‹ Œuvres complètes de J.-M. Charcot v. 9, 1890 (volume 4)Chapitre 12 sur 156 · TIC FACIAL · texte numérisé non relu

TIC FACIAL

Mais, voici oh commence la série des phénomènes étranges. La pression exercée par ce petit coussin est bien peu de chose ; et, d'un autre côté, s'il ne s'agissait que de la pression, celleci devrait se montrer efficace, aussi bien lorsque nous la pratiquons nous-mème, en appliquant le coussin et en le serrant à l'aide du bandeau, que lorsque cette opération est faite par la malade elle-même. Or, cela n'a pas lieu. Il y aurait donc là une influence personnelle qui donne beaucoup à penser. Je dirai même plus, il ne s'agit pas seulement chez moi d'un soupçon, mais bien d'une conviction. Oui, la jeune malade simule ou tout au moins exagère. J'admets volontiers la réalité du blépharospasme; mais, pour ce qui est du spasme des muscles du domaine du facial inférieur et du peaucier, je le crois surajouté, inventé, simulé.

Il est probable que la même opinion est venue à l'esprit des médecins qui ont vu cette jeune fille à Saint-Pétersbourg : en effet, une opération de section nerveuse a été préparée, la malade a été chloroformisée ; on s'est arrêté en route. Le spasme a persisté néanmoins, tel que vous le voyez aujourd'hui.

Mais, me direz-vous, quel intérêt cette jeune fille peut-elle avoir à simuler? J'ai déjà eu l'occasion de vous le dire, les hystériques simulent souvent sans but bien arrêté, par culte de l'art pour l'art. L'amour de la notoriété n'est-il pas le mobile ? Tromper, ou croire tromper les médecins de Saint- Pétersbourg, après eux ceux de Paris, passer ensuite à la Faculté de Vienne, et ainsi parcourir l'Europe entière, ne serait-ce pas là un intérêt suffisant ?

J'ajouterai que, placée sur le tabouret électrique, les paupières à découvert, la jeune malade paraît se fatiguer visiblement ; au bout d'un quart d'heure, elle paraît haletante, son corps se couvre d'une sueur froide et une attaque de nerfs plus

Ghargot. Œuvres complètes, t. m, Système nerveux, 4

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