ATHÉROME DES ARTÈRES CÉRÉBRALES
M. Durand Fardel (1) qui avait réuni 32 observations d'hémorrhagie cérébrale où Tétat des artères de la base était indiqué, a trouvé qu'elles étaient intactes 12 fois pour 100. Dans une première statistique basée sur 39 faits dont la plupart n'ont pas trouvé place dans ce travail, parce que le plus souvent les anévrysmes n'avaient pas été recherchés, nous avions trouvé autrefois (2) que les artères paraissaient saines 18 fois pour 100. La proportion des cas ou Tathérome manque dans les artères cérébrales des sujets qui ont été frappés d'hémorrhagie du cerveau est à peu près la même que celle des cas où les artères restent saines chez les vieillards dont le cerveau n'est pas malade. Chez les individus âgés de plus de 60 ans,les artères seraient exemptes d'athérome 28 fois sur 100, d'après la statistique de M. Durand- Fardel. Chez les gens qui succombent à l'apoplexie sanguine, l'athérome des artères cérébrales manque 22 fois sur 100. La différence, on le voit, est peu considérable et tellement insignifiante qu'elle ne semble accorder aux incrustations artérielles qu'une médiocre part dans la production de IVxtravasation.
Passons à une autre condition pathogénique, à {'hypertrophie du cœur, invoquée par Legallois, Corvisart, Bricheteau, Bouillaud, Ménière, Rokitansky, Leubuscher, etc. L'état du cœur se trouve noté oo fois dans nos observations, l'hypertrophie n'est indiquée que 22 fois, c'est-à- dire 40 cas sur 100 ; encore chez deux des malades, cette hypertrophie était compensatrice de lésions valvulaires, ce qui ramène à 36, 36 ° l"" la proportion de Thypertrophie simple du cœur, la seule qu'on puisse accuser d'accroître la tension du sang dans le î^ystème artériel. Ce n'est donc encore là qu'une cause très accessoire dans la production de riiémorrhagie cérébrale.
1. Durand -Fardel. — Traité clinique des maladies des vieillards, p. 228.
2. Hourhard. — Etude sur quelques points de la palhoqénie des hémorrhaqies cérébrales. Paris, 1867, p. 59.
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Nous en dirons autant de Vatrophie dex reins qui a élé invoquée à son tourcomme Tune des causes de rhémorrhagie du cerveau, que cette atrophie rénale s'accompagne ou non d'hypertrophie secondaire du cœur. Dans nos observations, on trouve l'état des reins noté i9 fois; or 16 fois seulement ou 32,65 fois sur 100, ces organes présentaient quelque lésion capable de gêner la circulation et d'augmenter la tension du système artériel ; c'était 13 fois ou 26, 53 0/0 l'alrophie simple et 3 fois ou 6, 12 0/0 diverses néphrites interstitielles ou parencbymateuses.
De toutes les conditions organiques capables de jouer un r61e dans la pathogénie de l'hémorrhagie cérébrale, une seule, en raison de sa présence constante, nous paraît mériter d'être considérée comme la cause véritable de l'extravasation sanguine, c'est l'existence des ancwrysmes miliairet.
Cette conclusion, & laquelle nous a conduit directement l'observation de faits nombreux, pourrait être déduite indirecleraenl de la critique des hypothèses insuffisantes émises antérieurement pour expliquer le mécanisme de l'hémorrhagie cérébrale. C'est une tAche que nous n'avons pu remplir dans ce travail, mais que nous nous proposons d'aborder dans un prochain mémoire.