'est pas difficile de retrouver la trace à l'état normal. Les expériences d'hj-pDotisme, dont il s'agit, deviennent ainsi la plus belle démonstration du fonctionnement automatique d'une partie de l'eDcéphale, fonctionnement déjà étudié par les psychologues et les physiologistes, et auquel on a donné le nom d'autotimtisme cérébral ou de cérébration inconsciente.
Au sujet de l'influence que peuvent avoir, sur l'aclinlé psychique, les mouvements expressife de la physionomie ou du corps tout entier, voici comment s'exprime Dug?ldSlewart : » De môme que toute émotion de V&iae produit un effet sensible sur le corps, de même lorsque nous donnons à noire physionomie une expression forte, accompagnée de gestes analogues, nous ressentons & quelque degré rémotion. correspondante k l'expression artificielle imprimée à nos traita. M. Burke assure avoir souvent éprouvé que la passion de la colère s'allumait en lui à mesure qu'il contrefaisait les signes extérieurs de celte passion, et je ne doute pas que chei la plupart des individus ta même expérience ne donne le même résultat. On dit, comme l'observe ensuite M. Burke, que lorsque Campanetia, célèbre philosophe et grand physionomiste, désirait savoir ce qui se passait dans l'esprit d'une
COIVTRACTCRè CHEZ US HT8TÊR1QUB8 447
Diathèse de contracture chez les hystériques (1).
II n'est pas rare de pouvoir provoquer, chez les sujets hystériques, des contractures musculaires plus ou moins durables sous rinfluence de manœuvres variées. C'est cette prédisposition spéciale du muscle à entrer en contracture que Tun de nous a désigné depuis longtemps déjà sous le nom de diathèse de contracture (2). Elle se rencontre d'ailleurs en dehors de l'hystérie, et elle a reçu diverses dénominations : Contracture latente (Brissaud) (3j, excitabilité musculaire (Ch. Richet) (4), état d'opportunité de contracture (Ballet et Delanef) (5), Brunet (6), hyperexcitabilité musculaire hors l'état d'hypnotisme, contractures passagères, etc. , etc.
1. Communication faite en comman avec M. le D^ P. RiCHisii, à la Saciéié de Biologie (séance du 15 décembre 1883), et publiée dans le Progrès médical, le 22 décembre 1883, p. 1034
2. J M. Gharcot — Conférences cliniques de la Salpélrière, {Gaieite des Hôpitaux, 1878.
3. Recherches sur la contracture permanente des hémiplégiques. Thèse cie Paris, 1880.
4 Comptes-rendus des séances de la Société de Biologie, 1883, p 21 .
5. De Vétat d'opportunité de contracture, ( Gas. Méd,, 23 Juillet 1882).
6. Etude clinique et physiolologique de Vétat d'opportunité de contracture* Thèse de Paris, 1883.
iiS L HTrKorisirE cta i£s ariiTÉiiiQtrE^
Cb«>z It^ b^'stfriquf^ la dialbèrs^ de contracture se rpnconlrr hC>U¥ dfu\ fcirrao rt-jtoDdantrlmciiiieà l'une des deux >-ariélf? df- la ( fintrarturc provoquée pendant les diverses phases d? rijyi)ur.>lifn]e. Il «'siril là. en sMome. depliénomèoesmorbid«? -poulanér^. que lef phV-Doroène* morbides artificiels de ITri]!iiotisnif iiurcml aide à classer et à mieux définir.
\im^ tai>pellcriinf que pendant deux des phases ou élaU iierv»fu\ de rii)7iDol.î?mf lelal lèlhargîqoe et étal somuambulifjue' la ('OQtrarlun' niusrulaire peut être obtenue, mai? pat d»'^ jmyr i^dê? différent* el propres à rliacun de ces deux élab. Aiii!-i. pendant la létharpe. la rontracture succède au\ e\citaliun» mécaniques profondes portées soit sur les tendons. s"*il >ui' les masses musculaire?, soil sur les nerfs, tandis que. | petidant le t>omuambulisme. il faut pour amener un résultai aiiulo;fue, des excitations exclusivement cutanées, légère^. >uj>«rfi«;iellfs,
Kii d<:liors de toute influence faxpnotique. nous retrouxons ijbii»- lu njiitraclure prox^oquée chez les hystériques lesméme; difféifnws. Et c'est lii le point spécial sur lequel nous înïis- Uiiii^ daiiis wtU; communication.
h. t'Af-/. certains malades, et c'est le plus grand nombre, la diaHi(>w de oritnirture pri'senle les plus grandes aDalo>ries >■ II' jihén'imène de l'hyperexcilabilité neuro-musculaire de